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les amants d'un jour ≈ Madame (fini)
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Mer 4 Avr - 23:57


Les flots sont revenus frapper aux berges et Léo se hâte de quitter les quais, pour s'élancer à la ville et mieux laisser derrière ce mauvais jardin d'amour : il n'a pas le temps d'aimer aujourd'hui ! Il passe sa veste de charme et se rend en avance aux cours d'azur : au revers du printemps, il se tient bien prêt à ensoleiller les colombes de grisaille. Lorsqu'elles apparaissent, elles chassent les nuages d'un coup de leurs ailes blessées, et il déchire le ciel de son sourire en rayons. ‹ Lola ! › D'un geste de grandiloquence ravivée, Léo tire à lui l'attention de jolie Lola. ‹ Bonjour ! J'espère que vous allez bien. Encore joyeux anniversaire ! › La galanterie ne tonne pas dans l'ignorance aux orgues Cavalieri : il est bien étudié et doré de fleurs vernales pour Madame. Il faut le rouge à ses joues de tristesse et du bleu qui rit à ses yeux étangs : c'est qu'il aime la voir rire, surtout, aime que ce soit grâce à lui. Léo serre gentiment sa main de grâce, et ouvre le bras vers le café.

Il ne craint pas l'hiver autant que ce soleil de mauvaise augure-là, alors pour s'en détourner ils vont à l'intérieur, où il pourra briller seul. Son sourire est une arrogance bien douce : c'est comme ça que l'on panse les plaies qui courent sur vos plaines Lola. ‹ Je vous ai promis un cadeau, alors vous pouvez commander ce que vous voulez. Je vais prendre un café liégeois. › Il n'a jamais honte de briller au visage des tristes mines, et il voit comme celui-là a besoin d'héliotropes : il sait comment fleurir les gouffres d'ombre des madones en peine. ‹ J'espère pouvoir vous redonner le sourire, vous savez. Vous ne méritez pas d'être triste, et vous êtes charmante quand vous souriez. › Au bord de la table, Léo est éclatant pour chasser vos nuages de chagrin, Lola : vous êtes plus belle lorsque vous riez. Et lorsque les bleuets s'énamourent, les roses ont bien peu d'importance.


 
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Jeu 5 Avr - 21:48
voilà les bienheureux
bonjour léo.
c'est stupéfiant - elle paraissait si triste
lola face à léo était une mauvaise lune, qui ne méritait la lumière d'aucun soleil - elle le savait à présent
lola dans les bains de foule savante avait perdu toute la grâce du paradis pour devenir cette fleur d'enfer et de sel, qui va chercher son eau d'amour sous un soleil plus joli qu'elle ; en vain.
lola lola était une grisaille plus profonde qu'une simple triste mine, qui creusait sur son visage les sillons d'une humanité épuisée ; elle était asthène le teint pâle moins joli que malade, les cheveux brodés en bordel de bleu et de brun. elle restait belle - mais elle n'était pas charmante
elle exhumait des maux que seuls les attentionnés pouvaient comprendre, d'une fatigue de femme triste qui ne lutte pas. lola - où est passé ta superbe et ta folle envie de rire avec le bel-ami, ton œil fatigué nous fait du mal.

léo est beau et elle n'est pas le moins du monde jalouse (si ce n'est cette honte de se sentir laide), elle est venue là pour se saoûler de sa lumière de sa joie de garçon d'atlantique, si loin d'elle ; c'est ça le problème au printemps, lola sourit mais
elle n'est plus
heureuse.

ça va, merci.

sérieusement ? lola, pour la première fois

((tu ne mens pas bien)).

mais voilà elle se laisse volontiers charmer par la galanterie de léo, qui a d'habitude toute la maîtrise de ses attentions. pourtant en ce jour de fête son esprit vogue sur un autre fil, un gouffre de malheur où madame s'est jeté où toute une vie a été sciemment mise en éclats
elle repense
à lui
vous êtes adorable.
à eux
je vais prendre un latte alors, merci beaucoup.
il ne faut pas trop y penser paraît-il que le temps atténue la douleur mais comment était-elle censée sauter par-delà cette crevasse de malheur cette faille sans fond sans lendemain sans- elle ne savait pas quoi faire
et toujours pas quoi dire




. .


. . .


il ne faut plus pleurer lola
de l'autre côté de la table elle pose des yeux débordants sur les lumières environnantes - léo est la plus belle
elle l'écoute parler pour étouffer le reste et
et il lui semble
que ça marche
merci léo, vous l'êtes tout autant. si ce n'est bien plus elle ne se supposera plus la grandeur du soleil - cette fille des ombres bleuettes n'a plus rien à offrir à ce monde radieux. elle sourit un peu mieux et baisse un regard timide sur ses mains, elle sait toujours faire ça.

je mérite pas beaucoup de choses mais non non ne pleure pas ah, désolée. il ne faut pas être dramatique comme ça, et confondre le torse de léo avec la longue ravine des plaintes ; madame n'aurait pas aimé. elle le toise à nouveau le regard voilé mêlé de mélancolie comme d'une indifférence chagrine
c'est juste que... je ne suis pas en forme en ce moment, mais ça va se reprendre promis ! je suis navrée de vous imposer ça... j'espère que vous n'avez annulé aucun entre rendez-vous pour moi.

puisqu'elle ne mérite rien.

racontez-moi plutôt ce qui se passe par chez vous, vous me changez les idées.

ah c'est bien vrai ça ! si elle ne peut plus briller, il y a toujours le lanceur de couteaux pour lui faire oublier
la monotonie des jours futurs.
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BY MITZI
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Lun 9 Avr - 18:05


C'est déjà l'heure des averses de mars : Léo ne s'attendait pas à la pluie aujourd'hui ; sabordé dans son cœur d'or, son œil s'arrondit aux premiers nuages, et il tend une main de sable pour endiguer cette vilaine rivière de printemps. ‹ Oh Lola, voyons, ne pleurez pas. › Il offre à jolie Lola un bouquet de coton joliment noué sur sa langue ouatée, et un mouchoir pour boire les larmes : Léo a le cœur fendu de bleu. Nimbé du halo des jours heureux, il lui promet l'éden sur un sourire angélique. ‹ Je suis certain que vous irez bientôt mieux. Vous méritez bien cela, ne vous dénigrez pas ainsi. › Il demande à ce que les séraphines ne se rongent pas les doigts : ça serait une douleur lèse-majesté pour les spectateurs de l'azur.

Pour bien tarir cette source bloblotante, Léo se pare de son meilleur printemps, où les fleurs s'élancent vers le ciel et où l'air est frais comme le renouveau : abonder de lui-même, c'est bien ce qu'il fait le mieux. Retranché noblement de son côté de la table, il accueille l'odeur du café frais avec une gaieté solaire ; mais en bon gentleman, attend que Madame soit servie pour entamer. ‹ Ah vous savez, lorsque le cirque est fermé, je ne suis qu'un flâneur. Mais avec les beaux jours, je suis un flâneur heureux. › C'est vrai que le bonheur est simple au soleil pâle - c'est de la crème fouettée et Lola aux yeux brouillés. Que dire d'autre du printemps : il n'a pas la tête à parler des rosiers qui se refont des épines. Léo sourit doublement sur son crève-cœur, et sa voix cabriolée enjambe des fossés de malheur. Il soutient fermement son menton au dos d'une main auréolée : du bout des yeux, il consacre les jacinthes, pour leur rendre la lumière qui leur est dûe. ‹ Même si vous êtes triste, le soleil brille toujours sur vous ; c'est que vous avez droit à la lumière vous aussi. Ne l'oubliez pas si facilement. › Car il est convaincu que si le monde oublie d'illuminer la douceur de votre cœur de lin, ah ! Le monde peut bien brûler. ‹ Vous êtes certaine de ne rien vouloir manger ? Je vais passer pour un hôte bien pingre si vous ne prenez que ce petit café. ›



 
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Dim 6 Mai - 23:35
à l'envers, je vois l'immonde en rose
lola se fait une fleur ambrée tissée dans les promesses de léo. puisque c'est lui, elle s'est déjà perdue dans l'éclat des rayons joli-cœur, sans plus ciller quand on lui dit de faire taire ses larmes. ils ont tous raison les bienheureux : bientôt on viendra l'embrasser pour de vrai et lui pardonner volontiers tout ce qu'elle a commis ; alors en attendant, elle prend volontiers cette main et ce cœur gentillets, pour se refaire une beauté à la lumière des nouveaux astres - et éponger bien vite les tout petits sanglots qui font de Madame une bien vaine alliée une fois le soir venu.

ah mais tout va bien : puisqu'il y a le soleil ! puisque l'on veut l'amuser sur les terrasses des grands boulevards, elle pourra rire comme à paris, et se confondre avec bonheur dans les grands jardins publics où on la nomme lola.

je ferai de mon mieux alors, pour vous. vous non plus ne méritez pas votre place au spectacle de lola qui s'effondre, moins tragique que dramatique elle se bâtira un sourire monstre pour contrecarrer tout ce qui pourrait empêcher ce soleil-là de la bénir de sa lumière. ah oui pour lui - elle s'exclamera toujours. c'est vrai, il fait drôlement bon en ce moment ! tant que vous ne manquez de rien ça fait du bien d'aller à la flâne, et de prendre un café ou deux. sa risette se fait plus jolie sous les bouleversantes gaietés de léo, charmée à vrai dire, par l'idée qu'il réserva une partie du jour pour la rendre heureuse - ça la fait rougir, de la plus jolie des manières. c'est vrai ça, si le soleil brille qu'il brille sur elle ou ne brille point du tout ! elle ne se sent plus fade à ses côtés, son cœur vibre d'un nouveau châle d'azur, qui étouffe les petites banalités du désespoir.

oh ! vous avez raison. je ne sais pas où j'ai la tête, je crève de faim. c'est faux mais ça fait moins forcé ((elle recommence)) - et pourtant lola s'accroche éperdument à ce petit morceau d'allégresse. le café venu elle recommande quelque chose, des gourmandises dont on oublie facilement le nom et que l'on trouve dans tous les cafés. elle dit toujours merci et se penche à nouveau vers le drôle, bercée par l'ivresse que lui fait le beau temps.
on ne s'était pas vu depuis un moment, pas vrai ? vous me manquez, léo. toute l'amitié d'une femme mariée se retrouvait dans cette phrase, elle la lance avant de prendre une gorgée de café tant qu'il est encore brûlant. vous êtes drôle. enfin, ce n'est pas péjoratif, du tout ! vous me faites vraiment rire. et ça fait du bien, non ? une vieille fille comme moi a besoin de ça, de rire.

mais ça c'est très péjoratif ; elle se retourne pour attraper quelque chose dans son sac, son rouge à lèvres et un miroir de poche (excusez-moi), pas vraiment à excuser ce n'est que de la politesse - ce n'est que du rouge à lèvres.
elle interrompt tout pour en remettre concentrée sur le miroir, puis reprend, illuminée, un peu rouge partout maintenant.

vous faisiez quelque chose, avant d'être artiste ?

mais je crois - qu'il ne l'entend plus.
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Jeu 17 Mai - 16:08


Mais riez Lola, riez ! De voir les jardins s'ouvrir de bon cœur, Léo se sent pousser une fleur unique d'arrogance, et il se demande : comment a-t-il pu se laisser découvrir ainsi ? Maintenant qu'il retrouve sa corolle rougissante et que son sourire se colore d'un soleil vaillant, les averses du printemps lui semblent bien dérisoires. Les nuages peuvent bien revenir, et la nuit peut bien tomber, mais la certitude donne un goût sucré d'absolu aux jours roses avec Lola, et Léo, Léo ! Brille comme un phare en plein jour. Un rire clair comme les sources tombe en cascade de ses lèvres, ça secoue les épaules et illumine la poitrine ; et entre ses cils ensoleillés, il retrouve la merveilleuse : il sourit de la faire sourire, car c'est que cela suffit, car c'est que le ciel n'est pas mort. Alors, en vainqueur romain : il boit son café, et y laisse la trace d'un bonheur sans-gêne d'être lui-même.

‹ Je vous en prie, ne vous dévalorisez pas. Si vous êtes une vieille fille, je crois que l'Amérique est en décrépitude. › Et il rit de sa propre certitude. Toutes les teintes d'or des lions sont celles des rois égoïstes, et dont le cœur a été renversé. Chaviré par Lola belle de jour, il l'excuse pour qu'elle se refasse une beauté bien sûr - enfin, qu'elle rougisse un peu plus la joliesse déjà éclose sur ce visage, car Lola est déjà si belle ! Dans les miroirs, elle brille comme mille étoiles furieuses et sa nuque sent l'absinthe des jolis jours. Lorsqu'elle se remaquille, un empire s'effondre, et un roi s'énamoure de ses cheveux noirs comme l'amour, et du corset où elle cache un cœur de verre. Lola a un nom en rosier, et son reflet est celui d'une reine de l'orage : elle se reconnaît entre ces reliures d'or écaillé et un vieux miroir, mais à chaque battement de son cœur BAM un autre tombe BAM celui des seigneurs sans royaume ou des lauriers sans soleil mais MAIS MAIS
Mais voyons !
Ce n'est pas Lola !

Le soleil revient d'un nuage : Léo interroge un peu Lola de son regard rosier, pour savoir combien de temps il a été plongé dans le noir. Mais il faut reprendre, voyons ! Il rit encore (mais sa voix est crevée de vermeil), et embrasse à grand hâte le printemps et le parfum des cafés d'occident, ‹ Oh, pardon. Je me suis perdu dans mes pensées. › Mais oui, souvenez-vous : c'est le lanceur de couteaux, qui a un grand verger d'insolence au cœur. Si son œil s'égare c'est qu'il pense aux cibles, et si sa voix tremble c'est qu'il est trop saisi de lumière. Et si son cœur bat la chamade, ah mais c'est pour vous Lola : vous devriez le voir à la force de son sourire retrouvé, et au secret doux de ses regards. Rien ne s'est passé : aucune folie d'amour n'est venue lui enfermer le cœur. Vous devriez savoir qu'à son âge
à son âge on ne veut plus tomber des ponts. ‹ Je suis désolé, je ne vous ai pas écoutée. Pourriez-vous répéter ? ›


 
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Dim 1 Juil - 4:25
à l'envers, je vois l'immonde en rose
les hurlées ont vite fait de siffler aux oreilles de madame, qui serre les dents pour ne pas laisser passer la pluie - car lorsque celle-ci devient bleue l'on se retrouve bien vite inondé n'est-ce pas leo ! lola le sait très bien, elle est déjà venue au spectacle ; alors elle ne fait qu'épier la scène de loin de son œil-majesté plein d'ennui, puisqu'on n'y voit pas de couteaux

ici on ne lance - que des roses, n'est-ce pas leo ! et puisque les filles de bonne tenue ne se couvrent pas d'épines (pas plus qu'elles ne tombent des ponts, lola ne flanche qu'intérieurement et la noyade est dans une toute autre rivière), elle soulève le nom de rose comme une plainte lancée aux quatre vents. c'est triste : c'est à la morgue que les voyous comme vous ont leur première maîtresse.

ainsi elle effleure la crise et ferme les yeux sur la tempête, pour vous laisser vous reconstruire tout un ciel où briller - alors seulement elle pourra vous regarder en face et observer les affres du jardin secret
car lola ne sait pas faire autrement - car lola est une fille polie dans sa bonté, qui a conscience de la valeur de l'ego - car elle a bien pitié de vous, elle lève sur vous son regard de jolie fille aux joues roses
elle sourit - c'est rose
lève sa tasse - c'est rose
la porte jusqu'à ses lèvres - c'est rose et rose et c'est un peu écœurant, leo

l'on n'a pas idée de vous arracher d'elle au profit d'un essaim de fleurs nouvelles, qu'elle sait d'ors-et-déjà empoisonnées ; peut-être même mortelles ! les madame se mordent les doigts de voir que l'unique victime du lanceur de couteaux, c'est encore-lui même.

oh, ce n'est pas grave. je ne disais rien d'important. rien qu'elle ne sache pas déjà en lisant toute une vie sur l'encolure de votre chemise, ou la couleur de vos iris : sa nature d'impudence donne à lola mille sujets sur lesquels souffler des grandes conversations

ainsi son sourire s'ancre doucement, et ses mains se referment pour déposer plus de bouquets de fleurs sur ce cœur endeuillé -
quand le sien s'ennuie déjà sans vos blagues de bon garçon. mais les remous vous appartiennent maintenant leo, et si besoin, si le soleil se couche ! il y aura toujours lola pour vous extirper des rosiers. après tout, elle aussi a peur du noir.

je me faisais juste la réflexion que cela faisait longtemps que je n'étais pas partie en voyage. avec le beau temps qui vient, ça serait l'occasion. mais john ne peut pas trop quitter la ville vous savez, alors toute la famille suit. son rire bleuet éclot un peu grave mais nécessaire - douloureux mais bien présent ! cela vous arrive de voyager, vous ?
et elle dresse enfin une nappe gentille d'italie sur la table, pour couvrir vos jardins pleins de roses.
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Lun 9 Juil - 1:45


La plaine est tranquille lorsque Leo connaît le soir, que ses mains se dénudent de bouquets d'indécence pour saisir des mains absentes, et trop pleines d'épines pour lui. Il sourit toujours, comme le font les lions fiers avant de mourir à l'exil, et joint les mains sur la table. À chaque seconde égrainée sur les montres, Leo se meurt un peu plus, écroulé dans une liesse mortelle que les romantiques ont nommé fol amour ; mais il continue de sourire toutes dents dents dehors à sa tombe, car celle-ci est chaude et lumineuse ! Il trouve au sourire tragicomique de Lola une beauté nouvelle, qu'on ne cueille que sur les jalousies des rosines, tout à coup c'est une femme au cœur de miel et qui fait fondre le sien. Il l'aime tant ! De ne pas l'aimer ! Lola est à une distance kilométrique de son cœur désormais, et elle a une belle étincelle de fantasque délicatesse au coin de son œil bordé de l'écume des jours.

La risette de Leo ressemble soudain à l'été prématuré, il reprend ses aises sur le divan de la cabine, son coude va à la conquête impolie du dossier, et son rire, ah, son rire ! C'est une pièce de musée, car il est d'une grâce dorée, que Dieu n'a eu l'idée de lui offrir que sur son tonitruant lit de mort. ‹ Oui ! Vous l'entendez peut-être à mon accent, mais vous savez, je viens de Chicago. Et figurez-vous que j'ai fait le trajet entier en voiture, de l'Illinois à l'Oregon, sur un beau coup de tête. › Enfin, un coup d'aiguille à la frontière des réalités ; il tait ces choses-là mais Lola peut bien les lire dans les angles entrebâillés de ses belles paroles ; et même un étranger peut saisir la majesté glauque de ses yeux dépouillés de dignité, car assoiffés d'amour, ou peut-être est-ce l'inverse. Il hoche de la tête comme pour approuver lui-même son destin abandonné au bitume, ‹ J'ai peu voyagé outre ça, mais je pense que c'est déjà quelque chose de conséquent. Ça a été très important pour moi. › Il se souvient au fumet du café des diners anonymes où il a recueilli la splendeur nouvelle de Daphné encore inconnue, au-dessus d'un déjeuner quelconque, et où ses yeux sans océan donnaient des nouvelles vies à tout va. À jouer sur le rebord du caveau aujourd'hui : tout cela semble très loin.

Il se sent d'une belle petitesse au pied des jolies, déjà conquises par une plus grande fortune avant de les écorcher du fil cruel d'un couteau, c'est une très belle façon de se sentir vivant que d'avoir les poumons si avides du parfum de la mort. Lola sent bon, Lola est belle, Lola est une envie révolue et une parure de trop de valeur à son encolure de mauvais garçon. Il sourit, il sourit toujours, soudain même il a envie de rire, et d'élancer son cadavre fou de joie à l'assaut de la vie qui le quitte et qu'il délaisse - mais pas seul ! Il faut que ce soit avec elle, après tout même Leo et Lola, c'est une écholalie poétique de la tristesse. Leo frappe doucement dans ses mains comme on est frappé par la foudre. ‹ Lola ! › Il se penche un peu vers elle avec au visage la tendresse folle des petits garçons au regard clair, ‹ Dites-moi, voulez-vous que je vous emmène danser ? J'ai une folle envie d'y aller tout à coup, et ça serait si bien avec vous, bien mieux qu'avec des inconnues. › Lola ! Lola n'avez-vous pas besoin de danser ! Après tout, vous aussi connaissez bien la salle de bal des egos percés par leurs propres doigts.



 
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Jeu 12 Juil - 19:06
à l'envers, je vois l'immonde en rose
il semblerait que ce soit une terreur commune à vous deux que l'orée de la nuit - c'est un moment étrange où lola pleure car elle est seule, et où vous pleurez car vous ne l'êtes jamais vraiment. sa main finit de se perdre autour de son crâne pour récolter les derniers vestiges des soirées fauves, les traces d'ongle et la chevelure brunie ; elle sourit car vous avez tous deux le soin de dissimuler vos malheurs sous une épaisse couche d'amour.

oui, ça s'entend en effet. il lui semble également sentir les embruns des rivières courir sur la peau de vos mains, ça ne m'étonne pas de vous, c'est un long trajet que vous avez fait là. pas tout seul je suppose ? elle l'espère, mais le profil d'une seconde fille, plus menue que la précédente, finit d'apaiser ses soupçons. lola croit deviner que les roses ne peuvent plus pousser une fois poussées au bord du pont.

mais elle ne veut plus donner de place à ce genre de tourment - son œil azur se ferme à toutes les larmes et aux confuses neurasthénies du soir, car chaque instant passé à vos côtés écrase un peu plus la menace des mauvais jours - au profit du futile bonheur de l'amourette ; lola ne se déclarera plus jamais triste une fois à votre bras, elle trouve ça d'une incroyable impolitesse.

à l'appel de son nom elle relève elle aussi un regard frais pour le jour, un regard de reine qui miroite une couronne volée. vraiment ? mais oui, vraiment lola ! elle lance ça innocemment vous savez - vraiment ? avec pudeur presque, si l'on se rapprochait on pourrait presque sentir son timbre frémir, c'est le doux froissement de dix années qui s'envolent, et de la robe qu'on déplie pour s'en aller danser. ses fossettes de jeune fille heureuse apparaissent pour dire qu'elle se plaît volontiers de ce cadavre exquis ; les bonnes dames comme elle n'ont point peur des morts grand public comme la vôtre.

mais, mais volontiers oui, bien sûr ! lola finit sa bouchée et se livre au bras offert comme à la bouée qui la tirera de ses chagrins, le temps qu'elle y sera accrochée - avec ferveur, oui, et le délicat emportement de celles qui n'ont plus dansé depuis
depuis

elle s'est promis de rester joyeuse.

car les bleus carmins de madame lui font une jolie traîne de jour pour partir sur le boulevard saint-germain, et léo est toujours un bien bel homme où raccrocher son bras. elle voudrait rajouter en riant - vous avez de la chance, john n'est pas un homme jaloux, mais le nœud de sa gorge continue de se refermer sur les mots bleuets qui font mal. lola baisse un peu les yeux.

il semblerait bien que vous deux - ayez de sacrés rosiers au cœur ! il y a ça de tendre chez vous, il y a le sourire qui dit - merci d'être là - car oh, sinon, qu'en ferai-je, de ce sourire.

je suis désolée si je ne sais plus très bien danser. mais je ferai de mon mieux, promis.

lola rit et continue d'avancer, elle ne veut plus regarder les passants. il lui semble que vous allez très vite tous les deux : comme pressés d'aller danser là-bas, un peu plus loin, un peu plus près de tout ce qui peut vous briser.

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Ven 13 Juil - 2:22


Ils n'ont pas l'air de grand chose, pour les grands du dehors qui sont encore dans l'air du temps, ce sont deux drôles énamourés dont la poitrine a été percée de milles flèches envenimées d'une rancœur presque moqueuse. Haha, c'est vrai qu'aux cieux, on doit bien se moquer de Léo et Lola. De leurs sourires vaincus pour bâtir un pont entre les deux îles de leurs peines esseulées, un sur lequel on veut tant rester qu'on essaie de ne pas avoir envie de regarder en bas, avec l'accord tacite qu'on n'y arriverait jamais tout à fait : ni à ne pas songer à vide, ni à se savoir accompagné.

Et donc ça n'a pas l'air de grand chose, d'avoir suspendu à son bras une jolie pousse de bleuet domestique plutôt que d'avoir planté à sa poitrine un rosier sauvage, mais c'est pourtant beaucoup : c'est le bras tendre de Lola contre celui de Léo, qui y sent battre un cœur de moineau, et se demande comment est-il possible de piétiner une si petite chose sans la faire disparaître ; c'est le parfum de fleurs fraîchement coupées à sa nuque ; c'est la joie d'un l'amour trouble d'un étranger pour une étrangère, qui n’est pas tout à fait naissant, car il n’y a aucune chance pour lui de voir tout à fait le jour.

Léo rit bien avec Lola, et on entend encore sur sa langue l’étrange écho du doux-amer d’une innocence d'un autre temps, tombée comme par hasard de la bouche de Lola, d'un âge où elle ne devrait pas être Madame ; c'est que ça l'a comme éclaboussé, et maintenant la grande errance de ses idées roses se retrouvent gorgées d'un bleu d'enfant-reine. ‹ Mais oui, vraiment ! › y avait-il répondu, et il avait ri comme Léo riait souvent : sa voix devient tempête et c'est un court spectacle à gorge déployée. Ce genre de représentation a cessé d'être donné moins d'une heure avant, mais l'on sait bien qu'au royaume des roses, juste une heure est longue comme dix chauds hivers. Et pourtant : ce rire-là lui revient. Et ces gestes-là lui reviennent, voyez comme il a l'audace de prendre la taille de cette dame, du geste ni des maris ni des amants, et voyez comme il lui parle en se dévouant à elle, jamais au creux de l'oreille, mais comme si les autres oreilles n'existaient plus. Et alors, il a tendu son bras, pour guider Lola par-delà la mer, jusque là où il sera fou de vivre en étant eux.

Car pour elle en cet instant, il trouve la rue supportable et se souvient de ce que c’est que d’être conquérant : moitié pour coudre un mensonge sur son cœur, moitié car épris d'amour ses yeux fuyards veulent lui mentir, et lui rendre plus douce sa maladie. Pourtant il adore Lola, du verbe adorer, et c'est pour ça qu'il trouve merveilleux de l'avoir près de soi, pour oublier qu'il existe des histoires qui finissent mal, pour oublier qu'il ne sait plus tout à fait être Léo. Ses pas ont l'audace des lions qui ne connaissent pas les arènes, et il ouvre grand sa voix comme il l'a fait autrefois, dix chauds hivers auparavant, en ce temps-là où Léo était encore un fou de joie. ‹ Je sais bien que vous faites toujours de votre mieux, Lola, et je suis certain que vous n'aurez pas à vous excuser. › Il flatte, mais c’est avec sincérité ; il y a une vérité crépusculaire sur la chaude affection dans sa voix, comme s’il n’y avait pas d’égarement, comme si en sa compagnie, il était si facile d’être Léo. Et lorsqu’il poursuit, c’est encore pour eux deux, seuls dans l’océan des badauds : pour le secret charmant de leurs cœurs éplorés et en joie. ‹ Vous n'avez pas à vous inquiéter. Je resterai près de vous : et vous n'aurez qu'à vous laissez faire, si vous me laissez vous montrer. › Pour trouver Madame, et pour trouver le lanceur de couteaux : maintenant, c’est aux pistes sans heure que vous pourrez entendre leurs rires de printemps.


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