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Every breath you take // Nana
 
luzerne
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Mer 22 Mar - 6:06

ft Nana chaton

22 mars

Ses doigts frôlent le dos des livres présentés sur les étagères, perché sur la pointe des pieds. Son regard se perd entre les mots, des bouts de titre inconnus qu'il n'a de cesse de revoir ces derniers jours. Ils dansent sur sa rétine mais ne s'impriment pas dans son cerveau, le laissant toujours se noyer dans un vaste océan d'incertitude lorsqu'il doit les trier par auteur ou par ordre alphabétique.  Bras tendu, il se mord le bas de la lèvre en fronçant les sourcils de quelques millimètres, venant écarter d'un geste hésitant deux ouvrages pour venir en caler un troisième,  prenant tout le temps du monde pour vérifier si l'emplacement choisi était approprié. Il n'a pas le listing sous la main, et pourtant, il a l'air de trancher rapidement en se remettant sur ses talons, moue flanquée sur le visage. Ce n'est pas bien difficile, non ? De ranger des livres. Kaeru n'est pas si sûr. Après tout... Il sait que le moindre petit détail est important. Même ici, dans le musée du silence, tout a une place, une raison d'être. Grenouille l'avait apprit à force d'observer, à force de déambuler entre l'encre et les pages. Son travail brillait d'une toute autre importance.

Il baisse la tête, cherche mécaniquement l'intitulé sur la couverture du dernier ouvrage qu'il tient entre ses mains malhabiles. C'est son dernier à placer. On a l'impression de voir un sourire naître sur ses lèvres, mais il s'estompe aussitôt pour laisser intact un visage défiguré par l'asthénie. Ça fait depuis quelques temps qu'il n'y arrive plus.
A se satisfaire de peu.
La joie s'effrite pour laisser paraître cette lassitude qui lui sert de deuxième peau. Vil serpent qui l'égorge, le serre, l’éviscère. Il est le refrain d'une longue mélodie douloureuse, se glissant dans le creux de son oreille quand il pense entrapercevoir l'aurore.  Mais non, que crois-tu grenouille, il  continuera  de faire nuit dans ton  monde sans étoiles. Cette voix siffle dans le fond de sa pensée, persistante, menaçante. Elle est un ouragan désordonnée qui cherche à briser ce qui est déjà en cendre.  Il ferme fortement les yeux, son menton se relève. Pas maintenant, pas tout de suite, pitié. Ses doigts tiennent trop fort l'objet entre ses mains pour toutefois se détendre dans la foulée, frappé par un éclair salvateur. Le présent. Le livre. Rien n'allait se faire tout seul s'il commençait à réfléchir sur ses déboires en plein milieu de la libraire. Alors la bête noire recule et grenouille pivote,  son regard se remet à chercher son objectif premier avec une impulsion nouvelle. Il lui fallait sauter,  sauter et encore sauter pour ne pas tomber dans le précipice.

Une après-midi bien calme avec très peu de clients.  Une journée parfaite, par conséquent. C'est  plus facile d'éviter la populace en slalomant entre les allées vides quand il n'y a pratiquement que ça. Le pas nerveux, les méninges en friction, il se hâte pour ne pas se laisser emporter de nouveau par le flux de sa pensée. L'occupation, ça aide à combler les fuites provoquées par la tristesse. Il avait beau être rébarbatif, son psy' avait la plupart du temps raison. (( sauf peut-être sur les anti-dépresseurs, poison raté, cyanure incapable de tuer les larmes )). Le souffle d'or et déjà scindé en deux par la marche rapide, il s'arrête finalement vers l'une des bibliothèques tout près de l'entrée, tournoyant le livre entre ses menottes alors que son regard s'accroche une fois de plus à des noms qui lui sont pour la plupart, obscurs. Et sa route, elle aurait pu se passer sans encombre si seulement une voix sourde ne l'avait pas interpellé.
Si cette personne n'était pas rentrée si subitement dans sa bulle.

Un client, probablement. Le japonais a le réflexe de se reculer d'un pas pour appréhender ce nouvel élément qu'il n'avait pas vu approcher. Un individu trop près, trop inquisiteur à venir l'accoster d'une voix tonique.  Derrière les verres épais de ses lunettes rondes, il a l'air de se ramollir, la bouche pâteuse et  le teint blanchissant à vu d'oeil. 'Non non non non non'  Il fixe ses lèvres mais aucun sons ne sort, il a l'impression d'assister à un film muet. ' Non non non pas ça ' Son esprit s'envole, il perd toute notion du temps, ses réflexes moteurs s'épuisent et tombent dans un grand fracas. Plus rien n'existe, si ce n'est la panique qui trône au dessus de sa petite carcasse, l’assommant de grands coups sur le crâne.

Et là, il se souvient. Ici, tout a une place, une raison d'être.
Sauf lui. Il n'est personne dans cet univers monochrome.
Il n'a pas sa place dans le musée du silence.

Grenouille veut disparaître, remonter le temps. Son interlocuteur lui jette un coup d'oeil étrange à son manque de réponse, à sa non réaction. «... E...E-E-Excusez moi ? » Anglais farouche qui se transforme en un accent méconnaissable. Il a osé le relancer, même si son défaut de diction est revenu aussitôt à la charge par la même occasion, trébuchant sur les syllabes de façon d'une voix enrouée . Son air se grave dans la pierre, en devenant presque idiot avec ses yeux ronds et sa bouche prête à gober des mouches. Grenouille n'arrive pas à se concentrer alors qu'il recommence à lui parler, à lui demander quelque chose au vu son ton interrogatif.  Si ce n'est pas le silence, ce sont des bruits parasites qui embrouille sa voix, le sang qui frappe trop fort dans ses tempes qui l'empêche de percevoir ses mots. C'est dans l'embarras le plus total qu'il stagne, que le visage de l'ennemi s'étire et s'installe dans le mécontentement. Kaeru est trop lent, Kaeru est trop timide. Kaeru ne sait jamais comment gérer les autres. Il serre alors le livre contre lui, seul rempart ridicule qu'on veut bien lui octroyer. Il ne s'en sent pas mieux. Au contraire.

's'il te plaît ne me regarde pas comme ça'
's'il te plaît pardonnes moi '
's'il te plaît oublies moi'

 

HRP: c'est naze, je suis la désolance q_q

 
myosotis
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je serai ta lolita
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Ven 24 Mar - 23:00
every breath you take


C’était comme un trou noir qui évoluait dans son univers,
Une étoile éteinte
(elle refusait de dire que c’était une étoile morte)
Elle entendait son pas hésitant qui résonnait en un murmure discret, mélodie discordante à ses oreilles,
Comme l’écho de ses craintes.
Elle avait parfois peur qu’il se casse, Kaeru, au moindre effleurement de ses doigts blafards, à la moindre envolée de sa voix qui viendrait briser le silence qui les embrassait toujours,
Comme une promesse paisible,
Un serment muet.
Elle s’étonnait encore parfois quand elle le voyait déambuler entre les étagères, ses bras frêles chargés d’ouvrages qui semblaient l’écraser de leur poids ;
Elle le regardait depuis l’autre bout de la librairie se hisser sur la pointe des pieds pour ranger les livres, les maigres rayons de soleil qui filtraient entre les bibliothèques se perdant dans sa chevelure teintée.
Il avait parfois l’air d’errer, et Nana ça lui déchirait un peu le cœur
(elle voulait lui prendre les mains lui sourire lui dire que tout irait bien)
mais elle s’était juré de le laisser flotter dans son éther sans chercher à s’y immiscer,
pour ne pas l’effrayer.
Dans un tourbillon de cheveux blêmes elle se faufilait parfois pour ranger un ouvrage à nouveau sans oser pourtant souligner son erreur
(pour ne pas lui faire mal)
Impérieuse dans son royaume et pourtant si bienveillante
Dans sa librairie elle était monarque universelle sainte vierge en majesté la reine de son monde vide
Son monde mort (morne)
Le reflet de sa frivolité de sa superficialité
Ici seulement elle se sentait exister elle se sentait être
Rassurée dans son château de cartes
Château de pages
Détournée de la vacuité de son être creux
Distraite par ses histoires oubliées
Histoires endormies.

Mais il était là désormais, parfois plus discret qu’un bruissement d’aile
(lui non plus ne voulait pas déranger)
et elle n’était pas vraiment sûre de savoir qui elle devait être avec lui.
Kaeru
Grenouille
Crapaud
Pour elle il n’était qu’un oiseau qu’une créature fragile dont elle prenait soin
A qui elle offrait son amour é g o ï s t e
Sa compassion f a c t i c e
(ou était-elle vraiment dévouée elle ne savait plus vraiment)
Il était de ceux qu’elle avait l’impression d’aider
De sauver
Alors que c’était eux
Leur présence
Leur existence
Qui lui permettait de garder la tête hors de l’eau et de se sentir humaine si humaine
Et de se haïr
Et de s’aimer
Elle ne savait plus vraiment, elle ne faisait plus la différence.

Elle est tirée de sa rêverie éveillée par une voix grave inconnue par un intrus dans leur silence, alors elle lève ses yeux clairs et cesse de fixer ses mains serrées autour d’un livre pour regarder l’échange
(il n’y avait pas vraiment d’échange parce qu’ils ne se comprenaient pas)
Alors dans un bruissement de tissu Nana rompt la promesse qu’elle s’était faite (elle ne les tenait jamais, ses promesse)
Pour venir l’aider le sauver le libérer.
Monsieur ? Nous avons reçu le livre que vous aviez commandé, suivez-moi.
Elle l’entraine l’éloigne le prédateur, s’occupe de lui s’en débarrasse armée de son sourire paisible et de ses gestes délicats.

Puis elle s’approche de son protégé, délivre d’entre ses doigts l’ouvrage qu’il tenait comme une barrière entre lui et le reste du monde, lui sourit de sa douceur docile.
Kaeru, ça va aller ?
Elle a l’air un peu inquiète, Nana, un peu préoccupée
(elle ne veut pas le malmener)
Tu veux faire une pause ?
Elle voudrait lui dire tellement de choses, que c’est pas grave et qu’elle est fière de lui mais elle n’ose pas prononcer ces mots parce qu’elle a peur qu’il pense que c’est un mensonge (encore un).

ft. kaeru

 
luzerne
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Sam 10 Juin - 6:56

ft Nana chaton

10 juin

C'est la discussion qui devient surréelle. Ce ne sont plus des sons, mais des bruits qui sortent d'entre les lèvres de ce visage inconnu ( e n n e m i ). Kaeru ne sait plus où poser ses yeux, sa vue se retrouve rapidement acculée par un brouillard oppressant; - Plus rien n'existe, si ce n'est son pouls qui s'affole sous sa peau, la peur de l'autre qui lui ronge les entrailles. Il a l'impression de mourir, ou plutôt, l'impression qu'on s'amuse à le torturer sans qu'on pense à venir l'achever. Coincé dans dans une bulle où le temps ne s'écoule plus, c'est ses doigts qui frémit, son souffle qui s’aggrave dans le creux de sa gorge. Ou tout du moins, respire t-il encore ? C'est sa peine qui lui pends encore au bout des cils, menace de creuser ses pommettes et ses joues dans une bataille interminable. Et pourtant rien ne déborde, il s'acharne à prendre le peu de force qui lui reste pour s'y accrocher, y enfoncer ses ongles pour ne plus glisser sur la longue et douloureuse pente sur laquelle on venait de le pousser.

Il se bataillait contre ses démons,
contre la crainte que dans un dernier souffle,
on le transperce d'un coup de poignard,
celui qui aurait été de trop.

Même si le 'de trop' finissait inlassablement par revenir vers lui,  toujours aussi empoisonné. Grenouille trop sensible, trop émotive; Sa tasse est d'or et déjà pleine par la tristesse qu'il porte au quotidien, telle une deuxième peau infâme. Alors un regard, un geste, une remarque et le monde s'écroule, secoué par une tempête intestine et détestable
d e s t r u c t r i c e
Il y a ses oreilles qui chauffe, même si son visage paraît dénué de toute trace de vie. Kaeru est blanc, si blanc, si mort alors que personne n'ose le tuer. Si seulement pouvait-il le laisser en paix, le laisser écrire ses derniers mots pour l'épitaphe dédié à sa carcasse brisée. Mais non, l'étranger continue, il n'a de cesse de le contempler comme s'il était capable de le scruter au travers de sa chair trop molle, trop tendre. Il n'est qu'un morceau de viande affable, jetée en pâture à un animal de passage. Tout du moins, c'est ce qu'il pense ressentir au plus profond de lui.

Parce que tous le monde le sait ; Grenouille s'amuse toujours à nager dans ses propres larmes.
Il n'y a pas pire ennemi que cette gangrène qui rôde dans son esprit.
(( ce n'est pas moi le problème ))
Il est plus facile de dire que l'Enfer c'est les Autres.

Mais il ne sait pas Crapaud, il n'a jamais apprit à prendre de la distance quand d'autres univers tentent de s'entrechoquer avec le sien. Alors il reste planté là, à tenter de décrypter si son interlocuteur est déçu ou peut-être même en colère. Il attends, s'interdisant de vivre. Le temps n'a qu'a filer entre ses doigts, comme il sait d'habitude si bien le faire. Lui, il va continuer à prier, à espérer que sa quiétude passée puisse lui revenir.

C'est alors qu'elle arriva
ange aux paumes tendues
si chaleureuses pour lui, brûlantes de compassion
-- Nana.

C'est elle qui le délivre. Qui l'arrache des griffes d'un oppresseur quasi innocent, le soustrait d'une montagne de rien-du-tout en interpellant sa bête noire. Sa respiration s'allège brutalement lorsqu'ils s'en vont tous  deux et Crapaud regrette presque de n'avoir pu jeter un regard distrait dans  leur direction ; - il n'a pas pu voir la silhouette gracile de celle qui venait d'abréger ses souffrances. Alors il gobe enfin l'air, pivote pour s'adosser contre l'une des bibliothèque dans un geste on ne peut plus nerveux. Le voilà enfin, le silence.

Chaque silence vient à créer le chaos. Si sa reconnaissance était sans limite envers la jeune demoiselle qui s'était une nouvelle fois probablement volontairement interposée, Kaeru sentait une autre gêne plus importante,remplir son estomac d'un liquide acide. Il n'avait pas été à la hauteur. N'était-il pas entrain de travailler ? N'était-il pas de son devoir que de guider les divers clients vers les sources désirées ? Momentanément confus, le soulagement s'était ainsi évaporé comme un songe, laissant derrière un goût atrocement amer. De nouveau plongé dans le néant, c'est bien trop vite qu'on l'interpella une seconde fois ; Elle était revenue près de lui, bien trop soucieuse.
Comme à son habitude si douce.

Quand elle lui prend ses livres, il ne résiste pas. Il en va de même pour son grand regard céruléen, il à l'impression d'étouffer sous un ciel d'été. Dieu qu'il se sent mal dans ses baskets, grenouille.

« J'suis d'solé... » Il baragouine, hâche ses excuses dans un anglais pathétique. Bon sang, dans sa tête sa phrase ne sonnait pas du tout de la même manière. Sa boule au ventre se met à grossir, quelques spasmes vient secouer le coin de ses lèvres. « J'veux... Je veux dire... Je suis désolé. » Cette fois-ci, il décortique ses mots avec soin. (( Nana mérite au moins ça )) Le regard accroché au sol, seule et unique porte de sortie dans toute cette lourde affaire, Kaeru hésite à continuer. Il ne pouvait pas vraiment plaider sa cause ; Pas quand la faute n'a de cesse de recommencer. « Je... vais bien, merci. »

Mensonge.
Il ne veut pas la décevoir.
Il ne veut pas être une gêne à nouveau.
Pas pour elle, elle qui lui a déjà trop offert

Alors d'une petite voix, il s'efforce enfin à dire, tête rentrée dans les épaules. « Nana... Pardon. Je ne voulais pas tout faire rater. » Il déglutit ses larmes. « Encore. »
 

HRP: J'SUIS TELLEMENT DESOLE POUR L'ATTENTE DJFHJ ;;

 
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Lun 26 Juin - 15:21
every breath you take


les mots roulent et s'emmêlent sur ta langue
(maladroitement les excuses se bousculent)
nana
elle ne t'en veut pas
(nana elle aime les choses fragiles
les causes perdues)
elle hausse les épaules
parce qu'elle s'en fiche tu sais
nana elle pardonne tout elle encaisse tous les coups
(sans une complainte)
ce n'est rien, ça viendra petit à petit.
elle sourit doucement parce que nana ne fait que ça sourire
docilement
ses paroles sont caressantes
(cajoleuses)

ce n'est pas grave, ça arrive. tu as déjà fait des progrès depuis que tu es arrivé.
elle s'en veut un peu
à elle aussi
de t'utiliser pour se sentir si
parfaite
(pour s'aimer un peu plus)
parce que nana comprend ce que c'est
grenouille
parce que nana elle aussi elle se hait
et qu'elle a besoin de toi
que tu sois là
pour s'aimer un peu plus
pour se sentir comme une sainte
parce que nana est vide qu'elle ne ressent rien
(rien d'autre que les sentiments des autres)

tu ne fais pas tout rater, ne t'en fais pas. tu m'aides déjà beaucoup dans la librairie. si tu veux attendre un peu plus pour t'occuper des clients, ça ne me dérange pas.
même pour toi
kaeru
c'est facile d'utiliser nana d'en faire ce que tu veux
parce qu'elle s'oubliera mille fois pour
ne vivre que par toi
(elle ne veut pas que tu pleures nana)
de ses doigts de satin blanc elle saisit tes mains lentement
tout va bien.
nana elle veut croire que
tout ira toujours mieux
(alors qu'elle sait qu'elle te ment qu'elle se ment)

ft. kaeru

 
luzerne
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Jeu 12 Oct - 7:03
Elle cherche à le rassurer dans ses pertes et fracas. Nana toujours douce, toujours patiente avec ses bêtises. Un peu différente des autres, mais aussi un peu trop comme lui. Il y a ce quelque chose qui les divise. Il y a son cœur qui palpite un peu fort lorsqu'elle s'approche. Il y a sa gorge qui lui fait mal lorsqu'elle lui montre son profond désintérêt pour ses fautes. Elle lui dit que ce n'est pas si grave, et pourtant, il y a un peu de son monde qui s'écroule entre ses mains délicates. Est-ce que tu le sens toi aussi, Nana ? Ces moments où Grenouille se trouve perché sur un fil, très haut, très haut dans le ciel. L'instant où le vide l'absorbe, là où son corps se trouve inexorablement attiré par le vide.

Cette seconde où tout semble enfin
se terminer pour lui
et pourtant il est encore là
entrain de respirer le même air
entrain de revivre ce même naufrage
i n t e r m i n a b l e

C'est grave. C'est grave car Kaeru ne sait plus se pardonner. Et pourtant, quand elle vient le faire à sa place, il pourrait croire qu'il se sent un peu mieux ; - Il veut, brûle d'envie d'accepter ses mots tels qu'ils sont. Ça serait bien plus facile de se voir tel que tu le vois, Nana. Il y a des mots qui lui échappent, s'écrasent dans les abysses du fameux 'pacte du silence', pourtant profondément tacite. Un merci, un je ferais de mon mieux, tout ce qui pourrait les aider à avancer, elle et lui.  Kaeru est mauvais. il a toujours tendance à gifler les mains qu'on peut lui tendre par réflexe de survie, tout comme il se bouche les oreilles pour ne plus entendre ce qui lui paraît comme des plaintes (( brides de phrases encourageantes )). Pourquoi est-ce qu'elle ne me réprimande pas ? Dis moi que je suis lent, dis moi que je dois faire des efforts, tout ce que tu veux Nana, mais par pitié, ne me dit plus ça.

Ce sont des choses qu'il ne comprends pas
ou plutôt qu'il ne veut plus comprendre
parce que ça lui fait trop mal
quand l'espoir miroite trop longtemps près de lui

« Nana... » Il est suspendu au bout de son regard aérien. Au creux de son existence. Et tandis que ses yeux deviennent humides derrière ses verres épais, ses lippes se mettent à trembler dans un excès d'émotion. « Oui... D'accord. » fragile docilité, il feint un sourire tordu pour essayer de se montrer convaincant. Il est mauvais acteur, de toute façon. « … Nana... ? » Il est difficile de ravaler ses larmes. Heureusement qu'il ne déborde pas encore, même si le visage du client lui revient comme un éclair amer, comme du sel allègrement jeté sur une plaie béante. Kaeru serre un peu plus les deux ouvrages tout contre lui, et dans un froncement léger de sourcil, il quémande, parvient enfin à lui faire savoir cette fameuse question qui le fait tant souffrir. La vérité. Rien que la vérité. « Pourquoi... Est-ce que tu m'as pris ici... Avec toi ? » Que suis-je pour toi ? Pourquoi moi, Nana ? « Je... J'ai pas l'impression d'être... La personne la plus appropriée pour t'aider... »

il ne mérite pas ses nombreuses caresses
ni même son temps.

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