beyond memories
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Verba volant, scripta manent // Plumiel
 
magnolia
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Messages : 75
Occupation : Ange gardienne fact(r)ice
Mar 16 Mai - 1:59
P
etite plume emportée par le vent
Chemine loin de son nid inconnu
Petite plume en équilibre sur les temps
Suit son cœur à la lettres des rues

A vélo elle frôle les horizons blanchis des trottoirs
Fait pépier sa sonnette lorsque des passants approchent
Attention ! Les moineaux indulgents escortent son sillage
Frôlent les flâneurs souriants
Où peut bien s’envoler cette enfant ?

En équilibre sur la selle elle est guidée par la brise
Le panier de sa bicyclette est pipé par une nichée d’enveloppes aux recoins opalins
Les lettres de leurs adresses en caresses sautillent sur le dos de chaque cahot des routes
Et gazouillent silencieusement protégées par leurs ailes en papier
Quelle belle journée !

Il ne fait pas trop froid et
Les rayons du soleil tombent en petite pluie de poèmes tout contre ses épaules
Les mains perchées au sommet du guidon ses pieds nus sur les pédales
Ca n’est pas très pratique – mais Plume n’aime pas vraiment les chaussures
Elle a l’impression d’être retenue au sol – et elle n’aime pas ça, Plume
Elle veut – toujours  – s’élever
(Des gouttes de sang en pâles perles à la pointe des pieds)

L’orée du bois urbain accueille en son sein toute sorte d’animaux
Des grands et des petits, certains sont un peu effrayants, mais sans doute qu’ils ne sont pas méchants
Sans doute qu'ils ont besoin d’un petit oiseau en compagnon des jours pour chanter leurs souvenirs
Pour sonner en silence chaque oubli de leur histoire
Nichée sur son vélo comme un coucou sur l’heure
Elle s’envole donc vers l’aube de leur vie singulière.


Mais à l’ombre des arbres aux feuilles de fer ne sauraient transiger
les sensibles et confuses lumières du passé
Sur le trottoir d’en face – une ronde aux courbes connues
Le temps a écrit par ici – mais elle reconnait bien son ombre contournée de bonheur ondulant à ses pieds en reflet de mirage
C’est lui ? – c’est de la rhétorique, comme on dirait dans les livres – car après tout c’est bien lui
Lui – comme toujours …
L’objet de ses missives souriant sous toutes ses dates
Depuis toutes ces années filées en paragraphes
Des petits mots s’incarnant avec bonheur dans les blancs de son âme
Une voix silencieuse qui porte au-delà des pages

Elle le regarde
Construit sa silhouette à l’œuvre  
Renouvelle le palimpseste – c’est encore un beau mot de livre, ça, palimpseste
Quand l’a-t-elle lu ?
Était-ce le dix mai de l’an passé ?
Ou en hiver, il y a des années ?
Elle compte  – dix, vingt, trente -- une centaine de billets peut-être, s’amoncelant en marche (en marge) derrière sa vie à lui désormais bien grandie
Elle réécrit à la pensée cet innombrable en notes qui s'accumulent poids léger sur son cœur trop serré
C’est si réel – et elle a peur, oui elle en a peur, de cette vérité concrète que l’encre claire ne saurait inonder
Elle voudrait l’appeler – mais cette plume n’a pas de véritable voix
Elle ne sait que s’effacer dans son coin de papier.

Pourtant
Ses lèvres frémissent – épousent les formes du silence nominatif
Contournent les lettres graves et douces de sa signature
S’entrouvrent au seuil de son existence baptisée


Gabriel



Gabriel !


(B o o m) – sa roue avant s’est jetée contre un poteau
Bien sûr elle ne l’avait pas vu celui-là dissimulé par tous ses mots
Et ainsi – petite plume emportée par le vent
Chut loin de son nid inconnu
Atterrit sous la nuée, dos à la terre – ses iris recouverts par les nuages
Elle regarde toutes les lettres se dissiper
Plume veut s’élever
Accompagner dans le ciel les échos sur son âme de toutes ces écritures aux timbres différents
Les missives seront bientôt beaucoup trop loin de leurs sentiers échangés – hors de portée des sens
Plus perdues que disparues
Alors Plume lève la main – parce qu'il lui faut rattraper sa parole avant qu’elle ne soit définitivement envolée
Pieds nus et retenue au sol
Elle ne peut qu'appeler

« Les lettres ! »

Il faut que les écrits restent...

 
myosotis
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Pouvoir : prédiction
Symbole : odeur d'alcool
Occupation : clown au cirque.
Lun 22 Mai - 23:12
And so the moon just rolls around the Earth
gabriel est comme ça se balade ici et là prend le soleil et le vent
brave l’aveuglement
de l’astre qui frappe trop fort
il s’avance sans vraiment de quête car gabriel voilà c’est un enfant adulte il a des obligations mais pas trop il vit mais pas trop
il se promet toutefois
d’aider toutes les personnes qu’il voit
car c’est une habitude pour récolter les sourires pour qu’on se dise ah le gentil garçon un peu tout seul
qu’il est sympathique le petit gabriel
et quand il entend la chute la sonnette qui résonne quand elle frappe le sol
il se sent obligé de regarder de l’autre côté de la rue
petite fille à terre
s’empresse de traverser alors que tu as l’air tu as l’air si embêtée
t’aide à relever d’une main avant de s’agenouiller pour t’aider dans un sourire à tout ramasser à faire un tas plus ou moins bien fait
le papier lui est familier sous les doigts
granuleux mais pas trop
blanc crème
il a la curiosité de les surplomber d’un regard
de les avaler comme un enfant qui observe ce qui ne lui concerne pas
tu parais si jeune à ses yeux
pour écrire tant
la bouche entrouverte
il reconnaît l’écriture
il reconnaît son prénom et il a un temps serre davantage le papier dans ses doigts refuse d’accepter l'inacceptable
((c’est donc toi))
il frise l’inconscience sent un vertige l’envahir et
t’observe te détaille toi
vous vous connaissez si bien
mais tu lui es inconnue d’un coup d’oeil
nombre de fois où il a hésité t’attendre sur le rebord de la fenêtre jeune un peu moins jeune plus vieux adulte ou adolescent
nombre de fois il s’est dit que ce n’était pas du jeu
car il y’a des secrets qu’on préfère garder enfouis car c’est comme les magiciens
ça perd de sa magie si on demande nous même les explications
et puis
et puis on ne cherche pas à enfermer l’oiseau
dans sa jolie cage
mais là c’est le hasard
là c’est destinée qui vous a croisé qui vous a foutu sur la même putain de route
et ça lui fait décrocher un fou rire euphorique à gabriel il sait vraiment pas comment réagir il laisse ses émotions s’exprimer sans retenue
il sait que y’a pas besoin de ça
car tu connais sa vie et ses erreurs tu dois savoir même toutes ses erreurs écrites
les s qu’il rajoute
les t qu’il retire
et les mots c’est même plus des centaines c’est des milliers c’est des romans et c’est beaucoup d’affection
c’est de la poésie en prose
ça regorge d’humanité
il ne se pose même pas la question que tu es une enfant visiblement que tu es si jeune alors que ça fait si longtemps
plume.
et le prénom lui semble comme une évidence
un petit nuage
loin du carnage
de l’humanité
si jolie prête à s’envoler à chaque instant
il n’ose pas tendre les bras comme un enfant garde les lettres contre lui
et se met à pleurer de joie sûrement oui c’est si étrange pour lui
bafouille et s’excuse
car ce n’est qu’un grand enfant
c’est l’émotion excuse- excuse-moi.
BY MITZI
 
magnolia
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Occupation : Ange gardienne fact(r)ice
Sam 3 Juin - 2:11
I
l est là, aussi tangible que sa présence parcheminée
Comme il écrit – à petits mots, à petits pas – suit à la lettre sa persona de papier
T’aide, plume d’encre éclaboussée, à te relever – gentiment, comme l’on démêle les cheveux des poupées oubliées

Oisillon pétrifié sous la nue des chandelles -- à la lumière desquelles il faut écrire, parfois jusqu’à très tard le soir
Elle est trop lente, trop insignifiante, la muette aux mille mots – elle se meurt dans le sillage de sa douceur
Sa petite main inerte laisse le secret filer
dernière chasse aux papillons
Et tous ces morceaux de toi qui couvent ça et là éparpillés – patient lui les envole entre ses doigts
A genoux, à terre – le ciel s’entrouvre sous ses yeux, dans ses yeux – alors que les paroles lui reviennent, à lui
Gabriel
Son appel incarné
Les mots décrochés du papier glissent à la surface de ses souffles polis par tes rires
Gabriel
Vibre sans intermédiaire manuscrit
Existe soudainement sans le support de sa plume
C’est effrayant les écrits qui (re)viennent à la vie – et c’est joli, peut-être, aussi

Baptême esquissé du bout des lèvres
la métonymie de toutes ces nuits passées à crier vers toi en silence
A force, tu sais Gabriel, elle n’a plus de voix, cette Plume-là
Et tant pis – ça en valait la peine, c’est vrai --parce que tu les as recueillis tous ses échos

L’oiseau blafard au bois brisé que personne ne connait – trop pâle – se fond dans la pureté chamarrée de la réalité
elle (grâce à toi) s’est colorée -- de toutes les tâches obscures qui ont filé d’un univers à l’autre sur des pages et des pages
pendant combien de temps ? combien d’années ?
Gabriel à l’autre bout de ton vide – Gabriel -- qui t’a aidé
à ne pas t’oublier Plume
à ne pas t’effacer
à faire de ta page blanche le prologue d’un petit livre signé de ta main
c’est vrai, c’est signé de ta Plume
Gabriel

« oui, c’est moi – Gabriel – c’est moi… Plume… »

Sa petite main rattrape le secret
Frissone vers toi jusqu’à toi – toujours en voyage
Pose ses doigts sur tes deux joues à toi
Tu es vrai – plus qu’une parole, les failles d’une force dont les mots s’égarent
Pour cette fois – laisser la parole s’envoler
et les écrits rester...

« Ne pleure pas… »

Contre sa peau la pâleur humide d’une chaleur qui l’étonne
(c’est donc cela une présence)
(ça se sent – ainsi ? comme cela ?)
(plus loin) elle fait voyager ses doigts sur tes épaules à toi
jusqu’où peut-elle cheminer, la caresse ? Où sont-elles, cette fois – les frontières banales à la liberté ?

(Il n’y en a pas)

Et puis, soudain, alors que tes larmes franchissent les limites de ses phalanges hésitantes
Elle sait
Etend ses bras ouvre tout grand ses ailes
(rejoint ton ciel ouvert)
En une étreinte anéantie – cette Plume est toute cassée, tu sais, Gabriel
On lui a coupé les ailes, il y a longtemps déjà
Et il ne lui reste presque plus rien
rien que vous
rien, rien qu’à vous...

« Pardon…


Pardon, ça n’est que moi… »

rien, rien que moi ...

 
myosotis
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Symbole : odeur d'alcool
Occupation : clown au cirque.
Lun 11 Sep - 22:44
And so the moon just rolls around the Earth
tu es si belle
et iréelle
dans les courbes gracieuses encore juvéniles il ne s'en remet pas et les larmes continuent à couler malgré lui, les salines gouttent sur tes doigts de blanche fée
on se demande qui est l'enfant quand ça continue de rouler de laisser une traînée humide et collante contre la peau marquée
c'est toi plume, c'est toi et ton ombre spectrale magiquement et invisiblement douce
les traits qui s'abandonnent qui se fondent avec le décor- la blafarde quiétude
ne pleure pas que tu dis mais peut-il vraiment écouter cette demande coulante
sans chute la fin reste en suspens comme cet instant
et voilà que tu l'accueilles de tes plumes brisées pour certaines mais toujours blanches
et voilà qu'il te prend contre lui en retour en espérant ne pas trop serrer ne pas t'étouffer ne pas tuer la lueur
il préfère la conserver l'admirer- il a peur de l'obscurité et ses crevasses après tout
non il ne veut pas replonger et se perdre une seconde fois
il est trop de fois tombé il a trop donné dans ces conneries
il est trop fatigué pour chercher à lutter une dernière fois
alors il s'accroche de ses mains rêches à toi en essayant toutefois de ne pas mettre tout son poids
ce toi est déjà si important.
il te soulève doucement dans ton corps de jolie jeunette et même s'il ne peut pas t'apprendre à voler il peut t'en donner l'illusion
il te tient contre lui, tourne avec délicatesse
dans une valse à deux pieds- pour une fois il peut bien porter l'existence de deux êtres
on dirait presque qu'il te berce mais c'est peut-être sans doute plus pour lui
il n'a pas grand chose à te dire mais plein de mots veulent sortir- tu sais déjà tout
tu n'as pas changé...
à travers le temps
et les périodes d'antan
où dieu était roi sont révolues- mais il reste le bon il reste l'adorable plume
qui demeure la même- peut-être l'éclat dans ton regard qu'il a perçu
cet éclat justement inexistant il pense
(qui te l'a volé, dis ?)
il te porte d'un bras te maintient- l'autre plus haut les doigts entremêlés à tes cheveux
ça fait bizarre cette impression de te connaître mais pas non plus- je suis désolé je suis troublé
renifle un coup sans poser le ton pour le point- phrase à jamais inachevée
il est tremblant mais tient bon
oubliant le vélo et les lettres l'histoire d'une comptine d'un autre été
BY MITZI

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