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quand on arrive en ville // hai
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Mar 20 Déc - 18:12
alors que la nuit tombe doucement sur les rues endormies de la ville, et tandis que ses citoyens les plus raisonnables s'en vont glisser sous une couette; toi, petit chinois, tu n'es pas prêt de fermer l'oeil. ta soirée ne fait que commencer et en tant que narrateur, je dois dire qu'elle s'annonce riche en sensations. comme toutes tes soirées d'ailleurs... tu aimes la vie et tu la vis à fond. cocooner dans son canapé c'est ringard af, surtout le jeudi soir. car le jeudi, cher ami, c'est le soir de toutes les folies. c'est le soir où tu finis rompu et corrompu, et toujours dans des positions improbables. c'est le soir des jeux d'adultes. et non, on parle pas d'un monopoly ou d'un twister.

tu files et te faufiles à travers foxglove, jusqu'à cette ruelle étroite où la lumière ne brille que par son absence. pas un lampadaire pour t'éclairer et pourtant tu avances imperturbable; aveugle depuis ta naissance, la pénombre est ton alliée. tu progresses le long de l'allée sombre, guidé par les va-et-vients de ta canne, jusqu'à arriver devant une porte à moitié dissimulée sous un buisson de lierre. tu es déjà pris d'un gros doute lorsque ton doigt pousse le bouton de la sonnette.

pas de réponse.

le doute s'intensifie en toi, et une main glisse dans ta poche pour en sortir un portable dont tu tritures nerveusement les touches. "agenda: nous sommes le. mercredi. vingt-et-un. décembre. il est. actuellement. vingt-trois. heures. et. douze. minutes." articule le guide sonore avec sa voix de robot. facepalm. "mais on est pas jeudi?!" t'exclames-tu, confronté à la dure réalité. tu en étais persuadé. pourtant non; on est bien mercredi, la soirée de la loose, la mid-semaine où personne veut jamais sortir et t'es perdu dans ce quartier craignos, tout seul, et ton club sm est fermé.

hors de question que tu rentres chez toi, t'affaler dans ton vieux clic-cac pour t'y faire chier comme un rat mort! il faut faire bouger les choses. smartphone entre les mains, tu commences par inviter des amis en postant un statut sur ta page facebook, le tout agrémenté non pas d'un, ni deux, mais de trois smiley tristes. l'absence de réactions immédiates te pousse même à contacter ton plan cul mais la seule réponse que tu obtiendras du jeune homme est le message pré-enregistré de son répondeur. triste vie. la déception te gagne d'un coup, et tu quittes l'allée pour rejoindre une avenue plus "vivante". soit. si l'action ne vient pas à toi, c'est à toi d'aller à l'action! qui donc a besoin d'amis pour s'amuser?!

alors tu te balades dans les environs avec ta flegme habituelle, l'esprit léger comme un nuage, inconscient peut-être du péril que tu cours à errer seul dans cette "zone à risques". il faut dire que tu viens de la ville et pour toi, le citadin, foxglove valley a toujours été la "rase campagne". t'y vois pas de danger. tu devrais savoir que toutes les villes ont leurs quartiers peu recommandables... c'est pas l'absence de métro qui rend les gens d'ici plus civilisés qu'ailleurs. "ah, désolé." lances-tu à un passant, frôlé de près à l'angle d'un... euh... d'un... bâtiment? ça fait vingt minutes que t'es complètement paumé. "dites, euh, vous sauriez pas où on est par hasard?" ajoutes-tu aussitôt, avant que l'inconnu ne trouve le temps de s'enfuir.
  • @hai
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  • cc j'espère que ça te va, j'avais dit que je ferais court mais ?!?! je sais pas ce qu'il s'est passé
 
luzerne
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(c) rex corvus
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Lun 26 Déc - 15:49

ft. le chinois


Hai se fond dans la nuit.
Avec ses cheveux noirs comme de l'encre, et son long manteau assorti qui lui couvre le corps, il ressemble à s'y méprendre à une ombre. Le crépuscule vient à peine de tendre les bras sur Foxglove, et Hai retire les lunettes de la même teinte qu'il portait jusque là pour protéger ses yeux fragiles du faible soleil de fin d'année. On le voit encore se découper nettement sur le fond de la rue, mais bientôt les lampadaires projetteront de grandes ombres sous ses pas. Il avance avec lenteur, les yeux volant vers le sommet des immeubles bas et des maisons hautes, et ses lèvres s'entrouvrent à peine dans un esquisse de sourire apaisé. L'air a un goût d'asphalte. (Il y a des travaux, non loin de là.)
Hai se souvient. Bercé par ses mémoires, il tend à oublier un peu le présent de cette rue. Devant ses yeux dansent des ombres de souvenir, l'incarnat de la casquette que la dernière recrue enfonçait sur son crâne, le frottement des blousons les uns comme les autres, les silhouettes qui se déploient sur leur territoire, pour l'investir spatialement de leur simple présence. Mais la rue n'est pas déserte pour autant : il y a des gens, nimbés par le soleil couchant, les traits fatigués et les bras resserrés autour des pans de leur manteau. Hai ne les voit pas vraiment ; leur existence n'est que contingente. Ils s'écartent un peu sur son passage, et lui évite machinalement. Cet arrangement tacite lui convient parfaitement ; d'humeur nostalgique, il est beaucoup plus vulnérable qu'à l'accoutumée, et parler reviendrait à arracher les mots de sa gorge.
Si tu le voyais, Dai, tu comprendrais d'office qu'il n'est pas comme les autres.
Tu laisserais ton regard se promener sur lui, appréciant son port altier et l'élégance discrète avec laquelle il se se meut. Peut-être te plairait-il. Peut-être te sentirais-tu au contraire gêné par l'expression glacée de ses yeux. (Même quand il se promène avec un soupçon de bonheur accroché au visage, Hai dévisage le monde avec froideur.)
Mais tu ne l'as pas vu, et lui s'attendait à ce que tu le contournes. La rue est sombre et mal éclairée, mais la lumière du soleil parvient encore à s'engouffrer entre les bâtiments. Tu es une contrariété, Dai, un imprévu qu'il aurait vraiment souhaité ne pas avoir à gérer en cet instant. Tu as cependant de la chance : Hai prend note de tes traits incontestablement étrangers, des traits qui lui font un peu penser aux siens. Tu effleures là une corde sensible ; ta présence a le charme du foyer, un petit bout de maison à l'autre bout du monde, et forcément, Hai y est sensible.
C'est donc d'une voix douce qu'il te répond - et toi qui a l'habitude de tendre l'oreille, tu remarqueras peut-être que sa voix, rauque, a les inflexions qui teintent son timbre des relents du mépris. « Bonne question, laissez-moi regarder. »
Ses yeux se détournent de toi, l'étranger à l'aura familière, pour jeter un coup d'œil aux alentours. Il lit les caractères qui s'inscrivent sur la façade où vous venez de vous frôler ; impossible de distinguer un nom de rue, mais il peut déchiffrer l'enseigne avec autant d'aisance que s'il s'agissait de sa langue de naissance. Ce n'est pas le cas ; et, comme tu lui as parlé en anglais, et que malgré tes traits tu ne maîtrises peut-être pas le mandarin, il te répond en anglais, en paraphrasant ce mot qu'il ne connaît pas : « Apparemment, juste devant Chez Sam. Je ne sais pas si vous connaissez ? il s'agit d'un endroit où l'on peut boire et jouer, je crois. » Telle est probablement la signification des cartes qui ornent la vitrine. Il pense.
C'est à ce moment-là que Hai se retourne vers toi, et t'observe clairement.
Son regard tombe sur tes yeux.
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Jeu 29 Déc - 0:11
le jeune homme s'arrête pour répondre à ton s.o.s. il te semble cordial; en tout cas, il n'a pas l'air gêné qu'un inconnu l'arrête en pleine rue. tu patientes tandis qu'il prend ses repères — espérons qu'il ne soit pas aussi paumé que toi. il finit par te lire le nom du bâtiment auquel tu tournais le dos jusque là. bon. c'est pas vraiment l'info du siècle, ni celle que tu attendais. t'aurais préféré un nom de rue, une direction... parce que là, tu te sens pas beaucoup plus avancé qu'il y a cinq minutes. "chez sam?" répètes-tu bêtement. comme si l'annoncer à haute voix pouvait éclaircir le mystère. comme si ça pouvait donner un sens à cette réponse étrangement formulée. "mais c'est qui sam?" dài, t'es complètement à côté de la plaque. t'as l'impression de louper un truc; mais quoi, tu sais pas.

(un lieu où l'on peut boire et jouer)
(hmmmmm) (genre, un bar?)
(une brasserie?) (mais pourquoi est-ce qu'il te répond par un rébus?!)

tenaillé par l'incertitude, tes sourcils se froncent. le front plissé comme un petit vieux, on te croirait l'invité d'un grand plateau de jeu télévisé, confronté à la question, l'ultime, celle à un million de dollars. alors petit chinois, tu banques ou tu joues? "vous voulez dire un... un casino? c'est ça?" demandes-tu sur un ton hésitant. t'es jamais entré dans un casino. le bruit des machines à sous te filerait la migraine. t'as jamais joué au poker non plus, même si tu pourrais en théorie; tu as encore chez toi un jeu de cartes en braille que tu utilises tous les trente-six du mois. tu doutes que les salles de casino en soient équipées, ce serait très surprenant. tu sollicites à nouveau le jeune homme: "vous avez déjà joué au poker? vous connaissez les règles?" une question qui, certes, sort de nulle part mais suit une logique parfaitement établie lorsqu'on connait le fil insolite de tes pensées erratiques.

"j'ai jamais joué au poker. ah, y'avait bien cette variante chinoise... je me souviens plus du nom? le vieux me forçait à jouer avec lui quand j'avais dix ans mais je pigeais pas la moitié des règles et le peu que j'ai compris, je l'ai oublié." marmonnes-tu, sans te soucier de partager des éléments de ta vie personnelle avec un parfait inconnu.
  • @hai
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luzerne
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(c) rex corvus
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Mer 4 Jan - 19:17

ft. le chinois


Voir tes yeux pose problème à Hai, car ta cécité constitue un handicap qui vous gêne tous les deux. Pour ta part, c'est assez évident ; mais en ce qui le concerne, cela implique qu'il est privé d'un certain nombre de signaux qui ne peuvent être perçus par l'oreille - un sourire pour indiquer la plaisanterie, ou un geste pour désigner telle direction plutôt qu'une autre. Si tu es aveugle, alors tout devra passer par la parole ; voilà ce qui contrarie Hai en cet instant. Et malgré tout, il ne saurait s'en plaindre ; ses lèvres demeurent obstinément fermées, refusant d'émettre la moindre protestation.
Malgré tout, ses sourcils se froncent et son front se plisse ; son mécontentement est visible comme nez au milieu de la figure - et tu ne peux même pas le voir.
Hai se retient de soupirer. Que tu sois aveugle, c'est une chose ; en revanche, si tu commences à poser des questions stupides, tu le soumets à la presque irrépressible tentation de t'abandonner sur le champ, et ce, peu importe si tu as une tête de chinois. Il porte son index droit à la tempe, frottant la zone d'un air pensif. « Je croyais qu'un handicapé n'était pas forcément un idiot. » : rétorque-t-il dans son dialecte mandarin, et il ne le fait que parce que la variante linguistique de Qingdao a des tons totalement différents du mandarin standard - il y a donc très peu de chances que tu le comprennes. Pourquoi cet élan de méchanceté gratuite ? Ce n'est là qu'une simple façon de se défaire de sa frustration grandissante à ton égard. Peut-être l'entends-tu un peu dans sa voix. C'est en anglais ensuite qu'il reprend, sur un ton bien plus amical (et un peu faux) :
« Je ne sais pas qui est Sam, probablement le fondateur ? »
Encore une fois, sa propre limite en anglais se fait sentir. Il déteste ce défaut, cette incapacité à s'exprimer parfaitement dans une autre langue que la sienne. Et malgré tout, son trouble reste contrôler. N'importe qui vous verrait en train de discuter n'aurait absolument pas l'impression qu'il est mal à l'aise sur quoique ce soit.
A ses yeux, cet endroit n'est pas un casino, il est beaucoup plus petit ; il semble plutôt ne contenir que quelques tables de jeux. Il préfère cependant éviter ta remarque, car cela reviendrait à admettre que sa description n'était guère suffisante pour te faire comprendre ce qu'est cet endroit. En revanche, il lui est beaucoup plus évident de rebondir sur le poker. Hai n'est pas du genre à mentir en prétendant connaître des règles dont il ignore tout : il est parfaitement conscient que cela ne peut qu'apporter des ennuis sur le long. Tu serais capable de lui demander d'apprendre, ou de faire une démonstration. C'est donc avec une honnêteté brutale que Hai répond :
« Absolument pas. La variante chinoise dont vous parlez, c'est le Treize ou autre chose ? J'ai déjà observé des parties, sans y jouer moi-même. Je ne saurais pas vous dire comment on joue, cependant. »
Hai n'en a eu l'occasion que rapidement, en Chine, car certaines de ses fréquentations y jouaient. Malgré tout, ce jeu lui est totalement inconnu. Les règles lui paraissent bien floues ; et puis, tout ce que Hai a compris, c'est qu'il s'agit de miser de l'argent. Quelle idée de prolétaire, songe-t-il avec dédain. L'argent est quelque chose qui se gagne, ou qui tombe du ciel. Il n'apprécie guère ce genre d'échanges d'argent sans finesse. (Ou peut-être est-ce dû à son incompréhension totale de ce jeu.)
« Pourquoi, vous voulez y jouer ? Vous pouvez peut-être demander s'ils font des parties. »
Quant à lui, il s'en passera volontiers ; mais il n'a rien contre le fait de t'aider un peu, si tu le lui demandes. Ce n'est pas comme s'il avait grand-chose de mieux à faire, après tout.
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Mar 24 Jan - 19:51
tu tapes du poing contre la paume de ton autre main, comme frappé d'un éclair de lucidité. "ah oui, le treize! c'était ça le nom!!! mais je sais pas y jouer non plus." le regret se fait ressentir, celui de ne pas avoir écouté ton vieux pendant ces interminables soirées de jeux, et la déception est à peine masquée dans le timbre de ta voix. l'inconnu n'en sait pas beaucoup plus que toi en matière de poker et, de toute évidence, ne saura pas combler tes lacunes. c'est très très dommage. tu hésites alors à convier un ami, pour qu'il vienne en démystifier les règles. mais a) tu ne connais toujours pas ta position exacte. b) tu ne sais pas si, parmi tes connaissances, se cache un féru de poker. c) ça te revient que maintenant mais personne n'a répondu à ton invitation plus tôt dans la soirée... on t'a snobé, abandonné comme un cleb sur une aire d'autoroute. tristesse.

tu balaies ces mauvaises pensées d'un geste et retrouve ton sourire habituel. tu joues souvent la diva, criant au drama, mais il en faut bien plus pour t'atteindre. tu changeras d'amis au besoin. en parlant d'amis, tu te dis que ce jeune homme (malgré son ton blasé et son désintérêt apparent pour le poker et ta personne) mérite ton attention. son accent t'est familier. "vous venez d'où au fait? ah, mais comme vous parlez le mandarin..." tu n'as rien compris à sa tirade mais ça, tu te gardes bien de le préciser. bien que tu aies appris le mandarin standard, les variantes locales te sont totalement étrangères: c'est de l'argot, inintelligible pour toi. un détail que ton interlocuteur ne doit sûrement pas ignorer. "vous connaissez le treize et puis, vous avez l'accent. vous êtes chinois? de chine?" (une précision qui peut sembler inutile et vexante mais pas pour toi, qui n'a jamais mis les pieds en chine malgré tes origines asiatiques).

"je jouerais bien mais ça m'étonnerait qu'ils aient des cartes en braille. et puis, je connais pas les règles." et voilà, on en revient encore à ces fichues règles. ça commence à t'énerver cette histoire. un jeu de cartes, ça peut pas être si compliqué que ça... n'est-ce pas? en plus tu es un dieu du jeu des sept familles. ni une ni deux, tu dégaines ton smartphone : "siri, comment jouer au poker?" demandes-tu, et la voix te répond instantanément: "on dirait que vous n'avez aucune app appelée poker. nous pouvons regarder si elle est dans l'app store." #utilitézéro
  • @hai
  • 382 words
  • désolée pour le temps de réponse, j'ai eut du mal à écrire ><"""
 
luzerne
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(c) rex corvus
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Sam 4 Fév - 18:39

ft. le chinois


Hai a conscience que ce qui, pour une culture, relève d'un loisir bon pour les classes populaires, est un signe de distinction sociale dans une autre. Mais très franchement, il doute que dans ce pays, le poker soit un divertissement de son rang. Il suffit de voir toute la publicité réalisée autour de ces parties, où l'on promet un gain minimal à qui sait un tant soit peu manier les cartes, voire un enrichissement rapide pour les joueurs les plus habiles. Il sait aussi qu'il existe cette mythique « poker face », ou la capacité à ne pas laisser transparaître la moindre émotion, de façon à tromper son adversaire ; il ignore s'il peut vraiment masquer totalement ses émotions. Bien sûr, tu ne pourras rien lui confirmer, en raison de ta cécité. C'est probablement ce qu'il y a de plus dommage.
Oh, mais pourquoi se poser cette question, de toute façon ? Hai ne fait que suivre ton mouvement. Son orbite suit pour le moment la tienne, mais cela n'est qu'une question de temps avant qu'il n'en revienne à une révolution qui lui soit propre. Hai n'aime pas suivre les gens. Même les meilleurs d'entre eux finissent toujours par le décevoir. (Lui le premier.)
Ne va pas croire que Hai, donc, s'y connaît en poker ; il se contente de te répondre car il estime que c'est de son devoir, toutefois il ne s'intéresse guère à ce jeu. D'autres aspects de la culture chinoise l'intéressent beaucoup plus, et même les assommants volumes rédigés par de pédants économistes, qui trônent dans la bibliothèque du bureau de son père, lui semblent plus attrayants que la lecture des règles du poker.
Il hausse les épaules, avant de se souvenir que tu ne peux pas le voir. Sais-tu à quel point c'est perturbant ? Hai est totalement le genre de type à faire dans le capacitisme, et n'était-ce tes origines, il se comporterait probablement comme le pire des crétins. (Ce qu'il est un peu, d'une certaine façon.)
« De Chine. Je viens de Qingdao. » Et tu l'entends probablement, la fierté dans son ton, à l'idée d'appartenir à un grand pays, de ne pas être né ici. Et peut-être sens-tu également cette note de tristesse qui lui tend la voix, écho d'une souffrance presque effacée, comme la marque que laisse l'écriture au crayon sur une feuille vierge, après avoir été effacée à la gomme. « Vous êtes Américain, du coup ? » : te demande-t-il, principalement parce qu'un « Chinois de Chine » n'aurait jamais tourné les choses de cette façon.
Et puis, le fait que tu ne cesses d'en revenir au poker, ça lui tape un peu sur les nerfs. Mais il se contrôle bien, et à part sa respiration qui, peut-être, est un peu saccadée, tu ne peux en percevoir aucun indice. En revanche, lui te trouve assez pathétique, avec ton téléphone portable. Aussi te prend-t-il par le poignet, doucement, plus pour attirer ton attention qu'autre chose. (Au passage, sache qu'il s'est toujours demandé comment un aveugle pouvait utiliser un téléphone. Enfin, non, il ne s'est jamais posé vraiment la question, malgré tout il n'a jamais compris, en cela c'est fascinant pour lui.)
« Venez, on n'a qu'à entrer, on verra bien si quelqu'un connaît les règles ? »
Il ne bouge pas cependant, te laisse le temps de répondre, de réagir. Il a peur que s'il te force à avancer, il te fera peur ou mal. Et Hai n'est pas si mauvais que cela. Malgré ses regards noirs et sa bouche toujours tordue d'un rictus, il lui arrive de faire preuve de générosité, par moments.



hrp: je sais que ça relance pas des masses, mais tu peux répondre court, je ferai l'entrée dans la salle au prochain post.
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Jeu 2 Mar - 15:40
tu souris en hochant la tête. "né et élevé à chicago. mes grands-parents sont originaires de Shenzhen, mais j'y ai jamais mis les pieds. j'ai jamais quitté le continent d'ailleurs." ajoutes-tu gaiement, ravi que ton interlocuteur poursuive le dialogue. sans aller jusqu'à le qualifier d'hostile, tu le trouvais un peu... froid? mais c'est peut-être ton imagination qui te jouait des tours. il arrivait qu'en ta présence, certaines personnes se sentent prises au piège, forcées d'entretenir une conversation qu'elles n'auraient pas prolongée en temps normal — par pitié ou par excès de compassion — et ça, tu ne t'en rendais pas toujours compte. ça n'était pas le cas aujourd'hui, pas ce soir; du moins l'espérais-tu. tu aimais rencontrer de nouvelles personnes, mais quel était l'intérêt s'il te fallait leur forcer la main...?

parcouru d'un léger sursaut au contact des doigts sur ton poignet, tu restes d'abord interloqué face à cette proximité inattendue. mais quand le jeune homme te propose d'entrer "chez sam" pour élucider le mystère du poker, ton visage s'illumine, comme un gamin à qui l'on aurait promis une barbe à papa. "okay, c'est parti!" lâches-tu avec enjouement. c'est finalement toi qui le traîne à l'intérieur; parcourant la porte à tâtons, tes doigts finissent par épouser la poignée que tu pousses avec entrain.

tu ponctues ton entrée d'un "bonsoir!" énergique qui ne s'adresse à personne en particulier. alors que tu exécutes un pas en avant — bien décidé à t'incruster avant que ton compagnon de fortune ne change d'avis et choisisse de rebrousser chemin — tes pieds commencent à s'emmêler dans un tapis et tu échappes de justesse à une chute mémorable. tu parviens toutefois à garder l'équilibre en te rattrapant au dossier d'une chaise. enfin, tu te redresses comme si de rien n'était et tu te tournes vers le "vrai chinois de chine" à qui tu tends une main, toujours souriant et visiblement imperturbable : "moi c'est daì, au fait."
  • @hai
  • 319 words
  • eeeet encore désolée pour les 3000 ans qui se sont écoulés avant ma réponse et en plus c'est nul, mea culpa^1000
 
luzerne
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(c) rex corvus
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Ven 10 Mar - 21:48

ft. le chinois


Tu ne peux pas voir l'expression qui traverse le visage de Hai au moment où tu lui avoues que tu ne viens pas de Chine. Il s'y attendait probablement, mais malgré tout, un éclair de déception balaye ses traits pendant une petite seconde. Tu es un confrère, sans l'être tout à fait ; sans t'en rendre compte, tu accentues cette solitude qu'il porte comme un manteau depuis son arrivée. Si tu étais voyant, il t'offrirait un de ses faux sourires, pour jeter de la poudre à tes yeux ; mais n'ayant guère besoin de faire illusion, il laisse ses lèvres s'affaisser.
Et pourtant il n'arrive pas à te voir comme tout à fait Américain ; est-ce de sa faute, à Hai ? sa vision est binaire, et ses sens le supplient de croire à leur vérité. Ils glissent sur tes traits, et sur l'accent qui colore ta voix, et cela lui suffit. Il n'a pas besoin de grand-chose, peut-être - si ce n'est de ces origines communes, dont il se rengorge. Tu n'incarnes peut-être pas son foyer, mais pour un déraciné de sa trempe, il y a un certain apaisement à croiser ton chemin.
« Si vous y allez, je vous donnerai quelques conseils, te promet-il, alors même qu'il ignore s'il pourra vraiment tenir ses promesses, car ses serments tendent à mourir sur ses lèvres même. Il y a des endroits à voir... » Et puis il s'arrête, parce que, voilà.
Rassure-toi, son erreur ne le gêne pas vraiment ; une seconde d'embarras, et déjà elle sombre dans le néant de son esprit. Rejoignant les millions de pensée dont il n'a jamais toléré la floraison, par aisance. Les regrets y occupent une place considérable.

Et puis, vous rentrez, et Hai se trouve agressé par ce que tu ne perçois pas - ces lumières et ces néons qui assaillissent ses pupilles, le forçant à battre des paupières pour échapper à l'aveuglement. Sous les tables à moitié désertées devant lesquelles se tiennent quelques silhouettes patibulaires, de longs tapis cachent la misère d'un sol que Hai soupçonne d'être un vulgaire pavement. L'indigence des lieux lui donne la nausée, mais il se retient, par égard pour toi - et parce que tu te prends les pieds dans le tapis. Aurait-il dû te prévenir de la présence de cet obstacle ? Peut-être, mais cette pensée ne lui effleure pas du tout l'esprit ; il n'a jamais convenu de t'aider, et puis, comment fais-tu, autrement, s'il n'est pas là ?
Tu lui tends la main, et Hai demeure interdit pendant trois secondes ; cela ne fait guère partie de ses usages. Mais ton prénom, Daì, confirme tes origines, alors il finit par la prendre et par la serrer sans force.
« Hai. » : répond-t-il sans cérémonie, comme il aime le faire.
Il vous guide vers une table, où une partie semble en préparation. Hai prend les devants, estimant que c'est son rôle.
« Bonsoir. Mon ami et moi aimerions jouer. Est-ce possible ? »

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