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In the woods somewhere ▲ Vito
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Jeu 22 Sep - 21:43
Into the woods
TO WHERE I AM EXPECTED
and through the trees

La journée de Theodosia s’était montrée excellente.
Assise sur un petit rocher, elle regardait les différents clichés du jour, pris avec son si précieux polaroid. Un papillon sur une fleur. Une biche, avec le regard fixé sur l’objectif. Un petit tas de feuilles colorées. Un crapaud. Un crapaud en plein saut. Un crapaud qui atterrit sur le visage de Vito. Le reste des prises étaient floues, parce que Theodosia était secouée par les rires, au moment d’appuyer sur le déclencheur.

Oui, la journée de Theodosia s’était montrée excellente.

Retournant son appareil à sa juste place — bien à l’abri dans son sac —, elle y rangea aussi avec le plus grand soin ses photographies, s’attardant sur la dernière avec un sourire. Puis elle leva les yeux vers le ciel, et constata qu’il s’assombrissait à vue d’œil. Il était temps de partir.

☆ ☆ ☆

Theodosia ne disait jamais non à l’aventure. Mais celle-ci, elle se montrait être plus éprouvante que prévue. La jeune fille avançait donc au prix de maints efforts, son inhalateur à disposition immédiate dans sa main droite. Sa main gauche tenait son sac bleu, blanc et rose d’une poigne ferme : De temps en temps, les branches des arbres accrochaient son tissu, et il n’était pas question de perdre un objet si précieux à la forêt.

Je commence à comprendre, dit-t-elle entre deux souffles épuisés, pourquoi des gens disparaissent dans cette montagne… Elle se força à faire deux pas de plus et finit par déclarer : Je crois qu’ici, entrecoupé d’une grande inspiration, c’est l’endroit parfait pour monter un camp.

Et par un camp, elle entendait une tente Quechua.

Mais dire « camp », ça sonnait tout de suite plus aventureux. Jetant un rapide coup d’œil aux alentours, elle remarqua une entrée dans la roche, un peu plus au-dessus d’eux. Son enthousiasme pour les mystères s’excita d’un coup, et elle marqua l’endroit comme à explorer plus tard, dans la nuit. En attendant, elle prit son inhalateur, et inspira une grande bouffée de son médicament salvateur.

L’aventure.

D'ailleurs... Vito ? Comment ça se monte, un camp ?

D'abord, il fallait commencer par la tente, non ? Elle en sortit la notice, et constata que le fabricant s'était trompée, puisqu'elle tenait le schéma de ce qui ressemblait à un réacteur nucléaire dans ses mains.
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Ven 23 Sep - 1:50
C’est que ça grimpait sévère, dans le coin.

« Hah… ouais… mais dis pas ça, sinon on va tomber sur un cadavre. »

Il était à moitié sérieux.

Marcher, utiliser ses jambes en soi, ce n’était pas tant cela qui avait tendance à fatiguer Vito. Il se déplaçait à vélo, il avait l’habitude et des mollets en béton. Le sac à dos qu’il avait juché sur les épaules, en revanche, commençait à peser.
Le sol terreux était couvert de feuilles mortes et de mucus, l’air était frais, boisé, chargé de nature et Vito était complètement dépaysé, lui qui avait l’habitude de la civilisation. Pas que Foxglove Valley soit une grande ville. Mais quand on travaillait dans une station essence, ça changeait.
Pour tout dire, Vito était plutôt content d’être là, malgré sa mésaventure poisseuse.

Cela faisait déjà trois heures, et Vito avait du mal à se défaire de l’expression dégoûtée qui persistait sur son visage. C’est à dire que ledit visage avait été attaqué. Chaque mousse un peu spongieuse, chaque petite flaque de boue, chaque coin un peu humide de cette forêt qu’il rencontrait le ramenait au souvenir du contact de ce crapaud sur sa peau.
Il aimait bien les grenouilles, mais pas à ce point.
Et Theo qui avait la photo.

C’est Theodosia, d’ailleurs, qui marqua la fin momentanée de leur progression.
Il y eut le “pssht” de la ventoline, le “hhh” de l’inspiration, et Vito lui coula un regard un peu inquiet. Si elle faisait une vraie crise d’athme ici, il n’était pas certain de pouvoir l’aider, et il n’y avais aucune 4G dans le coin. Mais ça avait l’air d’aller.
Sa tête se tourna vers la grotte un peu plus haut, puis vers l’espace devant lui. Si un loup-garou vivant là dedans, ils seraient directement sur son passage. Tant mieux, ils étaient là pour ça !
Avec un petit “oof”, il laissa tomber son sac à dos sur le sol et étira ses bras vers le haut. Une épaule craqua et ça lui fit un bien fou.

« D’ailleurs, Vito… » « Hmm ? » « Comment ça se monte, un camp ? »

Hah.
Très bonne question.
Les lèvres pincées dans un petit sourire, il la rejoint pour regarder le plan par dessus son épaule. Avec la nuit qui tombait, il dû plisser les yeux.

« J’ai monté une tente une fois, il y a six ans, » fit-il remarquer à demi-voix comme si ça allait être utile. (Ca ne le serait pas.) « Comme c’est le plus urgent, on fait ça d’abord, et puis on mange. Et euh, tu crois qu’on devrait faire du feu pour éloigner les bestioles ? »

Tout en parlant, il était revenu vers son sac et avait commencé à fouiller à l’intérieur. Tel Arthur retirant l’épée dans la pierre de, et bien, la pierre, il sortit la lampe frontale toute neuve qu’il avait acheté pour l’occasion et l’installa à sa bonne et due place : sur sa tête.

« Ca doit pas être plus difficile qu’un meuble Ikea, une tente. Allez ! »

Et il commença à déblayer le terrain à coups de pieds.
Puis il se remémora l’inhalateur, s’arrêta net et se tourna vers elle, peu conscient du fait qu’il pouvait être en train de lui ruiner la rétine avec sa lampe.

« Enfin, si tu es fatiguée, on peut manger avant. »
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Ven 23 Sep - 20:38
Into the woods
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J’ai monté une tente une fois, il y a 6 ans.
Theodosia considéra la nouvelle avec un air perplexe, avant de se dire qu’elle était de toute façon moins expérimentée que lui. Et puis, être perdue au fin fond d’une montagne, de nuit, où avaient disparu un certain nombre de personnes, avec un garçon que les grenouilles agressaient, ce n’était pas si terrible. D’accord, d’accord, tous les films d’horreurs commençaient comme ça, mais l’heure n’était pas à la paranoïa. Pour son premier camping, Theodosia ne voulait qu’une seule chose : Passer un bon moment, et rentrer à la maison avec le sourire. Et, tandis qu’elle imitait Vito en déblayant le terrain, elle se dit que son vœu était bien parti pour se réaliser.

— Comme c’est le plus urgent, on fait ça d’abord, et puis on mange. Et euh, tu crois qu’on devrait faire du feu pour éloigner les bestioles ?
Un feu ?

La jeune fille arrêta son geste, pour fixer Vito d’un air surpris. Puis elle se rappela qu’elle n’avait jamais trouvé le bon moment pour lui parler de sa peur. Elle réfléchit quelques instants, pensant qu’un camp sans feu de camp était une chose absurde, mais qu’elle ne tenait pas non plus à s’exposer à l’objet de sa phobie. Elle finit par dire :

Je pense qu’on peut se débrouiller sans. Puis, remarquant le manque de conviction de ses mots, elle ajouta : On est des aventuriers, après tout !

En vérité, elle se sentait ridicule, mais cacha ce sentiment avec un sourire guilleret. Une fois le terrain déblayé, Theodosia se pencha sur la carte, déposée à la vue de tous. À travers les pattes de mouches de la notice, elle réussit à déchiffrer « bâche », et fouilla après celle-ci dans son sac. À cause de sa petite force physique, elle avait veillé à ne pas porter de choses trop lourdes, mais les pièces de la tente lui restaient supportables.

— Enfin, si tu es fatiguée, on peut manger avant.
Hein ? Oh, non, ça va, répondit-elle en secourant doucement la tête.

Puis elle reporta son attention sur la notice.

Alors... "posez la bâche" lut-elle à voix haute.

Elle déroula celle-ci au sol, en prenant soin de l’étaler parfaitement. Ensuite vint l’assemblage des perches qui maintiendraient la tente en triangle. Theodosia y passa un peu plus de temps, mais bientôt, les perches furent elle-aussi attachées les uns aux autres.

Maintenant… "Placer les perches dans les rabats de la tente." Hmm…

Elle s’approcha de la masse de tissu qu’était pour l’instant leur précieuse tente, à la recherche des dits rabats, puis y passa les perches. Elle était un peu déçue par la simplicité de l’affaire : Tous ces films de camping lui auraient donc menti ?

Et… "Levez la tente" ?

Voilà la partie difficile, le moment où la tente explosait et s'envolait au loin dans les comédies. Theodosia leva les yeux du mode d'emploi, et dit avec un sourire compatissant :

Bonne chance, Vito.
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Lun 26 Sep - 22:42
Le secret, c'était la concentration.
Jusqu'ici, tout s'était bien déroulé. Organisation parfaite. Travail d'équipe sensationnel. Jusqu'à ce que --

« Bonne chance, Vito. »

Pendant un instant, il considéra la tente encore à plat au sol. S'il se plantait maintenant, c'était le rhume assuré. Sans tente ni feu, pouvait-on vraiment appeler cela du camping ?

Si  l'on y réfléchissait un instant, les choses se passaient généralement ainsi :
Crépuscule. Deux personnages (un jeune homme, une jeune femme, en couple ou sur le point de le devenir) ou trois (trois jeunes hommes, amis) trouvent un endroit où s'installer en montagne-slash-forêt, montent leur tente, rires. La nuit est là. Les personnages sont autour d'un feu de camp parfaitement réalisé et maîtrisé, entouré d'une petites barrière de cailloux très égaux. La température baisse. Deux options : " je suis contente d'être là, loin de la ville " " moi aussi " " je suis contente que mon père ait accepté que je passe un week-end en dehors, je lui ai dit que j'étais avec Cindy hihi " " moi aussi " " j'ai entendu un bruit dans les bois " " moi aussi " ; ou bien " c'est dommage que ta sœur ait pas tu venir brad " rire gras " ta gueule " rire gras " j'ai entendu un bruit dans les bois. " Puis, tout le monde dort. Il y a un bruit dans les bois. Une ombre (grande) se lève au dessus de la tente du couple maintenant formé, ou de celui qui fait tente à part. Il y a au moins un mort ou disparu, enlevé. Si c'est le couple : ils sont massacrés. Les pans de la tente sont déchirés, il y a des débris partout, des traces de pas étranges sur les feuilles humides au sol. Tragique. Aucun doute n'est possible... Bigfoot.
Dean et Sam Winchester entrent en scène.
« Ok. »

Il suffisait de mettre le bout des perches dans les petits machins en plastique, non ? Ca allait fonctionner. Ca allait le faire.
Et ça le fit.
Vito était vraiment surprit. Cinq minutes plus tard, une tente était debout, là, devant leur deux paires d'yeux. Il avait même enfoncé des petits pieux en plastique dans la terre pour que rien ne s'envole. (En les piétinant, parce qu'il n'avait pas pris de marteau.)

« C'était trop facile, il doit y avoir un truc. T'en pense quoi ? »

Les sourcils un peu froncés, il s'accroupit pour dé-zipper la grande fermeture éclair à l'avant. Il y jeta son sac de couchage comme un jette l’appât d'une canne à pêche dans l'eau.
Il se redressa après un haussement d'épaules. C'était déjà ça de fait.

Il éteignit la lampe qu'il avait sur la tête. Il faisait plus noir que tout à l'heure mais ils n'avaient plus rien de spécial à installer à priori, et il voulait garder des piles pour la partie exploration de leur petite escapade.

( Normalement, c'était là que des yeux rouges se mettaient à luire dans le noir. Vito était un peu déçu. )

« Bon. Théodosia. Je propose de passer aux choses sérieuses. Quel est le plan d'attaque pour cette nuit ? »

Au passage, il attrapa dans son sac une barre de céréale extrêmement compacte. Il avait aussi amené des marshmallows pour les faire griller mais l'idée du feu étant compromise, il n'osa pas vraiment sortir le sac ni poser de questions. Même si bon. Il était un peu triste quand même. Son amour pour le sucre n'avait pas de limites, après tout.
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Sam 1 Oct - 0:01
Into the woods
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Tout reposait maintenant sur son partenaire. Theodosia le fixait d’un œil attentif, prête à se mettre à l’abri au moindre signe d’explosion. Et alors, Vito s’approcha de la masse de tissu qu’était pour l’instant leur tente et… Rien n’arriva. Enfin, si, quelque chose arriva : La tente fut montée. Mais c’était prévisible, et franchement banal.

— C'était trop facile, il doit y avoir un truc. T'en pense quoi ?
Hm…

Theodosia se rattachait encore à l’idée que toutes ces séries, tous ces films, n’étaient pas que mensonges et désillusions. Courageuse mais pas téméraire, elle finit par se munir d’un petit bâton et approcha de leur demeure de la soirée, non sans avoir pris son air le plus méfiant. Risquant quelques pas – un, deux, puis trois – elle finit par toucher ce qui ressemblait vraisemblablement à une vraie tente fonctionnelle de l’extrémité de sa branche…

Et rien ne s’écroula.

C’est… Assez suspicieux.

Et par suspicieux, elle entendait décevant. Mais bon, étant donné qu’elle avait proscrit la mise en marche d’un feu, ils valaient mieux pour eux d’être au chaud dans une tente que sous des étoiles froides, entourée d’insectes qui leur grimperaient dans la bouche, cette nuit.

Après avoir déposé son sac de couchage, qui était d’une jolie couleur rose pastel, à côté de celui de Vito, elle se tourna vers lui avec un grand sourire. Le plan d’attaque de cette nuit. Le plan qui les rendrait riche, les couvrirait de gloire… !

Notre plan, c’est ça. Elle montra de l’index la grotte qui les surplombait, un peu plus loin. Selon mes sources (donc internet), les trésors d’une ancienne civilisation seraient cachés là-dedans. À nous de le découvrir et… De les emprunter un moment. Pour les échanger contre des services… Ou un nouvel appareil photo.

Après un moment de réflexions, elle ajouta :

Ce n’est pas du pillage si le propriétaire du trésor est mort, si ?

Probablement pas. De toute façon, les vrais aventuriers ne perdaient pas leurs temps avec les questions juridiques.

Allons-y, partenaire.

Après s’être assurée d’avoir le bon équipement dans son sac – une lampe torche, de quoi manger en quoi de faim subite (ou de monstres à distraire !), une corde parce qu’Indiana Jones en avait lui aussi, son appareil photo, des piles pour sa lampe torche (pas question de se faire avoir par le cliché de la lampe qui s’éteint) et son inhalateur -, elle commença son avancée, l’univers dans les yeux.

La grotte s’avérait être encore plus près qu’il n’y semblait, et cinq petites minutes de marche leur suffit pour l’atteindre. Mais, de près, elle était encore plus intimidante. Qui sait ce qui se cachait là-dedans ?

Bon… Je crois qu’on devrait rentrer. Prêt ?

Sa curiosité l’emporta sur sa peur, comme c’était si souvent le cas avec le paranormal, et Theodosia se lança après une seconde d’hésitation.
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Dim 2 Oct - 23:24
Les yeux levés vers la grotte qui les surplombait, Vito ne pouvait s'empêcher de se demander : avait-elle prévu depuis le début de visiter cette grotte ou avait-elle fait un plan sur le pouce ? Pas que ça ait réellement son importance. Vito était prêt pour et à tout, ou du moins se plaisait-il à le penser. Il n'avait pas acheté cette lampe et ce nouveau sac de couchage pour rien. L'ancien, il l'avait découvert la veille, avait manifestement vécu plusieurs guerres, dont une galactique, probablement. Et il puait le renfermé. Il n'aurait pas voulu infliger ça à la pauvre Théodosia.

Vito retint un « mais moi je veux pas d'appareil photo, » parce qu'il était là pour l'aventure, le spook, l'exploration, l'expérience et, plus simplement, pour passer un bon moment avec une amie. Et puis ce serait chouette que Théodosia puisse avoir un nouvel appareil photo.

« Je sais pas, il y a pas une histoire de patrimoine quand même ? » Il n'avait pas lâché du regard le creux béant que formait la grotte dans le flanc de la montagne. « Au pire, tu prends tout plein de photos du trésor et tu revends super cher la localisation. »

C'était des paroles un peu dans le vent. Il n'était vraiment pas sûr de trouver quelque chose. Ce serait génial, évidemment.
Mais quand bien même, la question se posait. Si le trésor était gardé par un dragon, que pourraient-ils y faire, eux, pauvres mortels ?
(Mortels - plutôt deux fois qu'une.)

Et ils étaient partis.
Est-ce que c'était lui ou plus ils se rapprochaient, plus l'air se rafraîchissait ?
Et si cette entrée, là bas, dans Astoria Mountain, les emmènerait dans des ruines si profondes, si anciennes qu'ils s'y perdraient ?
Et si la forêt, si Salem, était enchantée, maudite et que dès le moment où leurs pas avaient foulé son étendue de feuilles mortes, ils étaient condamnés ?
Et si c'était des ruines Dwemer au milieu de Cabeswater ?
Ce serait drôle. Un peu.

Dans son sac à dos, Vito avait pris un autre sac à dos - plus petit. Il y avait dedans : une bouteille d'eau, des piles, une lampe torche (normale) au cas où celle sur son front le suffirait pas, une pomme (lavée), des barres de céréales, des pépitos piqués à Méli, un opinel, un stylo et du papier, un paquet de cigarettes, un briquet et des allumettes. (Il ne fumerait pas dans la grotte.)

L'odeur d'humidité et de roche mouillée surpassait tout le reste, ce qui était bon signe. Vito n'aurait pas apprécié être accueilli par une odeur de chair en décomposition. Comme ça, elle avait l'air d'une grotte classique. Plus haute que large, très sombre, rocailleuse. L'entrée était recouverte de mousse - Vito nota de faire attention où il mettrait les pieds pour ne pas glisser.
Sa main ralluma machinalement sa lampe frontale. Le rayon de lumière blanche entra avant eux dans la cavité mais ne percuta aucun fond. C'était bel et bien une bouche vers le ventre de la montagne. Le coeur de Vito accéléra brièvement et cela se manifesta par un bref sourire. C'était effrayant et excitant à la fois.

« Tu crois que c'est habité ? »

Il lança un regard à Théodosia avant d'enjamber le banc de mousse et de poser le pied sur la roche de l'autre côté. Le premier pas vers - vers quoi ?

« Tes sources disent quoi sur le danger de cette grotte ? J'veux dire, on fait quoi si on tombe sur un Wendigo ? Ah d'ailleurs - il fouilla un instant dans la poche de sa veste et en sortit un petit sac de tissu rouge pas plus grand qu'une prune, où était brodé un motif - un cercle bordé de symboles, une main en son milieu. Le sac était noué avec une cordelette rouge et plein. De quoi, Vito ne le savait pas.  « Ma mère m'a donné ça. C'est pour la chance, j'crois. »

Et il le lança vers Théodosia.
Puis il s’avança un peu vers l'intérieur de la grotte, le pas prudent et les yeux grands ouverts. S'il pouvait éviter de se cogner, ce serait bien.

« On dirait que ça descend. »
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Lun 3 Oct - 21:58
Into the woods
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« Tu crois que c'est habité ? » Vito esquissa un pas. Theodosia le regardait du coin de l’œil, rêvant la réponse à sa question. Elle imagina un dragon gardant jalousement un trésor (ou une princesse)(en toute honnêteté elle s’imaginait une Lydia en détresse), puis Bigfoot, puis un ours jaune, inspiré des dessins animés qu’on lui passait à l’orphelinat, pour qu’elle arrête de pleurer. La théorie de Bigfoot lui semblait la plus probable.

Je crois qu’on va vite le savoir.

Avec une inspiration, la jeune fille fouilla après sa lampe dans son sac, et commença à éclairer les parois rocheuses de la caverne, dans des teintes bleus et noirs. Tandis qu’elle jouait avec la lumière, elle constata qu’elle dévoilait aussi des nuages de poussières fines, et se félicita d’avoir pris son inhalateur. Elle ne doutait plus de la dureté de l’exploration, surtout pour quelqu’un de sa constitution, mais l’excitation remplaçait la moindre appréhension qu’elle aurait dû ressentir.

Les oreilles qui bourdonnent
Le frisson de la chasse
Aux souvenirs, comme aux mystères
Mais ils ne savent pas encore pour les souvenirs


Un wendigo..? Eh bien… Un début de phrase que le lancer de Vito arrête net. Theodosia dût se battre quelques instants pour attraper correctement le projectile, qu’elle finit par tenir dans le creux de sa main. Un charme pour la chance ? Ils en auraient besoin, en effet. Avec un hochement de tête, qu’elle ponctua d’un petit « merci », Theodosia plaça le talisman dans la poche de son gilet. Puis elle reprit :

On fait ce qu’on sait faire de mieux : On improvise. Elle marqua une pause qu’elle voulait dramatique, et conclut : Et pour ce qui est des dangers, j’avoue que je ne sais pas trop. Elle prit une mèche de ses cheveux, qu’elle s’amusa à enrouler autour de son index, puis ajouta : On dit juste que des gens auraient disparus à la recherche des trésors.

Mais ces gens n’étaient pas eux.
Eux, ils vivraient l’aventure de leur vie, et s’en sortirait en riant, comme toujours.

Quand il faut y aller…

Et elle commença une marche enthousiaste. En avançant d’avantage dans l’obscurité, Theodosia comprit que la lampe était une piètre alliée face aux ténèbres profonds de la caverne, mais elle ne se découragea pas. D’abord, elle éclairait le sol de la cavité, à la recherche d’obstacle, puis elle relevait la lampe devant elle, et ainsi de suite. C’était un travail de coordination, et elle s’y trouvait plutôt douée.

• • • Retournement de situation
Il s’annonce dans bruit sourd
Elle s’arrête et guette le danger, ses yeux verts lumineux d’excitation.
Mais rien ne vient, et elle se rapproche de Vito.


Tu as entendu ce que j’ai entendu, n’est-ce p-

Le « aaaaa » qui suivit ne terminait pas sa phrase : C’était un cri de surprise, long et aigu, tandis qu’elle tombait dans le vide parce que le sol s’était rompu sous ses pieds. En temps normal, elle se serait un peu vexée, mais elle est trop occupée à hurler « OH MON DIEUUUUUUUU » pour cela. Les quelques secondes qui lui suffisent à chuter lui paraissent une éternité et elle y remarqua la présence de Vito à ses côtés.

« mais », c’est le dernier mot qu’elle prononce avant de finir immergée dans l’eau.

Toutes ses questions restent suspendues dans l’air, tandis qu’elle se débat avec elle-même. Elle repasse tout ce qu’elle sait de la nage dans sa mémoire – la nage du petit chien, celle de la grenouille, et celle de la jeune fille paniquée qui va mourir si elle ne s’improvise pas nageuse professionnelle là, maintenant, tout de suite. Elle avait grandi à Woodland, par tous les dieux, pas Aqualand. On se moquait bien d’apprendre à nager, à l’orphelinat, et encore plus à l’hôpital qui n’avait qu’un petit étang vaseux rempli de carpes Koï dans ses jardins. Mais maintenant qu’elle se noyait dans une caverne aquatique, elle regrettait un peu.
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Mar 4 Oct - 1:55
Ils étaient passés de monter une tente à :

« Tu as entendu ce que j’ai entendu, n’est-ce p- »

Tout le reste, tout ce qui s’était passé avant, tout ce qu’ils avaient pu se dire, douter, questionner tout cela n’avait plus d’importance parce que Theodosia avait commencé à chuter.
( Il fallait croire que toutes les précautions du monde ne servaient à rien, parfois. )

Depuis un certain temps, Vito avait parfois des impressions étranges. Une plus grande facilité à retrouver son chemin parce que je suis sûr que c’est à gauche. Cuire un hasard un aliment parce que je suis sûr que c’est la bonne température. Prendre un parapluie avec lui en sortant parce que je suis sûr qu’il va pleuvoir.

Son regard s’était posé sur les épaules de Théodosia qui l’avait un peu dépassé, et d’instinct, il avait senti sa propre main se lever vers elle avant même qu’un petit frisson glacé ne remonte le long de son échine parce que
je suis sûr que-

Il aurait été impossible de savoir si elle l’avait agrippé, si il l’avait attrapée, si le sol avait cédé sous ses pieds à lui aussi, mais ils tombaient.
La lumière qui, autrefois, rencontrait une certaine profondeur, qui détaillait la poussière se perdant dans son rayon, se heurta à des parois proches, floutées, parce qu’ils tombaient.
Leurs voix qui, autrefois, résonnaient dans la gorge, contre les roches lointaines qu’ils ne voyaient pas encore, s’envolait à toute vitesse vers le haut, parce qu’ils tombaient.
Et il y avait cette sensation horrible, qui ressemblait à de l’adrénaline mais qui n’en était pas - comme si tous ses organes remontaient à cause de la pesanteur, et c’était le cas parce qu’ils
tombaient.

Vito avait crié au départ, sous la surprise ; puis pendant, lors de la réalisation ; puis sa voix s’était bloquée et il avait fermé les yeux, très fort. Ce qu’il avait réalisé, c’était que c’était probablement - non - sûrement la fin, et qu’il mourrait en chutant dans une grotte.
Ce fut à la fois lent et rapide.
Bientôt, son corps passa d’un environnement à l’autre et Vito ne comprit pas tout de suite.

C’était froid, froid, terriblement froid, glacé. Lourd. Vito s’étouffa avec son propre souffle, sauf que ce n’était pas son souffle, pas de l’air mais de l’eau. De l’eau glacée.
Ses bras et ses jambes réagirent avant qu’il n’assimile la situation, et il s’était mis à nager vers la surface. Il n’avait même pas remarqué qu’il était sous l’eau, en plus d’être dans.
Il cracha, toussa, prit une immense gorgée d’air et ouvrit les yeux.
( Une partie très détachée de la situation de son cerveau remarqua que sa lampe frontale était waterproof. )

Les couleurs étaient très indistinctes, mais dans tout le gris, il vit du rouge.
Puis, du marron. Les cheveux de Théodosia, plus loin. Il flottaient à la surface, fluides comme de l’encre.

« Théo ! »

Il y avait toute la panique du monde dans sa voix. Elle sonnait un peu étrange, aussi, parce qu’il avait bu la tasse.
C’était difficile de se diriger. La lumière se reflétait sur les remous de la nappe dans laquelle ils avaient (heureusement, d’ailleurs) atterris et l’aveuglait. Mais elle gesticulait beaucoup trop, Théo, et Vito fit ce qu’il put pour tendre le bras et, cette fois, l’attraper.
La voir l’avait un peu réveillé. Il entendait encore son cœur battre dans son oreilles.
Mais il fallait qu’il sortent de là.

« Accroche-toi à moi ! »

Vito savait nager. Il ne l’avait pas fait depuis longtemps, mais il s’en sortait plutôt bien.
Il n’était pas sûr de savoir nager pour deux, cependant.
L’eau était terriblement froide.
Il avait mal au bras, aussi.

« On doit- on doit sortir. »

Il l’avait agrippée et la tirait vers le haut pour être sûr qu’elle n’irait pas vers le bas.
C’était noir, tout autour, en dessous.
Calmer sa respiration.
Vito tourna la tête dans tous les sens pour regarder mes alentours. Il voyait le plafond de la cavité, ils n’étaient probablement pas tombés de très haut, mais il serait impossible de remonter. Pas par là où ils étaient arrivés en tout cas.
Calmer sa respiration.

« Là bas. »

Là bas ? La bas, quelques mètres plus loin, quelques rochers émergeaient. Comme une plage plane, noire, grise, un énorme grain de sable de quelques milliers de tonnes.
( S’ils étaient tombés dessus. S’ils n’étaient pas tombés dans l’eau. Ce qu’il se serait passé. Ce qu’ils y auraient laissé. )
Gagner la petite rive ne fut pas très difficile, ils n’étaient pas loin. S’y hisser fut un peu moins facile, ses jambes étaient affreusement engourdies.
Après s’être assuré que sa compagne de mésaventure était bien hors de l’eau, il se laissa retomber à moitié sur le dos pour reprendre son souffle. Sa mâchoire commençait à trembler, bon Dieu ce qu’il était glacé.
Au bout de quelques instants, un peu rageusement, il enleva ses chaussures plus qu’humides, son sac à dos et décrocha la lampe de son front.

« Merde. »

Ca, c’était un résumé de la situation.
Il se tourna vers Theodosia. La lampe qu’il possédait, à présent au sol éclairait maintenant le plafond, mais il distinguait sa silhouette un peu plus loin.

« Théo, ça va ? »

Instinctivement, il se rapprocha, sans vraiment se redresser. Pour voir si elle allait bien, et pour se rassurer aussi.
En voulant enlever sa veste trempée, il s’appuya sur son bras gauche. Il inspira à travers ses dents serrées, réaction face à une douleur soudaine. Douleur qui ne resta pas, et qui s’engourdit facilement, perdue dans le froid et l’inquiétude. Alors il l’ignora pour l’instant, envoyant sa veste u peu plus loin.
Il faisait tellement froid.

« T’es blessée ? »

Sa main toucha l’épaule de son amie, qu’il regarda avec les yeux grand ouverts, mille scénarios se déroulant dans sa tête. Ses doigts se serrèrent pas, ils ne pouvaient pas.
Vas bien Théodosia, s’il te plaît.
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Mar 4 Oct - 14:13
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Une sensation de déjà vu
Inexplicable
« Accroches toi à moi »


Theodosia ouvrit les yeux, et elle se rappela la situation. Elle se rappela le danger, elle se rappela la mort qui guettait. Elle s’imagina les squelettes des gens disparus – devant la grotte, ce n’était qu’une phrase, que des nombres, c’était maintenant une réalité – elle s’imagina les rejoindre au fond du lac.

Puis elle s’accrocha.

Et bientôt, elle fut tirée hors de l’eau dans une grande inspiration. Autour, c’était le chaos. Elle n’entendait plus que le battement de son cœur, elle ne sentait plus que la morsure du froid sur sa peau, elle n’ouvrait plus la bouche que pour cracher de l’eau. Elle resta ainsi dans un instant qu’elle ne pouvait préciser. Quelques secondes ? Une minute ? Ou peut-être cinq ? À croire que le temps ne passait que pour ceux qui lui prêtait attention.

Puis ses poumons se vidèrent entièrement de l’eau intruse, et elle commença à respirer normalement. Ça dura une seconde, juste le temps de se rappeler qu’elle était asthmatique ; Après quoi elle sentit sa cage thoracique se tordre comme une boite de conserve écrasée sous la chaussure de la maladie. Elle pensa à son inhalateur. Elle pensa à la pochette waterproof qu’elle devait acheter depuis presque un an. Elle pensa à ses parents adoptifs. Elle pensa à leurs consignes.

Ne pas paniquer. Cette partie-là lui semblait déjà insurmontable, mais elle s’y força. Tout en fixant le haut de la caverne, elle entendit son souffle douloureux, qui produisait un sifflement à chaque expiration. Ne pas paniquer. Elle se redressa en s’appuyant sur son coude. Ne pas paniquer. S’assoir pour mieux respirer. Ne pas paniquer. Et respirer longuement, et profondément. Puis ne pas paniquer.

Eventuellement appeler les secours. Mais étant donné l’endroit où ils se trouvaient, elle devait laisser cette consigne de côté. La main posée sur sa cage thoracique, elle ne se concentra plus que sur ses exercices respiratoires, ramenant sans cesse son esprit à « ne pas paniquer ». Et elle ne paniqua pas. Sa respiration reprit sa régularité, et le sifflement qui l’accompagnait s’effaça dans l’écho du lac souterrain.

Le calme était revenu.
La crise était passée.


Et tout ce qu’elle trouva à dire fut :

Eh bien… C’était effrayant, tout ça. Elle laissa échapper un rire soulagée, avant d’ajouter : Non, non, ça va maintenant. Juste un peu paniquée. Et toi alors ? Tu n'es pas blessé ?

N’osant pas encore se relever, affaiblie par le froid et sa semi-noyade, elle tira son sac vers elle et fouilla dans ses affaires à la recherche d’une solution. N’importe quoi, elle pensa, n’importe quoi qui pourrait les sortir de là. Elle en tira son portable, qui ne s’allumait même plus. Elle n’osait même pas regarder l’état de son inestimable polaroid. Pour s’éviter une nouvelle crise – une crise de larmes, cette fois -, elle le laissa bien à sa place au fond de son bagage.

Par miracle, est-ce que tu aurais du réseau ?

L'espoir ne coûtait rien.
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Mar 4 Oct - 22:40
Parce que la respiration de Theodosia était sifflante et effrayante, la tension ne retomba pas tout de suite et Vito resta à côté d’elle sans savoir quoi faire.
V… !
C’était assez sinistre, comme bruit. Ca résonnait, en écho, contre les parois.
Vic… !
Un peu comme si on appuyait sur la trachée, que l’air sifflait avant d’atteindre les poumons. C’était sûrement le cas.

Theodosia se redressa et Vito retira sa main sans la lâcher du regard. Ca avait l’air d’aller mieux. Elle bougeait, c’était déjà ça. Le soulagement enleva une charge qu’il n’avait pas remarqué sur ses épaules et il se recula un peu, se laissant aller en arrière.
Okay.
Ils étaient vivants.
Et maintenant ?

Maintenant ils devaient trouver la sortie avant de mourir de froid et de faim. Ce ne serait pas de soif, au moins.
Dans sa cage thoracique, son cœur avait recommencé à avoir un rythme normal et ses pensées étaient moins fouillis dans sa tête. La peur s’était transformée en angoisse, nouant son ventre alors qu’il regardait les alentours. Ce n’était pas pour rien que des gens avaient disparu avant eux.
Il y avait un dicton qui disait : « tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. » Vito commençait à en comprendre l’origine.
Il attrapa sa veste lourde d’eau et entreprit de l’essorer.

« Eh bien… C’était effrayant, tout ça. » Vito lâcha un « hah ! » incontrôlé, avant de soupirer. Theo allait bien. Que! soulagement.

Il essaya de se relever malgré ses jambes raides comme des bûches de bois.

« Je suis, » il secoua la jambe droit dans le vide comme si ça allait aider le sang à circuler. Étrangement, ça avait l’air de fonctionner un peu. « Frigorifié, mais entier. »

« Est-ce que tu aurais de réseau par hasard ? »

Vito n’avait absolument aucun espoir alors qu’il attrapa son téléphone dans la poche avant de son sac. Le bouton pour le mettre hors de veille ne répondait pas. Une nouvelle fois, il soupira, dégageant quelques mèches humides de devant ses yeux.

« Mon portable est mort, je crois qu’il a pas trop apprécié le bain. »

Il jura tout bas.
Il songea à sa mère qui lui aurait sûrement donné une tape sur la tête ou pincé la joue pour tant de jurons en moins de cinq minutes.
Il rangea son téléphone dans la poche. Il paraissait que si on le mettait dans du riz, il pourrait peut-être re-fonctionner. Encore fallait-il qu’il mette la main sur riz.

Après avoir récupéré la lampe au sol, il imita Theo - sauf qu’au lieu de fouiller correctement dedans, il renversa tout par terre. Il avait intuité en emmenant un peu de nourriture. La lampe de poche était, en revanche, fichue. Les piles étaient étanches, en principe. Il pouvait dire adieu à ses cigarettes, par contre le briquet fonctionnerait, une fois sec, ce qui n’était pas négligeable. Il n’avait aucune idée pour les allumettes.
Bon.

« Si on veut tomber sur des ruines ou un trésor, on doit être sur le bon chemin si tu veux mon avis. »

Il avait tout remis dans son sac, renfilé ses baskets qui s’étaient vidées et gardé la torche dans sa main. Prudemment, il fit quelques pas et se demanda si Theodosia avait pris une boussole. Puis il réalisa que ça n’aurait servi à rien de connaître le nord. (Si ce n’est se perdre un peu plus dans le nord.)
La rive continuait et se transformait en véritable sol et le plafond s’envolait apparemment d’un seul coup à plusieurs mètres de haut, mais il ne suivit pas avec la lampe. C’était grand. Vraiment grand. Trop grand pour Vito, qui déglutit. Il tira sur son t-shirt et le relâcha dans un ‘floc’.

« Ok, là c’est le moment où on se dit ‘on se sépare pour aller plus vite’, mais je propose de faire le contraire. »

Là, il décida d’observer un peu mieux le plafond. Pour voir, peut-être, s’il n’allait pas s’écrouler d’un seul coup.
Ce qu’il éclaira ne fut certainement pas un rocher sur le point de s’effondrer sur eux.
Mais plein de petites et moins petites boules noires.
Ce n’était pas exactement des boules noires, en fait. Des boules noires avec des petits attaches, qui faisaient une ombre derrière elles. Des petites boules noires avec des petites pattes. Des centaines de petites chauve-souris.

« Euh, Dosie, » fit Vito à mi-voix, comme s’ils n’avaient pas hurlé tout à l’heure, « je crois qu’on les dérange. »

Des chauve-souris, ce n’était pas grave. C’était inoffensif une chauve-souris, n’est-ce pas ? C’était inoffensif deux-cent chauve-souris, n’est-ce pas ?
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Mer 5 Oct - 15:02
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Maintenant qu’ils étaient hors de danger, leur situation ne lui semblait plus si catastrophique : Certes, Theodosia ne souhaitait à personne d’être perdu dans une grotte souterraine, avec deux portables défectueux, mais elle cherchait les points positifs : Et elle en trouvait un dans la personne de Vito. Tout était toujours plus amusant à deux, même être frigorifié au fond d’une caverne. Et puis, s’ils s’en sortaient tous les deux vivants, quelle histoire qu’ils pourraient raconter !

L’autre point positif, c’était que son goûter ait survécu à la noyade. Seul le froid pouvait les tuer, maintenant.

Si on veut tomber sur des ruines ou un trésor, on doit être sur le bon chemin si tu veux mon avis.

En vérité, et elle en avait un peu honte, Theodosia se moquait bien de toutes les ruines et les trésors du monde. C’était une chose terrible à penser pour un chasseur de mystères, mais plutôt que de l’or ou des vestiges historiques, elle souhaitait d’abord trouver la sortie. Mais pour ne pas inquiéter Vito, elle finit par dire avec une assurance factice :

Peut être que l’effondrement du sol, c'était le destin qui nous mettait sur la bonne voie.

Elle se releva difficilement, et chancela quelques secondes avant de trouver son équilibre. Tous ses membres étaient engourdis, et c’est à peine si elle parvenait à bouger les doigts. Au prix de grands efforts, elle essora doucement ses cheveux, alourdi d’eau, et fit de même avec le bas de son pull.

Ceci fait, elle suivit le faisceau de lumière que Vito projetait sur le plafond, et constata la présence de petite boule noir. D’abord, elle pensa aux mignonnes bestioles de « mon voisin Totoro », et se réjouit de leur trouvaille. Plus elle reconnut des petites ailes grises et comprit qu’il s’agissait en fait de chauves-souris. Beaucoup de chauves-souris.

Trop de chauves-souris.

Je crois qu’on les dérange.

Elle fixa les 200 petits problèmes qui s’agitaient sur le plafond, les yeux écarquillés. Elle finit par acquiescer timidement, et chuchota :

Ce n’est pas grave. On part tout de suite. Eteins la lampe-torche. Elle tira douceeement son sac vers elle, et recula tout en fixant les chauves-souris qui commençaient à pousser des petits cris fort alarmants. Fort très alarmants. Fort très très alarmants. Mais hors de question de se mettre à courir et, par la même occasion, de se faire poursuivre. Les animaux mordaient toujours pour une raison, et il ne valait mieux pas en donner aux volatiles au-dessus d’eux.

Ne pas paniquer. Ne pas paniquer. Ne pas paniquer.
C’était devenu l’anthem de sa journée.

Elle se le répéta tandis qu’elle serrait la main de Vito de toute ses forces, avançant sous des bruits terrifiants d’ailes noires qui s’agitaient et claquaient les unes sur les autres. Elle se le répéta, tandis qu’elle sentait des tremblements dû à autre chose que le froid parcourir ses bras et ses jambes. Et elle se le répéta encore quand elle se sentit monter, dans des ténèbres obscures, ce qu’elle interpréta comme un bon signe. Mieux valait monter que descendre, présentement.

Après ce que Theodosia vécut comme le pire moment de son existence, elle aperçut de la lumière.

• • • petite prédiction
Le pire moment de son existence
Restait encore à venir
Il ne prendrait pas place dans cette caverne
Ni en cette compagnie


D'accooord... fut tout ce qu’elle réussit à chuchoter, sans assurance aucune. Je parie sur des insectes luminescents, cette fois.

Alors qu’elle préparait ses larmes et ses cris d’horreurs, ils découvrirent quelque chose d’autre, quelque chose d’infiniment meilleur. Devant eux, les parois de la caverne se couvraient de petits cristaux bleus qui émettaient une lumière douce et chaleureuses. Theodosia y fut attiré comme un papillon, et s’osa à les toucher guidée par sa curiosité. Ils étaient tièdes.  Autour d'eux, la roche noire prenait elle-aussi une teinte cyan lumineuse, et, quand elle leva les yeux au ciel, Theodosia se crut de retour à la surface, en train de regarder le ciel nocturne et ses étoiles. Avec un petit rire, elle se tourna vers Vito, sur qui les lumières se reflétaient comme du néon, sur le jais de ses cheveux et l’obscur de ses yeux.  
 
Ah mais ! Vito, tu saignes ! reconnut-elle à la lumière. Enfin... Tu saignes...! répéta-t-elle, plus discrètement.
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Jeu 6 Oct - 3:32
« Éteins ta lampe. »

Là haut, l'air claquait. Ca vivait, ça bougeait, ça s'énervait. Dans un sursaut, une sèche inspiration, Vito sentit quelque chose frôler le haut de son crâne. Il pinça ses lèvres entre ses dents pour ne rien laisser échapper.
Il n’éteignit pas vraiment sa lampe. Piégée à l'intérieur de son poing, la lumière filtrait entre ses doigts, rouge et rose ; suffisante pour éclairer le sol, leurs pas et un côté du visage de Theodosia qui l'avait gagné. Il garda cette main le long de son corps.
Theodosia avait glissé la sienne dans l’autre et serrait. Et Vito, malgré l'objective douleur, en fit de même, fort, parce que son imagination débordante débordait d'images où une nuée de petits vampires les emmènerait avec eux dans leur sillage.
Sillage plein d'ailes membraneuses, de petits yeux noirs et ronds, de dents et de cris trop aigus pour eux.
Heureusement, cela n'arriva pas.

Les deux malheureux aventuriers avancèrent sans bruits.
Un pas devant l'autre.
La morsure du froid était presque passée au second plan, et Vito essayait de se concentrer. Contrôler sa respiration, visualiser le sol sous leurs semelles humides, ne pas foncer dans un mur.
Pas sur les bruits au dessus d'eux, pas sur les petits courants d'air dans ses cheveux, pas sur les frémissements du bras de Theodosia qui agitaient le sien.

Quelques secondes, quelques minutes après, il se risqua à étirer le bras. Ses phalanges fermées sur la lumière frôlèrent une paroi froide, si vite qu'il en sursauta presque. La salle s'était refermée autour d'eux sans qu'il ne s'en rende vraiment compte, et ils montaient.
Un couloir.
(Horizontal, celui-ci.)
Le bruit de leurs pas leur revenait plus facilement, plus vite, les échos plus nombreux. Plus rien ne voletait autour d'eux. Bientôt, le seul bruit surprenant était celui lorsque, occasionnellement, l'une de leur chaussure rencontrant un caillou.
Le suite en était remise à la bonne volonté de cette grotte.

Si Vito s'autorisa enfin à libérer ses lèvres pour prendre une inspiration bien méritée, il n'en fit pas de même pour la petite torche emprisonnée contre sa paume : il y avait de la lumière au loin.
Lorsque Theodosia évoqua une possible présence d'insecte, Vito grimaça dans le noir. Elle avait raison. Quoi d'autre pouvait, dans l'obscurité d'une telle caverne briller ainsi ? Si ce n'était d'ignobles spécimens animaliers ou de la lave en fusion.
Et Vito était toujours frigorifié.
Ce n'était donc pas du magma.

(Parfois, avoir tort est la meilleure chose qui puisse arriver.)

Dès le premier pas que fit Vito dans cette nouvelle salle, tout stress, toute peur s'envola et son regard s'illumina.
Sa première pensée fut : des pierre volantes.
Des centaines, des milliers de petit cristaux, certain pas plus gros que des craies, les autres larges comme des pastèques, étaient incrustés dans la roche et irradiaient d'une faible lumière bleue.
Vito fut pris d'une petite bouffée d'euphorie. C'était irréel.
C'était lui ou il faisait moins froid ici ?
Il ne tarda pas à éteindre complètement la lampe alors que Theodosia s'approchait des petites merveilles, baignée par une reconstitution abstraite de la voie lactée.

Les yeux rivés sur les nouvelles constellations, il entendit à peine son amie qui était passée du rire à un ton bien plus alarmé.

« Quoi ? »
« Enfin… tu saignes… ! »

Vito haussa les sourcils. Comment ça il saignait ?
Une brève inspection qui lui indiqua qu'effectivement, il saignait.
Du bras, plus précisément.

« Ah, c’était ça, » dit-il, plus contemplatif qu'autre chose. C'était amusant, comment le corps fonctionnait parfois, comment une blessure pouvait être là depuis un instant et ne commencer à picoter qu'après aperçu. Cela expliquait certaines choses, cela dit.
Une longue estafilade barrait son biceps dans le sens de la longueur, et c'était à peu près tout ce qu'il pouvait voir avec cette faible lumière bleue. S'il y avait pas mal de sang, c'était probablement à cause de l'eau qui s’était mélangée à l’hémoglobine. Il avait dû se rapper le bras lors de leur chute.
« C’est pas grave, » conclut-il.
Il n'essayait pas d'être brave ou quoi que ce soit. Ce n'est pas comme s'ils pouvaient y faire grand chose, là, maintenant, de toute façon.

A vrai dire, il préférait se concentrer sur ce qui se trouvait sous leurs yeux, à quel point c'était beau. Un grand sourire revint rapidement prendre place sur son visage.

« Ca te dirait de faire une pause ici ? »

Sous cette lueur diffuse, il avait l'impression de voir la silhouette de Theodosia à travers une nébuleuse, dessinée dans l'obscurité.
S'il y avait endroit où, après toutes leurs aventures, ils pouvaient choisir de récupérer, c'était bien ici.

« Je me demande à quoi c’est dû, tout ça, » dit-il le nez de nouveau en l'air, ramenant son sac vers l'avant avant de s'asseoir à l'endroit même où il se tenait.

« Ca rendrait pas bien, mais je regrette de pas pouvoir prendre de photo, là. » Sa tête se tourna vers sa compagne de mésaventure, les sourcils haussés. « D’ailleurs… ton appareil… ? »
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Jeu 6 Oct - 11:21
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Theodosia fixait la blessure de son ami, à peine visible dans la lumière bleue. Sa simple vue lui donnait des picotements dans ses propres bras, par empathie, mais un coup d’œil vers le visage de Vito lui montrait que lui n’en souffrait pas plus que cela. Peut-être était-ce l’adrénaline du danger, ou peut-être était-ce la beauté du lieu qui calmait la douleur. Elle-même sentait toute angoisse ne devenir qu’un lointain souvenir à la clarté des cristaux.

Ça te dirait de faire une pause ici ?

La rapidité avec laquelle Theodosia étala ses affaires au sol parla pour elle. Elle les rejoint, s’asseyant en tailleur à côté du mur pour pouvoir se réchauffer. Tout en écoutant Vito parler, elle se frotta les mains les unes contre les autres, comme si cela allait améliorer la température de son corps. Elle arrêta son geste quand le sort de son précieux appareil photo fut questionné, et tomba dans un silence mélancolique.

Après quelques instants, elle finit par tirer son sac sans grande conviction, et en sortit soigneusement son polaroid. Elle appuya sur le déclencheur et… Rien. Après un long soupir, elle finit par annoncer l’évidence :

Mort.

Peut-être était-il temps de passer au numérique, après tout. Il lui suffirait de manger des nouilles tous les jours pendant deux mois et elle pourrait se trouver un appareil photo digne de ce nom. Le plus embêtant, c’était l’entrée dans son école de photographie, quelque peu compromise par son manque de matériel. Et son book qui n’était pas terminé… Elle n’était plus sûre de vouloir présenter sa candidature, maintenant. Elle se ridiculiserait.

… Mais tu sais, les souvenirs, c’est un peu comme des photos, commença-t-elle, un doigt sous le menton, l’air distrait. Et je pense qu’on n’est pas prêts d’oublier celui-là.

Elle sourit doucement, avant que son cœur ne soit rongé par la culpabilité.

D’ailleurs, Vito…

• • • Comment parler aux gens :
Etape 1 : Pensez à ce que vous voulez leur dire
Etape 2 : Dites-le.
Theodosia n’était pas très doué pour l’étape 2


……………………..

Elle joua une longue minute avec ses cheveux, les tressant et les ébouriffant, regardant chaque cristal du mur devant elle, chaque étoile bleue du ciel en roche, avant d’ajouter :

À propos de tout ça, tu sais, je...

Elle finit par baisser les yeux, et remarqua au passage que le sol n’était pas couvert de cristaux, lui. Dur de se distraire de toute cette histoire, de cette pensée qui lui revenait inlassablement.

Je suis désolé pour ce qui s’est passé je n’aurais pas dû t’entraîner là-dedans mais j’avais peur d’être toute seule et maintenant tu finis blessé parce que je n’ai pas été assez prudente et je t’ai entraîné dans ma chute et…

Elle termina avec les joues rouges et le regard peiné. Le problème des excuses, c’est qu’elles ancraient la faute, et Vito verrait maintenant à quel point toute cette histoire était de sa responsabilité.

Je sais qu’on fait tous les deux comme si de rien était mais… je crois que je n’y arrive plus. J’ai vraiment peur.

Elle serra le charme qu’il lui avait donné dans ses mains.
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Ven 7 Oct - 20:43
Du sol et des murs se dégageait une chaleur aussi douce qu’étrange - Vito ne le remarqua qu’une fois assit. Qu’à cela ne tienne, il était glacé et il allait en profiter. Jetant son sac et sa veste plus loin, il s’allongea un peu à la manière d’une étoile de mer. Il soupira de bien être alors que les tremblements de ses membres s’arrêtaient progressivement, le regard rivé vers la voûte céleste factice.
Près de son oreille, il entendit Theodosia remuer un peu ses affaires avant d’annoncer le verdict : « mort. » Vito grimaça, plein de compassion. Il savait qu’elle y tenait. Ils n’en avait jamais vraiment parlé, mais il suffisait de voir le nombre de fois où elle s’était arrêtée, plus tôt dans la journée, pour immortaliser tout un tas de scènes pour le comprendre. Il aurait souri en se souvenant de l’épisode du crapaud s’il n’était pas aussi désolé.

« … Mais tu sais, les souvenirs, c’est un peu comme des photos. Et je pense qu’on n’est pas prêts d’oublier celui-là. »
« Ca… »

Que dire de plus. Pour Vito, c’était une expérience assez unique, lui qui de base n’était pas spécialement aventurier.
Mais malgré le risque que cette grotte soit leur tombeau, malgré toute la peur qu’il avait pu ressentir jusqu’ici et qu’il ressentait encore, il ne pouvait empêcher une (très) petite partie de lui d’apprécier leur péripéties.
Il paraissait que l’on avait qu’une vie.
Vito était sur le point de vocaliser cette pensée lorsque Theodosia le doubla pour s’arrêter juste après. Une longue pause qui poussa Vito à se redresser sur un coude. Il se rendit compte que sur la roche, s’appuyer ainsi était très douloureux, alors il posa son avant bras à plat.

Il resta coi un moment. Il la regardait, les traits un peu raffermis par ses excuses. C’était comme si elle prenait toute la responsabilité de leur pétrin, et il n’était pas exactement d’accord. Sauf peut-être pour la dernière phrase.
Les cristaux oubliés un instant, Vito réfléchit pendant quelques secondes à ce qu’il allait dire. S’il y avait quelque chose avec lequel il n’était pas bon, c’était l’expression de ce qu’il pensait.
Alors, la première chose qu’il réussit à dire fut : « mais non. »

Dans un soupir, il reprit sa position initiale : sur le dos.

« Tu sais, c’était notre décision à tous les deux de venir ici, et on a été assez bêtes pour penser que les problèmes n’arrivaient qu’aux autres. J’veux dire, on a été stupides de venir alors qu’il y a déjà eu des disparitions dans le coin. Sans téléphone satellitaire ni rien. Mais c’est pas juste toi, c’est nous deux dans ce cas. »

Bon. C’était peut-être des mots un peu durs, surtout avec l'intonation qui allait avec. Pas forcément la meilleure chose à dire.
Il amena une main devant son visage et se frotta légèrement les yeux, comme si ça allait lui insuffler de meilleures capacités de communication.

« Je trouve que dans notre malheur, on s’en sort bien. Imagine si tu avais été toute seule ici, ou juste moi ? Honnêtement j’aurais pleuré comme un gamin. Là du coup ça va, j’en ai un peu envie, mais c’est supportable.
Et puis j’aurais pu être blessé gravement. Ou alors, à la jambe. Là ça aurait été vraiment nul. Mais ça va.
Pour l’instant on a de quoi manger, de quoi boire aussi. On va s’en sortir, et on va pas le regretter parce que j’ai jamais vu une grotte aussi belle de ma vie, franchement. »


Il tourna la tête et leva les yeux vers elle, ses mains serrées, son visage baissé. Le ton de sa voix s’adoucit considérablement.

« J’ai remarqué que tu avais peur, tu m’as broyé la main, » il y avait un sourire dans son ton. Pour la suite, un peu moins. « J’ai, euh, super peur aussi. Mais il y a forcément une sortie quelque part. »
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Ven 7 Oct - 21:43
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Theodosia fixait le sol sans un mot, les joues rougies par la honte. Elle attendait patiemment les reproches justifiés de Vito, elle se préparait à les recevoir… Mais les choses ne se passèrent pas comme elle l’avait imaginé, comme c’était si souvent le cas.

« notre décision à tous les deux ».
« on s’en sort bien ».
« J’ai remarqué que tu avais peur, tu m’as broyé la main ».

À celle-ci, elle ne put retenir d’éclater d’un rire mélangé de sanglots. Ses larmes s’étaient étalées sur sa joue sans qu’elle ne s’en rende compte. Elle finit par les essuyer d’un revers de main, et fit le plus grand sourire de sa vie.

Et le plus sincère.

Ahah, désolé pour ta main, finit-elle par lâcher entre deux rires. Doucement, elle arrêta de jouer avec ses mèches de cheveux, qu’elle replaça plutôt dans une bonne position. Elle n’osait même pas imaginer sa figure, que le froid, la peur, les larmes, et l’eau, avaient dû ravager. Mais pour le moment, une chose infiniment plus importante revint au centre de ses pensées : Se sortir, elle et Vito, de cet endroit. La beauté du lieu était ensorcelante, mais ils étaient hors de question pour eux de traîner ici plus longtemps.

Il avait une sortie à trouver.
Une histoire à raconter.

Elle n’était pas si sûre que les gens de Foxglove Valley croiraient à leur aventure, surtout qu’elle ne pouvait pas prendre de photos pour la prouver. Mais elle et son partenaire l’avait vécu. Et ils s’en sortiraient. Ensembles. Cette pensée ravit son cœur, et Theodosia se releva, brûlant d’une motivation nouvelle.

Tu as raison. Et ce n’est pas en restant ici qu’on va la trouver.

Elle rassembla ses affaires, et se tourna en direction du garçon. Un signe de tête, et ils partaient.

La sortie.

Ils suivirent le seul chemin possible, guidé par les étoiles de la grotte. Ils marchaient lentement, mais ne s’arrêtaient pas. Ils esquivaient les dangers, et s’éloignaient des bruits étranges. À un moment, Theodosia crut entendre la chute d’une cascade. À un autre, les claquements des ailes des chauves-souris. Et bientôt, un rire qui la fit frissonner quand elle s’aperçut qu’il n’était pas de Vito. Mais ils continuèrent.

La sortie.

Tu sais, commença-t-elle dans la musique de leurs pas. Peut-être que c’est ça, le trésor de la grotte.

Une aventure inoubliable, en compagnie d’un ami, dans un décor de contes de fées. « j’ai jamais vu une grotte aussi belle de ma vie », c’était ses mots, n'est-ce pas ?
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