De la tendresse adolescente est venue rouler sous les pins, éclose au bout de douze années de torrent : il est l'heure de se faire rivière, et de mûrir sur les berges. Oskar se sent avoir trop respiré, et attrapé une maladie d'un trop plein d'air qui parle de vie. Quelque part à la lisière, ses chevilles ont poussé sur la mousse, et il s'est perdu. La maison aussi est différente depuis que la tempête des pères y a soufflé. Maintenant le silence a des mains de maille, et il discerne ses pas nus sur le parquet : c'est qu'il est bien humain. Ni loup ni enfant, la rage mousse bien réelle à ses dents, et il comprend trop le rose tendre de ses ongles. Une fois tous les agneaux morts, ça rugit de colère à la bergerie : et sans comprendre, Oskar ne sait pas se faire taire.
Ça ne l'occupe que trente minutes de redécouvrir la maison et de s'y faire de nouveaux ennemis. Acculé à l'aube rougeaude de l'adolescence, il ne sait plus quel sang il a sur les mains : maintenant il est doté d'un père, et d'un frère aux secrets moins denses. Il n'a plus de barbelé à dévorer, et c'est qu'il lui faut être adulte pour se donner à la pinède. Aux tâtons de la chambre, il ignore donc des jupes et des résilles trop matures, pour trouver sous le lit un volcan d'âge - de la cachette fraternelle, il tire un paquet coupable et un parfum qu'il a appris par cœur. C'est le meilleur moyen de tordre le cou à l'enfance, avant qu'elle ne lui fasse de même. Et puis : son père le fait aussi.
Au rebord d'une fenêtre, Oskar coince une cigarette sur sa bouche nue de vice en se feignant une maturité de faïence, et ne croit pas trembler en y approchant un briquet. C'est pour la première fumée des tempêtes : après il ne sera plus cannibale de son innocence. Bien sûr - il faut qu'un autre prédateur du temps vienne souiller son territoire sans âge. Le regard sur le frère est féroce comme à la savane ; la colère d'une méchanceté mal gelée l'empêche d'avoir honte de sa bêtise. Du bout de la pièce, il foudroie Junior avec des yeux d'orage. ‹ Tu vois pas que je suis occupé ? ›
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Jeu 5 Avr 2018 - 20:13
Je veux faire des victimes avec des armes à fleurs
de ses pas las il soupire- fatigué d'une adolescence qu'il espère voir partir bientôt il se déchausse sans même s'abaisser du bout des orteils et s'avance sans un mot dans la demeure vide- à l'heure des fins de journée pour les plus jeunes il n'y'a pas d'adultes ni de gardiens pour contrer les malheurs il sait que tu es là il a vu tes affaires abandonnées en chemin petit poucet involontaire- tu laisses traîner un peu de toi dans tous les recoins de cette maison zac ouvre la porte dans ses humeurs indiscrètes et s'avance d'un pas sans un regard il sursaute dans la colère et daigne enfin apposer ses yeux d'or et d'alpin sur celles de son congénère il effleure et fronce des sourcils. il ne tilte pas tout de suite et se fige dans ses mouvements les lippes entrouvertes d'incompréhension et ses bras ballants n'ont rien de vaillant face à des fureurs dépassent bien son entendement bien ce qu'il peut régler lui-même il peut essayer d'atténuer cette colère il peut. mais il reste immobile et réfléchit en silence sa cage thoracique se soulevant quiète et sans danger sous son tee-shirt trop large au vieil imprimé il les connaît bien ces rébellions enclavées il reconnaît là le lion qui s'est mis en cage pour tourner en rond dedans il reconnaît ce félin (roi des animaux) qui dans sa destruction a choisi une prison de verre pour que tout le monde puisse voir le spectacle ce n'est pas anodin de prendre le bord de fenêtre il le sait- enfin il se doute que si tu as fait ça dans la chambre c'est qu'au fond tu espérais que quelqu'un ouvre la porte que quelqu'un voit que ça ne va pas non..? il jette une oeillade rapide au-dessous du lit- au monstre de dentelles qui t'a bien donné ses secrets ça l'enferme dans sa condition de grand frère il ne peut pas prévenir les parents- ils ne savent pas que zac fume mais il ne peut pas rien faire il pourrait s'approcher pour tenter de te frapper- vouloir t'arracher des mains les bêtises quitte à se brûler il n'a pas peur de perdre des plumes mais il a peur que tu te retranches ainsi il a des (t'es complètement con !) au bout de la langue mais il ne dit rien zac qui ne ment pas bien affiche une fausse moue moqueuse toute distordue par le mauvais jeu de comédien(ne) comme crispée il remet ses lunettes en place en lâchant sans naturel pfeuh. t'es ridicule comme ça. ça te va pas oskar, t'impressionneras personne en tenant le briquet comme ça. de pas tremblants de devoir il s'approche tu veux pas que je te montre plutôt ? il ne tend pas les mains- il espère bien que tu lui donneras malgré tes airs furibonds la flamme dévorante qui te ronge les mains
Depuis la fenêtre, Oskar cherche à percer le soleil de cette présence venue envahir sa prairie d'adolescence ; de ses mains il protège son crime bien vert, de peur qu'on ne lui ôte le feu des mains, et avec à son regard un soupçon d'orgueil déplacé aux couleurs d'orange. Tout de suite, il hausse la voix pour une morsure de semonce, et espère peut-être repousser Zachary à l'ombre de la ville. ‹ De quoi je me mêle ? Je t'ai rien demandé. Dégage. › Retourne donc à ta lisière de béton. Oskar a trop besoin de sa pinède aujourd'hui.
Une jambe ballante dans le vide, il se tourne pour faire face à un soleil dévorant d'une arrogante plénitude, si riche d'un printemps d'or qui lui fait envie : il se doute que lorsque sa peau se souviendra de comment boire les rayons en ambroisie, Oskar se rappellera de comment être cette écorce d'enfant des bois, dont le souffle lui manque entre les pins. Donc, donc il se hâte de goûter à ce feu artificiel qui rallume les poumons des loups, et qui lui apprendra de nouveau à danser. Parce que son pouce est encore celui d'un enfant, il lui faut plusieurs essais pour allumer la cigarette ; son visage est tout offert au crépuscule pour ne rien cacher au soleil de son dessein doré. Mais voilà, le brasier s'allume enfin : la première bouffée brûle tous ses vaisseaux comme un nouveau matin. Après la toux de la crasse infantile : il soupire pour cracher l'aube.
Et c'est un goût de printemps qui prend toute la bouche - ça a un goût de noir, qui remue les entrailles et repart avec les sombreurs de tout un siècle devant le lycée pour attendre la Valentine avant que ne meure l'été.
Oskar jette le briquet à Zachary. ‹ Tiens. Reprends-le si ça te fait plaisir. › Il se sent retombé à la pinède, et ouvre son regard déjà incendié sur la pénombre : il n'a que la lumière de dix-huit heures et pas dix-huit ans sur la peau, et il veut tordre le cou de cette gorgone d'effroi. Sa voix tremble à peine, pour ne pas trop se méfier de cette alarme de peur : c'est qu'elle vibrerait de la colère d'une autre maturité, d'un autre horizon depuis une autre fenêtre, et Oskar a trop faim, trop faim d'une nouvelle forêt, pour s'empêcher de ravager celle-ci. ‹ Maintenant je t'ai pas dit de dégager ? ›
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Mar 10 Avr 2018 - 17:17
Je veux faire des victimes avec des armes à fleurs
fais donc souffler ton vent d'hiver : glacial et mordant (ça lui attaque le visage en picots agressifs) il s'éteindra bien vite quand tu n'auras plus de souffle il ferme son visage à ce manque de pudeur- ne vois-tu pas oskar à quel point le premier instant est intime ne vois-tu pas oskar quand les premières pétales s'ouvrent aux effluves de tabac qu’il y’a des aspects semblables aux premières découvertes de son corps face au miroir ? en posant tes lippes d'enfant sauvage sur la belle il se sent souillé : il aurait fermé les yeux mais à la place il ne peut pas s'empêcher de garder les prunelles bien OUVERTES dans la flore d'adolescence il y’a le cercle : peut-être êtes vous là, le monstre sait. le monstre sait et le reste ne sait pas, mais le monstre vous le dira si ça sera vous. les élus mais pour l'instant le monstre règne seul face aux disciples : le monstre se souvient du froid. un sous-sol peut-être, une cave ? le monstre ne sait plus. la main du monstre vient aider les boucles rousses à allumer le feu et les doigts du monstre l'aide à amener la cigarette à la bouche. le monstre dit : ça te plaît de sentir la mort entre les lèvres pour la première fois ? les boucles rousses bougent un peu. le monstre sait que ça ne sera pas elle. le monstre ne veut plus d’oskar MAIS JUNIOR VEUT ENCORE D’OSKAR il est encore tremblant de cette virée aux enfers qu'il a la gorge noué mais il ne peut pas laisser oskar MOURIR il ne peut pas laisser son cœur d'enfant périr JE T'AI DIT D'ARRÊTER ! il ne l'a jamais dit mais c'est tout comme dans sa tête dans un mouvement encore engourdi du souvenir il tente de s'approcher pour saisir son poignet éloigner la main et la placer au-dessus de la fenêtre s'il y arrive ou non il exige avec hargne lâche-la !
Mais le vent se lève, et la borée effraie Oskar - il a à peine battu des cils qu'on l'a déjà poussé au bord de la colline. Il ne reconnaît pas ce sommet-là, et cette roche d'avril lui perce le cœur en fumoir : il y a une cavale folle sur le chemin du palpitant à la cervelle, où des chevaux fous ont la nuque fouettée d'un nouvel ouragan, et forment ces lettres terribles sur son rachis - Oskar a peur. Combien de fois s'est-il battu : il ne redoute pas la giclée de ses veinules ni de voir s'époumoner la haine des enfants. Sa peau a été marquée par cent petits doigts furieux et mille mots injurieux, mais jamais, jamais il n'a été rompu ainsi au printemps, et encore moins par deux fois. Le poignet piégé, et écrasé par un mal plus grand encore que celui du siècle : alors sa poitrine d'enfant s'étrangle dans une plainte nouvelle, il a peur de cette montagne adolescente, qui est venue ronger ses mollets. ‹ Arrête ! › Arrête ! Zachary, tu lui fais peur avec ta fureur des vallées ! ‹ Lâche-moi ! › Mais celui-là est comme l'autre, il y a à ses yeux de colère un clair-obscur d'autres années, des qui ont connu la peau des autres, et qui savent donc comment on peut la faire souffrir. Cette douleur-là n'est pas comme les autres : il semble à Oskar qu'on a ouvert son poignet d'une lame nouvelle, et que ses os sont devenus de petit osselets d'oisillon. Il ne peut pas tenir. La cigarette lui échappe, et le foyer s'éteint trois mètres plus bas. Et Oskar redoute moins de l'herbe grise que la révolte des Vésuve d'Oregon - sa voix sort petite et infantile au bout du souffle court, ‹ Tu me fais mal › les nerfs rongés d'une mauvaise adrénaline, il oublie d'avoir honte : ‹ lâche-moi, s'il te plaît. ›
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Lun 16 Avr 2018 - 2:28
Je veux faire des victimes avec des armes à fleurs
il y'a un mystère qu'il ne saurait expliquer une volonté qu'il ne reconnaît pas junior est toujours entrecoupé d'envies passagères et jamais excessives- placide et à peine agité en temps normal cette puissance qui n'est pas que physique est anormale tes dires le sont aussi et il ne tilte pas tout de suite il ferme les yeux et les entrouvre juste pour regarder si tu as lâché et les referme tout de suite après comme pour se concentrer ne pas se faire avaler par l'immense bouche aux dents pointues du MONSTRE et quand il entend les murmures là plaintifs et sans défense il tilte enfin que ses doigts laisseront une trace sur ton poignet et que ce n'était peut-être pas nécessaire (pas volontaire) de te faire aussi peur il te lâche vivement et se recule de quelques pas confus je suis désolée ! je suis désolée ! c'est juste que- j'avais l'impression que tu étais en danger... de quoi tu te mêles junior avec tes mains vernies de presque quinze ans à venir chasser la découverte de la sottise adolescente de quoi tu te mêles- il a honte de s'être enhardi ainsi il n'ose plus te regarder dans les yeux et s'abaisse uniquement pour amasser les preuves du crime et les faire disparaître serrer dans ses mains en silence le briquet et le paquet de cigarettes qui finira à la poubelle
Mais comme il y va - il se demande qui a donné des serres d'adultes à Zachary : ainsi armé, Oskar ne peut faire face à rien. Lorsque le (monstre) le lâche, il a le soupir des graciés au bout des lèvres et contemple l'auréole de douleur à son poignet. Puis, il se laisse glisser misérablement jusqu'au le sol, échappé de la fenêtre qui n'a pas voulu de lui pour l'envoyer vers l'azur édénique, et Oskar s'applique à se faire petit, petit, discret comme les chiens dressés. Le danger : il existe bien. C'est une urgence bien nouvelle qui pulse dans sa chair, et qui se couvre de bleus.
Oskar voudrait crier qu'il n'est pas en danger, que le danger c'est toi. Mais ce petit monde s'engorge d'ombres surannées, et il sent tout à coup qu'il a la bouche envahie de lierre. Il ferme la main sur son poignet pour y cacher la colère du dégel, comme si le printemps n'y était jamais passé, et n'y avait point fait éclore des myosotis. Et il se réconforte un peu de cette prise délicieuse de réconfort, car ah cette main n'est-elle pas bien plus blanche que la sienne - et lorsqu'il ferme les yeux elle est toujours agrippée à son poignet pour se faire compter le monde et la mer, n'est-ce pas un joli bracelet d'amour qu'il a là ! N'est-elle pas sublime avec ses lèvres de valériane, c'est la Valentine qui est une fleur à garder, C'EST UNE FLEUR QUI FAIT MAL MAL D'AIMER ! Si mal dans le cœur, de tant vouloir la garder, et ces sanglots ne sont pas celui de l'adolescent des berges, non non, on ne pleure pas à Vérone - mais on pleure à Foxglove Valley : on pleure de gros bouquets de détresse. Et même revenu à lui-même, à cette petite pulpe infantile qui a juste soif de grand vert, Oskar ne sait pas tarir ces rivières ; ses paumes sont tombées pour se tourner vers le ciel, car c'est le seul refuge qu'il connaisse désormais. Il ne sait pas à qui appartient ce puits de douleur, et il est bien las d'y être plongé.
‹ Pardon. › C'est des mots inviolés, qu'il a l'impression de devoir abreuver la terre un millier de fois : pardon, pardon, ‹ pardon ›, pour lui et pour ce qui sommeille à son ombre. Son cœur est imbibé de salive et sa salive a le goût du sel : ce sont des larmes de grands. Il les fait taire d'un grand revers salvateur au bout du bras, et condamne ses yeux au silence. ‹ Je ne recommencerai pas- alors… › Alors : ne serre donc plus si fort, ‹ alors t'inquiète pas, d'accord ? › et s'il te plaît, laisse-le s'évader !
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Jeu 19 Avr 2018 - 21:23
Je veux faire des victimes avec des armes à fleurs
c'était donc ça junior tu es capable de faire pleurer bien sûr qu'il avait déjà fait pleurer oskar bien sûr qu'il a déjà bu de ses peines comme un précieux nectar mais sur les épaules des enfants, l'ont plaçait uniquement des poids adaptés à de fragiles os c'était un peu de moquerie et de lutte voilà tout et maintenant d'une main il a cassé quelque chose sans se soucier de la masse qu'il plaçait sur le dos de son frère il a regardé de haut avec des yeux d'adulte un enfant qui voulait juste apprendre à chanter il ne veut pas ça car il sait (il pense) que c'est un comportement typiquement masculin d'imposer par la peur et de faire serrer les poings de faire rouler les gouttes de honte par la force des mains il a tellement honte il ne sait pas mais c'est LE MONSTRE qui lui susurre de faire attention et de lui laisser du temps à oskar alors il ravale sa salive et s'approche de la porte la gorge nouée je vais promener honey. oublie pas de ramasser le mégot dehors. LE MONSTRE lui dit que pour empêcher la jeunesse de mourir il faut la laisser respirer (mais le monstre abreuve pour mieux achever lui-même sûrement) c'est pour ça qu'il laisse oskar reprendre sur lui voilà tout- c'est pour ça qu'il sort de la chambre et se dévêtit de ses secrets la différence est que zachary ne dira pas à oskar de boire dans la fiole en guise de fin d'histoire.