beyond memories
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Vie de famille •• Harland & Amélia
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Ven 21 Avr - 23:31
vie de famille
harland & amélia
l'air du printemps est si clément
qu'en réalité le châle qui repose sur mes épaules tiendrait presque de l'ornement
une aigrette de pissenlit vient soudainement se ficher contre le carré de velours sur lequel je bats mes cartes et je la saisis du bout des doigts
sans impatience
ni fermeté
et la renvoie d'un souffle aux bras du vent
(à ses pérégrinations)
(son voyage n'est pas terminé)
et je reprends mes cartes en main
j'entreprends de retourner celles que j'ai tirées
l'amoureux se révèle sous mes doigts et je souris
elle me rappelle l'amoureux que j'ai élevé
celui qui s'en est allé chercher sa moitié
(que je n'ai pas encore rencontrée)
et qui doit l'amener ici
plus près de lui
plus près des autres
et
à cette pensée je lève les yeux
et j'apprécie la manière qu'a le destin de lier toutes choses entre elles
même les plus petites
car je vous vois de loin vous diriger vers moi
vers ma roulotte
chargés de bagages et d'appréhension
alors je me lève
le sourire aux lèvres
je pose d'abord le regard sur toi harland
(mon enfant)
puis sur toi amélia
sur ton visage poupin
j'y lis mille choses mais surtout un peu de crainte
alors je te souris comme si tu étais ma propre fille
(rassure-toi)
je hoche doucement la tête et je ferme longuement les yeux
comme on le ferait face à un chat effarouché
bienvenue à l'arcadius, amélia.
(bienvenue chez toi)
puis
je me tourne vers toi harland
et alors que je repositionne mon châle d'un geste
je songe que les choses devraient être faites dans les formes
même si au fond chacune sait qui est l'autre
je te laisse connecter les femmes de ta vie par toi-même
avec l'enthousiasme qui t'est propre
tu nous présentes, gattino ?
et j'ajoute un peu de ma langue natale pour ne pas l'oublier
un peu de tendresse pour te taquiner
pour te voir rougir devant ta dulcinée
car les mères ont ce pouvoir
(cette manière de renvoyer leur progéniture à leurs jeunes années)
et ne se lassent pas d'en user
 
myosotis
myosotis
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Jeu 27 Avr - 3:12
Vie de famille
feat Amélia et Ludmilla ♥♥
Nuit blanche qui pâlie fuyant le long de l’horizon – nez à sa fenêtre il suit des yeux le tracé confusément doré des ombres ensoleillées planant voile scintillant sur les vitres de sa – leur – chambre
Il ne pense pas – mais il songe emporté doucement par le chatoyant silence de l’aube belle dame aux ailes d’ambre déployées …

Un soupir et il se retourne pour faire face aux étoiles qui restent dans les abysses obscures et brillantes de son regard d’enchanteresse

« Bon matin Amélia. Tu as bien dormi ? »

Est-ce un rêve ? Est-ce réel ? L’amour est propice à l’illusion – entre les drapés du sommeil que le nouveau jour constelle les lignes immaculées de celle qu’il aime lui semblent esquissées d’irréalité.

« Amélia… »

Il n’ose s’avancer, la toucher – de peur qu’elle disparaisse, comme cela, comme s’enfuient les nocturnes hallucinations lorsque l’on s’éveille…
Alors pour ne pas dissiper les rêves – il se contente de sourire timidement au soleil

« Tu es belle, Amélia. »

Plus tard il s’approchera à petits pas et délicatement comme on embrasse les flocons l’hiver il s’allongera sous la nue de ta vulnérable chaleur
Plus tard il fera courir ses doigts sur les chemins de ton opaline chevelure jusqu’au bout des traits ébauchés à l’aurore de ton charmant visage
Plus tard il te chantera doucement l’infime harmonie des nuits longuement pâlies au coin des flammes turbulentes
je t’aime.



Et maintenant je suis nerveux, un peu -- car je sais ce que je dois attendre
Elle joue cartes sur table devinant tout ainsi qu’elle a toujours justement parié
Ludmilla ou maman -- entre nous tel un aparté qui ne peut se dire sur scène – a l’habileté ésotérique de ce qu’elle doit être – un envoûtant fantasme
Alors pour une fois je ne dis rien – j’escorte ma féerie en silence jusqu’au seuil de ta tendresse tendue
Et détourne le regard pour ne pas succomber à l’hypnose chèrement maternelle

« Salut Ludmilla. »

Il sent glissant sur sa peau les rayons ardents de cette lune d’onyx sur le point de sourire mais refuse caprice d’enfant de se confronter à sa selène affection

tu nous présentes, gattino ?

HEINQUOINONMAIS – LUDMILLA bordel Arrête de m’appeler gattino comme si j’avais quatre an là ça va j’suis plus un bébé non plus….…

Et cette espièglerie aux accents teintés d’italien ravive en lui l’absurde énergie ardente que la nuit passée a gentiment atténué – il pose une main sur l’épaule de sa bien-aimée une autre contre son cœur et déclame en sincère acteur :

« Ludmilla voici Amélia, c’est ma petite amie. Je sais qu’elle est belle, mais tu sais elle est aussi super gentille et intelligente et stylée et enfin bref elle est parfaite. Et Amélia voici Ludmilla. C’est ma mère. Et elle m’appelle plus gattino depuis l’an 1673 mais elle fait juste ça pour me foutre la tehon devant toi – d’ailleurs tout ce qu’elle te dira sur moi c’est faux ok – genre elle va te raconter que j’ai fait un caprice pour avoir un lama quand j’avais 6 ans mais c’est FAUX d’accord tu l’écoutes pas !! »

C'est le rôle des enfants – de faire semblant d'être grand.
codage par joy


hrp : désolée si il reste des fautes comme d'habitude je suis dcd de fatigue orz
 
hellébore
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Mer 3 Mai - 23:37
Ne joue pas au poker avec moi dans ma manche j'ai toutes les cartes
harland harland
tu pourrais faire de l’ombre au soleil tant ta présence m’éclaire tant ta présence m’est vitale
et voilà j’ai l’impression que tout ceci est un rêve qu’à un moment ou à un autre tu vas me hurler que c’est une blague et que tout s’arrête
c’est quand je te vois déjà debout devant la fenêtre que j’ai un arrêt
as-tu dormi, harland
t’es-tu couché
pendant un instant je m’en veux d’avoir pris ton lit
tu te retournes et c’est bien toi je m’assieds dans le lit remet correctement ma chemise de nuit en baillant
te souris avec beaucoup plus de tendresse que j’ai jamais exprimé de ma vie
harland, bonjour. bien, comme un loir.
et bizarrement
je n’ose pas te retourner la question car j’ai peur terriblement peur de me confronter à la liberté
mon prénom dans ta bouche
est un des plus beaux réveils que j’ai eu
tu t’approches et je t’observe sans cesser de sourire encore à moitié dans les choux et
l’élargit encore plus quand tu oses le tien
mes joues rosissent et je te retourne d’une voix encore un peu intimidée prude peut-être
toi aussi tu es beau, harland.

nous voilà en route et comment te dire harland que je suis terriblement nerveuse pas du tout rassurée j’ai peur d’être trop ci pas assez ça
je compresse ta main dans la mienne te colle presque par crainte
je découvre les coulisses du cirque en même temps tout ce qui s’y passe vraiment
et mon sourire est un peu crispé mon coeur bat trop vite
((si tu me lâches je pense que je vais me noyer))
j’ai peur de te faire harland devant vous madame devant vous qui êtes sa figure maternelle peut-être son idéal féminin au fond
vous nous attendez
et vous prenez la parole j’envoie un regard incertain à harland essaye de ne pas trop tripoter ma robe claire et de dentelle
merci..?
et la réponse sonne plus comme une question que comme une affirmation
((où est passée la amélia d’il y’a quelques mois certaine et mystérieuse bon sang))
gattino et
tout de suite tu réagis harland je t’observe du coin de l’oeil ris légèrement avec un peu de retenu (toujours une main sur la bouche) mes joues se colorent prennent la teinte des volants et du tissu de ma tenue
je me suis même pas rendue compte
que j’avais lâché ta main
je te laisse nous présenter et me prépare à parler à mon tour
((au moins je suis sûre que vous comprenez ludmilla avec harland comme fils))
à nouveau je ris à tes remarques rougis à tes compliments c’est vraiment vraiment nerveux j’ai un peu honte
et je vais pour croiser avec tout mon courage votre regard
enchantée et merci beaucoup madame de m’accueillir vraiment je- je vous suis infiniment reconnaissante. je vous préviens d’emblée je suis pas aussi parfaite qu’harland le décrit mais- j’essaye tout de même.
je regarde harland un rien rieuse histoire de me décompresser
alors cette histoire de lama ? je veux la conclusion, car je suis sûre que c’est vrai.
BY MITZI



une feuille blanche est encore vierge

pour accueillir tes hérésies

lis entre les vies, écris la vie entre les lignes ;
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Lun 29 Mai - 12:26
vie de famille
harland & amélia
je ne me lasse pas de te voir prendre ton air offensé de grand enfant harland et encore moins de t'entendre protester si vivement que tu en balbutierais presque
je te dirais bien que je suis désolée et que comme tu le voudrais je vais arrêter mais ce ne serait vrai qu'à moitié
le plaisir de te taquiner est trop grand pour que je puisse y renoncer pleinement
(non c'est vrai tu n'es plus un bébé
et pourtant quand je te regarde je vois toujours l'enfant que tu as été)
ta tirade manque de me faire éclater de rire et
je ne pense pas que tu réalises à quel point ton énergie est bénéfique aux gens qui t'entourent
mais je me contente de hocher la tête avec un sourire qui se fait malicieux
car
c'est toi qui a évoqué cette anecdote
pas moi
tu me donnes là une occasion de t'embêter davantage que je ne compte pas laisser s'échapper
j'y vois aussi l'opportunité pour toi amélia de perdre un peu de cette tension que je sens encore peser sur tes épaules
je comprends ne t'en fais pas
on ne peut pas tous être à l'abri du souci comme harland lorsqu'on fait son entrée dans son nouveau foyer
quelles que soient les raisons de ta présence ici je devine qu'elles sont liées à cette lassitude triste que tu as au fond des yeux
celle qu'ont les personnes qui ont grandi un peu trop vite
(plus tard je t'inviterai à en parler si tu le veux
mais l'heure n'est pas encore au sérieux)
santo cielo, ne m'appelle pas madame, tu vas me rappeler mon âge ... appelle-moi ludmilla, tout simplement. et ne t'embête pas non plus à me vouvoyer.
ta politesse et ton éclat de franchise m'attendrissent
quant à moi je ne lui "fous pas autant la tehon" habituellement mais j'essaye tout de même. on fait tous de notre mieux.
et c'est bien ça
notre mieux
que harland voit en chacun d'entre nous
c'est ça qui le rend aussi précieux
c'est ça qui rend la vie moins pénible à ses côtés
tu sais amélia je comprends peut-être plus que tu ne le crois à quel point sa lumière t'est profitable
et
tu rattrapes l'écart de harland avant moi
je t'adresse un hochement de tête approbateur
(tu me plais)
à mon tour maintenant
oh, absolument.
je lève un doigt taquin à l'ongle carmin vers toi harland dès que je te vois (te sens) prendre une grande inspiration indignée
te composer un air offusqué
et je fais semblant de te rabrouer
le sourire trop étiré et la voix trop enjouée pour convaincre qui que ce soit
on n'interrompt pas sa mère, jeune homme.
et de me retourner vers toi amélia
en espérant que cette curieuse histoire te détendra
figure-toi que lorsqu'il avait sept ans, il voulait absolument avoir une chèvre.
je hoche la tête d'un air amusé comme pour anticiper l'exclamation mi rieuse mi étonnée qui pourrait t'échapper
quand je lui ai fait remarquer que nous avions un éléphant, un tigre et même une girafe, qui sont tout de même autrement moins banals qu'une chèvre, il s'est tu un instant, a pris son meilleur air pensif et a fini par s'écrier que dans ce cas, il voulait un lama.
un éclat de rire manque de m'échapper à ce souvenir
quelle mine fière et déterminée tu avais
et quelle tendre fierté tu m'as inspirée
(j'ai toujours su que tu n'étais pas comme les autres)
et comme les petits yeux suppliants sont ma seule faiblesse, le cirque a donc fait l'acquisition d'un lama qui fut baptisé du nom inspiré de dark vador.
je fais mine de ne pas entendre le héros de cette histoire glapir de gêne
de ne pas voir ses oreilles cramoisies
et je continue
je peux le prouver. j'ai plein d'albums photos dans ma roulotte, si tu veux.
 
myosotis
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Lun 12 Juin - 2:59
 
Vie de
Famille

Point de mirage entre les incandescents signes de ses subtiles incantations – elle invoque comme l’on badine, nostalgique
Remonte ainsi à la carte les actes désuet d’un passé lumineux dont les petites révolutions tombent en vapeur rosie au coin de ses yeux et puis au sommet de ses oreilles
(et s’échouent euphorique écume le long des rivages secrets de son soulagement)

« JPP NON PITIÉ RACONTE PAS CA LUDMI AU SECOURS C’EST DE LA MALTRAITANCE JE VAIS APPELER S.O.S ENFANTS BATTUS ALLO LA POLICE JE SUIS VICTIME DE VIOLENCE DE LA PART DE MA PROPRE MÈRE »

Mais – imprécation sentencieuse – on interrompt pas sa mère, Harland
(les charmes ne se laissent pas facilement conjurer)

« LALALALA J’ENTENDS RIEN LALALALALALALALALA JE CHANTE DU BEYONCE JE NE VOUS ENTENDS PAAAAAS ALL THE SINGLES LADIES ALL THE SINGLE LADIES NOW PUT YOUR HANDS UP LALALA »

Les mains sur le visage – sagement se bercer d’illusions protectrices -- entre lesquelles ondulent malgré tout des bribes de souvenirs heureux

« adieu c’est terminé je peux plus rester ici ma glorieuse réputation est totalement détruite j’ai plus qu’à aller habiter en Alaska les ours polaires et les manchots eux au moins ils me feront pas des coups comme çaaAAAJAIENVIEDEPLEURER »

Bien sûr – c’est son rôle de jouer, un peu – car c’est cela aussi la magie – invoquer patiemment l’émerveillement à l’occasion de ces instants d’extase intemporels
Suspendre du bout des doigts l’indulgente patience de ceux qui jamais ne se souviennent de leur rêve
Il sent vibrer invisible douceur au bord de sa fébrilité – l’impalpable présence manifeste de l’Aimée – à la frontière de ses paumes un sourire se dessine

« Bravo ça d’avoir gâché ma réputation hein j’espère que tu es fière de t-- QUOOOOOOOOOOOOOI OH NON OH NON NON NON PAS LES PHOTOS PAS. LES. PHOTOS. PITIE JE VAIS DCD C’EST BON LA VOUS VOULEZ QUE JE MEURS ??? BAH VOILA JE MEURS HOP ADIOS »

Dramatique – une main sur le cœur une autre contre sa tempe – silhouette vacillante gonflée d’angoisses feintes que ses soupirs exagérément magistraux bousculent

« J’EN AI MARRE LUDMILLA T’ES TROP GENANTE COMME MERE LA – Amélia tu sais si tu veux euuuuh on peut aller voir le reste du cirque hein ?? je te présente les autres gens ils sont super gentils tu verras bon Morphée est un peu bizarre mais c'est pas grave je te montre les animaux et tout JE PEUX MEME TE PRESENTER A DARK VADOR SI TU VEUX JE SUIS SUR QU’IL A TROP ENVIE DE TE RENCONTRER ALLEZ HEIN TU VIENS AMELIA ? PLEASE PLEASE PLEASE PLEASE ??? »

Mains jointes et cils papillonnant
(enfantine requête)
sur un air de magie blanche …



hrp : hu c'est un peu nul ? ; ; pardon ...
 
hellébore
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Lun 21 Aoû - 15:26
n'oublie pas mon petit soulier
forces contraires aux rires aux lumières différents, tableau d'amour vache et de taquinerie
à quel moment, va-t-il se briser dites-moi
à quel moment la tempête transformera les éclats en pleurs désarroi
jamais je ne l'espère
impératrice et troubadour drôle de
famille
tout de même
histoire contée avec l'aisance de ces gens qui l'ont fait tant de fois, la malice de ceux qui n'ont aussi rien à perdre
une main toujours sur la bouche pour s'empêcher d'éclater de rire à la gêne à l'excès dont je m'habitue tout doucement et
laisser perler un sourire face à vous ou plutôt toi ludmilla qui cherche tant bien que de mal me mettre à l'aise
l'amour c'est aussi laisser déblatérer tout ce que l'autre veut exprimer alors je ne me teins que d'un silence appréciateur aux cris
et puis balancer l'oeil de face à côté dans une fausse moue indécise
mhhhhhhhhhhhh...
enrouler un bras autour de toi pour lever mon nez- une face de ton visage collé au tissu de ton tee-shirt
mine indécise et lèvres ourlées, papillonnement de cils
j'avoue que...
faire durer l'anxiété comme en te donnant des coups de coude
et puis sans se décrocher, juste les prunelles qui libèrent les tiennes harland
pivoter vers vous- toi (décidément) belle-mère
sourcils levés
mon cœur balance plus pour les photos étrangement, je serai ravie de voir ça

l'amour est traître harland, sache-le
BY MITZI



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Jeu 2 Nov - 16:23
vie de famille
harland & amélia
toutes les protestations du monde, aussi faussement éplorées soient-elles, n'effacent pas la chaleur qui m'embrase le creux du cœur en entendant le mot paraître au milieu de ta tirade parfaitement maîtrisée d'enfant à l'honneur bafoué
pas "maman"
trop intime, trop enfantin
trop ombrageux pour cette réputation que tu te targues fièrement de posséder et que j'aime tendrement à taquiner
"mère"
cela va bientôt faire vingt ans que je le suis et il est toujours aussi attendrissant de l'entendre ainsi (valorisé) avec la désinvolture du naturel
sans arrière-pensée, sans rien de plus que l'évidence telle qu'elle est perçue
peut-être plus maman depuis un moment mais mère pour longtemps
(pourras-tu un jour mesurer à quel point le jour où on t'a trouvé demeure le plus beau et le plus significatif de mes quatre décennies passées)
quel homme de scène ! tu n'es pas mon fils pour rien.
je ne peux m'empêcher de le dire moi aussi
de le redire par pur plaisir
d'établir sans jamais m'en lasser ce lien de parenté qui dépend moins du sang que du cœur
(mon fils)
je pouffe de rire devant tes jérémiades parfaitement interprétées
je ne pense pas que j'en faisais autant à ton âge.
davantage taquinerie que vérité
car à ton âge je venais d'arriver en ces lieux que je n'ai plus quittés, je goûtais pour la première fois la liberté de pouvoir être qui l'on est et faire ce qui nous plaît
m'enivrais d'enfin pouvoir faire éclater un tempérament qui a toujours été réprimé
se faire voir, se faire entendre pour ne jamais cesser d'être adulée
aujourd'hui plus délicatement que jadis
alors au fond
à ton âge j'en faisais tout autant
mais c'est un secret
on a tous les deux besoin des regards pour se sentir exister
et je ne connais que trop bien la saveur d'en avoir un plus spécial que tous les autres braqué sur soi
(amélia)
excellent choix.
sourire mutin
se pourrait-il que j'aie une belle-fille selon mon cœur
ça demande d'être un peu mieux installées.
d'un geste je te désigne la chaise libre non loin de la table que j'occupe puis entreprends de réunir mes cartes pour les ranger
la séance est terminée
l'occasion de les laisser de nouveau me parler se représentera bien assez tôt
gattino, tu voudrais bien être le plus doux des fils et aller nous chercher du thé, s'il te plaît ? le même que d'habitude.
il est rare que je me montre aussi peu subtile que cela mais j'estime que pour cette fois ça ira
que si tu comprends le dessous de mes mots harland tu sauras aussi qu'il n'y a nulle malice là-dedans ni rien de dirigé particulièrement contre toi
il s'agit juste
d'écarter un instant les rayons du soleil pour mieux voir le discret astre lunaire
merci, tu es adorable.
et de finir d'arranger ma pile de cartes avec un calme félin en attendant que ces innocentes oreilles un peu décollées soient hors de portée
doigts souples
sourire paisible
quand je juge que ça y est, nous pouvons parler, je cesse mon manège et lève les yeux sur toi amélia
pardonne-moi de te l'avoir ôté aussi peu élégamment.
n'aies crainte mon enfant
je ne nourris pas d'autre intention que celle de te parler à cœur ouvert, crois-le bien
car il y a des choses plus faciles à dire en l'absence de public
je devine que ton existence ne doit pas être des plus faciles pour que tu viennes vivre parmi nous. ne te sens pas pour autant obligée ne m'en toucher le moindre mot, tu ne me dois rien. nous avons tous nos raisons d'être ici, tu sais.
douce nostalgie
les êtres atypiques que nous sommes sont façonnées par une vie en désordre, n'est-ce pas ?
je veux simplement que tu saches que tu n'es pas seule ici. nous sommes une grande famille, dont tu fais désormais partie, ce qui signifie que si tu as le moindre problème, le moindre malaise, la moindre question, tu peux venir m'en parler à tout moment.
(comme à une maman
mais il est trop tôt pour le dire, je crois)
je te tends une main aussi sincèrement bienveillante que mon sourire
je te souhaite personnellement la bienvenue parmi nous.
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