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Ven 10 Mar - 15:49






















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Nuit paisible. L’Oregon somnole sous les caresses du vent nocturne. Des courants à peine assez froids pour l’obliger à porter un gilet. Pas de travail ce soir : son programme est aussi vide que l’appartement dans lequel il vient d’emménager. La nuit fait de la réclame au-delà de sa fenêtre, en l’entité lunaire qui brille. Hiro se sent à peu près bien. Depuis son arrivée ; pas de malaise notable ; pas de sueurs nocturnes ; plus trop de rêves d’égaré. Assis sur le rebord de son canapé, l’un des seuls meubles présents à son arrivée, il guète ce que la voute céleste peut bien lui montrer. Le clair-obscure du spot nacré lui fait comme une cicatrice à l’arcade. Hiro soupire en silence dans l’absence de son qui l’encercle. Au japon, c’était un bourreau de travail. Il prenait le moins de jour de repos possible : pour s’occuper l’esprit ; d’autant plus depuis que les épisodes à déliquescence de conscience étaient apparus.

Posté devant une porte. Les interminables lumières de la fête urbaine parent Tokyo de milles et unes couleurs criardes. Clignotements ; gyrophares ; éclaboussure du rire des passants. Hiro porte ses éternelles lunettes noires. Il se demande pourquoi il s’inflige pareil traitement ; alors qu’il travaille de nuit pour éviter l’âpreté des lumières journalières. Son amour de l’absurdité ; ou son incapacité à gérer ses propres décisions. « Boarf. Une nuit de temps en temps. ». Il regrette ses postes dans le quartier des affaires. Garder une tour solitaire ; c’est ça l’idéal. Il fixerait alors l’horizon silencieuse face à lui ; les quelques workings-mens qui sortent à des heures où on ne parle même plus de soirée. Les voir se hâter jusqu’au taxi qui les attends lui retiendrait la conscience sur terre. Les portes derrières lui s’ouvriraient parfois pour en laisser passer un. Mais en dehors de ce tourniquet automatique, de ces quelques talons qui claquent sur les marches imitant le marbre ; seul le silence épaissit des sifflements lointains de la ville en ébullition. C’est comme écouter une cacophonie en étant sous l’eau. Une bulle d’isolation.

Cette sensation lui fait un bien fou.


Hiro rouvre les yeux. Une voiture a dépassé l’immeuble où se trouve sa chambre. Les rideaux à peine tirés ont projeté des reflets vivaces sur les murs : ses prunelles ont tiqué. Il se retrouve à nouveau dans le silence sans parfum de la nuit américaine. Il n’y a pas d’eau ici : c’est une boite en carton. Rien ne vient jouer avec l’absence de bruit ; espace vierge jusqu'aux ondes. Un appartement trop bien insonorisé ? Il passe sa grande main derrière sa nuque. On peut y décerner les muscles dont les racines semblent pousser depuis l'orée de ses cheveux jusqu’au début des épaules.

« Le bruit me fait toujours un mal de chien, mais je ne supporte pas le vrai silence… Quelle plaie mon gars. »

Dans la quiétude de cette soirée, quelque chose l’enveloppe peu à peu.


Hiro se lève machinalement. Il se sent un peu sonné, finalement. Peut-être s’est-il levé trop vite ? Respirer ; plus. Il doit être minuit passé, déjà. Ou si peu ? Il va se chercher un verre d’eau dans la cuisine, le boit d’une traite, le pose dans un claquement mat. Des couleurs lui reviennent en tête. Le son du verre contre le bois lui plaît ; ça lui rappelle quelques bons repas partagé au comptoir d’un restaurant de ramens. La chaleur paisible de ces endroits discrets, pas trop bondés. Rare à Tokyo. Maintenant qu’il y pense ; il a vraiment dut aimer se pourrir la vie. 
Il enfile machinalement sa veste, empoche son paquet de clopes et vérifie que son vieux zippo est toujours à sa place. Le cuir luit par a-coup au rythme des reflets photoniques qui parviennent jusqu’à lui. Ferme les rideaux d’un coup sec. Jauge la pièce un instant.

Dans un soupir, il part. L’air du dehors lui fait l’effet d’une téléportation. Ou tout du moins, se dit-il, si on voyage dans le temps, on doit sans doute passer par ce stade-là, où des sensations en parfait désaccord s’enchainent tant et si bien que l’esprit se trouble. L’amoncellement de maison est tout en sourdine ce soir.

L’univers baigne dans un silence sans bruit.


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Sam 11 Mar - 17:43
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musique — Allongé sur son lit, une cigarette logée aux creux de ses lèvres à la peau arrachée ; l'Irlandais regarde le plafond de son duplex vide de présence humaine. Divorcé depuis peu, l'ombre de cette femme plane encore malgré tout dans les recoins des pièces où ses yeux azurés se posent avec fugacité. Douleur vive qui se lance dans sa poitrine alors qu'il se redresse avec une lenteur sans pareille ; écrasant le mégot de sa clope sur le parquet de son appartement. Une feuille à rouler se glisse entre ses doigts alors que sa carcasse désabusée se dirige avec nonchalance dans sa cuisine, attrapant une bouteille de bière qu'il décapsule de ses canines sans sourciller ; viens-la lamper qui lui ôtera ses doutes, pour un temps seulement. L'herbe fraîchement effritée vient prendre place dans sa feuille ocb ; puis c'est au tour de son téléphone de briser son instant de paix dans son havre de haine. Une livraison à cette heure-ci ? À une heure aussi tardive ? C'est dans un soupir accentué par sa colère que l'homme attrape une veste zippée, son nécessaire de 'survie' avant d'allumer son calumet tout en claquant la porte.

Sa bière dans la main droite, son joint dans la main gauche, Alekseï ne réfléchit pas plus que ça ; l'heure n'était pas véritablement à l'angoisse ni aux soupçons ; non, la police ne viendrait pas le faire chier en cette fraîche soirée de mars ; il en était persuadé... Et quand Alekseï est persuadé de quelque chose ; on ne le contredit pas. Il vide sa bière d'une traite le temps d'une rue, qu'il envoie voler dans une poubelle pas loin, la fumée de son joint poursuivant et enveloppant sa caboche esquintée. L'entrepôt n'était pas très loin ; il n'aurait qu'à sortir la commande, prendre l'addition et se casser ; plus vite s'était réglé ; plus vite, il rentrerait chez lui faire son shoot de morphine pour trouver le sommeil ; c'était là son programme initial et il s'y tiendrait. Nouveau soupir qui franchit la barrière de ses lippes, baignant dans un nuage de fumée plus conséquent qu'à l'accoutumer ; il continue de marcher en contemplant le ciel, le regard happé par l'étendue noire que seule la lune baigne de ses rayons sélénites et de ses quelques étoiles. La brise fraîche le réveille, lui rappelle où il se trouve alors que ses pensées déraisonnent. Constamment en plein questionnement, la folie grandissante dans son cerveau décadent.

Au détour d'une ruelle sombre et étroite, l'Irlandais s'adosse à un mur, calcinant son joint avec avidité ; sans véritablement prendre le temps ; se rendant compte qu'il était plus que suspect de rôder dans un tel endroit à une heure aussi tardive... Voilà pourquoi Alekseï n'aimait pas les rendez-vous improvisé à la dernière seconde ; il y avait de quoi sentir le coup fourré ; ou peut-être était-ce seulement ses instinct de bête sauvages qui revenait à la charge ; lui rappelant de vagues souvenirs de traques et des impacts de balles qui avait d'innombrables fois marqués sa peau d'albâtre. L'irlandais reste de marbre, imperturbable, alors qu'un voiture au vitre teinté de noir se gare un peu plus loin ; et le meilleur des danseurs pourrait en cet instant danser sur son rythme cardiaque. Le stress grimpe en même temps que la tension devient palpable ; ses yeux bleus sondent l'horizon, contemple la dégaine des commanditaires et la sérénité revient dès lors qu'une des silhouettes qui avancent ne lui est pas étrangères. Rapide échange de poignées de mains et de sourires furtifs avant de retrouver très vite le sens des affaires ; le local s'ouvre rapidement, les négociations s'enchaînent, les voix se font distinctes dans la pénombre. Une bonne heure, voilà le temps qu'il lui aura fallut pour établir un accord ; et ce sont trois caisses qui quitte l’entrepôt avec rapidité ; juste après avoir échanger le verre scellant leur amitié.

Les billets viennent se glisser dans la poche de son jean un poil trop large ; une cigarette se nichant automatiquement à la commissure de ses lèvres abîmées. Combien de temps encore allait-il vendre ses merdes ? Combien de temps encore allait-il devoir jouer le jeu de ses parents ? Quand est-ce qu'il allait bien pouvoir s'extirper de cet enfer ? Les réponses ne lui viennent pas et c'est bien cela qui agace Alekseï en cet instant. Le cerbère contemple la nuit noire alors qu'il referme le local dans un fracas assourdissant, expirant la fumée de sa clope par ses narines à moitié boucher ; la démarche nonchalante, un poil trop rapide. Il ne veut qu'une chose, boire un verre et rentrer chez lui. C'est là tout ce qu'Alekseï souhaite, le repos éternel, loin des emmerdes et de toute cette haine ; côtoyer pour la première fois de sa vie la tranquillité. Mais peut-être est-ce là un concept abstrait pour lui, peut-être n'est-ce pas fait pour quelqu'un de son genre... Il n'en sait rien, mais il ne peut qu'espérer. La voix de Chester lui parvient alors, déréglant son système de pensées, le ramenant un peu plus à la dur cruauté de sa réalité. Ferme la grand-père, c'pas le moment... Il murmure, en silence, le fantôme du passé apparaissant et disparaissant...

Un coup d'épaule est donné alors que sa tête est baissée, la capuche rabattue sur sa mine désemparée. Alekseï ne peut que s'excuser avec une intonation peu sincère, mais néanmoins désolé. Constatant alors que quelque chose venait de tomber sur le sol. Son regard azuré se pose sur l'objet de son intérêt ; mais ce n'est qu'un paquet de cigarette... Ce n'est pas le sien, il ne fume pas cette marque ; mais cela ne l'empêche pas de l'attraper du bout de ses doigts avant de tourner les talons, la démarche un peu plus rapide, sa voix brisant le silence de la nuit, mais sans pour autant que l'Homme ne se retourne. Sa main vient alors automatiquement se poser sur ton épaule, te forçant à te retourner avant de se décider à lâcher sur un ton blasé. « Trois fois que je vous interpelle... Je disais donc que vous aviez fait tomber votre paquet de cigarettes ; tenez. » La fumée de sa propre cancerette l'aveugle légèrement ; l'empêchant de bien faire ton analyse ; toi qui te trouvais en face de lui ; une chose dont Alekseï était sûr cependant ; c'est qu'il y avait une lueur dans ton regard qui lui rappelait vaguement la sienne...

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Sam 11 Mar - 21:45






















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Je n’entends pas grand chose ; le bruit de mes talons résonne à la façon d’un sonar sur l’asphalte engloutie par les ombres. Le murmure de la fin d’une nuit qui fermera ma première semaine passée ici. Je marche ; parce qu’il faut bien que j’aille quelque part. Parce que sinon ; toute cette fatigue ; tout ce vide ; toute cette absence ; tout ça va remonter à la surface. C’est Ayame qui me l’a dit. Un jour, à force de faire l’aveugle, à force de vouloir rester sourd, tu vas vivre un Blast. Quelque chose va t’exploser à la figure. Et tu n’auras pas le temps de comprendre ce que c’est ; que tu sauras déjà que c’est toi ; et que ce n’est pas beau à voir, pas beau du tout. Nous sommes tous conçus sur le même modèle tu sais ? Nous dépendons tous d’une même chose. Tous les êtres humains ont finalement ça en commun : nous ne pouvons contenir qu’une quantité limitée d’informations. Et la taille de notre réservoir dépends de bien des manières, des pressions que nous exerçons à son encontre. Je ne comprends pas vraiment ce qu’Ayame voulait dire. Par contre, je sais que je ne suis pas encore prêt à voir ce qui s’écoulera de la boite. 



J’ai mal au foi. La nausée remonte ; elle me raconte ce que mes rêves m’ont volé ; mes souvenirs envolés. Les rues sont vides ; le ciel est grand : quel heure est-il, là où Tokyo s’étends ? J’ai les poumons enroulés. Le souvenir d’une fumée épaisse et blanche s’insère sous ma respiration soupirante.
Je vais tousser.


Hiro marche depuis déjà une demi-heure. Il s’est enfoncé dans les rues bordées de quelques résidences pavillonnaires ; s’est éloigné de son immeuble court sur pattes. Éloigné, un peu. Mais ses nombreux détours ont déjà embrumé dans son esprit le parcours du retour. La ville lui semble loin, comme séparée du pan de réalité où il se trouve : celui de son quartier, de ce qui sera à présent « son foyer ». Ses quintes de toux ponctuent d’exclamation étouffée la partition nuptiale. Le japonais ne se rends pas compte que sa démarche s’allourdie au fur et à mesure de sa progression. L’air frais sur son visage ébourrife parfois quelques une de ses mèches de cheveux. Hiro oscille entre la rationalité de ses mouvements corporels, et la solution acide de ses réflexions internes. Ses pensées se placent comme autant de larsennes dans ses oreilles sensibles.

La nuit ressemble à un lac ce soir ; il suffirait d’y jeter quelque chose pour que toute sa simplicité s’effondre.


Un frôlement au milieu du néant ; celui de deux épaules qui se touchent. S’entrechoquent. Un bref contact, tellement bref que Hiro ne le réalise pas tout à fait, que déjà il s’éloigne du point de rencontre, sans une vraie variation dans le rythme de sa progression. Demeure sur lui l’étrange sensation d’avoir été marqué par quelque chose d’invisible. Il soupire sans faire de bruit. La nausée remonte un peu, très légèrement, infime à présent ; juste assez là pour qu’un malaise subsiste dans son environnement. Une clope. Peut-être qu’une clope, ça ira. Il tends sa main pour aller quérir son remède ; pourtant mortel. 

C’est à cet instant que quelque chose lui agrippe l’épaule et lui fait faire volte face. Inconnue ; grande ; une silhouette qui le dévisage en parlant dans un anglais dont il ne connait pas l’accent. Une pierre éclabousse l’obscurité aquatique. Hiro sent que quelque chose vient de remonter dans sa poitrine. Une fumée âcre s’élève sur les contours de ce qui lui fait face. Hiro plisse inconsciemment des yeux ; il percute en quelques secondes qu’il ne s’est pas endormi. Ses yeux s’écarquillent face à l’individu ; et peu à peu ses sens reprennent le dessus : c’est bien un être humain qui parle avec lui. Il lui tends quelque chose qui lui appartient. Automatiquement, par réflexe d’un conditionnement culturel, Hiro s’incline brutalement. Puis se redresse, droit, comme un piquet. Lorsque les volutes couleur craies désépaississent sous l’entrain du vent, Hiro plonge avec affirmation ses yeux dans ceux de l’homme qui lui fait face ; et sa main se saisit du paquet qu’il entrouvre. Sous l’a-coup, s’échappe la pointe d’une cigarette. Il la saisit rapidement, remonte le filtre à sa bouche. Il ne sait pas trop quoi dire ; en fait ; son niveau d’anglais le paralyse. 



« Fais-moi un signe. »



Une voix vient de transpercer sa tête. Il retiens un hoquet, qui reste coincé dans sa gorge. Conscient de ce qui va se passer ; Hiro se dit qu’il doit a tout prix garder le contact avec la réalité. Il ne veut pas penser à ce qui se passe d’étrange en lui. Inspiré par ce que l’étrangeté lui a susurré, Hiro dégaine son pouce face à l’inconnu. Il se met à agiter sa partie supérieur de haut en bas, pour mimer le déclenchement d’un briquet. Sous l’ombre de ses oreilles, quelques gouttes de sueurs commencent à perler. Vite, fumer.

L’univers coule.


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Mar 28 Mar - 18:41
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musique — Une couille dans le potage, une faille dans la matrice, une parenthèse en trop dans l'équation de cette rencontre un brin étrange. Le paquet est toujours tendu et ce n'est qu'après une courbette en avant que tu daignes récupérer ce qui t'appartiens ; attitude assez déconcertante quand l'Irlandais y pense... Puis vient le temps de l'analyse ; et sa mémoire eidétique imprime chaque traits de ton visage, certains plus ou moins marqués ; oui, il scrute les détails et les grave dans le marbre de sa conscience. Une cicatrice sur la main, des yeux un peu tirés, presque bridés, les cernes plus ou moins accentuées... Alekseï remarque tout ça et ne pourra désormais plus les oubliés ; c'est ancré à tout jamais. Puis vient le moment de laisser libre cours à ses hypothèses ; une courbette est un signe de respect dans les contrées asiatiques, sans doute ; peut-être un japonais ? Ce ne serait pas le premier croisé dans les rues de Foxglove. Une main vient se placer sous son menton alors que la fumée virevolte dans les airs comme les nombreuses pensées dans sa tête.

Et voilà qu'un de tes gestes vient le happer de ses songes, sa vision devenant alors bien plus net qu'auparavant ; preuve qu'il était vraiment plongé dans les tréfonds de son esprit. Ton pouce suspendu lui fait pincé les lèvres et arquer un sourcil de perplexité ; il avait apprit un peu le langage des signes pour passer le temps, mais ça, c'était un truc qu'il... Une cigarette entre tes lèvres ; du feu ? Analyse rapide de la situation. Cela devait être ça, sans doute, peut-être. Et la morphine fait son oeuvre sur son cerveau un brin déconnecté de la réalité, le faisant tanguer lentement, l'empêchant l'espace de quelques secondes de cogiter correctement. Pourquoi ne pas avoir dit juste "fire" ? Est-ce que c'est bien ce que tu lui demandes d'ailleurs ? Alekseï n'en sait rien, il reste un peu dubitatif, se gratte le sommet du crâne en expulsant son propre brouillard par ses narines avec véhémence. « Du feu ? » La logique, oui, c'était sans doute logique ; mais la tienne n'est pas forcément la même que la sienne. Alors il attend l'Irlandais, juste l'espace de quelques secondes avant de trifouiller dans ses poches bien trop large et d'en dégainer un zippo ; l'allumant avec sa jambe et le portant avec lenteur à ta cigarette éteinte. « "Lighter" ; en Anglais. »

Son intonation était neutre, peut-être te paraîtrait-elle un brin blasée ; mais c'était ainsi que l'Irlandais et on ne le referait certainement pas. Alekseï ne tourne pas rond et il ne tournera sans doute jamais rond ; mais il faut de tout de toute façon pour faire un monde. Se sociabiliser, épreuve surhumaine pour lui désormais, même si par le passé, cela n'avait jamais été un problème. Parfois il aimerait revenir en arrière Alekseï, s'extirper de ses emmerdes quotidienne et actuelle ; cependant, ce serait faire l'impasse sur les bons moments, ceux qui ont piétinés les mauvais de l'ancien temps. Sa cigarette se consume vite, beaucoup trop vite, il fume avec une avidité morbide, et expulse le tout avec une férocité aride. Sa gorge devient un désert privé d'oasis que la maîtresse salive ne semble plus pouvoir abreuver. Toussant une fois brièvement, puis une nouvelle fois plus fortement, l'homme enfoui ses mains dans ses poches avant de reprendre en se massant la nuque. « Vous n'êtes pas du coin, je... Présume ? » Sa sentence était sortie toute seule, comme une évidence ; c'est en réalisant soudainement qu'il n'avait encore jamais entendu ta voix qu'il haussa une nouvelle fois un sourcil avant de demander en remettant ses mains dans ses poches et en regardant un peu partout comme un parano. « Mais... Est-ce que vous comprenez ce que je dis au moins ? »

Non, Alekseï n'en était pas certain et il devait bien avouer que c'était assez perturbant, un poil déconcertant. Peu habitué à y aller à tâtons ; ou même à faire de lui-même la conversation... D'ailleurs, qu'est-ce qui l'obligeait à procéder ainsi en cet instant ? Une envie soudaine ? Haussant les épaules furtivement, il reste dressé devant toi malgré tout. Bizarrement, il ne se sent pas de te laisser livrer à toi-même si tu n'est pas du coin ; et surtout si tu parles presque pas anglais ; ça risquait d'être problématique... Depuis quand t'es "sympa" Aleks ? Et il lui dit intérieurement de fermer sa gueule à Chester, parce que ce n'est pas le moment de se foutre de sa tronche ; non. Pas d'humeur pour ça. Puis, en soit, il le sait bien, il fait ça pour relever le ratio de son karma ; ouais, c'était sûrement ça.

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Lun 3 Avr - 13:20


Quelque chose va finir par nous engloutir. Un manteau de néant.


Je sent que je frôle quelque chose du bout des doigts. Un parfum qui ne me plaît pas ;;; les murmures oubliés, d’une toute autre fois. »




La nausée ondule comme une vague ; un bourdonnement ténu — vers un circuit abrupt. Hiro déraille. 



Le jeune homme face à lui a les cheveux de jet, la silhouette élancée ; ses traits sont fins, son visage plutôt émacié ; l’ensemble bien coordonné offre un tableau maitrisé.  — Mais quelque chose détonne. / Ce sont des signes discrets ; imperceptibles à défaut d’être invisibles. Le frissonnement d’un membre ; les poils qui se dressent, la respiration — l’aura du palpitant ;; les pieds qui tiennent mais le corps qui s’affaisse ; le navire franchit des vagues mais sa coque décrépit.

Sous les à-coups de sa propre raison qui défile, Hiro se surprend à notifier quelques unes de ces informations cryptées. Face à la difficulté de la langue ; il recouvre un instant l’arme aiguisée du langage corporel. Mais son esprit embrume automatiquement chaque réflexions qui s’étendent. Sa conscience se décompose ; Quelque chose s’y interpose.

La voix du jeune homme perce la nuit nacrée de fumée. Le mot est court ; le son  est clair ; il doit avoir compris ce que Hiro recherche. Quelques gouttelettes perlent de ses tempes quand la flamme surgit ; sa nuque tendue se durcie tandis que les minutes meurent. Son propre zippo, rangé méticuleusement dans la poche de son manteau, dors en silence sous la couverture de l’oubli. Son esprit effeuille les strates de réalité qui se présentent à lui ; le vrombissement qui traverse son crâne sera bientôt aigu. 



Fire ; fire ; fire ; l’écho danse au rythme de l’amas photonique.
Lighter ; Lighter ; Lighter. Les sons ricochent dans son intérieur.



La voix est monotone ; grise — un voile de mystère. Sa main s’approche. La flamme danse devant les yeux longilignes de Hiro. La lumière, habituellement si douloureuse, se dévoile apaisante. L’inspiration est brutale ; urgente. La cigarette s’embrase dans un signal orangé. La fumée glisse de sa trachée à ses poumons ; Hiro sent que quelque chose se moue ;; son état déliquescent semble peu à peu s’estomper.


Fire fire fire — Lighter Lighter Lighter



Il se surprend à déchiffrer quelques mots. Du sens afflux dans son esprit ; une communication s’établie. Son regard toise l’inconnu face à lui. [ Hiro ne sait pas. ] Quelque chose chez lui ne va pas. Mais ses paroles résonnent et avec elles, l’accalmie d’une bienveillance souterraine. « Lighter ». « Fire ». Les mots dessinent les contours d’une réalité nouvelle ;; des sonorités qui devront bien un jour lui paraitre naturelles. Hiro sent que ses muscles commencent à se détendre. Il trouve ça ironique, que la nicotine l’apaise tant. Celui qui lui fait face consume sa cigarette avec une toute autre avidité — plus qu’étrange. Ses gestes sont bavards. Il tousse. Un son rauque laisse deviner une irritation. Sa main se porte à sa nuque. De nouveaux mots, plus nombreux ;; un malaise s’insinue. Le regard du garçon glisse sur la nuit avec une manifeste inquiétude. Tandis que son corps s’apaise ;; son esprit s’alerte : Quelque chose ne va pas avec cet inconnu. Hiro cligne des yeux, Hiro s’étends — mentalement. Hiro se prépare à plonger, face à une mer de mystères déchainée.

« Thankû Yûe. I don’t understuand so muech seûrry. »

— Merci, je ne comprends pas grand chose désolé.


Il reprends une taffe. Puis inspire et expire à vide ; se gratte un bref instant les tempes. Il sent bien que quelque chose se détraque totalement. Mais est-ce ce garçon ; ou le reflet de sa propre condition ? Il lui semble pourtant que tout symptôme physique s’est épongé depuis que la cigarette a été portée à ses lèvres.


Mais Hiro — la fuite n’a jamais été qu’un mensonge.



Il y a un mélange de bienveillance, de recul et de violence. Il s’agirait peut-être de lui donner à boire ; de l’apaiser à son tour — de le remercier pour son  g e s t e. D’apprécier à sa juste valeur la courtoisie dont il vient de faire preuve. D’amoindrir le poids qui semble peser sur ses épaules.
Lighter, en anglais. En anglais. En anglais.

« Vous semblez avoir soif. »


Il n’a pas trouvé d’autre moyen que de le dire dans sa langue natale.

« Je viens de Tokyo. »


Arabesques crayeuses. Le nuage toxique danse entre les deux hommes sous la nuit. Est-ce lui qui tangue, ou Hiro qui tremble ? Le bruit d’une moto échoue dans ce néant. Il y a la rumeur de la ville ; détournée par le vent. Bientôt, la cigarette du garçon face à lui ne sera plus que cendre.





L’univers croule.

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