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save me - (pv : vito)
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Lun 31 Oct - 2:00
 
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H E L P






« Le rêve est le phénomène que nous n'observons que pendant son absence. Le verbe rêve n'a presque pas de présent. Je rêve, tu rêves. » - Paul Valéry.

On discerne parfois que nous rêvons et parfois, la réalité et le rêve semblent indissociable.


Je courais. Je courais à perdre haleine tout en lançant des regards apeurés par dessus mon épaule sans pour autant m'arrêter, alors que je n'avais pas idée de ce qui me poursuivait ; seule la terreur guidait ma course folle, enchaînant les battements de mon palpitant dans un rythme endiablé. Mes jambes semblaient dotées d'une vie propre alors que branches, échardes et épines éraflaient ma peau tandis que mes pieds nues glissaient sur le sol boueux et rocailleux qui semblait m’enfoncer dans cette forêt, qui, si autre fois je l'avais parcourut avec une certaine assurance et espièglerie, je la traversais à présent avec la peur au ventre et une horreur palpable.

et il courait, sans jamais s'arrêter
sans s'essouffler ni chuter
dans cette forêt si sombre
où il aurait eu du mal à distinguer son ombre


Il fallait que ça s'arrête, il fallait que je m'arrête. En vain. Je ne pouvais que courir sans pouvoir me réveiller de ce cauchemar qui semblait s'éterniser et, fatalement, je tombais à plat ventre comme l'aurait dicté un mauvais film d'action, une mauvaise prise, une mauvaise scène d'un théâtre macabre.

et c'est ainsi qu'il se réveilla
angoissé par ce qui le poursuivait
sans pouvoir imaginer
que le cauchemar ne s'arrêtait pas là


J'hurlais.
(encore)

Mes paupières se levèrent, découvrant la pénombre qui m'encerclait, m'englobait, m'avalait, rognant ma peau et surement mon être alors que je me redressais, la sueur perlant mon front, glissant goute par goute dans mon dos, mon souffle se précipitant dicté par des poumons épuisés alors que de mes yeux terrifiés, je regardais les alentours avec crainte et appréhension ; découvrant cette même forêt que je fuyais sans en trouver le bout ni la sortie.

Le exit d'une porte de secours.

Fébrile, je tâtonnais mes poches découvrant par la même que je ne portait qu'un vieux t-shirt - à présent déchiré - et un short trop large. Trouvant l'objet de mes pensées, je commençais à chercher dans mon répertoire la première personne qui me venait à l'esprit avant d'écrire, les doigts incertains et tremblants, des messages en flot continue avant que mon téléphone - affichant une batterie faible - finisse par s'éteindre et, avec elle, ma seule source de lumière.

putain!

Difficilement, je me mis debout avant de m'élancer à l'inconnu dans la forêt sans avoir la moindre envie de m'éterniser plus longtemps ici, courant à nouveau pendant ce qui fut des minutes ou peut-être bien des heures alors que ma vision se floutait et que souvenirs et cauchemars se mêlaient dans mon esprit, m'empêchant de remarquer la voiture qui me fonçait droit dessus, ainsi que le fait que j'avais réussi à rejoindre la route, et qui, par chance, s'arrêta tout juste face à moi, alors que je posais mes mains sur le capot comme si j'essayais de me soutenir alors que même mes propres jambes semblaient m'avoir abandonnées à mon triste sort.

à l'aide...

quelqu'un.
(n'importe qui)

je m'écroulais


please ! help me ! PLEASE !

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Jeu 3 Nov - 1:33
 
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save me
dylan & vito
Une boule au ventre, un poids dans l’estomac, une corde autour de la trachée qui serrait doucement, de plus en plus fort.
L’esprit qui s’échappe, les pensées qui divaguent toujours vers cette impression, ce malaise. Il y avait quelque chose dans l’air, dans l’heure ; et le temps n’était soudainement plus une ligne. Il chutait, s’allongeait, la course des secondes s’endormait lentement au rythme des battements de son cœur qu’il avait l’impression de redécouvrir.
Mauvais présentiment, lui criait son corps entier, de la moelle jusqu’aux ongles, des cheveux à la plante des pieds. L’alarme qui sonnait dans sa tête était sourde. Un sens inexplicable. La lourde connaissance que quelque part, quelque chose se passait.

D’un geste sec, Vito plaqua son téléphone sur son bureau. Rien n’y faisait, il ne parvenait à rien, pas même se concentrer sur un simple jeu. Quelle heure était-il ? Avait-il mangé ?
Attention, attention, attention, attention.
Confiné.
Il avait l’impression que le bout de chacun de ses nerfs était relié à un fil d’enclot, électrique. Que le choc viendrait, qu’il était imminent, qu’il courrait droit vers lui, qu’il arrivait. Mais quand, quand, quand ?
La décharge arriva avec un ting, un bzz, une alerte claire et joyeuse, une bouteille à la mer captée à la 4G.

mec, putain mec
Dylan.
jsuis dans la forêt, jsuis dans la putain de forêt en pyjama
merde
je sais pas ce que je fous là

Dylan.
merde je flippe
je

Dylan.

Plus rien.
Vito s’était redressé, la chaise avait roulé derrière lui et il était resté là, le téléphone dans la main, à attendre un nouveau sos qui ne viendrait jamais.
L’alarme avait un nom, et elle portait celui de Dylan.
Un nom, comme ceux que l’on donne aux ouragans qui dévastaient des villes entières, aussi célèbres de part leurs yeux que Dylan l’était de part son sourire. Célèbre auprès de Victor, du moins.

L’instant d’après, il dévalait les escaliers de l’immeuble, enfourchait son vélo et il faisait nuit et Dylan était dans la forêt et il avait peur et Vito avait comme une lance plantée dans le cœur.
En voyant la forêt de Salem se dessiner dans le noir, arbre par arbre, en voyant la montagne Astoria se dévoiler à sa vue, il eut envie de crier.
Si ça arrivait, si ça s’attaquait à Dylan ; même si son cœur battait à tout rompre, même si sa respiration haletante passerait bientôt sifflante, il l’entendrait comme il l’avait entendu la dernière fois.
Dylan, où es-tu.

Un klaxon, le crissement de quatre pneus, et Vito aurait pu mourir d’une crise cardiaque.

Il faisait nuit noire, ils étaient dans la forêt, le danger pouvait venir de partout et Dylan était là bas, un peu plus loin. Écroulé devant d’un fossé, dépassé par une voiture qui s’était empressée de filer.
Vito jeta son vélo par terre et courut vers son ami, vers Dylan qui était…

« Dylan ! »

Il s’était précipité sur ses genoux, à des lieues de penser à la terre dans laquelle s’enfonçaient ses genoux. De ses deux mains, rapidement mais sans le brusquer, il lui empoigna les épaules comme pour le maintenir en place.

« Dylan, hey. Hey. »

Ils se connaissaient bien, Dylan et Vito. Ils habitaient ensemble. Ils partageaient une cuisine, un canapé, des repas, des rires. Il riait souvent, Dylan. Il était comme ça, Dylan. Avec ses blagues. Son flux de paroles intarissable. Le regard qu’il pouvait avoir. Les vannes nulles qu’il sortait.

« Hey. »

C’était comme si on détruisait le cœur de Vito au burin. C’était devenu un ami proche, Dylan, avec le temps.
Le voir comme ça, écroulé par terre, les jambes presque nues et les bras débraillés dans le froid. Inadmissible. Insupportable.
Que se passait-il ?

« Dylan, mon cœur. Je suis là. »
©junne.
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Ven 11 Nov - 17:12
 
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feat vito le plus beau

début du souvenir. Je courais à perdre haleine, les cheveux fouettant l’air et mes pieds s’écrasant douloureusement sur le sol. Lançant des regards apeurés par dessus mon épaule, ma vision se fit sifflante jusqu’à entendre le tambourinement de mon palpitant avec une telle force, que je cru un instant qu’il se décrocherait de ma cage thoracique mais il n’en fut rien, car je tenais du bout des doigts ce qui me rattachait à la vie, m’empêchant de m’envoler pour rejoindre le ciel ; si sombre, parsemé de nuages et orné d’étoiles - pendant ce qui fut un instant, je les enviaient de briller avec tant d’intensité dans ces ténèbres avec comme seule compagne, la solitude.


j’aurai aimé être une jolie étoile
baignée dans un ciel qui te ressemblerait


Il était là. Courant. Devant moi. Une simple image brouillée. Instable. Floutée.
Inexplicablement mon cœur fit un bond, ma tête se mit à tourner et pour la première fois je souriais, d’un sourire qui aurait illuminé toute la forêt, une chaleur intense brûlant mon intérieur, ravageant sur son passage tout ce qui faisait de moi un être de chair et de sang ; et j’avais envie de croire que ce sentiment si agréable pouvait s’apparenter à de la joie.

Et d’un coup de feu, le voile tomba.
Le rideau d’une scène tragique et ridiculement romantique.
L’incompréhension. La peur. La douleur. Le dérapage. Ne voyant que nos doigts qui se lâchaient - et durant cet instant en suspend, ma seule pensée fut que j’aurai souhaité pouvoir tenir ces mains juste un peu plus longtemps, une seconde surement, juste un peu plus longtemps pour imprimer dans mon esprit, la présence de cette main qui Lui appartenait.


Et alors je glissais.
((subitement))
Et alors je tombais.
((sans transition))
Et alors je roulais.
((injustement))
Et alors je mourais.

- Heaven !


Il était là. Tout allait bien.
Je n’avais pas peur.
Plus maintenant.
Il était vivant.
Il aurait
un
futur
h e u r e u x
n’est-
ce
p
as
.

( - ? )

J’avais peur.
fin du souvenir. C’était la seule pensée logique que j’arrivais à exprimer alors que je m’accrochais à cette présence à mes côtés, alors que la bouche ouverte, comme un vulgaire poisson en train de se noyer, j’essayais tout simplement de respirer. Alors que mon visage m’acculé de pluie et de boue, ne savait plus où regarder, alors que mes jambes râpaient sur le goudron mouillé et que le sang qui suintait de mes blessures, s’évaporait sous la pluie comme un mirage, comme si tout cela n’avait pas vraiment eu lieu, comme si tout cela n’était au final qu’une mise en scène d’un acte grotesque.

j’aurais voulu hurler
dire au monde ma douleur
j’aurais voulu tout arrêter
pour stopper cette horreur


Ironiquement, c’est une vibration dans ma poche qui me ramena à la réalité.
(téléphone)

comme si le réel ne m’atteignait plus
signe que tout semblait déjà perdu
j’aurai aimé me souvenir
savoir comment te dire

m e r c i

C’est seulement à cet instant que je saisis l’intensité de mon hurlement alors que des bras me tenaient fermement pour essayer de canaliser cette réaction disproportionnée, incompréhensible et surement terrifiante au vu de la situation. Le silence revint.
Lourd. Pesant.
(assourdissant)

Le souffle court, le corps un peu tremblant, je relevais le regard pour faire face à ce visage que je connaissais si bien, à ce regard que je croisais si souvent, à cet homme en qui ma confiance n’avait aucune limite ; un point d’ancrage fixé dans le temps.

- ... vito... ?

Sur le moment, mon esprit totalement embrouillé ne saisissait pas comment il pouvait être là, se tenir à mes côtés, en essayant de me soutenir un temps soit peu alors que le visage horrifié, il me dévisageait avec une inquiétude si intense que je me sentis trembler alors que mes épaules s’affaissaient doucement, comme convaincu qu’à présent, malgré tout ce qui se déroulait, ici et maintenant, je n’avais rien à craindre s’il était là.

- ...vito.

[répétais-je d’une voix rauque]

J’avais appelé à l’aide.
Il était venu.

Je l’avais appelé plus qu’un autre. Je l’avais appelé avant de penser à Georgie. Je l’avais appelé avant de penser à Méli. Je l’avais appelé avant de penser à Lydia. Je l’avais appelé avant de penser à Hide. Dans cette frénésie, cette peur. Dans cette forêt, seul, perdu. Je l’avais appelé avant un autre. Non pas parce que je ne faisais pas confiance aux autres, non pas parce qu’il avait plus d’importance que quiconque, non pas parce je savais qu’il viendrait.

Je l’avais appelé parce que devant lui, je pouvais tout montrer.

La seule personne qui pouvait se vanter de savoir plus que j’en sais moi-même sur qui je suis, c’était cet homme qui se trouvait à présent sous la pluie en réfléchissant déjà comment me sortir de là, alors que la peur le faisait trembler et que l’incompréhension déformait son visage. La seule personne en qui je n’avais pas peur d’aborder des sujets sérieux, parfois plus risible, parfois difficile. La seule personne qui savait ce que je vivais, qui sait ce qui se déroule et qui se doute de ce qui se passera.

La seule personne avec qui j’étais réellement moi-même.
- ...

Alors les larmes montèrent si vite que je ne pu les retenir, ma tête tombant misérablement contre son torse alors que je cachais mes traits ravagés par la peur, la peine, le désarroi et l’horreur, tout en lui confiant tout ces sentiments qui me retournaient les entrailles avec tant de vigueur que cela semblait me rendre malade, sans que je puisse les garder pour moi-même plus longtemps ; lui dévoilant tout à lui et à lui seul.
Mon corps tressauta, secoué d’un sanglot.

Parce que Vito c’était pas seulement un colocataire, c’était pas seulement un ami ; c’était bien plus que cela.

Parce que Vito, c’est un frère.

La personne qu’on ne peut oublier, la première personne à qui on pense quand on est en difficulté, la première qu’on appelle en pleine forêt pour venir nous sauver, la personne qui sera toujours là même si tu en jour, tu lui diras

"- je ne m’en souviens pas."




et la pluie continuait de tomber.



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Sam 26 Nov - 23:02
 
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save me
dylan & vito
Cela faisait un peu plus d’une semaine que Vito vivait avec la boule au ventre. Combien de fois s’était-il surpris à observer les alentours ? Au travers d’une fenêtre, les coins d’une pièce, derrière son épaule. Petit à petit, ça s’installait.
L’impression d’être épié.
Tant qu’il n’en parlerait pas, tant que pour une fois il ne se laisserait pas aller, ça ne s’arrangerait pas. Oui mais : demander de l’aide de quelque manière que ce soit, ce n’était pas vraiment son genre. Lui, c’était plutôt celui qui volait au secours des autres.
Parfois c’était plus important que tout le reste.
Pour Vito, Dylan était plus important que tout le reste.
Il avait ses priorités.
Derrière Dylan, il y avait ces arbres, cette forêt dans laquelle il retournait en cauchemar. Il y avait cette nuit noire où se dessinait des formes indistinctes. Derrière Dylan, il y avait tout cet inconnu dont Vito avait si peur.
Mais il avait des priorités.

Dans ses bras, Dylan s’était mis à hurler.
C’était le genre d’hurlement qui pénétrait l’âme et l’esprit, qui se gravait en mémoire et qui ne s’arrêtait jamais vraiment ; un choc, une claque. Le son produit par une voix que l’on avait l’habitude d’entendre rire ou se plaindre des choses les plus triviales.
On se souvenait toujours des larmes de quelqu’un. On se souvenait toujours de ses cris.
C’était facile, si facile de laisser des traces dans l’esprit des gens.

Et quand, soudainement, le silence vint, Vito serra un peu plus son ami tremblant dans ses bras.
Ce cri avait été une frontière. Il y avait eu un avant et un après.
Le silence les comprimait tous les deux, alourdi par la pluie et les pensées qui lui traversaient la tête à une vitesse folle. Les questions, les mots. La cacophonie interne qui reprenait de plus belle comme un orchestre désaccordé qui jouait le même morceau.

Le bleu d’ordinaire étincelant de Dylan trouva celui bien plus sombre des yeux de Victor, agrandis par l’inquiétude et toute l’attention qu’il lui portait. Lorsqu’il l’appela, c’était comme si on avait rappé du papier de verre sur ses cordes vocales.
L’étau autour de son cœur se serra autant qu’il se relâcha, parce que Dylan l’avait reconnu. Il avait conscience de qui était en face de lui - et l’une des principales peur de Vito s’envola ; celle de ne pas vraiment avoir Dylan contre lui.
Une de ses mains quitta le dos de son ami pour se poser sur sa joue trempée, et il le maintenait. Il maintenait son regard, il maintenait son visage droit, il fallait qu’il continue de le voir. Vito devait devenir une ancre. Vito devait être le pilier qui lui permettrait de remonter.
Il n’avait pas besoin de comprendre pour l’instant, simplement d’être là pour lui.

L’espace d’une seconde, il pensa à toutes les fois où il l’avait réveillé à trois heures du matin pour venir dormir avec lui. Dylan supportait mal le froid.
Ou à cette fois où il avait terrifié la voisine du dessous, et qu’il l’avait appelé pour l’ensevelir sous une cascade de mots paniqués.
A ces fois où il l’avait écouté parler de sujets plus sérieux, où Dylan avait douté - de lui, de ce qu’il faisait, de tout plein de choses que l’on appelait aléas de la vie.
A toutes ces fois où Vito s’était empêché de parler pour ne pas le surcharger, par peur que les choses ne changent, par peur de Dylan ne le voie différemment.
On se souvenait toujours des larmes de quelqu’un.

(Et ce n’était pas grave, parce que Vito avait un rôle qui lui tenait à cœur.)

Fierté n’était pas sa motivation car amour était maître mot.
Par affection, Vito pouvait se dépasser. Dylan était l’une de ces personnes pour qui les limites n’existaient pas vraiment.
Et il le regarderait, serait là autant qu’il le faudrait.

L’amour, Vito s’était rapidement rendu compte, n’était pas comme dans les livres ou dans les films. C’était bien plus vaste. Bien plus subtil. Bien plus différent d’une personne à une autre. Vito pouvait aimer de mille personnes de mille façons, leur accorder à tous une petite parcelle de son être - parfois plus grandes parfois plus petites - incomparables. Mais à tous, il leur trouvait une place. Tous.
Dylan était proche de la tête. Dylan le faisait réfléchir, le faisait réagir. C’était un bol d’air frais, un OVNI dans une vie qui sans lui aurait été monotone et incolore. Terne.

Lorsqu’il posa son front sur sa poitrine, qu’il laissa exploser tout ce qu’il ressentait dans un sanglot, Dylan s’était mis à glisser un peu vers son cœur.

Sa main se plaça à l’arrière de son crâne et il déposa un baiser sur ses cheveux mouillés, sentant ses propres yeux le piquer.
Dylan pleurait, et c’était bien trop douloureux.

« C’est pas grave, Dy. C’est pas grave. »

Son autre main avait commencé à tracer des cercles dans son dos.
Patiemment, il attendit. Répéta les mêmes gestes, caressant ses cheveux, murmurant des ça va aller, des je suis là, des, c’est pas grave.
Parfois, sa voix se cassait un peu et devait s’y reprendre à deux fois, parce que c’était dur de rester calme soi-même avec un ami dans un tel état dans ses bras.

« Dylan, il faut - » il avait relevé son visage, avait collé son front au sien et placé sa main sur sa nuque pour qu’il le regarde une nouvelle fois, pour qu’il lui donne son attention, pour qu’il lui donne une réponse ; « il faut pas qu’on reste là. »

Il pensa à ses blessures. Du sang coulait sur ses jambes.
La pluie ne s’arrêtait pas.
Il remarqua soudainement que s’il pouvait voir ces traces rouges, c’était parce que son vélo, plus loin dans la boue, avait encore son phare allumé.
La lumière était jaune, accentuait chaque ombre, estompait les détails.
Depuis quand Dylan avait été là, dans le noir ?

« Est-ce que tu peux te lever ? »

Je veux pas que tu pleures.
Je veux pas que ça empire.
Je veux que tout redevienne normal.
Je veux que tu ailles bien.
©junne.


Spoiler:
 
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Lun 27 Mar - 21:43
 
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feat vito le plus beau



Plic.  Ploc.
La pluie tombaient.
Plic. Ploc. Plic. Ploc.
Rudement. Injustement.
Plic. Plic. Plic. Plic.
Dans une litanie infinie.
Plic ! Plic ! Plic ! Plic !

Les yeux dans le vague, les pensées ailleurs, hermétique à l’averse qui déferlait sur nos deux silhouettes, littéralement sourd à la voix de mon ami pourtant si proche de moi, je laissais les dernières larmes de terreur glisser sur mes joues se confondant avec les perles glacées qui rougissaient notre peau avec une vigueur presque vengeresse. Ebranlé par ma crise de panique, je fermais les paupières avec une lourdeur qui me fut pénible alors que chaque membre me tiraillait, chaque fibre de mon être se tendait, chaque parcelle de ma peau semblait crier avec hargne tout les malheurs et toute les horreurs de cette nuit qui s’étendait sans jamais se finir ; comme savourant le délice du supplice.

Avec une force, qui me paraissait à cet instant surhumaine, j’ouvris les yeux, braquant mes deux prunelles dans celui de mon vis-à-vis et, durant une demi seconde, je me pris à me demander ce qu’il faisait là (?), pourquoi lui plus qu’un autre était toujours là (?), pourquoi me soutenait-il avec cette force qui s’amenuisait sans pour autant me lâcher (?), comme si me laisser tomber semblait inconcevable alors que de mon côté, briser le contact entre nous me fendrait le cœur d’une douleur étrangement familière ; alors agrippé comme un naufragé au tissu de ses vêtements, à cet instant imbibés d'eau, comme s'il me retenait à la vie, m'empêchant de couler dans la noirceur infinie des environs.

parce qu’on t’a déjà lâché
dans cette forêt sans pouvoir y réchapper
alors que la vie te quittait
à cet instant, plus qu’un autre, tu ne voulais pas t’en aller


Tu ne voulais pas,
Une fois encore,
Oublier.

- Vito ...

Fébrile, je forçais sur mes jambes, râpant le sol de mes pieds nus avant de pousser mes muscles à me redresser et, avec son aide, je réussi tant bien que mal à me relever alors que nous paressions pitoyables ainsi prostrés sur la route sous les vagues glacés des lames humides, alourdissant nos corps, effaçant les traces sanguinolentes, effaçant par quelques gouttes toute trace de ce moment volé, que l’ont auraient pu prendre pour insignifiant, qui nous paressaient à cet instant presque insensé, à la manière d’un rêve onirique si réel que la réalité et le mensonge auraient bien eu du mal à se différencier.

Sans attendre un instant de plus, je le serrais contre moi, enfouissant mon cou dans sa nuque alors que ses cheveux poisseux recouvraient le haut de mon crâne et si quiconque aurait pu paraître gêné ou voir ce contact d’une manière déplacé ou d’un mauvais œil, je n’en avait, à cet instant, absolument rien à faire. Sentir sa chaleur, se réfugier dans quelque chose de familier et reconnaissable, entendre le tambourinement d’un cœur, berçant par la même mon rythme cardiaque qui semblait petit à petit se reprendre alors que mon souffle se faisait toujours rauque, était une délivrance. Comme reprendre son souffle après avoir fait à cent mètre, comme respirer après avoir été en apnée, comme inspirer après avoir retenue douloureusement sa respiration.

{J’}avais eu si peur.
{Elle} avait eu si peur.

Et j’avais beau me creuser la tête, aucun souvenir ne me revenait en mémoire et cet état de fait me fit légèrement paniquer... j’oubliais de plus en plus de chose, de plus en plus souvent, en quantité de plus en plus conséquente. Je me perdais moi-même sans plus me reconnaître et il me semblait que cela faisait des années que je n’avais pas été aussi proche de mon colocataire, que je ne m’étais pas à ce point dévoilé ; je n’avais jamais été aussi fragile, aussi faible. Cette idée même me donnant l’envie de vomir alors que j’inspirais un peu plus difficilement la flagrance qui se dégageait de lui et qui m’apaisait avec une efficacité étonnante.

- Vito je... je-...j’ai froid...

( un murmure )

Alors fonctionne corps de malheur.
Détache-toi et avance, oublie ta peur.

- Vito je... j’ai peur...

Arrête de geindre, reprends ton sang-froid et ton air blagueur.
Retrouve ton sérieux et cette fausse bonne humeur.

- J’ai peur... Vito.. ! Je veux pas oublier... ! Je-...

Or, peut-être chuchotes-tu ses mots incompréhensibles,
Sachant qu’un jour peut-être, jamais ses souvenirs te serons accessibles.

- Je sais pas ce qu’il s’est passé je-... je... Je ne me rappelle plus la... la dernière fois que j’étais conscient et je... je me suis retrouvé là et... je... pourquoi... ? Je... J’ai peur Vito... Je crois que je débloque... Je comprends plus rien... Je... Putain mais qu’est-ce que tu fais-là ?!


( à peine inaudible )

tremblant contre ton ami
te sachant perdu dans l’oubli
tu voudrais pouvoir t’échapper
mais personne ne détourne sa destiné


Ah, il fait parti de toi, comme un prolongement de ton être, un ami, un frère, une personne de confiance et pourtant c’est avec facilité que tu l’oublieras, alors que ta mémoire défaillante t’enlèveras le don de parole comme pour te punir de ta non vigilance et de ton arrogance. Te donnant la chance de recommencer une nouvelle vie pour la deuxième fois, comme si ton existence même échouait continuellement, appuyant sur le bouton reset par simple amusement de te voir une nouvelle fois te débattre dans ce monde qui n’est pas fait pour toi.

ah, tu le sais
tout au fond de toi
que cette soirée
sera la dernière fois.

codage par bb joy
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