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smell like teen s p i r i t •• ESMEE
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myosotis
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Mer 22 Fév - 20:48
 
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MusiqueLa plupart des gens disent qu’on a besoin d’amour pour vivre. En fait, on a surtout besoin d’oxygène - Dr House

Un chat qui gratte à la porte, les paupières lourdes, il tente néanmoins de les ouvrir ; en vain. Voilà quelques semaines qu'il est en colocation avec une fille ; qu'il a passé le cap d'avoir un chez lui ; même si c'est plutôt chez elle vu le temps que le jeune homme passe ici. Le chat miaule, encore et encore, ne lui donnant aucun répit ; et Blake soupir, blasé et fatigué comme jamais, il pouvait sentir ses cernes sous ses yeux, gonflés, encore et encore. Et les poches tapaient comme le sang tapait dans ses veines, comme son cœur qui tape contre sa cage thoracique alors qu'il ouvre la porte dans un fracas lourd, le chat se frottant contre ses jambes. Freyja allait en entendre parler ; ou pas ; ce serait mentir que de dire que cette boule de poil, bien qu'insupportable, n'est pas mignonne. La nuit pointe le bout de son nez, bientôt l'heure de 'l'happy hour' ; le temps pour Blake de se diriger vers son nouveau lieu de travail ; un bar du centre-ville se trouvant non loin du 'café seed' ; la concurrence allait être rude ; et les horaires aussi. Soupirant tout en déversant les croquettes dans la gamelle de la vérole de sa colocataire, le blond se dirigea avec sa nonchalance habituelle vers la salle de bains, prenant une douche à la vitesse de l'éclair, se brossant les dents sous le jet d'eau fraîche histoire de réveiller ses muscles endoloris. Trois minutes, il passe seulement trois minutes dans la salle de bain, sortant en caleçon avant de se diriger de nouveau vers sa chambre, attrapant un jean assez large, un tee-shirt bleu électrique et une veste zippée noir ; un sac à bandoulière où il fourra tout son bordel avant de quitter sa piaule en quatrième vitesse. Une semaine que Blake avait commencé son nouveau taf, il serait bête d'arriver en retard alors qu'il avait fait bonne impression jusque-là ; ce qui relève, d'ailleurs, d'un miracle en soit.

Les mains dans les poches, il ne cherche même pas à savoir si Freyja est dans l'appartement, se contentant de le fermer à clé avant de déambuler dans les escaliers, s'allumant une cigarette comme si de rien était avant d'affronter le rude froid de l'hiver. Son souffle forme une brume opaque, mais la nicotine n'a pas quitté ses lèvres, preuve évidente du climat glacial qui régnait sur Foxglove en cette heure. Massant sa nuque, Blake attend à l'arrêt de bus, il ne devrait pas tarder, être là dans huit minutes ; alors il fume en attendant, un casque sony sur les oreilles, sa musique à fond pour couvrir les bruits environnants de la ville ; bruits qu'il appréciaient normalement ; mais le nuage noir qu'il est au réveil, lui, ne les supporte plus. Dans son cœur raisonne les basses, il tapote du bout de son doigt sur un de ses bras croisés le rythme du morceau qui se joue, les paupières closes, la tête et son pied suivent le rituel et sans s'en rendre compte, le bus est déjà là. Payant son ticket et allant s'asseoir dans le fond, Blake réfléchit, cogite en silence, les yeux suivant le paysage, menton posé dans le creux de sa paume. Lui qui avait toujours haï vivre enfermé dans un appartement, vivre en dépendant de l'argent ; il devenait 'comme eux' ; comme ses parents qui ont toujours souhaité qu'il devienne un jour 'raisonnable' ; il devenait comme ceux qu'il détestait. Pourtant, pour vivre libre, il lui faut faire des sacrifices, renier ses codes, entrer dans le moule pour un temps ; un petit temps ; cela n'allait pas le tuer. Soupir profond, presque lassé, il attend, il attend que son arrêt vienne sonner la fin de son conflit interne ; et la musique raisonne, fait bouillir son sang dans ses veines ; sang qui ne fait plus qu'un tour... Et le centre-ville lui apparaît comme une évidence, alors Blake se mêle aux personnes souhaitant descendre ; le froid le rappelle à lui, l'air humide vient se glisser entre ses narines ; mais c'est la fumée d'une cigarette qui vient réveiller ses sens ; en dégoupillant une de sa poche... Fumer le temps du trajet, fumer avant de devoir se plier aux exigences des gens ; il n'y a pas à dire Blake, tu as mal choisi ton métier.

Les minutes lui paraissent défilées comme des heures, le temps est long, beaucoup trop long, et mêmes ses jambes le lui font ressentir. Blake ne se sent plus maître de sa vie, ni même du court de son propre temps ; il avance, mais recule aussitôt à la vue des environs. Il se rappelle de chaque recoin de la ville, de chaque lampadaire sous lequel il a dormi ; déchet humain que le monde tire vers sa fin. Blake se rappelle des regards moralisateurs et accusateurs, comme s'il était une bête de foire qu'on devait mener à l'abattoir ; il se rappelle des gens généreux et ceux qui ne l'étaient pas... Et quelqu'un, aujourd'hui, dort à sa place, sous ce lampadaire, bien plus nécessiteux qu'il ne l'a jamais été ; car Blake n'a jamais été pauvre, jamais en manque de quoi que ce soit ; juste des gens et de leur générosité... Ce qu'il n'a jamais connu jusqu'ici. Famille dorée, mais sans aucune once d'amour. Sa cigarette se consume comme sa vie qui défile devant ses yeux et le froid vient faire perler une larme le long de sa joue... Pas le temps de vivre dans le passé, dégainant son porte-feuille et retirant juste sa carte bleue qu'il glissa dans sa poche arrière, le jeune homme laissa tomber l'objet sur l'homme recroquevillé. Il entend une sorte de plainte, malgré sa détresse, cet homme est honnête ; raison de plus pour qu'il garde son porte-feuille ; car Blake déteste l'argent, ne souhaite pas s'en servir, ne souhaite pas en devenir dépendant... Autant qu'il serve à quelqu'un. D'un geste de la main en guise de salutations et d'adieu, Blake continue de marcher avec nonchalance, les mains de nouveau dans ses poches pour en conserver la chaleur, il avance, avance en faisant face au monde qui l'entoure ; un monde qu'il n'avait jamais souhaité connaître et encore moins côtoyé. Le bar n'est plus qu'à quelques mètres, mais le jeune blond passe par la porte arrière, entré des vestiaires des employés ; il dépose son sac à bandoulière ainsi que sa veste, laissant son paquet de clopes et autre truc utile dans les poches larges de son jean ; et il passe les portes, se retrouve derrière le comptoir reluisant qu'il effleure du bout de ses doigts.

Du monde, il y avait déjà du monde qui passait les portes, qui entraient et qui sortaient ; c'était le foutoir, un énorme bordel ambulant ; et la musique était bien plus forte que d'habitude, camouflant un peu trop les voix, il fallait gueuler pour se faire entendre... Mais étrangement, ce genre d'ambiance ne lui déplaisait pas plus que ça. Son collègue prend congé, Blake est maintenant le seul à gérer le comptoir, ses yeux se perdent un peu sur les alentours ; des habitués, des gens qu'il n'avait jamais vus et... Et toi. Joli brin de fille gracile, aux cils recourbés et à la silhouette presque féline ; silhouette qu'il avait vu s'élancer dans les airs alors que lui était avachis dans un des sièges du cirque au lieu de vendre les tickets. Il te voit, là, assise, peut-être étais-tu arrivé depuis longtemps, ou peut-être pas ; Blake n'en sait rien, mais il glisse vers toi, essuyant un verre, puis deux avant de faire un mouvement de main devant ton regard qui fixe, il ne sait quoi. « Esmée, ça faisait un bail... » Il ne peut s'empêcher de sourire, même s'il ne sait pas vraiment pourquoi, même si c'est un sourire empli de mélancolie. Il s'accoude au comptoir de bois, guettant les gens qui entrent et sortent, regarde son collègue débarrasser les tables désertées, empilant la vaisselle dans son bac... « Comment va la vie ? » Lui qui d'habitude arrive à parler facilement avec n'importe qui, aujourd'hui, ce n'est pas une évidence, ce n'est pas aussi simple... Parce que tu le connais, tu l'as connu faible et misérable, nonchalant comme un diable. Et Blake ne sait clairement pas comment réagir à ça ; et c'est bien ça qui est bizarre en soit.


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