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crépuscule d'apocalypse ▪ Virayland
 
myosotis
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Symbole : Un couteau
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Avatar(s) : Yoon Taemin - What Lies At The End
Lun 4 Juin - 2:35

L'hôpital prend toujours à la gorge. Il y a un parfum ici qui conte la mort et tord les boyaux des vivants : ici le blanc est couleur vertige. Ray y rentre en chancelant ; de toute façon : il ne peut pas faire autrement. L'estomac lui remonte dans la gorge et sans doute s'échapperait-il si celle-ci n'était pas nouée. En tous les cas il claudique sur ses deux jambes bien valides, car c'est qu'il reste un spectre clopinant et que peut-être il ne sera plus jamais qu'une ombre amputée dans le méandre des vivants. C'est malheureux, mais il faut se raccrocher au seul soleil valide pour se refaire une obscurité :
Vito.
Sa jambe traîne derrière lui mais c'est car elle est alourdie d'un boulet de douleur. Il ose à peine le regarder dans les yeux car Vito rayonnant (toujours) de désamour a bien fait comprendre qu'il n'a plus le droit d'affronter son regard au joyau rare de sa présence, c'est une attitude princière dont Ray s'est lui-même doté plusieurs mois auparavant. Les têtes tombent vite au royaume du mépris. Il balbutie une salutation larvaire et rentre les épaules comme les chiens qui savent qu'ils sont punis.

En fait, il n'a pas vraiment dormi. Enfin, ce n'est pas difficile à savoir : Ray a dévoré le sommeil depuis bien longtemps maintenant. Mais il dormait lorsqu'il a reçu l'appel et depuis on a creusé des lits sous ses yeux, car on sait déjà qu'il va y couler des rivières. Sa respiration est soufflante comme un cratère et il ne sait pas encore s'il faut parler, bouger, partir. Il oublie très facilement qui est Ray dans le sillage de Vito : et devient un abîme sans lumière. C'est très drôle, car il n'y a pas si longtemps
il n'y a pas si longtemps -
ah oui, à cette époque : le soleil, c'était lui. Un éclat peu commun d'une arrogance jaune amer ternissait tous les autres. C'est un goût
que Vito connaît.
Mais il a sans doute oublié. C'est qu'il a été recouvert par un méchant parfum de sang.

Donc, il faut être adulte. Il lève la tête comme un adulte et revoit les anges souillés comme un adulte, car Ray a le regard clairvoyant maintenant de quelques marins qui ont trop visité les abysses, et essaient de se rappeler du jour. C'est vrai, il n'y a presque pas de honte à regarder Vito ainsi, à voir le contour émacié de ses épaules et l'azur terne de ses iris, à revoir sa figure sans angélisme enfin lavée de la brume. Car il y a des choses plus importantes que la honte. Il inspire très franchement,

‹ Écoute, Vito ›
Ah, il ne peut pas le dire.
‹ je savais ›
IL NE PEUT PAS LE DIRE
‹ pour Harland, je veux dire ›
IL N'A PAS LE DROIT DE LE DIRE
‹ j'ai menti. Je savais déjà qui c'était. ›
Mais qu'IL revienne, il a encore neuf autres doigts à mettre en gage, deux bras deux jambes (une ?) tout jusqu'à son cœur noir pour racheter la faute colossale de chacun de ses souffles - mais enfin, ça ne sera sans doute pas assez. Il est assez mort là-bas, et pas assez mort ici, et même bercé au repos chantant de sa propre médiocrité, il arrive encore
à frauder.
C'est dit à demi-mot : que c'est de sa faute. Pourtant voilà, Ray a embrassé depuis longtemps la chambrée amoureuse de ses fautes, et donc il n'a pas de gêne à l'ouvrir aux autres. Peut-être tout juste a-t-il peur (de voir les cicatrices qu'il a fait fleurir) - mais ces regards-là ne lui donnent plus de couronne, et il a arraché celle d'Harland avec ses vieilles mains cruelles. Il déglutit mais c'est parce qu'il sait que c'est la fin. ‹ Je pensais juste qu'il fallait que je te le dise en premier. › Il regarde brièvement ses pieds pour se rappeler qu'ils sont sur terre, et que sur terre ils traînent dans les hôpitaux, et qu'ils traînent dans les hôpitaux par sa propre responsabilité. Ses doigts menteurs font un peu crier le plastique d'un bouquet de fleurs en le resserrant sur son cœur, et du regard il cherche le numéro de la chambre, car il est prêt, car il n'est pas prêt, car ses yeux sont secs : et n'auront plus jamais rien à offrir à Vito.  ‹ On ferait mieux d'aller voir Harland. ›



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