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boys are meant to flee • vito
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Sam 5 Nov - 19:28
i'm gonna show you where
   it's dark but have no fear
La nuit avalait tout dans son appartement. Chaque forme se mouvait à chaque lueur de phares qui passaient, illuminant les rideaux sombres, et les ombres traversaient la pièce avant de revenir à leur place.

Sasha retenait son souffle depuis plus de trente secondes, impuissant. Il s'était entièrement tu, pour écouter, analyser chaque bruit, chaque silence. Le moindre bruit de moteur qui vrombissait à l'extérieur, la moindre goutte d'eau du robinet mal fermé dans la cuisine, le moindre bruissement de tissus qu'il provoquait en esquissant un geste. Et il crut mourir à chaque seconde de calme, priant pour qu'une querelle entre ses voisins éclatât ou que des amis un peu éméchés se missent à brailler en bas de sa fenêtre. Mais il n'en fut rien. Les voitures se faisaient de plus en plus rares et ce qui devrait être considéré comme de la tranquillité semblait l'engloutir dans les ténèbres.

Sa veilleuse s'était éteinte dans la nuit. Il n'avait même pas eu à se lever pour constater la panne de courant de son appartement lorsqu'il vit le clignotant bleu de sa multiprise éteint. La lueur verte des chiffres de son micro-ondes n'était plus visible. Tout était noir. L'obscurité s'était emparée de chaque objet, bientôt il deviendrait fou et n'arriverait plus à distinguer les formes. Les sourires ne lui suffisaient plus.

Quand sa poitrine lui fit suffisamment souffrir, il se rappela qu'il avait retenu son oxygène depuis trop longtemps et expira à contrecœur, des perles de sueur sur le front. Sur sa peau de soleil, elles étaient glaciales.

Il ne pouvait pas rester. Il ne pouvait pas rester.


__


[02:27] vito
[02:27] ouvre moije sui dehors mes plomb ont saute
[02:27] stpp


Il avait parcouru des rues et des boulevards, des carrefours et des voies, remuant ses jambes de toutes ses forces pour faire avancer le véhicule. Les roues de son vélo avaient heurté le bitume humide, alors qu'il se cramponnait à son guidon. Chaque souffle qu'il expirait se transformait en nuage et le vent lui brûlait les joues. Et s'il remerciait le phare d'apporter un brin de lumière dans ce monde de ténèbres et de silence, tout ce qu'il souhaitait c'était arriver à destination et ne plus se retrouver seul pour combattre les ombres qui le poursuivaient.

Quand il avait réussi à fermer la porte de son appartement, il avait manqué de briser la clé à force de la secouer pour espérer verrouiller la serrure le plus vite possible. Ses cris nerveux qu'il avait poussés en sautillant dans le couloir avaient probablement réveillé ses voisins de pallier et les tremblements étaient si forts que son portable avait failli finir dans la boue. Son vélo s'était retrouvé jeté contre le sol et la sonnette avait tinté dans un bruit d'agonie. Il n'y avait prêté aucune attention.

L'angoisse suintait tant de tous ses pores, l'adrénaline faisant tant de tours dans ses veines qu'il grimpa les escaliers comme un animal, utilisant ses mains lorsqu'il trébuchait. Il ne réfléchissait plus.

VITO ! hurla Sasha dans un murmure étranglé, une fois devant le seuil de l'habitation du concerné. La paume de sa main rencontra violemment le bois, impatient.

Mais à peine la porte s'entrouvrit qu'il s'empressa de se jeter dans les bras de la silhouette qui se dessinait, tremblant. Il était glacé, le nez rougi par l'air froid et la chaleur inouïe émise par Vito eut presque l'effet d'un fer chauffé à blanc. Ses phalanges douloureuses se contractèrent contre les bras de son ami, les agrippant avec les seules forces qui lui restaient. Vito était visiblement torse-nu et Sasha avait été à deux doigts de griffer sa peau comme un tissu.

J'ai cru que j'allais mourir de peur, que j'allais me faire assassiner, qu'un fantôme allait apparaître, que mes meubles allaient bouger tous seuls, j'ai eu trop peur, j'étais mort de peur. Je veux pas être seul dans le noir, j'ai trop peur, je veux plus te lâcher, je survivrai pas.

Chaque mot était entrecoupé de souffles rauques et desséchés. Il sentait encore les ombres derrière lui.
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Lun 7 Nov - 0:23
boys are meant to flee
feat sasha
Le sommeil.
D’aussi loin qu’il se souvienne, Vito avait toujours été en guerre ouverte contre lui.

Parce que pour Vito, s’endormir relevait parfois de l’exploit. Maintenir les yeux clos, trouver la tranquillité dans l’inconscience - c’était une épreuve semée d’obstacles, de sursauts, de tressauts, de pensées intrusives - jusqu’à ce que l’épuisement l’emporte sur l’éveil comme une flamme que l’on étouffe lentement.
Une fois le sommeil trouvé, c’était le garder qui devenait compliqué. C’était en réalité la partie la plus difficile contre laquelle tous les hypnotiques ou somnifères du monde restaient impuissants.

Qualifier ou décrire ses cauchemars lui était parfois difficile. Il se souvenait rarement de quoi il en revenait, et quand il s’agissait de l’un d’eux, ne restaient que les sensations, les émotions. Il oubliait le pourquoi, le comment et ne subsistaient que des tremblements, des halètements, un état de choc qu’il ne comprenait pas - aussi vrai que nature, comme une expérience immédiate, réelle.

Il faisait avec. Pour ainsi dire.

Et puis, il y avait des nuits comme ça, où fermer les yeux et expirer un bon coup suffisait. Où il n’avait pas avaler une double dose de stilnox pour espérer trouver le repos. Où il s’endormait dès que sa tête touchait l’oreiller.
Cette nuit était une de ces nuits.
Ou du moins avait-elle débutée en tant que telle.

Ce n’est pas la violence d’un coup instantanément oublié qui le fit se redresser brusquement cette fois là. C’était son prénom.

« VITO ! »

Son prénom hurlé à travers une cloison qui fit sonner en lui diverses alarmes. Il avait encore du mal à distinguer la droite de la gauche, mais il connaissait cette voix. Il l’avait trop de fois entendue après le tintement que faisait la porte de la station lorsqu’elle s’ouvrait, ou au travers du téléphone, où dans ses écouteurs lorsqu’il regardait une vidéo énième stupide que Sasha lui envoyait.
C’était la voix de Sasha, et Vito ne comprenait tout simplement pas ce qu’il se passait.
Jusqu’à ce qu’il entende ses poings paniqués tambouriner à la porte.
Quelle heure était-il ?

Même en se dépêchant pour enfiler un pantalon - le survêtement qu’il portait lorsqu’il ne comptait sortir sous aucun prétexte, le gris, celui qui avait une tâche de café sur le genou - il se trouva lent, les membres complètement engourdis par la torpeur.
Les yeux complètement habitués à l’obscurité, il ne pris pas la peine d’allumer une lampe pour traverser l’appartement et ouvrir la porte-

Il sursauta violemment lorsque, tout d’un coup, une bourrasque de vent froid le frappa de plein fouet.
Non, pas du vent. Sasha.

« J'ai cru que j'allais mourir de peur, que j'allais me faire assassiner, qu'un fantôme allait apparaître, que mes meubles allaient bouger tous seuls, j'ai eu trop peur, j'étais mort de peur. Je veux pas être seul dans le noir, j'ai trop peur, je veux plus te lâcher, je survivrai pas. »

Il était gelé contre lui, comme recouvert d’une couche de neige. Même ses cheveux étaient glacés. Ce qui le réveilla le plus fut son nez froid contre son cou, comme un petit glaçon sur sa jugulaire.

« … Quoi ? Sasha ? »

Sa voix était pâteuse, lourde de sommeil, mais il ne pouvait pas s’empêcher d’être inquiet même s’il n’avait pas compris la moitié de ce que son ami venait de lui dire. ‘Assassiner, fantôme, mort de peur, noir, plus te lâcher, pas survivre.’ C’était tout ce dont il se souvenait.
Et c’était plutôt alarmant.
Par réflexe, il avait relevé ses mains pour attraper ses bras et avait serré ses doigts en réponse.
‘Je veux pas être tout seul dans le noir.’
C’était ce que Sasha avait dit.
Ce n’était peut-être pas aussi grave que ça en avait l’air, alors Vito garda son calme.
Parce que Sasha était à l’opposé de cet état, justement.

« Okay. Je vais pas te lâcher. »

Sasha, ce n’était pas tout à fait - non, pas tout le temps le garçon qu’il avait l’air d’être. Sasha, il portait des masques, il portait des costumes aussi. Sasha, il souriait beaucoup, il dansait. Sasha, il se cachait un petit peu.
Vito n’était pas en droit de creuser dans sa personnalité. Mais il avait un Sasha frigorifié et manifestement terrifié par le noir dans les bras, et c’était tout de même parlant. Inhabituel. Disproportionné. Honnête.

Sans brusquerie et en l’entraînant avec lui, il fit quelques pas en arrière et lâcha un de ses bras pour fermer la porte toujours ouverte derrière la grande silhouette de Sasha.
Puis il se recula ensuite de lui, gardant toujours une main sur son épaule. Il releva l’autre pour la poser sur son front, d'abord en l'effleurant, puis en la plaquant doucement. C’était comme toucher de la pierre froide.
(Une imitation de sa mère, qui l’avait toujours calmé ainsi après un mauvais rêve.)

« Sasha. Respire, ok ? Ca va. » Il n’haussa jamais la voix (de toute façon il n’en était pas capable dans l’instant présent.)
« Explique-moi ce qui se passe. »
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Mer 9 Nov - 0:30
i'm gonna show you where
   it's dark but have no fear
On le comparait souvent au soleil.
On lui disait mille fois qu'il était comme le feu qui crépitait au fond de la cheminée, réchauffant les cœurs. On riait de sa candeur et son enthousiasme, et on s'exclamait qu'il était un petit bout d'ambre, aux couleurs de miel. Il avait des sourires permanents et des rires d'enfant qui chassaient les nuages ternes qui enveloppaient les esprits ; ses gestes vifs suscitaient des émotions, allant de l'amusement à l'agacement, mais il ne laissait jamais les visages indifférents à son passage. On lui disait souvent que lorsqu'il se mettait sur la pointe des pieds, il ressemblait à un tournesol, voulant suivre l'astre qui se mouvait dans le ciel.

Et pourtant, à cet instant, c'était comme si la nuit lui avait tout dérobé. Ses sourires invincibles l'avaient quitté, son dos était voûté et ses épaules affaissées comme si les ombres l'écrasaient. Et Vito lui parlait. Les mots parvenaient à ses oreilles, sans prendre de sens, résonnant comme s'il était submergé d'eau. Il ne reconnaissait que la voix qui ne se mettait jamais en colère, et il ne sentait que sa main chaude qui se pressait contre son front glacé, rassurante.

Explique-moi ce qui se passe.

Sasha releva son visage dénué de sa couleur habituellement mate pour faire face à l'homme qui lui parlait, cherchant des repères. Ses doigts engourdis quittèrent le dos de Vito et vinrent pétrir les contours inconsistants de son visage. Il ne distinguait plus rien. Il se sentit presque mourir, ses sens semblaient eux-même se retourner contre lui. Son cœur cognait dans sa poitrine, allant jusqu'à tambouriner contre ses tempes.

Vito. murmura Sasha, à peine audible.

Sa voix, d'habitude pleine d'assurance, roulant hors de ses lèvres comme une source limpide, était désormais cassée. La nuit l'avait gelée, elle était maintenant rocailleuse et vibrait douloureusement contre sa gorge. Dans une tentative désespérée de retrouver sa lucidité, Sasha s'entailla la lèvre inférieure d'une morsure et bientôt, les couleurs foncées par la pénombre prirent une forme. Le gris devint la peau et il put enfin voir la nuance bleue des yeux de Vito.

Oui. Oui. Je. Il ravala difficilement sa salive, sa poitrine lui faisait tant souffrir. Je me calme. Je te vois. Je te vois maintenant.

Il hocha frénétiquement la tête en serrant ses lèvres blêmes et en fermant ses paupières.

Vito. J'ai peur du noir.

L'aveu était sincère. Il était soleil puisqu'il ne tolérait pas les ombres. Il cherchait tant la lumière que dans son subconscient, la crainte des ombres n'était plus une métaphore. Une lamentation s'échappa de ses lèvres lorsqu'il prit conscience de l'obscurité et son visage revint se loger dans l'épaule de Vito.

J'ai. J'ai l'impression que je vais me faire engloutir.

Il n'était plus soleil, abattu par la nuit. Vito était devenu le sien. Vito et ses sourires patients, Vito et sa manière de l'écouter lorsqu'il monologuait, Vito et ses caresses sur le front qui le rassuraient, Vito et sa chaleur apaisante, Vito, pourtant plus petit que lui qui le serrait contre lui pour le protéger des démons qui le terrorisaient.

Il voulait le remercier de l'accepter, lui faire savoir à quel point il était reconnaissant de le connaître, il voulait lui offrir ses sourires chaque jour et faire savoir au monde entier qu'il l'adorait. Il voulait réfléchir à une boutade et la formuler dans l'espoir de le faire rire, lui faire comprendre que sa peur n'était que factice, et ils se remettraient à discuter normalement comme deux enfants insouciants.
Mais Sasha n'arrivait pas à dire quoique ce soit, cherchant simplement à se réchauffer et se cacher dans ses bras, lui pourtant si grand.

Tu me lâches pas hein ? Je. Je sais, c'est stupide et complètement irrationnel, mais.

Il s'interrompit. Ses pensées devinrent plus claires et ses peurs ne furent plus les ombres l'espace de quelques secondes. Il poussa un gémissement coupable et passa une main sur son visage en grimaçant.

Pardon Vito, je t'ai réveillé, je suis vraiment nul.

Il n'était plus soleil. Et pourtant, Vito ne l'avait probablement jamais vu si vulnérable et honnête.
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Jeu 10 Nov - 0:13
boys are meant to flee
feat sasha
Sasha, Vito le savait, était un excellent acteur. Il pouvait redessiner ses traits avec des émotions qui ne lui appartenaient pas vraiment - il pouvait métamorphoser son corps pour se rendre plus petit ou plus grand sur scène, pour garder ses secrets en dehors. Il était doué pour ça, Sasha.

Mais ses yeux dans l’ombre étaient limpides. Et sa voix, son souffle, son appel allaient de paire avec la tempête qu’il trouvait dans son regard. « Vito. »
La réponse muette qu’il lui apporta fut un sourire discret masquant un cœur pincé. Il l’encourageait sans bouger. Le laissait parcourir sa mâchoire de ses doigts glacés.

« Mh hm, » acquiesça-il. Son pouce avait commencé à tracer des cercles sur son bras, une réponse instinctive à ses lèvres malmenées. A ses mots césures. A son souffle haché.
Il était terrifié, Sasha, et ça se voyait sur tout son corps.

« J'ai. J'ai l'impression que je vais me faire engloutir. »
« Ca n’arrivera pas. »
« Tu me lâches pas hein ? Je. Je sais, c'est stupide et complètement irrationnel, mais. »
« Je te lâche pas. Tout va bien. »

La main qu’il avait placé sur son front avait migré vers sa tempe jusque dans ses cheveux où il décrivait de lents arcs apaisants. Il continua jusqu’à l’arrière de son crâne alors que Sasha enfouissait de nouveau sa tête dans son épaule, dessina des arabesques sur sa nuque, ralentissait sa propre respiration au rythme de ses traçages.
Finalement, la main qu’il avait gardée sur son bras glissa dans son dos, parce que Sasha en avait terriblement besoin.
La finesse de ses cheveux, parfois collés par la sueur, étaient étrangement froide contre ses phalanges. Sasha et froid - ça n'allait pas ensemble.

« Ça va. »

Sasha avait peur du noir.
Vito pouvait sincèrement le comprendre.
Se retrouver plongé dans les ténèbres où chaque son prenait une ampleur monstrueuse. Où chaque mouvement paraissait violent. La nuit, le noir, c’était comme une seconde réalité. La seconde moitié.
Il le comprenait.

Quand Vito se retrouvait allongé dans le noir, incapable de maintenir les yeux fermés, il entendait tout. Chaque craquement dans les murs. Chaque tremblement de plomberie. Sa propre peau contre ses draps. Tous ces bruits parasites, ceux qui l’ancraient dans le présent et qui l’y piégeaient comme un poisson dans un filet.
Pressés l’un contre l’autre, Sasha et Vito étaient dans le noir. Lorsqu’une voiture passa sur la route en contrebas, il ne l’entendit pas. Lorsqu’un voisin, au dessus, fit tomber quelque chose au sol, il n’y fit pas attention. Rien ne pouvait le détacher de la faible voix de Sasha, de sa toute crainte, de son cœur qu’il sentait battre contre sa poitrine.
Mais déjà, il le sentait se détendre dans ses bras, parce que son gémissement excédé le fit sourire avec sincérité.

« C’est pas grave, t’as bien fait de venir. »

Peur du noir. Peur de ce qu’il s’y cachait, peur de cet inconnu.
Vito savait ce que c’était.
Il se fichait de sa guerre contre le sommeil si Sasha avait besoin de lui.

« Mais t’es gelé, mon cœur. T’aurais au moins pu mettre de vraies chaussures. »

C’est un léger rire qu’il échappa cette fois alors qu’il reculait de nouveau. Ses mains imitèrent celles de Sasha auparavant et trouvèrent chaque côté de son visage. Il devait lever un peu les bras pour atteindre ses joues froides.
Cet imbécile était venu quasiment pieds nus.

« Je te propose ça : on ne reste pas ici jusqu’à ce que tu chopes la pneumonie ou que je tombe de fatigue, tu viens avec moi et on dort. T’en dis quoi ? Je sais même pas quelle heure il est. »

Il avait mis un tout petit peu plus de force dans sa voix pour tenter de marquer une fin : celle de l’angoisse de Sasha. Dans un souffle, il se décala. Il ne se sépara de son ami que quelques secondes, le temps que ses doigts retrouvent son épaule.
Précautionneux de ne pas briser le contact, il refit le chemin inverse jusqu’à sa chambre, l'entraînant avec lui, bien décidé à ne pas le laisser tomber.
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Dim 27 Nov - 13:58
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Au départ, il ne sentit rien. C'est à peine s'il avait senti ses propres tremblements qui secouaient la moindre parcelle de peau, ni ses genoux qui menaçaient à tout moment de se dérober sous son poids, excédés par tant d'efforts alors que lui se nourrissait à peine. C'était silencieux et insidieux, traversant ses veines sans se faire connaître de ses sens. Ses muscles étaient rigides, son front humide, et il se sentit autant brûlant que glacé, rendant l'amalgame terriblement corrosif.

Ça n’arrivera pas. Je te lâche pas. Tout va bien. Ça va.

Mais ce n'était rien, la voix de Vito teintait comme un grelot à ses oreilles, calmant les battements frénétiques dans sa poitrine en feu. Sasha avait doucement hoché la tête, blotti de tout son être contre la forme plus petite, le visage dissimulé derrière ses cheveux de geai. Il avait relevé la main pour attraper une mèche un peu longue et la triturer entre ses doigts, avec les manières d'un bébé qui cherchait l'odeur de sa mère. Et puis Vito l’appelait « mon cœur », une tendresse infinie dans la voix.

Désolé. J’ai attrapé les premiers trucs que j'avais sous la main.

Ses sermons le rassuraient. Ses paumes chaudes contre ses joues froides furent plus agréables que son sang bouillant qui se heurtait à son épiderme, et il se sentit comme enroulé dans une couverture. Alors il renifla doucement, puis hocha la tête.

Oui. Merci. souffla-t-il, un sourire des plus faibles se dessinant au coin de ses lèvres.

Il se laissa guider, docile. Puis soudainement, il eut l'impression qu'un millier d'aiguilles piquaient la chair de ses mollets lorsqu'ils atteignirent la chambre de Vito. L'adrénaline avait cessé de déguiser la tension dans ses muscles. Il vacilla en poussant un cri plaintif, mais tint bon, se raccrochant à l'autre homme avec la maigre force qui restait dans ses doigts contractés et ses chevilles tremblantes. Il fut pris d'une grimace. La douleur qui irradiait ses jambes réveilla une nouvelle panique en lui alors qu’il prenait conscience d’un détail.

Il faisait toujours noir.

Vito. On peut. Il déglutit. Allumer la lumière deux minutes ?

Et il s'en voulut. La douleur l'avait frappé de plein fouet, la culpabilité à son tour, plus forte. Et il se demanda qu'est-ce qui lui avait pris de le réveiller d’une façon si violente, de s'engouffrer chez lui comme un voleur, l'inquiéter, profiter de sa chaleur et l'embêter de ses supplications puériles. Sasha savait. Il avait cette infime impression de le connaître à sa façon de bouger, de reconnaître chaque expression de son visage, d'y déceler chaque petit mensonge qui se tapissait dans le creux de ses mots.

Vito avait les mêmes yeux que lui. Il ne s'agissait pas là de nuance, puisque sur son visage de bronze, Sasha avait deux fenêtres sur un ciel d'azur, tandis que Vito avait un océan nocturne et l'écume qui s'épanchaient dans ses iris. Ils avaient un reflet de lune grise et il s’était senti englouti par les flots lorsque pour la première fois, son regard diurne s’y était entrechoqué. Pourtant ils avaient les mêmes yeux. Vito avait des sourires pour tout le monde, des rires pour n'importe quoi, dissimulant chacun de ses problèmes pour se préoccuper de ceux des autres. Il était sans doute plus subtil et moins envahissant, mais jamais il ne tarissait d’amour pour ses proches.

Sasha n'avait jamais osé le lui dire. Car après tout, ils avaient les mêmes yeux et peut-être les mêmes mensonges qu’ils craignaient d’avouer.

Je sais que tu es là, désolé. Mais. Juste un instant.

Il se répandait en mille excuses, incapable de retrouver son rire solaire qui s’était perdu dans les hurlements du vent. Sasha ne se reconnaissait plus. Il voulut taire la nouvelle peur qui naissait au fond de lui, lui susurrant qu’il serait emprisonné dans la pénombre à jamais. Un souffle ressemblant à un rire entre la gêne et l'amusement s'échappa de ses lèvres, douloureux. Il avait envie de pleurer.

C’est malheureux d’être affamé de lumière à ce point. Hah. Ça veut rien dire en plus, on dirait que je parle d’une créature surnaturelle qui mange des lampes.

Il voulut se moquer de lui-même, cherchant avec désespoir ce qu’il restait de lumineux dans sa personne. Alors comme il ne trouva rien, il se saisit de la main de Vito et la ramena contre son visage, pressant ses lèvres contre le dos sans faire de bruit.

Voilà, c’est mon doudou. dit-il en relevant la tête avec un air qui se voulait espiègle.

Il se sentit si idiot qu’il en aurait presque éclaté de rire.
Il ne voulait plus l’inquiéter.
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Mar 27 Déc - 2:43
boys are meant to flee
feat sasha
Un message dans un sourire, c’est pas grave. L’important c’est que tu ailles mieux.

Vito était un être silencieux. Silencieux, parce qu’ainsi il pouvait mieux écouter.
(Comme dans le petit chaperon rouge, mais en différent.)

Il sentit le corps de Sasha manquer de s’écrouler dans un cri étouffé, et il serra ses doigts sur son épaule, le maintint d’un bras dans son dos tandis qu’il s’accrochait à lui comme à une bouée. Une pression, un regard inquiet, une question muette dans le noir. Aucun son.
La porte de la chambre se referma doucement derrière eux, et Vito se tourna pour lui faire face.

Il y avait des choses que, parfois, Vito n’expliquait pas. Ce n’était pas une pensée, ce n’était pas un battement de cœur, ça venait du ventre. Des décisions inexpliquées. Savoir où aller, savoir s’arrêter, savoir où creuser.
(Sa mère, avec amusement, appelait ça son instinct féminin. Elle ne savait pas à quel point elle était proche de la vérité.)
Avec Sasha, Vito n’avait pas besoin de ça.
Il n’était pas idiot.

Il lui suffisait de lever le regard et de le laisser vagabonder sur les traits du visage de son ami. Fixement, sans expression, il lui suffisait d’observer. Encore. L’inconfort, la panique, une once de regret, beaucoup d’autres choses.
Vraiment. Vito n’était pas idiot.

« Vito. On peut. Allumer la lumière deux minutes ? »

Allumer la lumière ou lâcher Sasha ? Vito se posa sincèrement la question. Et si, au moment où il romprait le contact, il s’effondrait ?
Pas que ce soit un problème. S’effondrer, Sasha, il pouvait le faire autant qu’il le voulait maintenant qu’il était là.
Vito, lui, ne pouvait pas faire ça. Son rôle, c’était d’allumer la lumière.
Mais il ne le fit pas tout de suite. Sasha s’excusait, Sasha plaisantait, Sasha essayait. Mais Vito n’était pas idiot.

« C’est malheureux d’être affamé de lumière à ce point. Hah. Ça veut rien dire en plus, on dirait que je parle d’une créature surnaturelle qui mange des lampes. »

Arrête.

Ce n’était pas grand chose, pourtant. Une coupure, une petite frayeur dans l’obscurité, un pic de panique mal géré.
(C’était une silhouette un peu plus grande que lui, une peau plus pâle que d’habitude, des traits tirés, des côtes visibles, une voix qui craque et des genoux qui cèdent. C’était une parole qui voulait dire mille mots, une situation qui découlait d’un enchaînement circonstances, une douleur qui devenait psychosomatique. Des mains qui tremblent, des doigts qui se serrent. Un appel à deux heures du matin.)
C’était des lèvres gercées sur le dos d’une main, une tentative de quelque chose, des mots ridicules, une marque dans un esprit, un souvenir créé.
Vito n’était pas idiot.

« Est-ce que c’est comme ça que tu rassures les gens ? En les embrassant ? »

Vito était un être de silence. Dans ses yeux noyés par l’ombre de la chambre, toute la sincérité qu’il avait à offrir brillait comme une étincelle. Sa langue était franche. Pointait du doigt.
Sa main gardait sur son dos comme la trace d’un contact fantôme. Elle avait avait glissé sur la sienne, jusqu’au poignet découvert où tranchait au travers de la peau un os saillait. Il l’enroula de ses doigts, serra un peu, une vague caresse comme l’eau que l’on effleure - l’air de dire
ne te cache pas. Tu ne te cachais pas en entrant, tu était là avec moi.
Continue.


Il n’était pas idiot. Il n’était pas aveugle.
Il distinguait ce qui coulait dans ce regard d’azur, même si Sasha n’était pas n’importe quel expert en mirages.

Peut-être Vito avait-il été un peu dur.

Dans un sourire soupiré, il recula d’un pas et continua sa route sans le lâcher. Il ne suffisait que de quelques pas.
Les chiffres rouge du radio-reveil étaient assez proches de Sasha pour que la lumière rouge dessine de nouvelles ombres l’un de ses bras. Elles s’évaporèrent au moment où Vito alluma la lampe de chevet, plongeant la petite pièce dans une nouvelle lumière jaune qui le fit grimacer. C’est à ce moment là seulement qu’il se rendit compte à quel point ses yeux étaient fatigués. C’était plus facile de sourire dans le noir.

« Installe-toi. Et avant de dormir, j’aimerais que tu fasses un truc pour moi. »

Son regard quitta celui de Sasha pour parcourir machinalement sa chambre.
(Où deux-trois choses traînaient. Une boite, une canette vide qui avait chuté du bureau, quelques comics, le t-shirt qu’il avait jeté à l’aveuglette avant de s’endormir quelques heures plus tôt, des crayons.)
Il ne trouva pas ce qu’il cherchait, alors il lâcha le poignet de son ami avec un sourire qu’il voulut rassurant.

« Je reviens dans trente secondes. »

Il ne lui suffit que de vingt.
Il quitta la chambre pour trotter le plus silencieusement possible vers la cuisine, attraper un sachet de brioches, remplir un verre d’eau et revenir sans faire de bruit.
Il espérait que vingt secondes, ce n’était pas trop.

« Mange un peu de ça, » dit-il en lançant le sachet sur le lit sur lequel il s’assit, un peu plus délicatement. « Ce que tu peux. » Il posa le verre sur la table de chevet. En étouffant un bâillement, il en reversa quelques gouttes.

Puis il fixa de nouveau son attention sur Sasha qu’il dévisagea éhontément, parce qu’il cherchait des réponses. Sous la lumière artificielle, il n’était pas plus facile de les trouver que dans l’ombre.
Ses lèvres se pressèrent entre elles, ses sourcils se froncèrent et sa voix sortit un peu plus inquiète que prévu ; « ça va aller ? »
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