Setting fire to our insides for fun // Blake
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luzerne

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Ven 24 Mar - 21:42

ft Blakou

24 mars

Quelque chose lui manque. Il lève les yeux vers le ciel gris, les mains agrippés aux sangles qui ornent ses épaules avachies. Son sac à dos est lourd, un peu plus que d'habitude. Ça vient lui peser sur la nuque, lui tirant les omoplates dans un effort absurde à chaque fois qu'il fait un pas. Bien sûr, c'était voulu ; Kaeru était bien le premier à fourrer tout et n'importe quoi dans son sac, surtout quand il s'agissait de ses sorties du week-end. Ces escapades là, c'était sans doute celles qui le motivait à se dégourdir les pattes assez longtemps pour traverser deux ou trois rues sans avoir peur qu'un malheur lui tombe sur le haut du crâne. Et en parlant de malheur, ça faisait peut-être bel et bien environs une minute qu'il reluque le ciel de ses yeux éteints, dubitatif quand au tournant qu'allait prendre ces nuages qui paraissaient déjà bien chargés. Le temps semblait virer à la pluie, (( fichu printemps ))  peut-être même à l'orage vu cette tension invisible qui semblait se tapir dans l'air ambiant. Kaeru renifle un coup, parvient à hausser les épaules avec une mine un peu plus résolue qu'a l'accoutumée ; Que grand mal lui fasse, il ne pouvait décidément pas se désister pour ce genre de détail. Pas quand il imagine ces miaulements affamés, ces corps décharnés qui se frottent contre ses jambes en signe de reconnaissance. Nourrir des chats errants... Voila un loisir qui ne semblait pas le rebuter. A défaut de ne pas vouloir l'une de ces boules de poil à la maison, il se disait qu'il pouvait faire du bien au plus grand nombre en venant les nourrir en masse du côté des ruelles isolées, offrant granulés, pâtées, ou même restes qu'il était incapable de finir à cause de son estomac récalcitrant. De plus, ça lui offrait l'opportunité de se sentir bien, ne serait-ce que pendant quelques minutes. De se sentir utile, d'être fier pour un rien, d'arrêter d'avoir ces pensées négatives le temps d'un soupire (( ou d'un miaulement )). Portant tout l’attirail nécessaire dans sa carapace en tissus (d'où le poids), il se pinça un peu les lèvres,  commençant à presser le pas.

Quelque chose lui manque. Il ne lève que très peu les yeux, ne regarde pas forcément où il va tant que ce n'est pas une nécessité. Il n'a pas besoin, car après tout, c'est l'un des seuls chemins qu'il connaît par cœur sans venir se poser un consensus à chaque virage. Il évite alors soigneusement de croiser ces visages et ces yeux qui lui font tant peur, concentrant un regard fixe sur le bout de ses baskets. Kaeru n'a jamais aimé se promener dans la rue. Il a l'impression de s'exposer à l'adversité, mais aussi de crouler sous les bruits parasites.   Ici, c'est une fourmilière, les gens passent sans s'accorder un regard, se pressent et longent les murs en jouant des coudes. C'est la pire des jungles,  un capharnaüm organisé . Et pourtant, à choisir, il préférait encore marcher à travers ce chaos lorsque sa destination était à sa portée. Ce n'était jamais avec une grande joie quand il s'enfonçait dans ce brouillard, mais les transports en commun représentait un choix bien plus abominable ((moins supportable)).  Avant, ce n'était pas pareil. Avant, il y avait toujours ce petit quelque chose d'incertain, des pas légers, une excitation à par entière. Grenouille observait le monde depuis sa toute petite taille tout en sachant nager entre la nuée de jambes folles. Le cœur emballé, il avait toujours une raison de sortir, une raison de sourire en refermant la porte du domicile familial derrière  lui.

Quelque chose lui manque. Maintenant, il a juste peur. Juste peur en voletant de gauche à droite pour se rendre à des destinations éphémères, petit oiseau qui a perdu le goût de voler. (( parce qu'il ne peut pas malheureusement rester cloîtré chez lui )) Avec le temps, il a oublié la raison, le pourquoi il aimait tant arpenter le cœur de la citée. Ce n'est désormais plus ses mains abîmées qui frôlent curieusement son trajet, juste des yeux sur le point de pleurer, un dos voûté prêt à céder sous l’anxiété.  Attaqué par la marée, il a tendance à se faire emporter à l'autre bout du monde. Monde qui aujourd'hui, ne se montre pas sous son jour le plus clément ; Une goutte après l'autre, la pluie vient finalement s'acharner sur le haut de sa tête. Kaeru s'arrête, grimace, puis se défait de son sac à dos avec une rapidité légendaire. C'est faux, les grenouilles ne chantent pas sous la pluie. Lui servant alors aussitôt de chapeau foireux, c'est au dessus de ses cheveux qu'il met le bagage un peu trop lourd, fonçant avec panique comme s'il avait soudainement le feu à ses trousses. Car ce n'est pas une petite pluie fine qui s'abat, mais une averse impitoyable (( satané printemps)) . Et lui, comme un idiot, a prit la route sans parapluie, ni même autre chose que son sweat vert sur le dos.

Quelque chose lui manque. C'est sous un petit préau qu'il s’abrite, s'arrête de courir alors que ses poumons sifflent dans les aigus. Kaeru pose son sac ((le laisse tomber)) et se penche vers l'avant, mains sur ses genoux pour récupérer ce qui lui reste de sa respiration. C'est sûr, la prochaine fois qu'il se met à courir, il va crever la bouche ouverte.  Se redressant en titubant pendant une demi seconde, il voit qu'autours de lui, la rue s'est vidée.  La foule n'existe plus, et seule le son de la pluie ricochant contre l'asphalte couvre les bruits horripilants des voitures. C'est agréable. Grenouille ferme les yeux, se tourne, puis s'en va tout au fond de son abri provisoire en tirant (( trainant )) son sac avec lui, puisant dans ses dernières forces. Il n'y a pas de banc.. Et tant pis. C'est à même le sol qu'il vient s'asseoir, pousse un 'Aaaah' au bord du gouffre quand il peut enfin relâcher tout ses muscles. Peu étonnant si on le prenait toujours en dernier quand on devait faire des groupes en sport.  Les yeux levés au ciel, il lui faut un temps pour se recroqueviller sur lui-même, pour zieuter distraitement droit devant lui sans que sa respiration reste hachée, que ses lèvres restent trop sèches.  Il n'avait plus qu'a attendre que la pluie cesse. Alors c'est ce qu'il fait... Il attends, immobile, le haut du corps commençant à se frigorifier à cause du temps mi-humide mi-froid qui passe au travers de ses vêtements. Au moins, grenouille est au sec.

Quelque chose lui manque. Même vides et rincées, ces rues sont toujours aussi sales. Il s'y sent un peu moins en décalage, mais ça lui donne encore et toujours l'effet d'un crève cœur. D'un vide.  Mais il a oublié... Non, il s'est forcé à oublier pourquoi. La raison. Parce qu'il donne trop d'importance à tout, il s'attache en sachant qu'il aura mal ensuite. Ça le rend triste quand il comprends que malgré tout, la vie continue.

Quelque chose lui manque
Mais il ne veut plus se souvenir,
Quelque chose lui manque,
Car ces rues perdent désormais le moindre attrait sans toi dedans,
Elles deviennent ennemies, dédales de l'enfer aux nombreux visages,
Juste parce que tu es devenu un fantôme, un souvenir coloré arpentant ses murs,
Parce que pendant trop longtemps tu as été la raison, sa raison,
Blake.

Fatigue. Il passe une main dans ses cheveux négligés avant de rapporter ses jambes près de lui, les yeux égarés dans le vide. Il se demande si les chats vont l'attendre.
Mais ce n'est sûrement plus le cas.
 

HRP:hello darkness

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y o l o

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myosotis

Lun 27 Mar - 22:24
everything that ( kills me )  makes me  ( feel alive )
Musique — Une musique brouillée par l'écho des bruits environnant de la ville, les hurlements des passants et les klaxons enragés des conducteurs qui transpire la haine ; les sonneries de téléphones et les caprices des gosses qui crèvent de peine. Il augmente le volume de son téléphone Blake, ajustant un peu mieux son casque sur ses oreilles, essayant de quitter ce monde d'une quelconque façon, s se briser les tympans à en perdre la raison ; ne pas se mêler à la foule, ne pas devenir un de leur semblable ; quitte à être détestable et exécrable. Le filtre d'une cigarette vient se loger entre ses lèvres et c'est dans un mouvement empli de nonchalance qu'il l'allume, mais c'est une perle des cieux qui vient tomber sur la fraise incandescente... Levant le menton vers le ciel, le jeune homme jure légèrement entre ses dents, comme si la pluie allait soudainement décider de ne pas tomber parce qu'elle était insultée ; l'espoir faisait vivre, il en avait la preuve ; Blake reprend alors sa mince affaire, rallumé sa tige à cancer avant de reprendre sa marche, gênant les fourmis qui s'agglutinent sur le trottoir... Les fourmis du monde humain, suivant le système qu'est la reine sans aucune once d'hésitation, oubliant les regrets ; voilà ce que les gens lui inspirent, et c'est bien loin de la vie à laquelle il aspire. Haussant les épaules en évinçant cette idée en resserrant sa poigne dans les poches de son jean trop large et déchiré, il continue sa démarche lente dans les rues de la ville ; le fantôme déambulant en quête d'une activité, de quelque chose qui pourrait distraire son ennui, qui le sortirait de sa torpeur passagère et de ses complaintes inaudibles.

Plus le temps passe et plus Blake se perd dans les tréfonds de son être, s'oubliant légèrement, progressivement ; ses convictions se retrouvant fatalement au second plan, de quoi le blasé pendant un temps, preuve d'un naturel décadent. La fumée brouille sa vision tandis que les bruits des gens empiètent une nouvelle fois sur son territoire sensorielle, que ce soit sa vue, son odorat, son ouïe, tout est embrouillé, puis subtilisé pour mieux le faire crever sur le pavé. Adossé à l'angle d'une ruelle, il s'y adosse et se laisse avec lenteur tombée, cherchant un moyen de retrouver un semblant de calme, de paix, de sérénité... Mais c'est le moment d'avoir une nausée, puis un souvenir rapide teinté de larme et d'un hurlement effroyable qui lui glace l'échine ; alors ses muscles se contractent, la sueur dégoulinant de son front se retrouve lavé par la pluie, mais il soutient son crâne, prêt à être désintégré par le flot d'images. Tetsuya ! Un prénom, une voix rauque soudainement brisée par un sanglot, un corps suspendu dans les airs qui tombe et qui soudainement percute le sol ; et rien, plus rien, le noir total. L'impact, il vient de ressentir la puissance de l'impact Blake, comme s'il venait de se faire percuter par une voiture lancée à vive allure. Averse torrentielle, le feu dans le bleu de ses yeux disparaît à la croisée du chemin pendant qu'il s'éteint ; Tetsuya s'est suicidé malgré le soutien de son ami, il a sauté malgré les supplications.

Et l'averse inonde son visage, se mêlant aux larmes éphémères qui coulent et ternissent un peu plus son faciès de haineux trop fier. Bordel... C'est le mot qui lui vient, les deux syllabes qui se répètent continuellement dans sa tête tandis que sa silhouette est de nouveau droite ; de lui-même, Blake se relève, sans personne pour lui tendre la main. Les gens sont aveugles à la souffrance d'autrui, se faisant sourd et muet quand cela ne leur rapporte rien ; même pas la satisfaction d'avoir accompli une bonne action. Et il soupire Blake en écrasant sa cigarette sous sa chaussure et en rallumant une dans la même foulée ; juste pour dégager ce goût de haine dans sa bouche par un flot de nicotine et de goudron afin de calmer ses palpitations. Avoir envie de vomir, mais ne pas y parvenir, avoir envie de fuir, mais ne pas avoir la force de courir ; voilà comment il se sent, aussi fragile qu'un faon. Les sirènes d'un camion de pompier le sortent un peu de son enfer latent ; lui faisant relever la tête et réactivant l'engrenage de la mise en marche du fonctionnement de ses jambes un brin tremblantes. Son cœur se resserre à chaque pas que le jeune homme fait, le faisant vaciller, mais jamais tomber ; non, car il n'aurait sans doute plus jamais la force de se relever. Vivre dans l'illusion, il avait cru savoir, il pensait avoir tout compris sur Tetsuya, mais non. Et la rage boue dans ses veines alors que la nicotine gèle son cœur...

Il n'a envie de rien Blake, juste de s'évader, de s'échapper, de voir le monde et d'apprendre ce qu'est la véritable liberté ; mais depuis quelque temps, il n'y arrive plus, il ne se projette plus dans le futur. La plupart de ses dettes sont remboursés et son gang de bras cassés semble plus uni que jamais ; mais dans le cœur du jeune homme ; tout a changé. Et pourtant, il espère Blake, que quelque chose va traverser le ciel comme la foudre qui gronde et la pluie qui l'inonde ; il espère pouvoir se sentir vivant. Vient alors une silhouette familière qui se loge dans sa vision humide, courant comme un dératé pour se mettre à l'abri alors que les larmes de pluie dégoulinent sur sa peau, ne quittant pas cette scène qui tourne au ralenti. Il regarde Blake, comme impuissant, comme un incapable qui n'arrive pas à amorcer le lancement par peur que ça lui explose à la gueule ; cependant, quelque chose de plus vorace et viscéral lui retourne les entrailles ; cette putain d'envie de te revoir. Et le temps reprend son cours normal alors que ses jambes filent sur le trottoir, sa cigarette quittant ses lèvres et percutant le pavé.

Le tonnerre raisonne et outrepasse le son de sa musique, son casque à chaque coup de talon sur le pavé tombe un peu plus, quittant ses oreilles pour venir cogner sa nuque ; et de son regard, il te cherche ; toi qui lui as donné la main, qui l'a poursuivi, à qui il voulait donner encore plus, beaucoup plus. Mais rien, nul part, les rues sont vides de ta présence, et le cauchemar recommence. Aujourd'hui, rien ne tourne rond, Blake le comprend, il le voit, il le ressent. Ce n'est pourtant pas son genre d'être aussi démuni, si faible ; non, au contraire, il a appris à vivre avec, à vivre libre et fier, sans sourciller, ni même regretter. Il ne regarde pas en arrière, mais pourtant, il ne peut s'en empêcher, tu le pousses à faire autrement. Un soupir très long quitte la barrière de ses lippes alors qu'il tente de reprendre son souffle, tournant la tête d'un côté puis d'un autre avant de s'arrêter une nouvelle fois.

Et vos regards entrent en
c o l l i s i o n
Alors que vos deux mondes se
c o n f o n d e n t
Il y a comme un mouvement de recul
u n e s e c o n d e
puis deux, et le temps reprend son cours.

« Kaeru...? » Sa propre intonation de voix l'étonne, bien trop peu forte, un brin trop frêle, mais non pas fragile. Son regard en revanche est bien plus éloquent, peut-être un peu trop inquiétant... Et il te surplombe de sa hauteur alors que tu es assis sur le sol, recroquevillé un peu sur toi-même, en proie peut-être à une souffrance interne.
« Ouais... C'est bien toi. » Il le sait Blake, parce que tu ne ressembles à personne, parce que t'es unique en ton genre ; et tu lui rappelles quelqu'un à qui il ne peut plus tendre la main, alors il s'accroupit en face de toi, son regard presque mort reprenant un brin de lueur, retrouvant un poil d'espoir ; une nouvelle saveur. « Tu... Euh. Tu n'te sens pas bien ? » Et il s'insulterait presque intérieurement Blake, conscient que ce n'est pas la première question qu'il devrait te poser ; mais il ne peut pas s'empêcher d'être désemparé ; ce n'est pas le genre de situation auquel il est habitué. « Enfin, j'veux dire, ça va ? » Une main dans sa chevelure blonde, laissant ses fesses heurter le sol en baissant la tête ; le jeune homme réfléchit. Il ne sait pas pourquoi il y a l'ombre de ses remords qui lui déchire la poitrine, ou cette tristesse qui apparaît au fur et à mesure qu'il redresse la tête. L'ancien SDF ne sait pas encore vraiment à quoi il est confronté ; juste qu'il est content de t'avoir retrouvé. « Je crois que ça fait longtemps qu'on n's'est pas vu ; j'suis un peu... Voilà. »

Pas gêné, pas perturbé ; mais sa reconnaissance fait qu'il n'a pas l'impression d'avoir été à l'apogée de sa condition ; pas te concernant. Alors il se gratte la nuque en posant son regard autre part, cherchant quoi dire, cherchant quoi faire ; en espérant que quelque chose lui vienne et vite. Une chose est sure, j'suis ravi d'te revoir la grenouille.

SAME BOAT // with kaeru // you make me feel ;; // 1566 mots // je sens que ce rp va me faire décéder
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luzerne

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Jeu 30 Mar - 5:02

ft Blakou

30 mars

Il aurait aimé compter les gouttes de pluie pour occuper son esprit. Inlassablement, ces dernières s'écrasent sur la charpente qui lui couvre la tête, formant à elles seules une mélodie qui n'a de cesse de taper sur le même refrain. L'humidité l'étouffe, l'orage fracasse le ciel.  Ah, si seulement ce dernier pouvait aussi lui déchirer le cœur, l'alléger de ce rideau sombre qui l'englobe . Une fraction de seconde aurait suffit, rien qu'un instant pour être délivré. Mais en attendant, la seule chose que fait l'orage, c'est de lui provoquer de petites frayeurs et une de boule de nerf au fond de l'estomac. C'est la deuxième fois de sa vie où il se retrouve coincé par les intempéries, écarté du monde. Dans une bulle invisible. Et ce n'est pas la peur qui le taraude lorsqu'il promène ses yeux dans le vide... Juste un sentiment d'abandon. De lassitude.  C'est dans ces instants où  Kaeru comprends sans mal à quel point la vie le fatigue, mais là aussi où la confusion s'installe quand il constate qu'il est encore là, à se tenir debout. Pourquoi ? Pour qui ? Pour cette famille qui peine à le maintenir en vie ? Pour ces gens qui s'inquiètent pour lui ? Au final, est-ce qu'ils ne partageaient pas tous quelque chose en commun ? Cette même pitié. Les autres ne voient pas Kaeru, ils voient seulement un petit garçon apeuré qui, un jour, s'est amusé à s'enfoncer un peu trop loin un rasoir dans le creux de ses poignets pour attirer l'attention sur lui. Il n'est pas malade, juste un peu trop égocentrique, un peu plus sensible que la moyenne.  Il est faible, comme dirait son père. Trop faible avec les autres, encore plus quand il est tout seul. Tout simplement irrécupérable, bon à jeter.

C'est fou, il a l'impression qu'il a du mal à respirer. Quelque chose d'invisible compresse ses poumons dans une étreinte douloureuse. Pourtant, il ne se sent pas forcément plus mal que d'habitude ; Juste en décalage avec ce qui se passe autours de lui. Ses épaules sont lourdes, presque entrain de céder sous la pression. Kaeru se recroqueville un peu plus sur lui-même, vient poser son front contre le haut de ses genoux pour fermer les yeux alors qu'une sueur froide poignarde sa nuque. C'est la pluie. C'est la pluie qui l’assomme avec cette continuité pénible, qui le piétine avec ce tempo endiablé et le force à se contorsionner de douleur (( tendelle meurtrière )). Au lieu de noyer l'écoulement empoisonné qui règne dans ses souvenirs, il alimente  le flux, remplit l'air d'un bruit qui le tyrannise.  Cette atmosphère lui donne une terrible envie de dormir. Dormir sans plus jamais pouvoir se réveiller, étranglé à l'aube par ses doutes . Grenouille est exténuée, elle n'a désormais plus envie de marcher pour continuer sa route. Depuis longtemps, ce n'est plus vivre mais survivre.  Subsister entre  les pleurs et cris, se battre pour un rien. (( pour sa vie )) S'épuiser sans comprendre les raisons. Sûrement par lâcheté, parce qu'il se sait encore trop peureux pour reprendre ce qu'il avait essayé de faire il y a quelques années. Et pourtant, dieu seul sait à quel point il en rêve, à quel point il convoite cette finalité.

Mais encore une fois, c'est son visage qu'il relève pour regarder droit devant lui.  Son corps persiste, mais son esprit patauge dans les sables mouvants, il se meurt. Une dualité provisoire puisqu'elle  s'achève lorsqu'il ancre un regard sur une silhouette logée sous la pluie, juste au devant de son abri de fortune. C'est là que l'inconcevable se forme, que sa transe se scinde, brutalement giflé par la réalité. Kaeru n'y croit pas... Il n'y croyait plus. Il se dit qu'il hallucine, parce qu'après tout, il n'est rien qu'un type désespéré. Toute cette tourmente devait bien s'expulser d'une manière ou d'une autre, même si ce n'était que par des visions inespérées. Il avait eut tant envie de le revoir, il avait tant imaginé sa présence au détours d'une ruelle.
Il avait encore cet espoir qui lui chuchotait 'un jour, ton chemin croisera de nouveau le mien.'

Pourtant cette vision s'avance, elle brave la pluie d'un pas  rapide
Trop réelle, trop belle,
Mirage lumineux qui hèle son prénom dans la tempête
Une présence qui cherche la sienne malgré ce chaos

On lui avait dit ; La voix est la première chose qu'on oublie quand une personne disparaît. Et pourtant, la sienne, il avait l'impression qu'elle n'avait pas changé depuis la dernière fois qu'ils s'étaient vu. Grenouille possède une bien mauvaise mémoire, celle du genre à oublier les choses en un instant alors qu'il vient tout juste de les entendre ou de les voir, au grand damne de ses proches qui ne comptait généralement jamais sur lui pour les choses importantes. Mais là... C'était tout comme s'il venait de le quitter. Sa voix, sa démarche, son ensemble tout entier résonne dans ses ténèbres comme un carillon libérateur, éclatant les précédents malaises qui s'enfonçaient alors cruellement dans ses os pour le ronger jusqu'à la moelle. Kaeru a moins mal, le son de la pluie arrête de remplir ses poumons pour couper court à sa noyade interne. (( La voilà, sa foudre salvatrice.  )) A vrai dire, il a l'impression de ne plus rien entendre jusqu'au moment où il s'approche plus près... Trop près.  Blake, Blake, je ne suis pas prêt, pas encore C'est alors qu'il a de nouveau peur, qu'une terreur bien plus grande secoue ses muscles dans des spasmes incontrôlés. Une frayeur qu'il ne connaît que trop bien. Ça ne l'empêche pas de le dévisager, de scruter autant ses cheveux que son visage, de remarquer que la pluie printanière n'a pas été clémente avec lui, pauvre âme trempée de la tête aux pieds. Blake ne m'approche pas si c'est vraiment toi, je ne suis pas encore prêt Et là, c'est trop tard. Il est devant lui, bien droit sur ses jambes alors que lui, reste au sol comme s'il attendait que des lances invisibles finissent de le transpercer .  Je ne veux pas que tu me regarde alors que je suis si fatigué, si faible, si laid. Je ne suis pas préparé à ce que tu contemples ce que je suis devenu.

Kaeru a envie de baisser le regard, honteux. Mais rien n'y fait, il est dévoré par l'envie de chercher ses yeux avec les siens. (( Trop de temps s'est écoulé )) Il a beau se souvenir, Blake a changé. Il n'est plus le même, il arrive à le sentir.  Et si ce n'est pas ça qui l'intrigue, c'est sûrement l'air un peu délavé qui trône sur son faciès, ses yeux aux contours légèrement rouges. Cette constatation calme un peu l'anxiété qui pulse dans son corps, lui fait se poser quelques questions qui resteront probablement encore bien longtemps en attente. Il se souvient encore d'un garçon de son âge rôdant dans les rues, voguant là où la vie voulait bien l'y porter, éternel nomade aux idéaux trop grands, trop beaux pour ce monde pourri.

Dis, Blake
Qu'étions nous avant 
Des amis ?
Que sommes nous maintenant
Des étrangers ?

Le temps est impitoyable. Il n'épargne personne, il réduit les relations humaines en cendre. Blake reprends la parole, tranche ce silence que Kaeru ne semble pas encore vouloir franchir. Il reste partagé entre des émotions qui n'ont pas lieu d'être ; Cette joie terrible de le revoir et cette peur de réapprendre à se connaître de nouveau. Et c'est justement le cœur serré qu'il l'écoute, appréhende ses paroles qui se teintent naturellement de bienveillance. Il a vu. Il a vu que ça n'allait pas. Blake reste indéniablement un type bien. Kaeru se penche enfin vers l'avant alors qu'il s'installe devant lui, ferme très fort les yeux pour faire taire les larmes qui lui monte au visage. Grenouille meurt d'envie de s'excuser. S'excuser de ne pas savoir lui dire à quel point il a pu lui manquer, s'excuser parce qu'il n'arrive pas à partager l'exaltation de ces retrouvailles, s'excuser parce qu'il n'arrive à lui offrir un sourire comme avant. Il n'est plus que la moitié de ce qu'il était autrefois.
Il y a tellement de choses qu'il voudrait lui dire.
Il s'en veut, d'être aussi pitoyable alors qu'il crève de joie.


« 私は待ちました * » Ce sont des mots dans sa langue maternelle qui s'échappent, tentent de monter dans les airs. (( il ne saurait pas comment lui les dire en anglais )) Malheureusement, ils sont tout de suite étouffés par un autre crépitement qui embrase le ciel. Kaeru  souffle du plus profond de son être. La douleur revient, mais cette fois-ci pour se glisser contre les parois de sa gorge.  Elle se serre comme si une main était entrain de lui tordre le cou, elle l'empêche de respirer, de vivre pour une énième fois. Et ses yeux s'illuminent de larmes légères, bien que cachées par les mèches ornant son front moite.  « … Ça va. » Parce qu'il ne peut qu'aller bien devant lui. Parce qu'il veut aller bien devant lui.  Son avant-bras passe devant ses mirettes pour les essuyer dans un geste nerveux, se permettant ensuite de renifler dans un bruit minuscule, tandis qu'il ose relever sa tête pour essayer de le regarder. « Blake, je... »  Et ses yeux se perdent dans le vide, ils s'éteignent alors qu'il rencontre ce visage longtemps perdu de vu. Je suis content de te revoir. Je suis si heureux de te revoir. « … suis tellement désolé... » Et ses mains convulsent sous l'émotion, elles tremblent bien qu'elles se posent sur ses genoux pour s'y tenir très fort. Un sourire forcé s'impose sur ses lèvres alors que de nouvelles perles lacrymales roulent dans le creux de ses joues, flot incontrôlable qui s'achemine au bord de sa mâchoire. Grenouille ne les sent même plus couler.

Pardon Blake
pardon d'être aussi minable
 

HRP: *J'ai attendu

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y o l o

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myosotis

Mer 7 Juin - 22:12
everything that ( kills me )  makes me  ( feel alive )
Musique — Il y a des regards qui ne trompent pas, tout comme il y a des plaies qui ne guérissent pas. Dans sa prestance naturelle, on peut y lire son désarroi, on peut y déceler sa peine, on peut y caresser sa joie. Et pourtant, les émotions se mélangent, tout s'accélèrent, véracité lancinante, agrandissant avec véhémence le trou béant qui s'est formé à sa poitrine. Manque d'air, il est aux portes de l'enfer, à trente-six pieds sous terre, pas de Calcifer, pas de Lucifer ; juste lui, en manque cruel d'oxygène. Les paroles lui manquent, les excuses se dérobent comme le sol sous ses pieds, ce qui est bizarre vu qu'il est assis Blake. Oui, il est assis, les fesses à moitié trempé par une flac d'eau qui est en train de se former, la pluie battante perlant sur son corps peu couvert, mais le froid ne lui parvient pas. C'est là, c'est ancré, c'est profond, impossible à déraciné. Tu es là Kaeru, tu es devant lui, presque le même qu'hier, pas vraiment toi-même aujourd'hui, sans doute différent demain. Les paupières se ferment, puis se rouvrent, rituel pour vérifier qu'il ne rêve pas, qu'il ne parle pas à un fantôme, mais dans l'attente de ta réponse, il se fait impatient. Et le cœur tape dans sa poitrine avec une telle intensité qu'il sent son sang bouillir dans ses veines, elles pulsent de concert avec son organe vital, prêt à se répandre sur le sol, juste devant tes pieds. Voilà l'état dans lequel tu le met en cet instant ; en une panique constante. Il ne sait pas à quoi tu penses, il ne sait pas ce qu'il se passe dans ta tête ; non ; Blake ne peut en avoir qu'une vague idée ; et sans doute es-tu en train d'en faire autant. Sans doute que tu imagines sa vie depuis votre séparation, depuis votre prise de chemin différent ; vous étiez amis, puis vous êtes devenus des étrangers ; vous vous cherchiez dans la rue, pour finir par vous oublier... Non. C'est faux. Jamais oublier. Combien de fois a-t-il guetté ta silhouette ? Malgré son nouveau domicile, il ne pouvait pas faire autrement que de se glisser sous un lampadaire, juste pour espérer te croiser par hasard, comme le jour de votre rencontre ; pour ne pas sombrer dans un total désespoir. Mais rien. Pas une présence. Juste ton absence.

Mais qui est-il Blake pour te blâmer ? Personne. Ce n'est qu'un fantôme parmi les ombres des passants de cette ville ; errant sans but et sans bruit, c'est ainsi qu'il s'est toujours défini et malgré les récents événements, cela ne change pas. Blake reste, il demeure, en silence, sans odeur, ni saveur. Et sa grande main vient se glisser de nouveau dans sa chevelure, attendant sagement ; cruellement ; un signe de ta part, une certitude de ta présence. Là où certain aurait fui, lui, il reste, prêt à se faire cribler de balle d'un regard haineux, d'un reproche ; mais il n'est pas prêt à recevoir de l'indifférence et encore moins de l'ignorance. Un mot, une voix, n'importe quoi, du moment que cela vient de toi, peu importe... Pourquoi ? Pourquoi ce besoin viscéral d'entendre ta voix ? D'être persuadé que tu vas bien ? Pourquoi toutes ses questions ? Pourquoi aujourd'hui et pas hier ? Pourquoi pas la semaine dernière ? Pourquoi une absence passagère et pas éternelle ? Son rythme cardiaque s'accélère de concert avec le tonnerre ; l'orage gronde au-dessus de vos têtes et le silence vous plonge dans une torpeur qui vous inonde. La fumée de sa cigarette lui donne des hauts de cœur, constatant avec horreur vos dégaines de malheurs de déchet en quête d'un salvateur. Il aimerait s'approcher de toi Blake et s'excuser pleinement, il aimerait dire plein de choses, mais sa fierté maladive et sa peur l'empêchent de l'ouvrir... Le modèle d'honnêteté se retrouve enfermé dans une prison glacée ; pas moyen de l'en dépêtrer. Qu'est-ce qu'il peut bien te dire ? Qu'est-ce qu'il peut bien faire ? Rester muet, faire le sourd, devenir aveugle ; perdre ses sens pour mieux les retrouver, quand tu te seras décidé à lui tendre la main ; la même que celle que des années auparavant, tu lui avais accordé.

Le monde tourne au ralenti, les sons ne lui parviennent plus, ils se font inaudible ; les bruits environnants de la ville qui le rendent si souvent malade ne sont désormais que murmure, comme des grillons dans la nuit obscure. La pluie tape contre l'abri, mais rien. Des voitures font vibrer leur moteur, mais rien. Ce sont tes spasmes qui le ramènent à la réalité. Qui font de nouveau tourner son monde, qui pendant si longtemps fut mit sur pause. Ton regard ne quitte pas le siens et il ne souhaite pas se détacher du tien. Seul moyen pour comprendre ce qui te traverse, cette douleur, qui comme la sienne, te transperce. Dans quel état est-ce que tu te trouves Kaeru ? Qu'est-ce qui se passe dans ta tête ? Si seulement Blake avait eu le pouvoir de Hiro Nakamura, il serait reparti dans le passé, pour changer ces retrouvailles à la noix, pour ne jamais disparaître de ta vision, pour ne jamais avoir à revivre ce pincement au cœur, pour ne jamais avoir à trembler de rage devant ton état qui le fout en l'air. Son souffle se fait court alors que sa cigarette se retrouve propulser hors de sa bouche, continuant de te regarder, d'implorer silencieusement quelque chose ; juste une parole, juste un signe... Un son. Quelque chose. Et il est totalement déboussolé Blake, car il est heureux, si heureux de te savoir en bonne santé, vivant, mais la réalité le rattrape vite, beaucoup trop vite, tout s'accélère, se mélange, se désintègre. Kaeru, bordel Kaeru, parle-lui, fait quelque chose, engueule le, frappe le, mais ne reste pas comme ça ; ne le fais pas regretter toutes ses épreuves traversées.

Et c'est là qu'il l'entend,
Ta voix, qui s'étend
Jusqu'à son oreille, portée par le vent
'J'ai attendu' ; cruel est le temps.


'J'ai attendu' que tu lui dis. Oui. Il ne s'en doute pas une seconde, il l'imagine très bien, il le visualise très bien. Et son cœur se serre et c'est lui qui rompt le contact avec ton regard, baissant la tête, crachant intérieurement sur lui-même. Oui, il a été con. Oui, il regrette d'avoir agi comme un con. Le fantôme avait respecté son rôle, il avait disparu, sans laisser de traces, comme si la preuve de son existence n'était qu'une légende urbaine ; une histoire de comptoir. Et tu continues de parler, ça y est, le verrou sur ta voix semble crocheté... Tu dis que ça va, mais la tonalité de ses deux mots lui arrache un râle de douleur. C'est fou, il est à l'agonie ; que diable se passe-t-il avec lui aujourd'hui ? Tout va mal, il ne contrôle plus rien, tout se désintègre, se calcine et se retrouve emporté par le vent de la ronde de sentiments fragiles et inconstants. Ton avant-bras passe devant tes yeux sans aucun doute brillant et sa main glisse sur son propre front, relevant un peu sa tignasse, se massant légèrement le crâne alors que tu prépares d'autres sentences ; son prénom dans ta bouche ne sonne jamais comme ça, c'est l'impression qu'il a et il ne sait pas pourquoi... Qu'est-ce qui a mal tourné ? Qu'est-ce qu'il a foiré ? Qu'est-ce qu'il a raté ? Et l'attente est palpable, le suspens insoutenable, son envie de hurler pour atteindre cet instant crucial...

Et le rideau tombe, lourdement.
Les excuses fusent, indubitablement.
De ta bouche en plus, malheureusement.
Et les larmes coulent, inlassablement.


Sa mâchoire est serrée, les tremblements de son corps ne sont désormais plus du tout maîtrisé et c'est dans un élan quasi-instantané qu'il s'élance auprès de toi, enserrant ses bras autour de ta silhouette cabossée par la vie. Son front se pose sur ton épaule, cherchant ses mots, tentant de dire vainement quelque chose ; mais des larmes perlent de concert avec les tiennes, pour un temps, juste pour quelques secondes, quelques instants.  « Je sais que tu m'as attendu... Je le sais... C'est moi...  Putain... C'est moi qui suis désolé. » Et t'es un putain de bon à rien Blake, un sinistre enfoiré, un pauvre con décérébré. Tu fous en l'air tout ce que tu touches, t'en a toujours été persuadé ; mais la seule chose à laquelle tu tiens, tes amis en l’occurrence, tu t'étais promis d'pas les amocher... Il s'insulte, s'énerve contre lui-même dans l'enfer de sa conscience alors que sa main passe dans tes cheveux trempés, tentant de te rassurer ; geste qu'il accomplit surtout pour se calmer. Qu'est-ce qu'il peut bien te dire ? Qu'est-ce qu'il peut faire d'autres ?

« Pardonne-moi Kae'. C'est moi l'con, c'est moi l'fautif, alors s'il te plaît, t'excuses pas... T'excuses surtout pas bordel. » Il ne le supporte pas, il n'y arrive pas, c'est au-dessus de ses forces. Il connaît ses erreurs, il les accepte et jamais il ne les mettrait sur le dos de quelqu'un... Alors non, tu ne dois pas t'excuser, tu dois juste le blâmer, lui dévisser la tête si le cœur t'en dit ; mais ne t'excuses surtout pas. « J'veux juste te voir sourire. Et si tu n'y arrives pas, si tu m'en veux pour quoi que ce soit, dis-le-moi ; mais pas pitié, ne te blâme pas. » C'est tout ce qu'il veut, voir ton sourire, celui pour lequel il était prêt à tout autrefois, celui pour lequel il sera toujours prêt à tout à l'avenir.

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luzerne

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Ven 16 Juin - 7:59

ft Blakou

16 juin

Il se souvient encore de sa silhouette s'échappant au coin d'une rue, fébrile, ombre agile que personne n'aurait été capable de dompter. Toi si beau, toi si sauvage, toi et toi seul à qui la peur ne fait pas dérailler ; Qu'est-tu donc devenu pendant si longtemps ? C'est en voyant son visage que la fumée se dissipe, que la lune s'illumine, perchée très haut dans le ciel de son esprit. C'est au fond de son être que quelque chose se permet enfin de prendre vie, et de là où il est, Kaeru pense de nouveau contempler les maigres plaines ponctuant son existence. Celles qui irradient, celles qui lui font prendre conscience qu'il n'est pas qu'une enveloppe chiffonnée au contenu vide. (( triste et froide )) Qu'un parasite qui se nourrit des autres en attendant l'heure fatidique, ou tout simplement d'être trop fatigué pour pouvoir continuer à s'accrocher aux autres. Pourtant, quand il apparaît, toutes ces choses négatives semblent s'effacer pendant un temps (( la couleur de ses yeux fait disparaître ses douleurs )), ses remords s'annihilent pour laisser place à de la nostalgique. Pas celle qui fait mal au corps, et pas celle qui se fait écume autours des souvenirs ; Juste celle qui fait du bien, qui réchauffe l'âme et sèche les pleurs. Et pourtant il ne fait que ça grenouille, pleurer toutes les larmes de son corps, se vider des mauvaises et des bonnes idées par le biais de sanglots excessifs. Il ne sait plus, il ne sent plus, n'entends plus l'orage qui gronde au dessus de leurs têtes.
Il n'arrive plus à se sentir vivre.
Il n'y a que ses pleurs qui existent, qui dansent et s'écroulent sur ses joues trop blêmes.
Elles vivent et s'animent à sa place.
A f f l i g é

Il a attendu. Un jour, puis deux, puis trois ; Avant que lui, ne s'efface aussi. Mais rien n'est de la faute de son ancien compagnon, Kaeru avait de son côté, plongé la tête la première dans les limbes pour s'y dissoudre à son tour. C'est en le perdant qu'il a finalement perdu pied à son tour, pour finir noyé mais (( malheureusement pas )) mort. Il était la dernière passerelle avant la chute, celle qui le faisait encore tenir un peu à coup de ' moi aussi, je suis utile' , ce tuteur solide qui lui faisait relever la tête plus haut, toujours plus haut pour affronter cette vie aux épines aiguisées. Sans le savoir, il a pu le soutenir un peu plus longtemps, il lui a apprit qu'il pouvait lui aussi, arriver à faire de petites choses à son niveau. Comme tendre une main vers quelqu'un, esquisser quelques ébauches de sourires mal assurés. A faire confiance, une énième fois. L'échine brisée, il a longtemps ouvert ses bras au monde sans espérer de grands résultats. Grenouille savait. En dehors de l'eau, il désespérait. Dans son élément, il flottait sans convictions aucune.  Il était bien trop fatigué ; Une triste réalité en sachant qu'il n'était qu'a l'aube de sa vie. Mais malgré tout, il avait attendu. Attendu son retour, attendu le son de sa voix  en priant pour qu'un jour elle puisse de nouveau l'interpeller. Sourire sur le visage, rire aux bords des lèvres, soleil près du cœur.  Car avec lui, tout était plus beau. Car sans lui, Kaeru n'a pas pu lutter aussi longtemps que prévu. Le compte à rebours s'était terminé beaucoup trop tôt.

Mais il est là, devant lui. Et cette fois-ci, il ne s'agissait pas de son esprit brisé qui tentait de lui jouer des tours en venant le rassurer avec des visions chaleureuses. Blake était là. Il était une vérité. Comme au premier jour,  ils se faisaient de nouveau face. Pourtant, Kaeru était planté là, incapable de venir le toucher, inconsciemment terrorisé qu'il puisse s'enfuir une fois la main posée sur lui. Les rêves sont si fragiles, si éphémères, et le revoir est un fait bien trop doux pour se permettre d'être brusque. Et pourtant, le besoin de l'avoir près de lui est viscéral, un peu trop intense pour que ce soit raisonnable. Paradoxalement, il veut sentir aussi qu'il n'est pas seulement qu'une  limite à son cerveau embrumé. C'est donc ses ongles qui viennent s'enfoncer dans sa propre peau, son regard qui change immédiatement de direction après ses excuses. Minable. Il avait été minable. Kaeru n'avait de cesse de s'excuser, que ce soit pour des broutilles ou juste parce qu'il existait (( il n'y a pas d'entre deux )) et là, le cercle vicieux recommençait à tourner dans le sens inverse des aiguilles d'une montre ; Il anticipe le futur, il veut d'or et déjà essayer de se faire pardonner pour ce qu'il va faire à l'avenir. Car il sait qu'il va le décevoir. C'est quelque chose qu'il finit toujours par faire.

Et puis, de ses bras, Blake vient l'entourer. Lui, grenouille, lui, le petit crapaud mal aimé. Doté de la même bienveillance qu'autrefois, le garçon s'était une fois de plus penché vers lui. Son sourire crispé ne tarde pas à s'évanouir, ses muscles arrivent à se détendre à peine le contact vient à naître. Son souffle s'épuise.

Et pourtant, tu sais, cette étreinte
il la déteste
il lui rappelle que le temps s'est écoulé
que vous n'êtes plus les même qu'avant
qu'il n'est plus celui qui est venu te tendre la main
celui qui a pu prétendre t 'a i d e r

Une certaine exaltation vient lui remplir la cage thoracique ; Son cœur est prêt à exploser, soudainement enclin à combattre une nouvelle fois un adversaire ((invisible)). Ses larmes coulent toujours, mais elles paraissent moins lourdes, moins vides de sens. Parce qu'il est là, là avec sa main dans ses cheveux, là avec sa présence et cette chaleur partagée. Pourquoi tu es parti si loin, Blake ? Pourquoi on s'est séparé ? Qu'est ce qu'elle nous a fait, la vie ? Comment ai-je tenu sans toi ? Il prends son temps pour le serrer à son tour, d'un geste lent, fort. Graines de tendresse plantées dans une terre aride, Kaeru sent son corps faiblir, tandis que sa respiration tente juste de se calquer à la sienne. Il y a seulement ses doigts qui s'empare du tissus humide au niveau de ses omoplates, l'odeur de la cigarette et de la pluie qui vient s'imprimer dans ses souvenirs. Tous ce qui fait de toi, Blake, grenouille ne veut plus oublier.

Parce qu'il y a chez toi  un être qui bouillonne. Ce quelque chose qui hurle à en déchirer les poumons, qui ne demande qu'a vivre et à exister dans une symphonie désordonnée. Comme une œuvre d'art qui prends aux tripes, celles à qui la beauté s'immortalisent dans toutes ces choses qui nous dépasse. C'est dans ton regard que le monde s'ouvre, sous tes doigts qu'il devient meilleur, sous ton sourire qu'il devient plus coloré. C'est dans ta présence que tu transformes ces douleurs en des maux superficiels, et c'est dans ta silhouette que Kaeru puisait sa force, cette envie de voir plus loin que la peur qui avait pour habitude de tétaniser sa carcasse.
Tu étais sa volonté. Un bout de flamme qui osait crépiter timidement dans cette nuit qui le maltraite depuis des années. Celle qui s'était promis de protéger envers et contre tous, quitte à la serrer au plus près de lui jusqu'à s'en brûler la peau. (( et les o s ))
Une flamme qui s'est malheureusement éteinte avec les années. Le temps, toujours le temps, incessant processus qui n'attends rien ni personne.

Kaeru gît maintenant sur des cendres gelées. Dépourvu de ta lumière, séparé de toi, c'est finalement la mort qui s'est mise à le fasciner à ta place.

Tu étais
sa rédemption


Sa conscience lui est de nouveau sienne, mais c'est pourtant entre deux de ses mots qu'il recommence à se perdre dans un gouffre de questions. Les phrases du blond lui font l'effet de coups de marteau acharnés, venant le rendre à la fois confus et malade. Il se demande comment c'est possible, comment pouvait-il arriver à s'en vouloir ainsi alors qu'il n'était pas le fautif dans cette histoire. Non, il n'a pas le droit. Il ne doit pas. Le voir ainsi tourmenté était un supplice bien pire que sa solitude, bien pire que toutes les fois où il venait à pleurer seul dans son lit une fois le soir venu. Il n'a pas la force de se rebeller contre ses mots, et pourtant, c'est une fièvre qui s'empare alors de nouveau de ses bras, qui le fait lui caresser son dos pendant quelques secondes avant de revenir l'enserrer dans ses bras (( s'il te plaît, tais-toi )). Il voudrait lui dire que c'est faux, qu'il n'a pas à s'en faire, qu'il ne doit pas prendre en compte ses sottises. Parce que le plus important dans l'histoire c'est lui, c'est probablement l'instant présent et le fait que ce foutu destin puisse être cette fois-ci assez clément pour l'autoriser à le revoir une seconde fois. Néanmoins, le ton de sa voix lui provoque milles et unes fractures dans l’abdomen, au point où il sent presque qu'on l'éviscère sur place.
Blake, qui était si chaud contre lui, commence à lui paraître si froid.
Lacéré par des fils invisibles qu'il ne peut pas couper.

Grenouille peine seulement à se séparer de lui , il prends un peu de recul, juste assez pour avoir son visage tout près du sien, persistant à avoir ses mains bien implantés sur ses épaules (( il a toujours besoin de le savoir sous ses doigts )). C'est en se mordant la langue qu'il régule à nouveau le flot de larmes qui s'empresse aux coin de ses yeux lorsqu'il a l'occasion de voir son visage ; C'est la toute première fois qu'il le voit aussi désemparé (( finalement, trop similaire à lui en cet instant présent )). «... Blake... E-Ecoute... » Il n'a pas le droit à l'erreur. C'est à son tour d'être fort, de faire de son mieux pour le hisser avec lui hors de portée de cette tristesse qui les gangrène. « T'es pas fautif. T'as pas à t'en vouloir, parce que tu ne me dois rien. Tu as fait tes choix et tu as pris le chemin que tu devais prendre. Comment... Comment je pourrais t'en vouloir pour ça ? … » Tu peux pleurer, ou bien crier, Kaeru est là. Plus que quiconque, il veut être là pour toi. Tu lui as donné tant sans le savoir, si tu savais. « Je ne suis pas une priorité. » Même pas pour toi, Blake. « Je ne le mérite pas. »  Pitié, ne lui dit pas le contraire. Il y a déjà quelques larmes qui lui échappe de nouveau. « Tu sais dans quel genre de monde on vit, pas vrai ? Tu me l'avait déjà fait comprendre, à l'époque. A la fin, on y perd toujours quelque chose. Et c'est souvent définitif. Alors, du coup, J'suis... Oui... J'suis déjà... » Sa tête s'incline un peu vers l'avant. Son front s'appose contre le sien, mais le contact reste léger, superficiel. « Je suis déjà tellement content de pouvoir te revoir. Pour la première fois.... Pour la première fois depuis longtemps... J'suis tellement chanceux... Parce que... Parce que ouais... T'es là, Blake. Et c'est tout ce qui compte pour moi. Alors... S'il te plait... Je supporte pas quand tu parles comme ça. » Sa voix tremble, ses mains se serrent. Ce ne sont plus des pleurs nerveux, mais des larmes de soulagement qui dévalent sur ses joues.  L'une de ses mains ose se relever, remonter vers sa joue sans pour autant s'y poser à pleine paume. Il y frôle juste ses phalanges, avant de reculer prudemment pour éviter un contact trop prononcé. Il s'assure toujours qu'il existe, que c'est bien lui. C'est avec une voix presque inaudible qu'il reprends, bien que sa phrase devait être totalement muette « J'aurais pu te perdre. J'pensais... J'pensais que je t'avais déjà perdu. »

Parce qu'on vit dans une société abjecte, dans l'ombre d'une cité complètement indifférente au malheur des gens. Et toi Blake, tu pouvais si facilement t'y faire happer.
Si facilement te faire consumer.

 

HRP: allo appelez la police c'pour un décès // j't'aime aussi ♥♥

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y o l o

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Pouvoir : destruction
Symbole : les larmes
Occupation : squatteur professionnel // enchaîne les petits boulots
myosotis

Ven 16 Juin - 17:43
everything that ( kills me )  makes me  ( feel alive )
Musique — La vie n'est qu'une succession de choix ; qu'ils soient bons, ou mauvais ; ils sont choisis et forment le chemin vers le prochain, impossible de savoir si celui qui a été pris apportera quelque chose de bénéfique ou de catastrophique. Non. Il suffit juste de vivre ; car le dicton « qui vivra verra » a bel et bien un sens. Blake a fait des choix, mais il peut assurer avec certitude qu'il a enchaîné les mauvais, se dirigeant sans doute vers le « bad ending » de sa vie. Cependant, il sait le jeune homme, que malgré les erreurs, il referait les mêmes choix, sans aucune once d'hésitation ; car s'il est là aujourd'hui, en vie et en assez bonne santé, c'est justement à cause de ces putains de choix... Malgré les erreurs, malgré la peine qui le consume, malgré la haine qui le dévore, il est devant toi ; et c'est bien grâce à ces putains de choix. Et pourtant, ta peine, ta souffrance, il la ressent Blake, elle se confond avec la sienne et se mélange comme vos corps qu'il n'a pas pu s'empêcher d'assembler dans une étreinte désespérée. Qu'est-ce qu'il a fait Blake ? Qu'est-ce qui l'a poussé à agir comme il l'a fait ? Ce que les gens appellent « l'instinct de survie » ; peut-être.

Le Blake d'hier n'existe plus, il laisse place à celui d'aujourd'hui, à celui qui s'effondre dans tes bras comme si la fin de son monde était en train de disparaître, comme s'il s'effritait pour renaître... Tu es là alors il devrait aller bien ? Tu es devant lui, alors il devrait juste sourire, non ? Impossible. Tout simplement parce qu'il sait, il voit, il constate ce que ces choix t'ont fait subir ; et ce serait mentir que de dire qu'il n'a pas été affecté par ta disparition. Blake n'est qu'un idiot, toujours le même gamin qui ne réfléchit pas, qui essaye de survivre comme il le peut dans un monde qui le déteste, qui la lui met constamment à l'envers ; qui l'empêche de sortir la tête de l'eau, de ne pas suffoquer. Et il se rappelle du visage de sa mère, le ramenant depuis toujours à cette unique réalité ; oui, il n'a jamais été aimé, peut-être même qu'il n'a jamais été un enfant désiré... Et pourtant, il sent tes mains se poser sur son dos large, attrapant son tee-shirt avec autant de force que ses bras autour de tes épaules. Qu'est-ce qui est vrai ? Qu'est-ce qui est faux ? Où est la vérité et où se trouve le mensonge ? Blake peut-il encore espérer quelque chose de ce monde pourrit ? Est-ce que croire en toi est une bonne idée ? Est-ce que croire en Freyja fut une bonne idée ? Est-ce qu'avoir Aaron et Paprika dans son entourage est une bonne idée ? Être parti de chez lui juste pour ne pas avoir à affronter le regard haineux de sa mère fût une bonne idée ? Tout s'enchaîne, tout s'obscurcit, tout s'assombrit ; il n'y a plus que toi, comme unique lumière, comme unique rempart pour ne pas qu'il s'effondre totalement.

Il aimerait être blâmé, peut-être même engueulé pour ces erreurs, pour enfin trouver le droit chemin, pas celui que son égoïsme en quête de liberté lui dicte. Comment avancer ? Comment marcher avec fierté quand on ne sait pas où nos propres pas nous dirige ? Lui qui s'est toujours vanté de cette liberté ne sait plus ; et en vérité, il n'a jamais su Blake. Ce n'est pas mentir que d'y croire, que de t'y avoir fait croire, que d'y avoir fait croire à Paprika ou à Aaron ; car votre regard sur lui à changer sa vision des choses ; l'a empêché d'être totalement dévoré par son amertume et sa peur d'être totalement seul, abandonné et rejeté de tous ; lui, l'incompris des rues de Foxglove. Dans son cerveau, tout part en vrille, seule ta chaleur lui permet de garder pied sur terre, de comprendre qu'il ne rêve pas, qu'il n'est pas en train de rêver, qu'il est bien à côté de toi, en train de te serrer comme si sa vie en dépendait. Tu ne te rends sans doute pas compte de ce que tu lui infliges, tu ne sais sans doute pas dans quel état tu mets ses sens ; comment tu retournes ses pensées ; comment tu retournes son estomac ; comment tu saccages ses entrailles. Blake ne sait pas où il va, il ne sait pas où il va atterrir ; mais cela lui importe peu, tant qu'il n'est pas seul, tant que ses amis sont là, tant que tu es as ses côtés. Et il aimerait tellement te faire promettre, te faire jurer, que plus jamais, tu ne disparaîtrais.

Mais il ne dit rien Blake, il se contente de travailler sur sa respiration qui part dans tous les sens, de calmer les tremblements de son corps trempé, de continuer de caresser ta chevelure tout aussi humide, s'accaparant ta chaleur en bon égoïste qu'il est. Qu'est-ce qui ne tourne pas rond ? Qu'est-ce qui n'a jamais tourné rond dans sa vie ? Blake y réfléchit, il y pense longuement, chaque jour, chaque seconde de sa vie ; il sait très bien que sa mère a foiré sa conception. Et dans un sens, il est heureux Blake, car il ne ressemble à personne, il est unique en son genre, ne rentre pas dans le même moule que les gens, reste fidèle à lui-même et à ses idéaux. C'est tout ce qu'il a toujours voulu, toujours désiré, être différent des autres ; mais les gens ont peur de ce qui est différent et ça, Blake, il l'a appris à ses dépens. Et il aimerait t'avouer tout ça, toi qui sembles t'être totalement bercé d'illusion à son égard, toi dont le regard fut plus imposant que tous les autres ; un regard pareil, on se doit de ne pas le décevoir ; mais on se doit de ne pas lui mentir non plus. Qu'est-ce que tu crois Kaeru ? Qu'est-ce que tu penses ? Il aimerait le savoir Blake, comprendre ce qui ne tourne pas très rond dans ta tête pour avoir eu ce regard plein d'admirations braqué sur lui ; lui qui n'avait rien, qui n'a jamais rien eu, mais qui à toujours tout donner pour être reconnu, pour être admiré, pour être aimé.

T'as peut-être vu en lui un héros
Mais il n'a pourtant été qu'un clodo
Errant dans les rues tel un chien
En attente de quelqu'un qui lui tendra la main


Qui est le héros Kaeru entre lui et toi ? Très certainement pas lui, fatalement toi. Tu es celui qui l'a sorti de cet enfer qu'était son mal-être de vouloir être différent et donc impitoyablement rejeté ; tu lui as fait comprendre que malgré son passé, lui aussi pouvait être accepté, lui aussi pouvait être apprécié, lui aussi, pouvait être, incommensurablement aimé. Il ne sait pas si c'est prétentieux de croire ça et ce n'est pas le genre de chose qu'il pourra lâcher à voix haute ; tout ça à cause de cette putain de fierté mal placé dont il use quand ça l'arrange, juste pour ne pas être dépité, pour ne pas sombrer. Est-ce que tu sais pourquoi il est aussi mal Kaeru ? Est-ce que tu en as simplement une vague idée ? Tout simplement parce qu'être loin de toi l'a rendu incertain, l'a, malgré tout ce qu'il veut bien avouer, misérablement atteint ; tu lui as irrémédiablement manqué, cruel destin. Le temps qui passe n'attend personne et certainement pas vous... Vous avez avancé dans des dimensions différentes ; vous n'êtes peut-être plus amis, vous ne serez peut-être pas plus, vous êtes peut-être destinés à n'être que des étrangers. Et c'est bien contre ça que Blake souhaite lutter, car cela ne peut tout bonnement pas devenir votre réalité. Il refuse, il n'accepte pas, quitte à battre des bras pour rien, il ne veut pas. Les roues de l'engrenage de votre vie se sont remises en marche, une force contre laquelle ni lui, ni toi, ne pouvez rien. Le temps qui s'était arrêté suite à votre éloignement revient à la charge, reprenant un rythme effréné, dévoilant les traces que la vie vous a laissées ; elle, qui vous a si durement malmené.

Tes mains viennent prendre place sur ses épaules
D'un geste vif, il essuie le sillage de ses larmes
Tout s'accélère, tout balance, tout recule
Et c'est avec son putain de courage qu'il s'arme


Relevant la tête, ses yeux affrontant les tiens, il ne désire qu'une chose, poser son front de nouveau contre ton épaule ; pour que tu n'aies pas à lire sa détresse dans le fin fond du bleu de ses yeux ; que tu ne vois pas à quel point il peut être faible en cet instant... Car il se doit d'être fort pour toi, pour lui, pour vous, pour ceux qu'il aime. C'est ce qu'il souhaite Blake, de toutes ses forces, de tout son être. Vos regards se croisent furtivement, mais dès lors que tu prends la parole, il avance son front contre le tien, fermant les yeux pour mieux s'imprégner de tes mots, de tout ce que tu lui diras, quitte à subir, quitte à s'en mordre les doigts. Il t'écoute. Je te dois tout. En silence, il écoute. Dit pas de connerie Kaeru. Les ongles s'enfoncent dans sa peau alors que son front se dépose un peu plus, que ses paupières se rouvrent lentement. T'as le droit de m'en vouloir, ce serait humain putain. Malgré ses choix, malgré tout ça, c'est normal, ce serait normal. Arrête de dire n'importe quoi, tu es une priorité bordel de merde ! Il aimerait crier, te le gueuler dans les oreilles pour que tu le comprennes ; pour que tu saches à quel point il a fait de la merde. Tu le mérites, plus que n'importe qui, parce que t'es celui qui m'a fait croire en l'humanité. Sa gorge est nouée, il est scandalisé, il ne pensait pas que ses mots se retourneraient un jour contre lui, que tu lui dirais ça... T'es déjà quoi ? Putain Kaeru, t'es déjà quoi ? Me fais pas ça, me dit pas ça. La vie est une pute que je baise, j'me fiche de tout ça, j'me fiche du reste, j'veux juste que... Son cœur saigne, putain, c'est horrible ; bordel, c'est atroce ; mais c'est ça, vivre. Tu supportes pas ? Et moi alors ? Je supporte pas d'te savoir mal putain, j'supporte pas d'voir cette tristesse sur ton visage. N'essaye pas de paraître fort, n'essaye pas de réguler tes larmes, n'essaye pas de contrôler ta voix.

Et les larmes roulent sur tes joues
Son cœur est fendu, mit en déroute
Sa tristesse se mélange à ta peine, il bout
Et tu uses d'un geste bien trop doux
Tu ne sais même pas qu'il se dégoûte
Mais que ta bienveillance l'envoûte


Les tremblements de son corps se font plus conséquents, il ne maîtrise plus rien, il ne cherche même plus à contrôler quelque chose ; car c'est bien trop dur, bien trop déconcertant ; car tout ça est réel malgré ce côté éphémère. Les larmes apparaissent sur son visage, finissent par s'évaporer alors que l'entente d'un murmure vient le sortir de sa torpeur... Il ne sait pas s'il a halluciné Blake, il ne sait pas si ce qu'il a entendu vient bien de sortir de ta bouche. Sa lèvre inférieure est malmenée par ses canines, il mord sans vergogne, avec véhémence, t'enserrant de nouveau avec violence, pour te prouver qu'il est là, qu'il est vivant, qu'il va bien et qu'il ne s'en ira plus jamais ; que la mort ne te l'arrachera pas, qu'il restera là, auprès de toi, qu'il disparaîtra plus jamais... Que le fantôme de Foxglove revient à la vie, regagne en consistance, pour te hanter jusqu'à la fin. « Kaeru. » Un sanglot qu'il ravale, sa gorge nouée qui craque. Il doit parler, il doit te dire les choses, il doit te les faire comprendre ; être honnête, c'est ce qui fait qu'il est lui ; qu'il est Blake. « T'es stupide putain. T'es vraiment stupide... » Ce n'est pas ça qu'il veut dire, c'est autre chose, mais c'est dur, c'est difficile, c'est tellement pas lui. « Tu n'sais même pas comment j'ai espéré, tu n'sais même pas comment je t'ai cherché... J'ai cherché ta silhouette partout, sans m'en apercevoir. » Les mots sortent d'eux même et son étreinte accentuent chacun d'eux, parce qu'il ressert, encore, encore, toujours plus fort. « C'est moi putain, c'est moi qui pensais t'avoir perdu, que je te reverrai jamais. J'pensais pas que mes choix me tueraient à ce point... » Ce n'est que murmure, ce n'est que confession, ce n'est qu'une évidence dans son monde. « J'suis soulagé que... Que t'ailles bien. » Ce n'est pas ce qu'il voulait dire, c'était censé être dit à la fin, mais plus rien n'a de sens, plus rien n'a de logique ; tout n'est que mélange, tout n'est que providence. « Et dit pas que tu ne l'mérite pas, j't'interdis de dire ça t'as compris ?! »

Un hurlement qui sort de nuls parts, qui s'échappe de ses lèvres alors que ses ongles viennent s'enfoncer un petit peu dans ton tee-shirt, peut-être même écorcher un peu ta peau. « J'me suis rendu compte de plein de choses quand t'étais pas là... Et. Et. Et putain... » Il galère à parler, c'est inédit, c'est insensé, ce n'est pas les retrouvailles qu'il avait imaginées, pas celle que le jeune homme avait espérée. « Je suis désolé. J'ai merdé, sur toute la ligne. J'aurai dû te téléphoner, j'aurai dû venir te voir. Je sais pourquoi je l'ai fait, mais j'sais pas comment l'expliquer. J'sais juste que... J'sais juste qu'être loin de toi, ça m'a profondément achevé. Mais j'pouvais pas y croire, j'voulais pas y croire. » Ce qu'il dit n'a aucun sens, pas pour toi, c'est certain, pas pour les gens ; mais pour lui, il y en a. Lui, il comprend où il veut en venir, mais ce n'est pas évident, ce n'est pas Blake, ce n'est pas ce qu'il est... « Mais j'voulais vraiment te revoir, crois-moi, j'te le jure, c'est tout ce que je voulais... Juste te revoir, entendre ta voix... J'ten... Crois-moi. » Il ne dira jamais « je t'en prie » ; il ne suppliera jamais qui que ce soit... Mais pour toi Kaeru, putain, il serait capable de faire bien des choses en lesquelles il ne croit pas. « Je te lâcherai plus, j'te le jure. Alors, toi non plus, ne disparaît pas... » Nouveau murmure aux creux de tes oreilles, avant de t'étreindre de nouveau avec plus de force, envahis par la gêne, par la honte, par ce sentiment de dégoût envers lui-même. Apprends-lui à s'aimer, comme tu l'as déjà fait sans le savoir ; s'il te plaît.

STAY WITH ME // with kaeru // #teamdrama // 2505 mots // je vais pas survivre ptn
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luzerne

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Mar 20 Juin - 10:52

ft Blakou

20 juin



I've been just coasting
My mind put to motion
We move like the ocean
But I can't swim anymore

La vie est comme ça ; Les choses finissent toujours par basculer tôt ou tard. L'instant présent est tellement fragile, tout autant que ce future qui, subtilement, se faufile toujours entre les doigts de quiconque tente de se l'approprie. Un rien et le rêve se brise ; Une parole, une action, et l'envers du décors est capable de changer de manière drastique. Régulée par les choix que nous faisons, la vie se fait tantôt capricieuse, tantôt aimante au gré de ses envies. Quelle était la probabilité qu'il croise de nouveau sa route ? On dit souvent que les coïncidences parsèment la route des Hommes, alors, qu'en était-il d'eux ? Le monde était-il trop grand, trop vaste, même dans Foxgloves ? Ou bien alors... Est-ce que la malchance de grenouille s'étendait jusqu'au point où  elle persistait à vouloir lui retirer les seules personnes qu'il aimait ? Son frère, Nowaki, et puis enfin Blake ?
Est-ce que finalement, l'ensemble de ces événements n'étaient pas de sa faute ?
Mais qu'avait-il donc fait ?


Parce qu'au final, il était dans ses bras aujourd'hui. Malgré ce destin douloureux, ces épreuves qu'ils avaient dû traversés de leur côté, son chemin avait de nouveau bifurqué vers le sien. Et pour le moment, Kaeru ne sait pas encore si c'est un heureux hasard, ou bien sa guigne naturelle qui s'accroche férocement à ses tripes. Écroulé contre lui, le coin de ses yeux brillent à peine, larmes légères qui tentent de chatouiller les contours de son visage ((mais en vain)). Kaeru se demande même si ce n'est pas le reste de la pluie qui le berce encore de ses gouttes gelées, parce que oui, avec l'image qu'il a de lui, il ne peut pas se l'imaginer pleurer. Mais une chose lui paraît néanmoins évidente ; Ce n'est pas que la joie qui fait tambouriner son cœur à vive allure, qui fait circuler son sang dans une douloureuse valse incohérente. Grenouille se meurt, repends sur le sol toute cette peine qu'il ne peut plus endosser. Et pourtant, ô qu'il voudrait pouvoir assumer bien plus, transporter sur ses épaules ce visage triste que son ancien ami lui offre.  Parce que le voir ainsi dépité le ronge, car le chagrin est l'apparat qui lui sied le moins. Tu mérites tellement de sourire.
Si seulement était-il plus fort,
Si seulement arrêtait-il de penser à la mort,
Il aurait pu l'aider, Blake. Aider à se sentir mieux, pour qu'il puisse continuer à se battre comme il l'avait toujours fait. Il aurait pu lui arracher ses larmes pour les faire siennes, décrocher l'impossible pour le lui donner. Cartes en mains, Kaeru aurait tout fait pour que cette discussion cède à un jour meilleur, quitte à ravaler ses doutes pour ne plus jamais les exprimer. S'il avait été plus fort... Il lui aurait sans doute fait un de ces vieux sourire d'antan en lui disant que ça y est, la tempête est terminée ; Ils peuvent de nouveau rire tout deux sous un soleil bienveillant.

Mais pourtant, les choses ne marchent pas comme ça. 'J'veux juste te voir sourire',  ça le pulvérise, il sent les cicatrices au niveau de ses poignets se découdre (( entailles empoisonnées, mal formées )). On lui a déjà trop dit, demandé, supplié. 'Kaeru fait un effort', 'Kaeru arrête de pleurer' 'Kaeru t'es pas si malheureux'. C'est peut-être vrai... C'est sûrement vrai. Sa tristesse n'est pas flatteuse, elle n'a rien de théâtrale ou de puissamment dramatique pour qu'on puisse le sacraliser comme l'un de ces martyr romantique. Kaeru n'est rien, si ce n'est qu'un rejeton balancé sur le bas côté de la route, errant maintenant entre les chiens galeux et les poubelles. Il ne recherche pas trop d'attention, juste un peu de compassion. Qu'on arrête de le pousser d'un côté ou d'un autre, qu'on ne tente pas de le tirer vers un extrême pour qu'on le laisse retomber en fracas de l'autre côté. C'est bien ça son problème ; -  il ne paraît pas savoir ce qu'il veut, si on doit s'apitoyer ou bien le laisser crever avec ses problèmes au fond de la gorge. C'est encore un grand enfant à qui la vie (( les autres )) fait peur, au point ou chaque confrontation devient de plus en plus dur à encaisser. Encore maintenant, il tente de se défiler, de ne pas se percuter cette réalité qui a tendance à venir l'effrayer. Alors qu'il est sûr que tout est encore de sa faute, c'est dans une panique intestine qu'il s'agite, foudroyé par ses propres mots, ses propres actions. Qu'a t'il donc encore fait de ses doigts malhabiles ? Kaeru voudrait encore lui dire tant de choses, mais rien ne sort, ci ce n'est ces mêmes sanglots qui coulent à n'en plus pouvoir. Il se demande pourquoi est-ce qu'il devait toujours alimenter ce qu'il y avait de plus douloureux chez les autres, et comment pouvait-il toujours et encore s'enfoncer dans les abîmes en y entraînant son prochain à sa suite.  Ses yeux se relèvent vers le haut, son esprit essayant de trouver une raison, des explications. Où sont passées ces années insouciantes ? Là où les choses lui paraissaient bien plus facile ? Blake, je n'y arrive plus. C'est trop difficile, toujours trop difficile. Il sait qu'il n'est pas capable de le lui dire comme ça, tout du moins, pas de cette manière. Blake a beau ne pas être comme les autres, qui sait si ses mots peuvent encore le blesser. Je n'arrive plus à sourire, s'il te plait, ne m'en veut pas.

Consciemment, son visage avait fait en sorte de ne plus faire face au sien. Pas tant qu'il lui avouait sa détresse, pas tant quand il lui sous-entendait ce besoin vital de sentir son pouls battre en contre le sien. Ils ne sont que deux orphelins aux visages brisés, aux cœurs cruellement piétiné ;  Est-ce que toi aussi, tu sens ton cœur se fissurer Blake ?  Car c'est le cas pour Kaeru, lui qui pensait si fortement que tout était déjà trop tard (( toute bonne chose a une fin )). Il se sent si proche mais à la fois si loin, toujours bel et bien coincé dans ce même monde qui ne lui apporte que la désolation entre ses mains.  Et lui, lui qui le serre si fort, n'est toujours pas là. C'est toujours trop froid, sa silhouette continue à lui tourner le dos sans qu'il puisse parvenir à tendre le bras pour lui attraper la main. Cette fausse proximité est un calvaire, l'ultime symbole d'une relation qui a été longtemps mise à l'épreuve à cause de la distance. Peut-être que quelque chose s'est cassé entre nous, finalement. Non, il refuse d'y croire. Grenouille veut aussi se battre pour lui, pour eux pour que quelque chose puisse naître de nouveau. Même si c'est une bataille de longue haleine ; Il pourrait essuyer enfer et géhenne internes pour tenter de sauver un tout, comme un rien.

Il pourrait même oublier
qu'il est  m a l a d e
qu'il enchaîne les  b o u s c u l a d e s
étrange vie, émotions traîtres
faussées par la joie qui ponctue ces r e t r o u v a i l l e s
il ne sait pas encore qu'il est prit en  t e n a i l l e

Il soupire, désire que ce souffle puisse être son dernier. Blake l'entoure encore plus fort, toujours plus fort. Ce sont des mots qui montent dans les airs, et qui, plus fort que tout le reste, brise même le tonnerre qui gronde dans l'atmosphère. Au feu appartient le ciel, mais c'est le froid mortifère qui règne ici bas, lui coupant l'envie de pleurer. Il l'écoute, plonge tête baissée dans son discours sans prendre la moindre précaution. Chaque syllabe se découpent dans son esprit, autant lorqu' il le traite d'idiot que lorsqu'il lui fait savoir qu'il est soulagé. Et entre deux, ces phrases qui le font vibrer, ces phrases trop belles pour qu'elles puissent lui être dédiées. Kaeru ne peut toujours pas concevoir qu'il puisse manquer autant, même lorsque Blake vocifère du plus profond de ses poumons l'interdiction de déclarer qu'il n'est pas important. Il a juste un sursaut, le visage qui se décompose, les dents qui se mettent à claquer pendant une demi-seconde.

Puis rien.
Le silence.


Il y a sûrement un 'arrête' qui lui échappe, son faciès qui tombe de plus en plus en lambeaux. Ses larme ont été remplacées par une incompréhension totale (( p e r d u )), martyrisé par ses phrases trop tendres à son égard . Kaeru cogite trop, mais ses pensées ne font que de se disloquer de plus en plus face aux propos de son ancien compagnon. Il a l'impression qu'il hurle le vrai, le sincère, mais ses entrailles tente de lui certifier que le pire est à venir

Alors toi non plus
ne d i s p a r a i t pas


Il parvient alors à l'achever
d'un coup de fusil bien placé
tes mots font mal à leur manière, Blake

« Pour... quoi... » Un sentiment vient ébouillanter ses veines, lui fait retourner le cerveau. Ça faisait bien longtemps qu'il n'avait pas sentit cette pression sous sa peau. « Pourquoi... Est-ce que tu me dis ça, Blake... Hein ?...  » Et d'un coup, c'est sa voix à lui qui s'élève, c'est ses muscles qui se tendent comme le fil d'un arc « ... Pourquoi est-ce que tu rends les choses si compliquées ?! » Oui, pourquoi ? Pourquoi tu ne peux pas m'ignorer comme tous le monde ? Pourquoi tu t'obstines à me répéter que j'en vaux la peine ? Pourquoi tu t'en veux, alors que tu n'as rien fait ? « Peut-être... Peut-être que les choses auraient été mieux si on s'était pas recroisé. Ça aurait été tellement plus simple, hein ? Pour toi, pour moi, pour tout ce qui vient après. » Il n'en pense pas un mot. Cette colère, elle n'est pas tournée vers Blake. Elle miroite juste dans ses pensées depuis bien trop longtemps. Kaeru ne sait plus s'aimer, lui non plus. « T'aurais pas été triste par ma faute. T'aurais pas eu de remords . T'aurais pas eu à voir c'que je suis devenu. T'aurais gardé la même image de moi. T'aurais pas... T'aurais pas... » Lui aussi, il le serre contre lui malgré ses mots. Si fort qu'il voudrait être étouffé par sa présence. Blake, ne m'abandonne pas. « T'aurais été tellement mieux... Sans moi.» Ce sont ses doigts qui se rétractent, qui se tiennent cette fois-ci en poing sur le tissu. Pourvu qu'il lui laisse le temps. « J'suis plus celui qui a pu te tendre la main Blake. Alors si tu veux rester avec moi, sache juste que j'vais te décevoir. Encore et encore. C'est pas ça que tu veux, hein ? C'est pas ça que tu voulais retrouver, non ? » Parce que je suis comme ça. La bombe au creux du corps, la panique sur ses lèvres, ses yeux s'écarquillent tandis qu'il fixe la pluie qui tombe derrière l'épaule du blond. Il la trouve détestable, tout comme lui. Il est prit d'un rire nerveux, sa voix prête à craquer sous l'aplomb de ses propos. (( il est déjà entrain de s'effondrer )) « Et... Et... Oui... J-J'suis stupide ... Mais aussi tellement égoïste.. Parce que malgré ça... Malgré tout... Je veux pas de nouveau te... Te... » Te perdre . Mais il n'arrive pas à finir sa phrase, ça serait s'enfoncer dans un autre aspect qu'il ne désire pas aborder pour le moment. « J'ai... J'ai toujours voulu devenir fort... Comme toi tu l'es... Même quand t'étais plus là... J'voulais encore essayer... Mais j'y arrive pas, j'suis pas capable d'avancer comme il faut. » C'est qu'il a l'impression d'être cassé, grenouille. D'être plus enclin à ramper qu'a marcher sur ses deux jambes. Il survit, c'est tout. « J'voulais... J'voulais que tu puisses être... Fier de moi... Seulement un petit peu...  Rien qu'un peu...» Parce que t'es si important à ses yeux Blake. Ton existence est celle qui enlève l'étau qui le martyrise depuis des années, celle qui le rend un peu plus humain. Un peu plus vivant. « 私には、あなたはユニークです. * » Tu lui est tellement bénéfique que ça le terrorise, qu'il se demande comment cette magie peut encore s'opérer sur lui. Alors, petit à petit il y a la pression qui commence à fondre, cette boule de nerf qui s'amoindrit. Il respire de nouveau la chaleur de ton corps pour le moment, tâche d'en profiter tant que tu lui en donne l'opportunité. « Je... Je crois en toi. » Ses yeux viennent se clore. Alors que ça lui coûterait de dire ça, c'est presque trop naturellement (( i n s t i n c t i v e m e n t)) qu'il répète « Je crois en toi. » Et ainsi, s'achète la boucle. « Depuis le début, je crois en toi. »

Si tu savais Blake
Si seulement tu savais ce qu'il serait prêt à changer pour toi
Mais il lui faut encore du temps
juste assez pour t'apprivoiser de nouveau
pour se connaître un peu mieux.

Wake me up
I fell in love in a dream,
but I can't remember your face

HRP: * Pour moi, tu es unique // bb chat que j'm j'm j'm ♥

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y o l o

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myosotis

Aujourd'hui à 1:21
i want to ( be by your ) side ( always )
Musique — Deux cœurs en morceaux, qui n'arrivent plus à rouler sur le pavé ; ils dont à vos pieds, totalement éclatés. Et pourtant, son organe vital se sert encore et encore, à ne lui en laisser aucun répit, à le faire aller de plus en plus mal. Il ne sait pas e qu'il se passe Blake, il ne cherche pas vraiment à comprendre, il ne désire pas avoir les réponses à ses questions... Il est pourtant convaincu d'une chose ; tout vas beaucoup trop vite pour lui et malgré la vitesse, il y a toujours cette impression du temps en suspend, qui avance, qui recule, qui s'arrête, qui reprend sa course effréné. Qu'est-ce qui est vrai ? Qu'est-ce qui est réel ? Qu'est-ce qui ne l'est pas ? Ton contact, ta chaleur, ta voix, tes tremblements ; tout cela lui paraît réel ; c'est indubitable. Mais voilà, il y a toujours quelque chose qui vient happer la réalité ; on appelle cela la cruauté de la vie. Et il ne pensait pas un jour pensé ça de toi, il ne pensait pas un jour te trouver cruel. Il l'a entendu, tu sais ? Ton murmure qui lui suppliait d'arrêter son monologue. Il y a lus ta souffrance, il y a perçu une sentence. Pourquoi Kaeru ? Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui ne tourne pas rond ? Qu'est-ce qu'il ne comprend pas ? Qu'est-ce qu'il a raté... ? Est-ce qu'il a tout foiré ?

Sa chaleur se meurt
En même temps que son cœur
Alors que ta voix le sors de sa torpeur
Le regret se mêle à la rancœur
Blake comprend ta valeur
Ne parle pas de malheur
Mais pour vous sonne l'heure

Et tes questions s’enchaînent Kaeru, le clouant au sol, immédiatement. Ses bras tremblants sentent tes muscles se tendres, la stupeur lui glaçant l'échine l'empêche d'esquisser le moindre mouvement. Encore une fois, la notion du temps lui échappe, il a l'impression de revivre le calvaire de Freyja ; elle qui pleure sur son lit et lui qui écoute derrière la porte. En cet instant, avec toi Kaeru, la position de Blake n'est pas si différente. T'as sans doute pleurer, tout seul dans ton coin, sans personne pour te serrer la main ; et il était où lui ? Il était pas là. Il n'était nul part. Tu pleurais Kaeru, et Blake il glissait le long du mur de la vie, se demandant s'il allait bel et bien survivre à ce monde pourrit ; à ce système de merde. Mais voilà. Il était pas là. Il est jamais là ou il devrait être. Il est toujours en retard. Toujours à la traîne. Toujours laisser derrière. Et tu parles Kaeru, de ta voix convaincue, mais pourtant si décousus. Pourquoi est-ce que je te dis ça ? Mais parce que je le pense. J'sais que j'rend les choses compliqués, mais je m'en balance. Il aimerait tellement te gueuler son flot de pensées, arrêter tes paroles d'un geste ou d'une voix empressée. Mais rien ne lui vient à Blake, il est scotché, sidéré. Et il écoute, il s'imprègne de ce que tu lui dis ; il comprend qu'il a foiré, sur toute la ligne. Dis pas ça Kaeru, dis pas que ça aurait été mieux qu'on se soit pas revu. La pluie battante s'abat sur la ville, sur son cœur qui roule jusqu'à la route, pour mieux se faire écraser par les roues d'une voiture trop rapide.

Pourquoi ? Toujours cette putain de question universelle. Pourquoi ? C'est horrible. C'est étrange comme ça lui fait mal, il en a conscience, quelque chose est différent. Tu n'es plus le même Kaeru, il s'en rend compte maintenant. Mais pourtant, il sait que tu n'as pas fondamentalement changé ; tu sembles juste extrêmement triste, comme si toute forme de joie t'avais irrémédiablement quitté. Il cogite Blake, ça s'enchaîne dans sa tête comme ton flot de parole que tu n'arrives pas à arrêter. Il en est persuadé l'ancien sdf, que t'en pense pas la moitié, que tu parles plus pour la forme, que t'essaye de le soulager. Tu ne veux pas qu'il s'en veuille ; la preuve qu'il n'a pas totalement tort. Alors il reste là, la mâchoire serrer, les dents croisant le fer comme le ferait deux escrimeurs sur une pente raide ; réfléchissant à la suite. Et le temps passe, il défile, à une vitesse que Blake ne voit pas ; qu'il ne discerne plus. C'est fou. Cette journée en elle-même est folle ; et tout dégringole, pour mieux se heurter au sol. Un soupir, long, très long, alors qu'il cherche ses mots, qu'il essaye de ne pas tout faire foiré encore une fois... Doté de la destruction, Blake est plus doué pour tout détruire que reconstruire... Mais il le souhaite de tout son cœur mort, de tout ce qu'il en reste sur le sol ; il veut juste te soulager, te réparer, t'aider du mieux qu'il le peut pour de nouveau s'aimer. Il est autant égoïste que toi ; il l'est peut-être beaucoup plus.

Tes doigts sont encore dans le creux de son dos, serrant avec force son tee-shirt trempée par la pluie et par ses sueurs froides. Il se redresse, ne relâchant pas son étreinte. Ce n'est pas facile, ce n'est pas son style ; mais il est plutôt du genre à agir au lieu de réfléchir ; alors dans un geste lent, il dépose ses lèvres sur ton front, avant de poser son menton sur le sommet de ton crâne, serrant avec encore plus de force ton corps, le plaquant avec force contre le sien. Parler, dire quelque chose, n'importe quoi, mais avec sincérité, toujours avec honnêteté ; même si ce n'est pas facile ; la vie n'est pas gentille. Je crois en toi, depuis le début, je crois en toi. « Kaeru. Ecoute-moi attentivement s'il te plaît. » Il aimerait te dire tout ce qui va suivre en te regardant droit dans les yeux, avec honneur et fierté, mais il n'est pas certain d'avoir la force nécessaire pour ne pas flancher. Et pourtant sa voix est sincère, intonation bien trop fière ; les larmes ne coulent plus, elles sont loin, éloignés de son faciès redevenu le même. « Je te dis tout ça parce que t'es quelqu'un d'important pour moi. Si cela te parais aberrant ou bizarre, j'y peux rien, c'est comme ça, c'est pas quelque chose qu'on choisit. J'sais juste que t'es indispensable ; c'est tout. » Ses mains passent dans tes cheveux, pour mieux les caresser, dans un geste lent et protecteur ; sa bienveillance naturelle reprend le dessus ; pour vous ne sonnera jamais l'heure. « Alors ne me dit plus jamais qu'on n'aurait pas du se recroiser. Plus jamais. » Car il s'est sentit mourir, pour une raison qu'il ignore, il s'est véritablement senti partir pour un autre monde ; les limbes, son cœur est parti rencontré les limbes. « J'aurais toujours des remords, des regrets ; parce que la vie est ainsi faite. Mais n'va pas croire que c'est d'ta faute. C'est d'la mienne. J'ai fais le con, c'est tout, j'en paye juste les conséquences. » Il est habitué Blake, à récolter les pots cassés qu'il a lui même semer, c'est ainsi, c'est comme ça, c'est ce qui fait 'la vie'. Une succession de choix, d'échec et de réussites. « L'image que j'ai de toi ne changera jamais ; celle d'un gars qui m'a tendu la main, qui m'a sauvé la vie par une nuit d'hiver glaciale ; sans qui je ne serais plus là. L'image d'un héros généreux. C'est ça l'image que j'ai de toi Kaeru. »

Sa main continue de caresser tes cheveux un peu inondé, un sourire apparaissant à la commissure de ses lèvres ; alors il s'éloigne un peu, quittant la chaleur de ton corps, posant un doigt sous ton menton pour relever ton visage. Un ton enjoué s'échappe de sa gorge, passe la barrière de ses lippes pour rencontrer ta tristesse. « Me décevoir ? Toi ? T'y arriveras jamais j'te dis. Alors arrête de dire des choses pareilles Kae'. » Il sourit, mais ses yeux bleus sont plein de nostalgie, rempli de mélancolie ; c'est horrible de te voir aussi triste tu sais ? C'est horrible de t'entendre te dénigrer autant tu sais ? Encore une fois, Blake pose son front contre le tien, fermant doucement les paupières en continuant sur un ton lent, posé, sobre ; mais pleins de sentiments qu'il ignore. « T'as le droit d'être égoïste et t'as le droit d'être stupide... Je le suis autant que toi. Et moi aussi, j'veux pas te perdre. » Il n'est pas bête Blake, il n'est pas con ; loin de là. Il sait très bien où tu voulais en venir, il avait très bien compris la fin de ta phrase inaudible. Et il ressent la même chose, c'est là tout ce qu'il ne veut pas ; te perdre. Son cœur se serre encore une fois à cette idée, alors il contraste cela par son étreinte sur ton visage qu'il prend en coupe avec ses mains. Te regarder, te faire comprendre, même si ça fait mal, même si c'est abominable de te voir dans un état aussi lamentable. « Je ne suis pas fort Kae' ; je n'suis qu'un gamin. Un gamin stupide qui joue un peu trop avec la vie. A l'avenir incertain, qui n'sait pas où il va. Mais j'veux avancer malgré tout... Et j'serais fort pour toi, pour que t'avances avec moi. » Il ne te laissera pas le choix, il en est incapable ; hors de question qu'il te laisse à la traîne, qu'il te laisse derrière, qu'il t'abandonne et te perde. C'est inadmissible, impensable. Ce n'est pas dans ses cordes ; tout simplement. « C'est fou... J'voulais que toi, tu sois fier de moi. Mais j'étais qu'un putain de clochard ahaha... »

Le temps a passé
Adolescence estompée
Deux âmes retrouvées
Deux entités écorchées


Vous êtes semblables et si différent ; mais quelque chose vous lies, vous attires comme des aimants. Il ne sait pas d'où vient cette force d'attraction qui le pousse vers toi Blake, mais c'est là, ancré en lui et quoi qu'il fasse, il n'arrive pas à en sortir et en vérité ; il n'en a pas envie. Il veut juste rester là, à tes côtés, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde, être avec toi, à chaque seconde... Mais pourquoi ? Il ne sait pas, il n'en sait rien. Son cœur s'arrête, une idée lui vient, mais il l'estompe d'un revers de main. Il y penserait plus tard, il réfléchirait à cette question une autre fois. Pour l'heure, il cogite, cherche quoi répondre. Tu lui as dis qu'il était unique, dans ta langue maternelle ; et il a compris, mais Blake ne sait pas comment répondre en Japonais, alors il reprend, toujours ses mains sur tes deux joues, son front contre le tien. « J'suis unique pour toi et tu l'es tout autant pour moi. Alors, fait moi plaisir tu veux ? Arrête de te dénigrer comme ça. Je T... Je t'apprécie comme tu es et ça changera jamais. » Ses pouces viennent dessiner des cercles sur tes joues, comme pour essuyer les sillages de tes larmes ; ce qu'il fait, encore et encore, sans aucun répit, sans se lasser. Un soupir s'échappe de ses lèvres, il réfléchit de nouveau, cette situation est totalement inédite pour le jeune homme. « On va attraper la mort si on reste ici... Et je crois qu'on inquiète un peu trop les passants. On... On... Bouge ? » Il attrape ta main, comme si c'était normal, mais il ne peut pas s'empêcher de regarder ailleurs... Pourquoi est-il gêné tout à coup ? Il n'en sait rien Blake ; il ne sait pas grand chose en ce moment, c'est déconcertant ; inquiétant. « Merci de croire en moi Kae'... Je te décevrais pas, j'te le promet. »

C r o i r e
Ce n'est pas une chose facile
V o u l o i r
Ce n'est pas être égoïste
E s p o i r
Ne rime pas avec impossible
A v o i r
des sentiments inexplicables

J'crois que je ressens quelque chose
Un truc que je peux pas expliquer
Que je ne peux pas décrire
Mais qui déforme ma poitrine
Qui m'empêche de respirer
Des sentiments tant convoités
J'crois qu'on appelle ça l'amour
Mais j'en suis pas persuadé


BREAK ME // with kaeru // #teamdrama // 2080 mots // épouse moi stp ? // CORRECTION EN COURS
TEMPLATE BY MINNIE OF SHINE

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