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tirer sur l'oiseau moqueur ✕ Jae (fini)
 
magnolia
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Dim 10 Sep - 3:21
La nuit touche l'horizon au-dessus des arbres, lorsque Cecil laisse le temple derrière lui, avec au cœur toujours le même pincement lorsqu'il foule cette herbe, lorsqu'il lâche cette porte. Abreuvées des mots de King, ses pensées sont claires sur le chemin du crépuscule. Il pense aux lumières de la ville comme des étoiles et les étoiles comme des gens. Avec leurs yeux au couleur de mission, il se rappelle, presque en détail, de toutes les fois où il a juré : je les garderai. A l'orée de la forêt et bercé par les mésanges, Cecil est gardien inévitable. Sur le chemin du retour, il oublie sur sa gorge le vent des fin d'été.

A la moitié de la route, Cecil se souvient du soir en entendant les cailloux craquer. Ses yeux s'adaptent au noir orange, et reconnaissent Jae, comme au loin il entend le ruisseau. Sans le savoir tout à fait, il s'est arrêté. ‹ Bonsoir ›, il ne sait pas vraiment qu'il a ce ton circonspect, ‹ où étais-tu ? › Il balaie le doute très vite, Cecil va toujours droit au but. Tout droit sur la route, tout près de la ville, ils sont là comme ils ont été des enfants, des ombres blanches, par-delà les pins, et la brise du soir sous le coton. Mais depuis ce temps les oiseaux sont morts cent fois, et les pupilles de Cecil ont été imbibées par le devoir, et le devoir voit des couleurs toujours différentes sur Jae. Avec son nom maintenant Cecil entend des ombres, avec son visage Cecil voit des doutes. Sur la route, ils sont encore loin l'un de l'autre, et plus le temps passe et plus Cecil croit que leurs cœurs sont loin aussi. Que leurs serments, chacun à un bord de la Terre. Il plisse un peu les yeux. ‹ J'entends des secrets que tu ne nous dis pas. Comment ça se fait ? › Des secrets venus du rouge, Jae, que tu caches dans ton cœur. Mais les yeux des fleurs doivent tout voir, et Cecil supporte de moins en moins, Jae - de ne plus voir en toi. Et bientôt, le vent soufflera différemment sur toi, et bientôt, la pinède t'appellera traître. Et ce jour là, Jae, Jae, Cecil sait qu'il devra t'arracher à la forêt.
 
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Dim 17 Sep - 11:16
« La nuit déjà est tombée et rentrant chez nous je te croise, Cecil. Et si tu savais comme je te déteste, si tu savais comme ton ton n’a plus rien de doux. Tu n’as pas fini de me saluer que déjà tu me questionnes, m’accuses — et serait-ce un début de soupçon, que je perçois dans ton regard ? Je serre les poings et te réponds d’un sourire (mécanique) : « Bonsoir, Cecil. » J’ai l’impression que tout va trop vite et me concentrant sur ma respiration je laisse flotter les secondes entre nous. Je ne suis pas méchant et pourtant j’ai soudain envie de t’insulter et de te dire que tu es stupide. Après tout tu reviens de la forêt et moi j’y arrive : ne sais-tu pas déjà d’où je viens ? « En ville. » Je n’ai plus trois ans et tu n’es plus cet.te ami.e, ce parent. Tu n’as plus à t’inquiéter (et tu ne le fais pas) que je me perde.

Si tu savais comme parfois j’ai envie de te voir, si tu savais oui comme je pense à avant et comme j’aimerais comprendre. Qu’es-tu donc devenu ? Où est cette main, ce regard et cette tendresse que j’ai un jour connus ? Où es-tu passé, pourquoi es-tu parti ? Pourquoi n’as-tu plus ces beaux cheveux longs, ces fins poignets et ces doigts de fée ? Pourquoi n’es-tu plus là pour moi, pourquoi nous sommes nous éloignés.

Tu me parais si sévère.
« Nous n’avons pas la même définition du secret. » Et je me sens devenir mauvais je sens une colère monter en moi et ai envie de taper du pied. J’ai envie oui de devenir violent et d’en venir aux mains : qu’on règle ça tout de suite. Je déteste ce doute qui peu à peu croît en vous (en toi). « Un secret c’est quelque chose qu’on cache, qu’on ne dit pas. » Mon sourire fond peu à peu et ma voix se fait distante. Si tu savais comme je vous en veux.

Si tu savais comme je t’en veux.
Tu es égoïste et peut-être qu’au final tu ne comprends pas. Suis-je si seul, si idiot ? Seul dans ma frustration, seul déçu de cette histoire ? Pourquoi les choses ont-elle tourné ainsi ? J’aimerais te dire coupable mais tu ne l’es sans doute pas. La vie nous a séparés et c’est ainsi. Le temps est passé tu as commencé à être occupé je me suis refermé sur moi-même ai (pourtant) voulu tendre le bras t’attraper mais tu étais déjà trop loin et je suis parti.

Nous ne nous sommes jamais retrouvés. « Mais vous… Vous ne me demandez juste pas. » Je crois que peut-être nous ne nous aimions pas assez. Je t’aimais fort, pourtant (t’aime encore et t’aime à tort). Alors est-ce toi ? Toi qui a trop eu à aimer et qui a donc décidé que je n’étais pas assez important ? Tu as été un.e mauvais.e ami.e, Cecil (et je n’arrive pas à te pardonner). « Donc ne t’étonnes pas de ne rien savoir si tu ne demandes pas. Ne va pas me dire que j’ai des secrets, ne va pas me dire que je mens alors que tu ne viens pas que tu ne demandes pas. Si tu me demandais peut-être que tu saurais. » (je n'ai plus envie de te le dire)(n'ai plus envie d'être gentil)

J’ai l’impression d’être un enfant, un gamin.
Un ado se rebellant et féroce cherchant à rendre la douleur qu'il a reçu. « Ca n’a pas de sens. » Tu ne fais aucun sens.

Et moi je vous aime mais ai l’impression de ne plus faire parti des vôtres.
Des nôtres. Toi moi eux.
Magnolias.

 
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Mar 19 Sep - 18:39
La véhémence de Jae fait rugir la nuit, mais siffle à peine aux oreilles de Cecil. Car il a déjà dans la poitrine le même feu qui est jeté sur la forêt, comme les pins sont calcinés de ne plus être abreuvés, comme parfois les familles s'enflamment jusqu'au charbon. Cecil lève le menton d'un air attendu. Les fils de ses paupières tombent comme une sentence ; il n'ignore pas la bonté, qui a toujours fleuri sur les lèvres de Jae en herbe sauvage, il n'ignore pas la douceur. Mais, le monde se fait de la gravité des choses - la pomme doit un jour tomber à terre, l'arbre trop vieux s'écraser dans l'humus. Alors Jae ne peut rester à tout jamais une âme en suspension, lovée dans la légèreté de la nuit. C'est son travail, Cecil, de le ramener au sol, il n'a aucune affection, aucune cruauté pour cette tâche. Tout au plus, il l'exécute comme on respire. Il observe son frère comme on regarde un secret, percé à jour. ‹ Je n'ai pas le temps de te demander, Jae, et je pense que tu es assez grand pour faire cet effort. › Avec la distance du soupçon, il reste immobile, mais pas enraciné. Son palais a presque le goût de la fumée. ‹ Je ne devrais pas avoir à demander. ›
Car il y a des mots verts comme des vies que Jae sait - qu'on lui a confié tout au creux d'un sanglot, d'un abri blanc, caché de tous les yeux. Des mots qui doivent toucher à son essence, à la blanche nature même de ce qu'il est, comme une aiguille sur un nerf : mais de cela, Cecil n'a vu monter à lui que des échos entre les falaises.

Il prend un moment sur le silence pour réapprendre à regarder Jae.
Avec le regard neuf des inconnus, les yeux qui disent : je ne te connais pas. Qui dévalent des reliefs familiers, mais avec la surprise des jours nouveaux, de se faire dire que peut-être leur sang a divergé à ce point, que Jae ne sait plus d'où il vient. Que le sien aujourd'hui est fait de soufre, et celui de Jae des illusions. Est-ce qu'il se souvient de la couleur du temple ? Seulement de celle du devoir ? Cecil claque de la langue par un réflexe. Des braises de cerbère se dessinent autour de sa tête. Non, Jae ne sait plus rien. C'est un avertissement. ‹ Les autres le font, eux. Je ne veux pas te le demander une deuxième fois. › Oh car il a déjà envoyé ses frères à l'est d'Eden, par-delà la forêt et loin de son regard, il l'a fait sans battre deux fois des cils, et là sur la route il dit : je recommencerai. C'est ça le sens qu'il y a. ‹ Je ne veux pas que tu oublies, Jae, qui tu es, et ce que tu dois faire. › Puisqu'il sait, que tu essaies si fort de le faire. Comme il sait les hellébores qui se dessinent dans ton ombre rose, toutes couronnées d'un faux amour - que le temps de l'enfance est passé, Jae, que la famille est plus forte que toi. ‹ Si tu y faillis alors je ne te pardonnerai pas. ›
 
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Dim 1 Oct - 17:41
« Et toi, Cecil, et toi… » Je ferme mes mains tout en fixant mes pieds. J’ai du mal à te regarder, du mal à te faire face. Je me sens minable et déteste cette impression. Qu’ai-je fait de mal, après tout ? Pourquoi me fais-tu me sentir coupable alors que c’est toi, toi oui qui es en faute ? « …je pense que tu es assez grand pour faire confiance à ton ami. » Ma tête se redresse et ma voix se fait plus forte, presque mauvaise (désespérée). J’ai envie de pleurer mais ça ne se voit pas, je suis trop énervé. « Donc oui, tu n’as pas à demander. Tu n’as pas à demander car ça ne deviendrait même pas te venir à l’esprit. »

Est-ce que moi, je te demande ? Ce que tu fais, ce que tu penses ? Est-ce que moi, je doute ? « Alors arrête tes conneries. » Ai-je encore l’âge pour ces moments ? Ai-je encore l’âge pour m’emporter de la sorte ? Je me sens petit je me sens gamin je me sens tout et rien ! Je t’en veux et je n’en peux plus j’ai envie de m’approcher et de te mettre mon poing dans la figure.  Tu es si égoïste Cecil. Tu as tout oublié des moments que nous avons passé ensemble, as tout oublié de ces rires tranquilles. Tu as tant changé et même si je sais qu’il en va de même pour moi, j’ose penser qu’à présent je vaux mieux que toi. Mieux que cet homme qui n’en est pas un, mieux que cette personne que tu incarnes qui n’est même pas toi. Mieux oui que ce masque que cette froideur qui ne te sied pas (ou est passée ma soeur)(ou est passée la mère)(ou es-tu passé Cecil même lorsque je te fais face je ne te vois pas). « Les autres c’est les autres, alors arrête tes conneries et laisse-moi te le dire, Cecil : je ne veux pas que tu oublies qui tu es. » Ce que nous avons été.

Mais ça c’est trop dur à dire, n’est-ce pas ?
Même pour moi.

« Et ne me parle pas d’échec alors que c’est toi, qui as déjà failli. » Je serre les dents reste droit reste loin de toi et pourtant espère te faire réagir en te disant : « C’est toi qui a perdu la foi. »

En nous.
En moi.

 
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Mar 3 Oct - 15:32
Les flammes de Jae tombent toutes sur le regard gelé de Cecil. Elles ne touchent pas ses muscles scellés, elles ne crèvent pas la membrane des lèvres résolues. Son menton est haut comme le jugement, Cecil est sourd, Cecil est de pierre. Jae infiniment ébloui d'inconscience n'a pas le poids pour changer ça, car c'est toute la masse du monde qu'il faut, ou un murmure : le sang bat pareil sous sa peau, neuf et sans avis. ‹ Alors, j'ai tort ? › Un pas crie sur le chemin lorsque Cecil avale la distance - ça y est, c'est la colère, c'est la bile de ses yeux tronqués. ‹ C'est vrai, je me trompe ? Tu ne caches rien ? Tu viens nous trouver pour chaque information que tu sais être importante ? › Tout disparaît au-dessus de leurs nuques, pour Cecil avec la furie il n'y a que le noir et l'équation, d'eux contre l'autre. Car il veut que cela le dépasse ; il veut que ce soit plus grand que les maigres traits de sa stature, que ça touche le sang et les étoiles. Plus grand que leurs visages sans couleur et que leurs vies sans traces, c'est l'essence contre l'essence : à ce moment-là, Cecil est plus que Cecil, Cecil est esprit de la forêt ; il peut prendre le visage du loup et de la nuit, il a un venin parfum magnolia.
Là où il s'arrête, il est à la portée de Jae. Il crève son cocon comme on expose des preuves, son souffle agresse le sien. A cette hauteur, il peut l'écraser, il peut le mordre. Ils peuvent se battre comme les enfants qui ont crié dans le secret ici bien avant. Mais Cecil veut que ça soit bien plus haut qu'eux - plus que Jae et la tension ardente à la fleur de sa peau : il refuse de croire qu'il a failli. Il offre la colère à leur mesure, la colère plus grande que l'humain. ‹ C'est vrai, Jae, je me trompe de croire que tu nous délaisses ? › Articulé avec la froideur sans artifices, ça le dépasse au sens les plus propres qu'il ait imaginé : il est hors de lui. Il garde des yeux féroces sur Jae, pour ignorer qu'il a la plaie noire et suintante sur la poitrine, tracée de la lame des mots. Mais il ne peut l'empêcher de se régurgiter dans ses mots : finalement, l'incendie l'a balayé. Envahissant, Cecil blessé dévore les certitudes. ‹ Je ne suis pas ton ami, Jae, je suis ton frère. › Mais la colère c'est lui, la blessure c'est lui. Ils sont dignes, méritent d'exister : c'est la tromperie qui les a mis au monde. Au-dessus du frère renégat, Cecil dit qu'il ne s'est pas coupé tout seul. ‹ J'ai foi en ceux qui ne l'oublient pas. ›
 
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Dim 8 Oct - 18:11
« Je te regarde et le réalise, Cecil : tu ne me comprends plus. Le temps est passé et je crois qu’à présent je fais face à un inconnu. Et qu’il est dur, oui, de se dire que tout est fini ! Que nous avons mal que nous sommes en colère et que plus jamais rien ne sera pareil. Pourquoi ne fais-tu pas d’efforts ? Pourquoi ne crois-tu pas en moi ? Tu m’énerves, tu m’agaces : tu me blesses. Et j’ai la rancoeur dans les yeux, un peu de larmes aussi mais elles ne tomberont pas, ne céderont pas : « On ne choisit pas sa famille, Cecil, mais on choisit ses amis. » Moi je n’ai jamais demandé à être un magnolia, ne m’en suis jamais plaint… Mais si j’avais eu le choix, l’aurais-je été ? N’aurais-je pas préféré être de ces humains à deux chances, deux vies ? Où (mieux encore) de ces humains heureux sans avoir à tout recommencer ?

Je ne sais pas, Cecil, mais je sais que je t’ai choisi. T’avais choisi comme plus qu’une soeur, plus qu’un membre de ma famille : t’avais choisi comme un.e ami.e. Et tu m’as trahi, me trahis encore là en cet instant en m’accusant et me repoussant. Tu veux que je tue mon affection, que je coupe une bonne fois pour toute le cordon.

Tu veux que je nous renie et pourtant me demandes d’être plus fidèle : n’es-tu pas cruel ?

Tu ne fais aucun sens (je le répète et le pense). « C’est toi le traite, Cecil. » Je serre mes poings et sais que je vais franchir une ligne que je ne devrais pas mais je n’en peux plus et je crois que c’est tant pis : « C’est toi qui mens, toi qui doutes. C’est toi la soeur devenue frère, c’est toi qui ne vaux plus rien, Cecil. » Et j’ai envie de pleurer mais à la place je lâche, méchant : « C’est toi qui t’es perdu, toi qui devrais retrouver ton chemin. » Moi je sais qui je suis.

Moi je n’oublie pas.
Je ne mens pas.

Tu es pourri.

 
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Jeu 12 Oct - 0:57
Cecil, ce soir, déteste les murs. Si Jae veut soutenir le poids de sa pupille, alors il y creuse encore un autre vertige. Il remplit le silence du reflux furieux des abysses, Cecil la tête prise dans l'orage. Une furie rouge dont il aura honte plus tard - mais qui pour l'instant irrigue ses tempes en crues, d'un sang noir de bile. Ah si les regards étaient des armes peut-être que Jae serait ouvert sur l'instant, fracturé sur les mots qu'il veut tant lui arracher. Cecil croit en une lumière invisible, indivisible dans ses yeux et qui perce la peau, pour couper tout droit sur la putréfaction de sa pulpe. De la chair de sa chair. Cecil croit en ce pouvoir-là. ‹ Si tu ne comprends pas ce que je te dis, c'est que j'ai raison. ›, il confirme. Sur le fil de ces sujets-là, il perd la vue - des choses qui font saigner son cœur d'habitude. Les larmes qui naissent dans les yeux de Jae ce soir tomberont sur le marbre. Les sourcils blonds se froncent, il ouvre les lèvres sur une punition divine et
iel vacille.
Frappé au cœur, Cecil s'arrête net.
Un acide trop familier se fait un plaisir de ronger ses nerfs. Les muscles furieux de ses épaules s'abaissent au coup d'épée ; il écoute à peine la suite de l'estocade : ses oreilles sifflent déjà de la première balle. Sous le fourmillement de sa moelle épinière, Cecil, exsangue, est un peu sage. ‹ ... Tu ne sais pas de quoi tu parles. › (De quoi tu te mêles ?) ‹ Et je ne vois pas le rapport : c'est toi qui est en tort. › Le venin laisse un goût amer dans sa gorge - se serait-il mordu tout seul ? - ; mais il y a encore les braises fraîches dans sa voix, nourrie du feu formidable de l'ignorance. Les cendres se secouent sous les écailles de sa peau, il n'est pas idiot, n'en a pas fini avec lui. ‹ C'est toi qui voit des hellébores sans nous dire ce qu'ils te disent, c'est toi qui les aides - et c'est moi ? Le traître ? › Sa voix s'élève un peu plus haut que d'habitude, il l'entend ; ses veines se gorgent du désespoir, il les sent se débattre en son sein. Cecil s'efforce d'ignorer que, tout à coup i(e)l se souvient de lui(d'elle) ; ça le fait devenir méchant. ‹ Quel genre de frère ou d'ami tu es, Jae, pour cracher à notre visage- à mon visage comme ça ? Tu n'es plus rien. › La douleur se réverbère toute pure dans la dureté de son regard. ‹ J'ai tellement honte de toi. ›

 
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Dim 15 Oct - 12:09

« Tu dis avoir honte de moi et ces mots me figent. De quel droit me dis-tu ça. Qu’ai-je fait pour mériter un tel jugement, quelles sont mes torts ? Je n’ai jamais volé, n’ai jamais menti non plus : alors comment peux-tu m’accuser de la sorte puis me pousser, me jeter hors de ta vie (de ton coeur) ?

Que va-t-il nous arriver, à présent ?

Comment s’aimer, après ça ?
J’aimerais que tu te sentes minable et lourd de remords mais c’est impossible, n’est-ce pas ? Et ne devrait-on pas arrêter ce conflit ? Il faut que je prenne sur moi et me montre plus mature, m’excuse pour mieux calmer le jeu et ainsi trouver une solution à tes côtés mais… Je n’y arrive pas. Ne veux pas.

Je veux te faire si mal que tu n’en pourras plus et lèveras la main sur moi. Je veux te faire si mal oui que ce soir tu n’en dormiras pas et penseras à moi en te disant que tu regrettes. Sais-tu que je ne suis plus un enfant et que tes menaces ne me font pas peur ? Sais-tu que tu n’es pas notre mère, juste une soeur, tout au plus un frère ? Sais-tu que tu n’as aucun genre et que tu es stérile ? Sais-tu oui que tes désirs et tes idées sont futiles et que tout à coup je pourrais te détruire !

Je suis si en colère que je pense n’importe quoi et ça me tue si fort et si bien que d’un coup je ne ressens plus rien.

Je suis vide.

Si vide que j’en soupire et te lâche, las de tout mais surtout de toi : : « D’accord. »

Pense bien ce que tu veux, traitre. Pense bien ce que tu veux et tue-moi, prends donc tes mains et enroule-les autour de mon cou, presse tes doigts fort contre ma gorge pendant que je suis encore humain. Étrangle-moi jusqu’à ce que je suffoque, saisisse tes poignets et finalement lâche mon dernier soupir. Tue-moi une bonne fois pour toute si tu es si déçu !

Tu m’excèdes et je sais que nous n’avons plus rien à nous dire.
Nous n’avons plus rien à nous dire et pourtant toutes les armes pour nous blesser, alors je continue. Je continue cette bataille car je me sens si à l’étroit qu’il me faut tout te jeter à la figure pour que, peut-être, je me sente un peu plus libre. N’ai-je pas le droit de vouloir te montrer mon point de vue ? N’ai-je pas le droit oui de vouloir laver mon nom ?

Je tâche de contrôler ma voix lorsque je te dis : « Tu peux avoir honte de moi, Cecil, mais c’est toi qui fais honte. » Et il y a cette lueur quelque peu provocatrice dans mon regard, je le sais, tant bien même j’essaie de me montrer froid. « Reste donc tout seul, Cecil. Reste malheureux reste un homme reste sans rien reste dans ton mépris dans tes doutes dans tout ce qui ne te va pas. » Je serre les dents et poursuis : « Quel genre de frère ou d’ami tu es, Cecil, pour cracher à mon visage, pour imaginer des choses que je ne fais pas, qui ne me correspondent pas, comme ça ? Tu n’es plus rien. » Je n’oublie pas et te renvoie tout ce que tu m’as jeté pour finalement conclure : « Regarde-toi devant un miroir et demande-toi comment tu te sens avant de me dire que tu as honte de moi. »

Tu me juges et pourtant tu n’es pas mieux que moi, tu es tout aussi malheureux, tout aussi perdu tout aussi rien ! Tu n’es pas épanoui et ne le seras jamais si tu restes ainsi. « Avant d’accuser les autres pour des choses qu’ils n’ont pas fait, avant de m’accuser de mentir oui apprends à être franc, surtout avec toi même. » J’avale ma salive, serre les poings et finis, fatigué d’avoir tant parlé : « Être un homme ne te va pas. »

Tu es laid, Cecil.
Ton âme s'est ternie.

 
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Lun 16 Oct - 19:16
Jae était un petit enfant qui ne s'oublie pas. Courait entre les arbres avec la bouche dégoulinante de rires, porté par les petites jambes de lumière, jamais lassées des jeux. C'était une fleur juvénile, qui prenait ses racines très loin sur le fleuve de la famille, et jamais fatiguée de tendre les bras.
Mais Jae n'est plus un enfant maintenant.
C'est un arbre sombre qui s'engouffre dans les plaies, invasif sur la terre des cœurs, sauvage. Touché de la seule maladie qui ronge les nervures des magnolias : l'implacable, inévitable amertume. Tend les poings et tord les cœurs. Cecil, les yeux clos, accepte patiemment d'être rudoyé par la tempête. Avec le silence des condamnés, il écoute hurler le vent contre ses meurtrières, et le chagrin lunaire qui rampe sur ses os. Il fixe le noir infini et clément de ses paupières, pour ne pas ouvrir les yeux sur une noirceur plus réelle encore, trop tactile qui le regarde en retour. Idéalement, c'est là qu'est Cecil : dans les ténèbres maternels de sous la terre, où c'est impossible de l'entendre crier. ‹ Arrête - › La voix (grave) est presque rauque des larmes dans sa gorge. ‹ s'il te plaît, Jae. › Arrête : avant de trop le.a faire saigner.

Ses yeux se rouvrent sur son frère, qui a le sang à la bouche. Il est infiniment frustré de la conscience trop pleine que Jae a tiré de ses tissus - a honte de sa nudité humiliante. Jae sait où mettre les doigts pour faire mal, bien sûr : c'est le métier qu'il s'est choisi. Et peut-être était-ce uniquement dans ce but, dans le dessein terrible de trouver les souffrances roses sous la peau des fleurs solitaires. Cecil trouve ça tellement déloyal : lui sait seulement arrêter les pleurs. ‹ Ce n'est pas de moi qu'il s'agit. › Il reste dans une immobilité certaine, pour ne pas brader encore plus sa dignité - mais il sait que cette stature est désormais aussi infantile et chancelante. C'est trop tard pour lui, maintenant - ce corps le démange déjà, et plus encore de savoir maintenant qu'il est détesté. Mais il a un petit peu, au moins un tout petit peu d'honneur pour lui-même : cette conversation, puisqu'elle le lacère jusqu'à la racine, au moins il en veut la fin. ‹ Pourquoi tu t'attaques à moi plutôt que de te défendre, si c'est ça qui te fait mal ? Tu aurais pu profiter de tout ce temps pour me dire où je me trompe, plutôt. › Plutôt que d'ouvrir sauvagement ces portes si durement fermées, Jae - Cecil garde un regard trouble sur lui.

Il se couvre d'un calme olympien, c'est son seul, unique rempart, le tout dernier que Jae n'a pas abattu. L'inébranlable - par-dessus le bruissement effaré qui gronde au fond de son ventre (entre ses jambes). Ses intestins tordus par le désir terrible ; sa chair trop blanche, et sa bouche toujours ouverte sur l'amour : tout ça ne doit pas exister maintenant. Que ça s'effondre à l'ombre du lit ce soir - mais il veut faire ce compromis avec le marbre de lui-même pour le moment. Ce n'est pas si évident : sa voix tremble un peu plus qu'il ne le veut, il n'arrive pas à l'empêcher. ‹ Pourquoi tu nous détestes tant, que tu veuilles te tenir si loin de nous ? › Qu'y a-t-il de si détestable, Jae : à être encore un enfant-lumière. Qu'est-ce que tu détestes tant ‹ Pourquoi tu es si cruel avec moi ? › dans l'idée de me ressembler.
Bien sûr, dit comme ça : il connaît déjà la réponse.
 
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Sam 28 Oct - 13:57

« Ah je m’entends penser. Mes mots tels des couteaux t’ont poignardé, Cecil, n’est-ce pas ? Fébrile, je viens passer une main (tremblante) sur mon mon visage, la faisant glisser jusqu’à ma nuque : je suis perdu. C’est comme si te voir tout à coup si secoué me faisait réaliser que ce que je fais n’est pas bien. Je sais où appuyer pour te faire mal et même si jusqu’alors je ne te l’avais jamais fait, cette fois je n’ai pas pu m’en empêcher. J’ai été méchant et ne sais pas si je regrette. J’ai été méchant et pire encore pense que tu le mérites.

Es-tu si bon, te crois-tu si Dieu ?
Notre situation est horrible car même ainsi, même minables, nous ne nous comprenons toujours pas. Je suis toujours en colère, toujours blessé et tu es toujours là, devant moi. D’un coup tout me frappe et je me sens humain; comme de ces hommes dans les films mal rasés qui soupirent, réalisent que leur vie est nulle. Qu’elle est grise qu’ils sont gris et qu’ils ne sont même plus gentils. Et suis-je bon ? Suis-je bon comme tu crois toi-même l’être ? Sommes-nous si grands sommes-nous si … ça ? Je te regarde et j’ai envie de lâcher un putain.

Putain regarde-toi, putain regarde-moi.
Tu me rends fou.

Concentré j’inspire longuement avant de te parler, calme : « Bien sûr qu’il s’agit de toi, Cecil. » J’ai un goût métallique dans la bouche et continuant à contrôler ma respiration je poursuis : « Tu n’aurais jamais dû douter de moi. Comment veux-tu que je sois gentil, comment veux-tu que je sois calme et t’accueille a bras ouverts alors que tu accuses ton propre frère ? Tu as douté et en doutant, en doutant sans venir me voir, sans me demander… Tu as douté oui et en venant juste pour m’accuser tu m’as blessé. » Sois adulte, Jae je me répète, ayant l’impression d’avoir déjà pris plus de trente ans dans les dents : « Tu me dis que j’aurais du te dire, mais comment te dire alors que je ne me sens coupable de rien ? Je suis psychologue, j’écoute les maux des hommes, les maux des gens. Je pourrais même écouter les tiens si tu me le demandais, si tu venais dans mon cabinet. » Je me sens fatigué et je lutte, lutte pour essayer d’être clair, précis, pas trop amer : « Est-ce donc un crime que d’écouter ? Est-ce donc un crime oui que d’écouter quelqu'un ? Qu’il soit hellébore qu’il soit magnolia qu’il soit myosotis ? Ces personnes paient pour que je les écoute, que je les aide à se sentir plus en phase avec elles-mêmes, en paix. En quoi est-ce un crime ? Tu m’accuses alors qu’au final tu ne sais même pas ce que je fais, tu ne m’as jamais demandé. » Je n’en peux plus.

« Tu t’es comporté comme un.e inconnu.e comme un.e con.ne et après tu fais ta victime en m’accusant de tous vous détester. » C’est toi le.a gamin.e, Cecil. C’est toi qui t’es perdu.e. « Tu n’as jamais essayé de comprendre. » Pourtant tu juges, pourtant tu crois avoir ton mot à dire, tu crois pouvoir me condamner. « Bien sûr que je vous aime, bien sûr que je t’aime, je n’ai jamais cessé de t’aimer. Je n’ai juste rien à défendre si ce n’est mon affection pour toi, mon amour propre. Tu viens et tu plantes une lame dans mon coeur alors qu’au final tu ne sais rien. Comment veux-tu que je réagisse, encore une fois ? J’ai été cruel comme tu as été cruel avec moi, Cecil. »

Et je sais que j’aurais du me contrôler mais je ne le pouvais pas.
Ne le voulais pas.

« Que veux-tu que je fasse ? »
Parfois je me dis qu’il serait plus simple de dire adieu au bonheur, adieu à la vie. Parfois je me dis oui qu’il serait plus simple de se comporter en bon connard. D’enfoncer ceux venant me demander de l’aide, de leur dire qu’ils ne guériront jamais et qu’ils sont déjà trop vieux.

Qu’ils feraient mieux de crever.
Car parfois les efforts ne mènent à rien.

Ce sont les autres qui décident, pas nous.
À la fin.


 
magnolia
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Mar 31 Oct - 1:40
Un tonnerre chaud tangue sur son cœur, lorsque ses oreilles se saturent de Jae. Son frère a la voix sèche des réalités amères, des distances qui se creusent dans la chair. La poitrine de Cecil se fait ouvrir par cette férocité réelle, en travers de ses os menteurs, pour exhaler à la nuit une lumière jaunâtre dont il a honte. Cecil subit en silence ; sa moue trahit que le rouge lui monte aux joues.

Un goût sévère de factuel reste sur sa langue, acide comme les petites vérités. Des douleurs ordinaires qui restent en travers de la gorge, et qui veulent dire : c'est comme ça. La forêt crache des magnolias, des amours fébriles naissent à l'angle des rues. C'est comme ça qu'est le monde, Jae, Cecil meurtri le sait du fond de ses cicatrices. Son sang est mauve de cette brute sincérité : que le monde n'est pas juste. Cecil fait de ce marbre, gris et saint, a ce savoir des choix qui se sanctifient sur le bien commun, mais qui font saigner autant que les autres. Le bleu de ses yeux, renversé sur la souffrance pure de cette chair, sur la rage indolente à la fleur des organes, est sévère et serré : ne regrette rien. ‹ Ce n'est pas un crime › il est didactique, au ton remué des changements ; il ne l'accuse plus. ‹ mais ce n'est pas raisonnable. ›

C'est quelque chose qu'il peut pardonner - la tendresse juvénile de Jae, plus jeune que lui, les épaules taillées différemment de lui. Pardonner que son cœur échappe trop fraîchement à cette brume morale, comme on excuse un enfant, un civil aux doigts purs. Cecil a la douceur cruelle de celleux qui ont déjà vu de leurs propres yeux le rouge. ‹ Ce sont des criminels et des dévoyés. Ils ont besoin d'être remis sur le droit chemin, et ils ne doivent plus blesser personne. Ils sont au-delà de la raison. › Au-delà des frontières, Jae, que tu n'as pas franchi peut-être - mais là, vois-tu, est la différence : c'est à ce créneaux-là que lui est monté, saint et armé, les pieds sur la limite. Le port de sa  tête oscille à peine. ‹ Ce que nous faisons doit être au-dessus de la raison aussi. Est-ce que tu comprends ça ? › Il rappelle à lui la mission. Leur sang doit résonner au même rythme sur ce son. Cecil dégoûté de lui-même, se souvient sur la route la perfection de sa douleur, plus grande que lui, plus grande que les ombres. ‹ Que c'est comme ça que les choses sont. Qui je suis, ce que nous faisons. C'est au-delà de la raison, mais c'est comme ça qu'on accomplit notre mission. ›

Il sent dans sa poitrine fleurir les milliers de racines de la blessure, réveillées par l'égarement naïf, difficile de son frère - les rêves qu'il a jeté au firmament, les désirs secrets qu'il a noyé dans la rivière. Tous les bulbes de cet arbre du devoir, abreuvés des larmes, et qui sourient à la béatitude : de se soumettre poliment à leur existence. Cecil, martyr, voudrait peut-être remercier Jae de l'avoir aidé à s'en remémorer. Son sourire, le premier depuis si longtemps, est serein de son infini chagrin. ‹ Est-ce que tu comprends ça ? ›
 
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Mer 1 Nov - 17:42
« Tu es devenu fou, Cecil. Tu es devenu fou et consterné je t’écoute sans t’interrompre, serrant les poings puis les dents. Que t’est-il arrivé ? Comment peux-tu décider de qui est un meurtrier et qui ne l’est pas sans même les écouter ? Tu ne sais rien, prends un homme coupable et condamne tous ceux à ses côtés. Comment peux-tu être si injuste ? Je me souviens de certains de mes patients, me souviens de leurs blessures et de ces choses qui ne guériront pas. Car elles ne viennent pas d’eux elles viennent d’avant et ils ne pourront jamais accepter de vivre avec : c’est trop douloureux. Comment être le même lorsque d’un coup on a le souvenir d’être étranglé à mort ? De voir sa tête fracassée par terre ? Comment être le même oui quand un jeune étudiant tout à fait innocent se souvient avoir tué son père ? Ce n’est pas eux, Cecil, ce n’est plus eux.

Et nous ne parlons plus de la même chose.
Si tu me demandais à cet instant si je suis d’accord avec eux, peut-être te dirais-je oui. En effet je pense qu’il vaut mieux oublier certaines choses, certaines choses qui ne dépendent pas de nous et dont nous ne sommes pas coupables. Enfin. Je plonge mes mains dans mes poches et me retenant de lâcher un soupir je te dis : « Tu serais capable de tuer. » Voilà ce que je comprends, quand tu me demandes de donner mon avis, d’approuver ce que tu dis.

Ma soeur est morte.

Je te contemple et ai l’impression que je le fais pour la dernière fois. Je te dis adieu, Cecil, je dis adieu à la soeur, à la mère et à l’amie que j’ai connue. Tu n’es plus pareil.le et nous n’avons plus de raison de nous aimer, plus de raison de nous parler.

Tu es fou, tu es homme — tu as choisi un corps qui ne te va pas et je ne sais comment tu as perdu douceur et raison. Tu condamnes un groupe et les affirmes meurtriers alors que toi comme moi ne savons rien : tu joues au policier sans rien savoir du droit, des lois. Tu joues oui Cecil tu joues à un jeu dangereux car à condamner des innocents pour leur liberté de penser tu finiras mal(heureux).

Détesté.

« Prépare ton arme, Cecil, car ton frère est certes innocent mais il ne pense pas comme toi. » Et intolérant comme tu es nous ne tiendrons pas longtemps. Je vous aime je vous aime vous famille vous racines vous tout ce qui me permet d’être moi-même (quelque chose). Je vous aime oui mais si tous sont voués à devenir comme toi avec le temps alors je préfère ne prendre aucun camp.

Me réfugier derrière ce métier qui me tue me réfugier dans mon gris me réfugier dans cette merde qu’est mon présent, oui.

Je déteste ma vie.


 
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Dim 5 Nov - 0:21
Non -
ça reste bourgeonnant dans sa bouche en pierre.
Non, mon frère - tu ne comprends pas.
Ça stagne sur son estomac comme un alcool rance, distillé par leurs jeunes années ; l'ignorance indigeste le prend au cœur. Ses viscères se renversent de moitié sur elles-mêmes, saisies dans le vif, du sang injuste qu'on invente sur ses doigts : une nausée glacée dans le ventre de Cecil. La grimace du dégoût fendille irrémédiablement l'élégance de son masque. De toutes les blessures qui ont été ouvertes ce soir : c'est celle qui le croit assassin des siens la plus fatale. Et tous les mots, toutes les plus blanches des promesses restent agglutinés dans son œsophage - puis ne font que glisser en bile dans la plaie.
Car Jae se sacre traître.
Car Jae le fait inquisiteur.
Les fleurs dans sa main, son frère les fait fléaux. Cecil s'étouffe sur son amour bafoué.
Dans une ultime convulsion de sa gorge, il parvient à parler. ‹ Jamais › jamais jamais jamais ‹ je ne lèverai la main sur toi. › Jamais sur le vide de bruyère de ton sein, ni jamais sur la verve aveugle de ton esprit.

Mais le temps de la déferlante est passé - Cecil sur son regard ravale le choc, ses os ont cessé de vibrer. Il remet avec soin sur les portes violées de sa substance, le voile incoercible de sa servitude. ‹ Mais si tu nous trahis je devrai agir en conséquence. › Ah les conséquences, froides et terribles de ce bras armé - si tu refuses celui qui veut  t'étreindre. Pourtant la menace sur le soir, lui fait le frisson réel de la révulsion - les plaies se referment, mais la douleur suinte toujours par les brèches. Pour l'éclat d'une seconde encore, Cecil doit subir son propre effondrement ; son regard démoli se perd sur la route. ‹ Ça n'est pas obligé de se passer comme ça. › Et - se rebâtir ensuite. Immaculé plus bas que terre : les forteresses les plus féroces sont celles qui sont déjà tombées.

Ses paupières se ferment pour une respiration de la raison. Lorsque ses yeux se rouvrent sur le monde, cette fois, Cecil est sûr de voir de nouveau en noir et blanc. Dans le bronze statuaire de son visage, il ne donne qu'un regard droit. ‹ Fais ce que tu veux. Reprends la route vers la ville ou vers le temple. Mais si tu as décidé que je doive me méfier de toi : alors c'est ce que je vais faire. › Son hochement de tête scelle des destins. Avec la nonchalance des apocalypses, Cecil déverrouille ses os fracassés : et va pour traîner dignement à la ville sa carcasse de fer. ‹ Bonne nuit Jae. ›

Mais, il aurait juste pu dire -
non.
Mais ça n'est-ce pas : ça n'arrivera jamais.


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