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Sweet Coffee, Sour Hearts - Jane [Flashback]
 
myosotis
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Mar 6 Fév - 20:29
Sweet Coffee // Sour Hearts [Flashback]


C'est une belle journée de septembre et Jean n'a pu résister à l'envie de s'asseoir à la terrasse du café. Entre une deux gorgées de café glacé, il scrute les environs, prend son temps. L'air est bon à Foxglove, moins pollué que celui des métropoles dont il a l'habitude. S'il ne s'agissait que de cela, de soleil et d'oxygène, il suppose qu'il pourrait apprécier la vie ici. La réalité, à son grand dam, est trop complexe pour se résumer à un environnement sain.

Il y a le contexte, les circonstances, les différences, les enjeux, les impressions (il a commencé à faire de drôles de rêves depuis quelques jours, à craindre les rues désertes les soir et à sursauter chaque fois qu'une voiture passe près de lui), les gens, les ambiances, et Jane.

Toujours Jane.

Une énième fois, il ouvre son téléphone et regarde leurs derniers SMS échangés. Oui, il est bien au café. Oui, c'est bien la bonne journée. Oui, il est bien en avance sur l'heure du rendez-vous, mais elle aussi généralement, alors où est-elle ?

Ses pouces flottent au-dessus de l'écran, hésitants. Brutalement, il le lâche, le laisse tomber sur la table (bénis soient les étuis protecteurs pour iPhones) et croise ses bras. Allons, elle va bien finir par arriver ! Il s'inquiète trop. Elle oserait quand même pas lui poser un lapin ! Il se refuse d'y croire, ne veut même y penser, mais il pense, ça aussi ça fait partie de la réalité pas si belle, et il angoisse.

Devrait-il ?

Vrai, il sent que les choses ne sont pas redevenues comme avant (elles ne le pourront jamais totalement ; ils ont vieilli, changé), mais il doit bien y avoir encore un peu d'espoir ! Il est là, pour elle, dans cette ville qui, malgré son bon air et son soleil, le rend mal à l'aise, de son propre gré. Ça n'a pas été facile de faire comprendre à ses professeurs qu'il souhaitait commencer sa maîtrise à distance, soudainement, à quelques jours de la rentrée. Ses amis non plus n'ont pas été très encourageants, même s'ils comprenaient. Peut-être voyaient-ils quelque chose que Jean n'avait pas réalisé encore.

Qu'importe : il est là, maintenant, et tout ce qu'il veut, c'est la voir arriver enfin.
(parce qu'elle lui a tellement manqué)

Il reprend une gorgée de café, se force à trouver un peu de réconfort dans son goût sucré, quelque chose qui pourrait lui faire oublier l'amertume dans son thorax.
 
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Lun 12 Fév - 21:43
« Jane s’était dévisagée un long moment dans la glace avant de partir de chez elle, une montre en cuir au poignet. Et du haut de ses épais talons, enchevêtrée dans un jeans slim et une chemise simple quoique sans doute hors de prix, la porte avait claqué. Elle était sortie oui et avait redressé la tête, son sac en main, quelques bijoux autour du cou.

Il était rare qu’elle porte des bagues, il était rare, en somme, qu’elle fasse attention à tant de détails. Elle n’était pas de ceux se négligeant mais pas non plus de ceux se démarquant par leur excentricité ou goût pour la mode. Elle était juste elle, et la sobriété lui était toujours allée, la faisant briller bien plus fort qu’un quelconque manteau en fourrure rose (pas qu’elle n’en ait jamais porté).

Et se rendrait-il compte ? Que dans ses cheveux lâchés quelque chose d’un peu sévère l’attendait ? Jane faisait toujours attention à sa tenue lorsqu’elle s’apprêtait à faire front : et elle ne l’aimait plus. De quel droit la tirait-il ainsi vers le bas, la faisait-il se sentir si mal, si seule ? De quel droit la maintenait-il dans cette situation où elle ne pouvait rien faire ! Elle voulait sentir les bras d’un homme autour d’elle, voulait se sentir désirée, enfiévrée. Elle voulait oui tant de choses qu’il ne pouvait présentement pas lui offrir, n’était même pas là, en ville.

Enfin.
Elle savait que ce n’était pas juste (qu’elle ne l’était pas), avait bien vu ses messages et même répondu à son dernier avant de donner une date et d’accepter le lieu. Elle savait oui qu’il était venu et qu’il ne repartirait pas. Pas comme ça. Mais l’eau avait coulé sous les ponts et son maquillage léger quoique travaillé ne présageait rien de bon. Ah Jean, ah Jean qu’elle l’aimait ! Qu’elle l’aimait à n’en plus pouvoir de lui, à s’énerver seule dans son appartement et à d’un coup serrer les poings sans plus bouger.

Tout lui paraissait alors si gris, si amer.

Et qui aurait cru, alors ? Qu’encore hier elle riait, ses doigts entremêlés à ceux de sa nouvelle amie, le soleil brulant leur peau. Qui aurait cru oui qu’au final tout n’était pas fini. Que son monde n’avait pas cessé de tourner et qu’elle oscillait juste entre deux extrémités. Que sa vie était un lots de choses complètement opposées et qu’elle était si chargée que ses humeurs changeaient sans prévenir. Jane qui le matin se levait et s’étirait, allait parfois marcher, courir puis étudier.

Jane plus calme qu’on aurait pu le croire et qui gardait au final tout en elle. Jane arrivant au café et s’assaillant promptement, ne souriant pas vraiment. « Bonjour, Jean. » avait-elle finalement lâché, les jambes croisées.

(Un sourire doux avait pourtant fleuri sur son visage lorsqu’elle avait croisé son regard et elle s’était détestée.)

Détestée d’être si en colère et donc si attachée.
Détestée de voir que l’amour ne disparaissait pas car on l’avait décidé.

Détestée de le trouver encore si beau.
Elle en aurait presque eu envie de pleurer : de voir qu'il n'y avait pas de fin.

Qu'on ne pouvait pas effacer plus de trois ans de relation comme si de rien.  



 
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Mer 21 Fév - 3:02
Jean fixe son téléphone avec un désintérêt croissant. Les secondes passent, lentement, et il se sent de plus en plus con. Sans raison. Il accuse cette étrange saveur qui l'habite. Semblable à  l'arrière-goût d'un café mal infusé (un café bon à jeter, mais qu'il s'entête à boire parce qu'il en a besoin pour fonctionner), elle contamine ses sens, les sature, et le force à se replier dans sa tête.

Alors il songe, il plonge. Ses pensées viennent en vagues, la suivante toujours plus amère que la précédente.
(quand arrivera-t-elle ?
a-t-elle oublié ?
arrivera-t-elle seulement ?
m'a-t-elle oublié ?
veut-elle m'oublier ?)

Un rythme familier se détache du bruit sourd du centre-ville et le fait relever la tête. Ses pas. Il reconnait sa démarche fière, élégante. À peine entre-t-elle dans son champ de vision, il sourit déjà. Une seconde, il croit la voir sourire aussi. Mais ça ne dure pas.

Quelque chose se tord en lui lorsqu'elle se rapproche. Il la voit mieux et remarque ses cheveux lâchés, les bijoux à son cou, à ses mains ; son calme magistral et la tension dans son regard.

Et il réalise que mal qui le ronge de l'intérieur n'est pas de l'amertume ; c'est un fil tendu entre de la peur et de la colère.

« Salut Jane, » fait-il en ré-esquissant un sourire. Aigre-doux.

Il aurait aimé qu'elle s'approche un peu plus près pour qu'il la prenne dans ses bras ou qu'il lui fasse la bise au moins. Il aurait aimé la voir un peu moins calme, un peu plus nerveuse, un peu plus heureuse, un peu plus il-ne-sait-quoi en le revoyant pour la première fois depuis des semaines innombrables. Il aurait aimé être conforté dans l'idée qu'il lui avait manqué autant qu'elle pour lui. Aimé savoir qu'il n'a pas fait tout ce chemin pour rien.

Mais Jane a l'air bien . C'est pas comme s'il s'attendait à la retrouver pâle et chétive, il a quand même plus d'estime pour elle que ça - mais elle a l'air tellement bien que ça lui rappelle qu'elle n'a pas besoin de lui pour vivre. Non pas qu'il a l'air, lui, misérable, mais merde qu'elle lui a manqué. Il a passé des heures angoissées avant de dormir, n'ayant pas reçu un SMS de sa part durant un jour, deux jours, trois jours. Et il croit que ça apparait, peut-être dans ses cernes, peut-être dans ses cheveux qui vont avoir besoin d'être coupés bientôt, mais minimalement dans sa présence ici dans un trou qui lui dit rien de bon.

Mais elle ? Il n'a pas l'impression que c'est le cas.
Et il se sent con. Humilié. Blessé.

« T'as l'air bien, » dit-il enfin. Compliment ou reproche, il ne sait plus exactement ce qu'il veut exprimer. Il voudrait la serrer fort contre lui. Si fort qu'elle comprendrait tout ce qui secoue sa poitrine.
 
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Ven 23 Fév - 16:43
« Oui, ça va. » avait-elle souri à la remarque de Jean « ce n’est pas comme si j’avais le choix », la vie n’attend pas. Et seuls les idiots s’arrêtaient face à l’adversité, seuls les idiots oui prenaient la douleur comme motif de leur impuissance, faiblesse. À quoi s’était-il attendu ? À la trouver chétive, nerveuse ? Prête à crier qu'elle en voulait au monde ? N’importe quoi. Ce qui était fait était fait, et elle ne pourrait jamais revenir en arrière. Alors pourquoi regretter, pourquoi bouillonner ? Il fallait avancer ! D’ici moins d’un an elle repasserait le barreau, retournerait en Californie, assisterait son frère au cabinet familial, voire l’égalerait.

Et voilà une chose qui était frustrante !
Le laisser briller alors qu’elle se faisait oublier, le laisser oui rayonner comme il avait toujours su le faire. Il avait un charisme qu’elle n’aurait jamais, avait des dents blanches et des lunettes de soleil en permanence, portait le costume comme une évidence. Ça la tuait.

Ça la tuait oui de savoir qu’il était si haut, si loin ! Qu’il semblait si âgé alors qu’il n’était qu’un grand merdeux ! Et pourtant elle l’aimait, oui, comme elle avait un jour aimé Jean. Et n’était-ce pas un peu fou, que d’aimer d’un amour si complexe, parfois violent ? D’aimer d’un amour si complexe que parfois on ne savait même plus si on aimait ou détestait, enviait ! Et pourtant, pourtant elle était heureuse que son frère soit où il était, heureuse de son succès. Ce n’était que son caractère hargneux, combatif qui la mettait dans cet état : elle avait envie de lui tirer la bourre, de lui voler sa couronne pour après en rire avec lui, en bon enfant.

Clignant lentement des yeux, elle avait observé Jean, ne sachant trop quoi lui dire. Il était là mais il ne l’était pas, n’était qu’un fantôme de lui-même. Et avait-il toujours été si terne, si rabat-joie ? Avait-il oui toujours eu cet air un peu farouche ? L’avait-il toujours regardée ainsi, comme s’il lui en voulait ? Il lui donnait l’impression qu’elle était la méchante, la mauvaise ! Qu’elle lui avait tout volé ! Et c’était absurde, absurde qu’il soit si blême alors qu’il avait toujours été si…

Si quoi ?
Si tout, peut-être. Si masculin, si rassurant, si amusant, aussi, parfois. « Comment tu vas, toi ? » Lui avait-elle finalement demandé. Et elle aurait aimé poursuivre ! Elle aurait aimé oui lui parler de Foxglove Valley, de ce qu’elle ressentait ici, qui était si différent de là-bas. D’à quel point les gens étaient étranges, à côté de tout ce qu’ils avaient toujours connu. Le climat n’était pas pareil, il était plus doux, le vent était moins fréquent (et ça lui manquait vraiment).

Elle ne pouvait plus mettre autant de lunettes de soleil qu’elle voulait, et surtout, ne parlait quasi à plus personne. Car loin des yeux loin du coeur, la distance ayant laissé un trou béant difficile à outrepasser. Car alors, elle essayait de se lier à ceux présents ici, à ceux venant d’arriver, ceux allant repartir : ceux là depuis toujours. Et elle écoutait, écoutait car cela faisait longtemps que personne ne lui avait parlé de la sorte. Car ces gens ne savaient rien. Rien sur elle, sur sa famille, ils étaient complètement largués, ignorants.

C’était rafraichissant, déstabilisant.
C’était sa nouvelle vie et comme un fantôme il revenait, lui demandant de faire face à ce qu’elle avait abandonné, ce qu’elle essayait de ne plus regarder.

Et elle qu'aurait voulu lui dire tout ça d’un coup, oui !
Mais il n’avait pas l’air content.


 
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Sam 24 Fév - 6:13
Jane l'observe et il se surprend à sourire. Est-ce parce qu'elle lui avait manqué ? Est-ce pour dissimuler ce nœud dans son ventre ? Il ne sait pas et honnêtement il s'en fout, parce que sourire lui semble la chose à faire. Parce que c'est la seule chose qu'il peut faire à ce moment précis.

Il est encore en train d'absorber sa réponse. Oui, elle va bien, ce n'est pas comme si elle avait le choix. C'est bien Jane. D'un côté, ça le rassure. C'est presque comme si rien n'avait changé au fond. L'accident ? Un contretemps. Une nouvelle ville ? Un déplacement mineur. La vie continue, elle regarde droit devant et elle marche, digne d'une Ryan. Mais dans les faits, ça ne peut pas être si simple. Jean n'y croit pas.

Parce que quelque chose a définitivement changé.
Et maintenant ils ont le choix.

Lutter contre le vent ou se laisser emporter par un courant contraire. Lui a déjà pris sa décision. Mais elle ?
(ne serait-il pas en train de se tuer à petit feu en nageant seul à contre courant ?)

Il prend une gorgée de café et elle lui demande comment il va. Il ne sait pas. Trop de choses se bousculent en lui, trop d'impressions qu'il est incapable de nommer - qu'il n'arrivera jamais à exprimer. Est-il fatigué ? Oui : déménager c'est pas si facile quand on commence à douter de l'accueil qu'on vous réserve. Est-il malheureux ? Non, non : il a encore de l'espoir, il voit Foxglove comme la possibilité d'un nouveau départ même si la ville en soit… Est-il frustré ? Sûrement, mais il n'arrive pas à cerner pourquoi au juste (ou plutôt, il ne veut pas se l'avouer).

Alors il lui répond ce qui lui semble le plus juste, le plus vrai, dans cette flopée de sentiments :

« Je suis content de te revoir. »

Ses yeux se posent sur elle une seconde, insistants, et il reprend une gorgée de son café. Oui, il est content, malgré tout. Parce qu'elle lui a manqué. Et même si sa tête part seule dans un délire d'assomptions et de terreurs, ça lui fait du bien de la voir.

« J'ai terminé de m'installer dans mon appartement. J'ai pas pu visiter la ville de fond en comble encore… Mais c'est cool, on est proche de la nature. Ça devrait pas être difficile de partir en randonnée durant les weekends. Le café aussi est bon. Ah, en veux-tu un ? Je peux aller t'en commander un… »
 
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Lun 5 Mar - 0:23
Je nous regarde et me dis que nous n’y arriverons pas, Jean. Nous n’arriverons plus à nous comprendre, n’arriverons plus à redevenir comme avant. Et puis, quelle idée ! Quelle idée que de revenir en arrière. Toi comme moi, nous ne savons qu’avancer, n’est-ce pas ? Nous avons toujours regardé droit devant nous, avons toujours vu, oui, ce qui nous attendait. Nous ne pouvons pas nous retourner et revenir à ce que nous étions : nous ne savons, de toute façon, pas le faire.

Je sais m’arrêter, je sais me retourner, mais pas reculer.

Et je nous contemple, assis-là, je nous contemple et me dis qu’effectivement, quelque chose est cassé. Et ça fait un peu mal, de se dire que les relations ne tiennent pas toujours, que ce n’est pas car on le veut que tout va bien, que tout ira toujours bien. Ça fait mal, oui, de voir que la vie est ainsi. Que nous ne sommes pas fait l’un pour l’autre, ou plutôt, que tu n’es pas fait pour moi.

Car je ne peux pas, ne peux pas t’aimer comme je t’aimais avant. Avant je ne savais rien, avant j’étais jeune : avant j’avais à peine vingt ans. J’étais une enfant, tu comprends ! Je me croyais grande, étudiante, avais l’impression de tout savoir et de vivre comme jamais. Je te regardais de loin, regardais ton dos puis la ligne de ta mâchoire, te rêvais plus qu’autre chose.

T’ai-je aimé, Jean ?
Et m’as-tu aimée ?
Ou n’avons-nous fait qu’aimer un rêve, une représentation que nous nous faisions l'un de l’autre ?

Car quand je te vois, ainsi, fatigué, désespéré… Je me le demande, oui, où est passé l’homme que j’ai aimé. (Et que j’aime encore, n'est-ce pas terrible !). Que j’aime encore car je sens mon coeur se froisser, mes yeux parfois me piquer. Je sens oui encore une affection profonde pour toi mais c’est comme ça. Je crois que lorsqu’on aime, qu'on aime vraiment, on aime pour toujours. Même lorsque tout s’arrête, même lorsqu’on se dit que ça suffit : quelque chose persiste.

Mais ce n’est pas suffisant, pas suffisant pour combler ce vide en moi, ces blessures qui s’accumulent. Ce n’est pas suffisant pour effacer mon amertume. Car je t’en veux, te déteste, vois tous tes défauts. Car je ne te vois ni briller, ni rayonner : car tu es la pire version de toi-même en cet instant et moi… Moi j’essaie au moins d’extérieur d’être à mon meilleur.

« Je vois. » je te réponds, laissant flotter ce qui reste de notre relation entre nous. Je vois mais ne dis rien, te laisse en plan. Et je vois, oui, que tu fais des efforts ! Mais pourquoi maintenant ? Tu avais trois ans, trois ans oui pour faire des efforts ! C’est quand je suis lassée, quand je suis fatiguée de toi que tu reviens, prends les armes ? Tu me fatigues, Jean. Tu aurais du commander ma boisson préférée en même temps que la tienne, aurais du me commander un café glacé ou même un thé, qu’importe ! Pour que je n’ai pas l’air d’une idiote lors de mon arrivée, à te voir ainsi posé avec ta propre boisson, déjà entamée.

On dirait que je suis arrivée pour repartir.
On dirait que je suis là mais que je ne le suis pas.

Rien ne m’attache à ce présent, à cette situation : je me sens partir. Je me sens hors du carde, Jean, tu comprends ?

Non, tu ne comprends pas, bien sûr.
Tu ne comprends jamais rien. Et ça me frappe ! Ça me frappe car je te comprends mais tu ne me comprendras jamais, ne m’as sans doute jamais comprise. Et comment pourrais-je rester avec quelqu'un qui ne me saisis pas ? C’est bien beau, de m’aimer, ou plutôt de penser m’aimer (bien dans ta zone de confort, là, pendant toutes ces années); mais ça ne suffit pas.

T’es-tu un jour intéressé à moi ?
« Tu as l’air décidé. » je te dis, un sourire n’en étant pas un aux lèvres. Et c’est fou, n’est-ce pas ? Comme notre bouche s’arque par habitude, sans même qu’on ne le veuille. « Mais tu sais, Jean… Et ça me vient d’un coup, comme si tous ces silences, toutes ces pauses que j’ai pu faire à présent m’avaient préparé à ce moment : parler de randonnée, c’est un peu… »

Je te regarde dans les yeux et ne pense plus à rien : « Tu sais, l’accident… » mon regard se perd « c’était ça, non ? Une randonnée. » Des vacances de prévues, tout un avenir construit à deux que tu avais oublié. Et je me souviens de la violence de tes propos, de la façon dont tu m’avais jetée — n’avais-je pas failli te dire, alors, que tout était fini ? Même si tu m’avais devancée, en quelque sorte. Et pourquoi je t’ai suivi. Pourquoi n’avais-je pas accepté cette issue, à l’époque ? Alors que j’en souffrais déjà, depuis des mois ? « Enfin, en soi, je ne t’en veux pas pour ça. » Et c’est étrange car je t’aime je te déteste mais ne t’en veux plus. Je crois que toutes ces émotions font que je ne te plus rien du tout. « Tout était déjà cassé. Tu ne t’en rendais juste pas compte, et c’est bien pour ça, que ça n’allait pas. » Car tu ne me voyais pas, ne voyais rien.

Était trop occupé à te voir, toi et tes plans, toi et ta vie et tes études.
« Enfin, c’est du passé. »

Et je te souris, sincèrement.
Te souris car ça fait du bien, d’enfin l’avoir dit.

Jean, ce n’est pas l’accident : ça remonte à bien avant.


 
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Jeu 15 Mar - 22:17
« Ah… du passé. »

Stoppé dans son mouvement, Jean se rassoit. Que Jane lui pardonne : l'idée d'aller lui chercher un café lui a complètement échappé de l'esprit ‒ encore. Peut-être a-t-il pressenti ce qui serait à venir, peut-être qu'il est con. La seconde réponse a plus de sens, parce qu'est-ce qu'il se sent con !

Il croise les bras. Encaisse. Et sous ce visage tordu par un sourire amer, mille pensées se déploient.

« Je sais pas Jane… L'est-ce vraiment ? »

La question est presque innocente. Ses yeux, en croisant les siens, tentent d'y trouver une réponse et redemandent : pourquoi ?

Pourquoi a-t-il traîné ce boulet sur sa conscience pendant des mois si ce n'est que du passé ? Pourquoi l'a-t-il suivie jusqu'ici s'il ne fait que courir après un temps qui lui a échappé ? Pourquoi n'a-t-elle rien dit avant si le sujet est déjà dépassé ?

(ils n'en seraient peut-être pas là, s'il s'agissait que de passé)

Et Jean, pauvre petit Jean, se retranche dans le distance, le café sucré aillant failli à le garder au chaud.

« Tu as encore des choses à dire, non ? »

Il l'espère
Car il ne pourra jamais prendre le « passé » pour une réponse.
(il s'est déjà excusé mille fois pour ce passé, s'est senti trop misérable à ses pieds pour continuer à jouer le chien comme à l'hôpital ; il est passé à autre chose)

C'est le présent qui le préoccupe
Le présent
seulement
Jane
 
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Sam 24 Mar - 20:30
Je te regarde, Jean, et plus rien n’est beau. Tes mots me blessent car, encore une fois, ils tombent à côté. Et je ne comprends pas pourquoi mon coeur se serre, alors que je le sais, oui, que tu ne me comprends pas. L’amour est une chose étrange, n’est-ce pas ? Je sais, je sais… Et pourtant. Je ne peux m’empêcher d’avoir mal quand tu parles, quand tu me prouves encore une fois à quel point tu es minable, incapable. Tu ne comprends pas et ça me tue, ça me blesse : me jette hors de ta vie. Et parfois je me dis qu’il faudrait mieux que tu te taises, car quitte à ne pas comprendre, autant ne rien dire.

Alors je me lève, car je n’en peux plus. Je me lève alors que j’ai envie de te dire mille et une choses, que j’ai envie de crier et de pleurer. J’ai envie de prendre ton café et de te le jeter au visage, envie de soulever la table de mes deux mains et de te la jeter dessus. Mais à quoi bon ? À quoi bon alors que tu as décidé d’être con.

Comment fais-tu pour ne pas voir ? En plus de ne pas comprendre tu es aveugle, incapable de saisir mes mouvements, mon regard : incapable de savoir qui je suis, ce que je pense, ce que je vis. Tu es minable et tu me tues.

Je n’en peux plus de toi, Jean, je n’en peux plus de toi et de tes conneries, de tes gestes sans sens. Je n’en peux plus de ta maladresse minable, qui prouve ton manque d'attention. T’es-tu une fois perdu dans ma contemplation ? As-tu une fois cherché à me voir, simplement me voir ? Sans te voir toi, toi et tes désirs, toi et tes pensées absurdes ! Tu es si égoïste, si égoïste que tu t’écrases ! T’enfermes dans tes filtres et tes quiproquos et je n’en peux plus.

Et je pars, serrant les hanses de mon sac avec force, sans me retourner, sans rien te dire, sans te dire au revoir.

Car si je reste, Jean, je crois que ce sera la fin : je crois que je te le dirai, oui, que tu n’es plus rien.

Pour moi, pour nous.
Que je ne t’aime plus tant tu me déçois.

Ne veux plus.

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