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dormir le sommeil des pommes — Coquelicot (fini)
 
myosotis
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Sam 23 Déc - 3:29



je veux dormir le sommeil des pommes
et m'éloigner du tumulte des cimetières.
je veux dormir le soleil de cet enfant
qui voulait s'arracher le cœur en pleine mer.
——

Ivan remplit son poumon de l'orée des vertiges, pour défier la fleur de barbelé tissée sur ses côtes. Ses tempes choyées du soleil qui lui manque sont tièdes et saturées d'ailleurs, et il sent que l'air ne va jamais jusqu'au bout de ses veines, il se sent bleuir, d'être trop plein jusqu'au noyau de la terre : débordant de bruyère, il craint de s'écouter, roulé de tonnerre. Sa main s'est figée dans l'avant-midi, il a trop appris à craindre les poignées des portes : il redoute les fleurs qui déterrent sa noblesse du silence, pour la délier de la morsure de sa honte des prés. Il y a longtemps qu'il s'interroge au pas des portes et on commence à se retourner sur lui. Son front se renverse douloureusement sur le cadre de la porte, pour voir s'il peut forcer les idées à le fuir : mais il ne se remplit que davantage de l'odeur du métal, et il entre.

Les parfums le balaient comme la houle : il doit serrer les yeux pour ne pas se sentir dépossédé des jardins, tout abreuvé des couleurs et des champs de bataille, d'être trop plein des fleurs. Il doit reprendre son corps au verger : il inspire plus profond encore, et son souffle lui semble fait d'un plomb bien vert. Du regard, Ivan cherche un peu en cachette de lui-même la fleur des champs. ‹ Vous êtes là ? › Il ne veut pas y rester trop longtemps : déjà ses doigts deviennent impatients de goûter aux lilas, et il se sent déjà assez contaminé de tout, assez saturé des verdures et du ciel : il voudrait se souvenir de comment se couvrir de blanc, et un peu de repos.

Coquelicot apparaît enfin, et Ivan accroche sur lui la mollesse de son regard allumé. ‹ Je › Sa voix part plus bas encore ; il oublie soudain comment parler. ‹ en fait › Parce qu'il se souvient trop d'autre chose, et c'est fatiguant - ‹ j'ai fait un rêve et › Ivan très vide, très plein à la fois. ‹ je peux boire quelque chose ? › Et il a peur de trop de soleil.


 
magnolia
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Dim 24 Déc - 0:13
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•••••••

Planté comme un épouvantail au milieu du jardin il
entend le vent murmurer sur sa peau et
lecher l’amer de ses lèvres en
coulant en arabesque dans
le fond de sa gorge.

C’est agréable d’être ballotté ainsi entre ces quatre murs et fermant les yeux il pense presque pouvoir se laisser tomber ainsi dans les bras du vent.
Il chuterait à terre bien évidement.
Contre le sol dur.
Mais il ne sentirait rien s’il s’endormait avant.
Car le sommeil adoucit toutes les douleurs,
il ne le sait que trop bien.
Ce sommeil qui le traine au fond de son être
Ce sommeil qui lui chante toujours dans un coin de la tête.
Ce sommeil contre lequel il ne peut pas lutter.

Et oh… comme les paupières sont lourdes… et comme la tête est pleine
Des idées et des peines et de fantômes qu’on aimerait retenir à soi.
Mais qui ne sont plus-là.


Heureusement il y a une corde qu’on lui tend avant son grand saut dans le vide, une paume ouverte prête à le tirer et qui ne porte que trois mots dans le creux de ses doigts : Vous êtes là ?
Et ses yeux s’ouvrent dans le vent le sourire aux lèvres il secoue la tête.
C’est l’apostrophe du vous dans cette voix encore jeune qu’il reconnait si bien. Rentrant dans sa boutique le tenancier rêveur ferme les portes de ses jardins ensommeillés.

Au milieu des fleurs, des gerbes de pétales il trouve un petit moineau
« Ivan » et son nom sur ses lèvres forme un sourire, une douceur dans l’intonation, une tendresse dans la langue qui vient forger les mots contre le palais.
La lenteur de ses dires vient se choquer à la voix essoufflée du moineau qui piaffe, dans son bec s’entrechoquent les syllabes paniquées, les mots perdus qui font mal au coeur.
Le sourire se fige et les sourcils se froncent d’inquiétude pour cette petite silhouette sombre au milieu des couleurs, cahotée, chahutée dans des vagues d’angoisses.

Coquelicot s’approche doucement. Doucement. On effraie pas les moineaux.
Il lève une main dans un geste lent retirant des cheveux bruns quelques feuilles tombées de ces plantes voltigeuses embrassant les luminaires.
« Ça va aller Ivan » Et il le pense vraiment, chaque mot, chaque fibre de son être est prête à faire en sorte de cela. Sa main laisse choir les feuilles et vient se poser sur la tête brune. Coquelicots aime bien les enfants, ils ont les cheveux doux et la tête pleine de songe. Mais celui-ci a la mémoire lourde et le coeur lesté d’obus. Il caresse les capillaires indiscipliné un instant, mais pas trop, il ne veut pas que son contact le mette mal à l’aise.
Même s’ils se connaissent maintenant.
Glycine sur son épaule
« Viens donc t’assoir je vais faire chauffer de l’eau. Tu veux manger quelque chose ? Il doit me rester du gateau. »

Il lui désigne cette petite margelle qui borde le jardin.
Cette petite frontière entre la boutique et la jungle.
Ce petit terrain neutre où l’on a les pieds dans l’herbe et la tête à l’ombre.
La ville dans le dos et les plantes devant des yeux.
Le glouglou de la bouilloire siffle dans le silence et bientôt les odeurs s’étendent quand il jette dans l’eau chaude :
Des feuilles de framboises et des fraises sèches.
De la camomille et des bleuets pour soigner le coeur.
Et pour réconforter de la vanille et une cuillère de sirop d’agave.

« Tiens. »
Réchauffe donc ton coeur, brave petit soldat, songe t’il alors qu’il s’installe à ses côtés sur la margelle chauffée des rayons du midi.
« Raconte moi, Ivan. »

Tu répètes son nom comme tu murmures un psaume
Tu le nommes comme un chant plus beau que l’angelus.
Parce que tu veux lui rappeler qu’il n’est pas dans l’ombre,non.
Qu’il est important.

 
myosotis
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Jeu 28 Déc - 16:49



——

Coquelicot contre lui est comme fleur sur son col, rouge et sans ombrage : c'est un jardinier doux comme les tombes. Ivan laisse à cette main molle un peu de la lourdeur des champs d'Allemagne, qui éclot sauvagement sur le cœur, et se souvient de la brutalité des pétales dans un soupir. Il détache l'ombre crue du siècle sur son œil d'enfant, et il va se cacher à la margelle. Il est abandonné au silence juste assez longtemps, pour goûter encore au feu sous sa peau, tiède et fier comme une fleur au fusil : les herbes enlacent ses chaussures comme rappelées à son ombre familière, et ça et l'écho de son nom, quatre lettres de chardon, ça lui rappelle qu'il est Ivan, avec la douceur des prairies et sans visage. Il pourrait partir, maintenant, ça serait assez de se souvenir de la droiture de sa lumière : mais n'est-il pas encore accablé par les canons, il ne peut pas nier à Coquelicot l'hémorragie des balles, n'est-il pas trop jeune pour mourir au bois ? Il ne veut que se souvenir du soleil. Le fumet du thé balaie sa tempérance de guède et découvre son front léonin d'ardeur. ‹ Merci. › En revanche : il parle toujours trop bas.

Peut-être que la faible brûlure de la porcelaine à ses doigts le rassure : c'est un affolement familier de sa peau, c'est un souvenir tranquille. Ivan dans le silence de midi divise la lumière sur ses cils d'ombre, et y cherche le sillon d'une tranchée, peut-être sur sa joue ou en Basse-Saxe. Il a honte un peu de découvrir les étendues des forêts qui se réfugient dans sa nuit, belles comme un petit matin qu'il sait pourri de corps injustes : il ne veut pas donner de mots à ces flammes, pas tout de suite, pas tout de suite, est-il déjà à terre ?
Mais Ivan auprès de Coquelicot se sait trop jeune pour goûter la terre. Il veut la douceur et lui préfère un parfum de thé fleuri.

‹ J'ai rêvé du soldat, il marchait dans un champ en Europe. › Il garde un moment sur sa langue l'envolée d'un fruit rouge, et la valeur précieuse du silence. ‹ Enfin, c'était comme si je voyais avec ses yeux. Il, j'avais, du mal à marcher, les herbes étaient hautes. Ça sentait la poudre et la fumée mais il n'y avait rien du tout dans le champ. Ni bataille ni ruine. › Un temps de brise — ‹ Après avoir beaucoup marché, toute l'herbe se raccourcit d'un coup et enfin, vous avez vu les photos des camps peut-être, il y avait tous ces gens très maigres qui me fixaient. C'était triste, c'était vraiment triste, je me suis senti bête de m'être plaint de l'herbe. › Ses paupières se referment chaleureusement sur un pré de souvenir : dessous les cils, il peut redessiner les os de jeunesse, qui ont faim d'humanité. Ce n'est pas son vertige : mais son sang se renverse pareil. L'étranglement de tous les sens juvéniles dérange ses tripes roses. ‹ Le pire je crois, c'est que bizarrement il faisait toujours  très soleil. › Mais c'est déjà trop d'héliotrope indigne pour lui : il a trop donné de voix pour la chimère, ça y est, il déteste sur sa langue l'amertume des regrets. Il court au fil de sa pensée et va pour le couper d'un tranchant de baïonnette : ses yeux s'ouvrent grand sur un jardin trouble. Il reprend à lui la faveur d'un temps révolu, il sort des fleuves et doit se refaire fantôme du siècle, Ivan au visage terne doit se refaire une peau sèche de quiétude. ‹ Ah, pardon, c'est pas très intéressant à écouter. Vous, ça va ? ›

 
magnolia
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Mar 9 Jan - 0:48
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•••••••

Les baskets tachées de ville sombrent dans l’herbe.

Ivan tu as dans le coeur une once de verdure que tu caches si bien.

Les genoux se frôlent presque recourbés, assis. Peut être qu’ils tremblotent parce qu’il fait froid. La pierre est chauffée du soleil et des coeurs et des peaux. Mais l’air est glacé par le froid
par les mots.

Ivan cette once de verdure, prends garde à ce qu’elle ne gèle pas.

Les mois sombres sont passés et ont dans leur sillage ouvert la voie aux vaisseaux de l’hiver. Et dans le trou de verdure ils ne font pas de quartiers.
Le froid endort les blessures, reveille les âmes, contraste avec la brulure douceâtre de la porcelaine des tasses entre leurs doigts rougis,
Qui tremblotent légèrement,
si proches
mais qui s’admirent sans jamais se frôler.
Coquelicot pose sur Ivan la caresse de son regard opalescent et vide.
C’est devant cette absence de regard et ce vague coloris de bleuets pâles qu’on parle le mieux.
Le fleuriste sait se taire et écouter chanter les moineaux qui d’une voix sans age content les souvenirs comme ces récits poussiéreux qui ont pris l’amertume et le poids des ans.

Le soldat.
Le soldat c’est un nom qui sonne comme proche. Le soldat est commun. Le soldat est un parmi mille.
Mais le soldat est unique.
Et il marche toujours au milieu d’un champ,
d’un champ de memoire empêtré de boue
où ses bottes s’enfoncent
où il peine
et halète
et ahane.

C’est la plaine mémorielle pleine de plaies.
Ravagée.

Tu écoutes tant que tu peux le récit de memoire dans la voix trop basse que tu aimerais relever en la prenant par la main.
Tu écoutes et tu observes, tu tentes de dessiner sur les traits de Ivan ceux plus vieux de cette âme dans la sienne.
Tu tentes de comprendre l’horreur des hommes que tu ne connais pas. Que tu ne comprendras peut être jamais mais que tu perçois comme un reflet coupant là dans sa pupille, entre deux battements de cils.

La confession cède sa place au trouble et aux timides floraisons des bourgeons rosis de désarrois. Coquelicot le coeur gonflé des rêves partagés d’Ivan refuse d’y laisser s’installer des mildiou d’angoisse.
Après les mots viennent le néant
La peur du silence
l’appel du vide

Ivan tu le crois vide mais tu as dans le coeur une once de verdure.

Coquelicot, prudent comme à l’approche des orties pose trois doigts sur le poignet de son voisin. Car c’est le contact qui chavire qui ne se fait pas trop pressant. C’est le contact plus que les mots qui vient murmurer à l’oreille.
"Je suis là
Je te tiens
Et tu ne sombre pas dans le souvenir.
Parce que je suis là, avec toi."

Et il sent le coeur pulsant à travers les veines, derrière la surface austère de celui qui s’impose la mort avant même d’avoir vécu.
Car il l’a vécu une fois sans être né non plus.

« C’est toujours important de dire ce qu’on a sur le coeur. Ça allait ce matin ? » quand t’es réveillé du souvenir ? Du songe ? Comment te sentais-tu ? A quoi pensais tu ? Avais-tu mal ? Étais-tu triste ?
Les questions ne soignent pas les blessures mais elles ne tordent pas les plaies. Elles assurent le geste quand il s’agit de passer le baume sur les contusions de l’âme. Et le voix de Coquelicot ne se fait jamais pressante, elle n’attise pas la braise du bout du tison, parée comme une ponctuation cornue.

« Bien sûr Ivan » Je vais toujours bien.
Et quel gros mensonge, ne pèse-t-il pas sur ta langue ?
N’est-il pas plus âpre que le gout du poison
Tu as encore la brulure sur la lèvre.
Tu force l’hiver dans tes veines pour te regarder flétrir.
Et tu te délectes d’être le seul a voir tes feuilles tomber.
Mais tu espère au moins que tes espérances putréfiantes qui n’en finisse de gésir au seuil de leur vie, viendront amoindrir la chute de ceux qui se jettent dans tes bras.

Mais tu lui offres un sourire qui perle comme la rosée, chauffée par les premiers soleils diurnes.

D’un geste il se lève et pose avec attention la porcelaine vide sur le bord de la margelle. La première a bien vite refroidi contre l’air hivernal
infernal
Songe-t-il, passant ses doigts sur les fleurs gelées des arbustes du jardin. D’un pot non loin il récupère deux petits sécateurs : posant l’un a ses côtés comme une invitation il sectionne avec attention les fleurs pourries et les feuilles mortes, allégeant les carcasses florales de leurs vaines parures.
« Tu viens m’aider ? »

Ivan tu as dans le coeur une once de verdure,
laisse moi t’aider à la fleurir.



 
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Lun 15 Jan - 19:21



——

Trois doigts sur son poignet blanc : un pour le fantôme des plaines, avec le coeur enterré à la bruyère. Un pour l'adolescence blanche, encore sauvage d'être inviolée. Et un dernier : pour le mensonge, éclatant au point du jour, qui écrase tous les bosquets. Dans l'estomac inconnu d'Ivan, une fleur d'éveil pousse tout de suite sur les mots acides. Il met des oeillères délicates à sa petite tête de verre, pour lui laisser la transparence du réconfort, et range un peu les mots durs dans les bras chéris de son silence. Mais il ne t'oublie pas, menteur jaune, son oeil reste accroché à ton écrin de paresse : tes trois doigts sont froids.
Il prend le sécateur pour ravaler les crues dans leur lit, il n'y a rien à voir sur les berges émues : il ouvre les doigts aux fleurs fânées, et comme toujours Ivan fait ce qu'on lui demande. Il coupe prudemment, la main paresseuse, la tête embrumée de soleil, d'avoir trop été conforté au petit matin et pas assez aux bourgeons qui meurent. Un edelweiss se secoue aussi ici bas, encore jeune dans la terre incertaine : il est abreuvé de sang et de larmes nobles, et fleurit en blanc pour lui. Un encens inévitable lui donne l'ivresse des vérités touchées, grimpeuses comme un grain de moutarde, mais une bravoure trop pétulante pour être convenable se délivre naïvement derrière ses iris, comme ses mains se verrouillent sur les lames vertes.

‹ Vous m'avez menti. ›

C'est trop doux pour être une gifle - mais les syllabes se découpent au rythme de la verve, encore secrète, mais réveillée sur les aurores qui portent son nom ; Coquelicot, il ne fallait pas tendre la main si vous ne vouliez pas qu'Ivan la connaisse. Maintenant il s'est hissé au soleil, et sur son coeur pudique se découvre la plaie vive de trop se croire aimé. Ah, n'est-ce pas toujours le même cycle des tempêtes : Ivan ne s'ouvre qu'en éclipse inversée ; en cette heure il est lumineux et il se croit trop brûler, il veut à la fois retourner en terre et battre les champs pour vous trouver.

‹ Non ça n'allait pas ce matin. J'avais envie de vomir et j'ai mis longtemps à me lever. ›
Son regard clair découpe toutes les brumes matinales, c'est un phare de vigueur nouvelle ; une petite ombre de lui-même s'éveille à la révolte des sentiments trop forts.
‹ J'ai envie de vous le dire parce que sinon vous vous me direz jamais rien. Et si vous ne me dites rien, vous savez, je ne viendrai plus. ›
Ivan se mord les lèvres sur sa prétention ; mais on lui a demandé de ne plus s'étrangler avec sa voix. Il sait qu'elle perce les horizons, et qu'il lui faut la garder à l'ombre des saules, gentille et chaste de la colère de miel : mais il est plus fort que lui, de serrer les mains qu'on lui tend, et puis de les lire fort comme les cieux. ‹ C'est toujours important de dire ce qu'on a sur le coeur, vous venez de le dire. › N'attendez pas d'Ivan qu'il abandonne les paumes terreuses où il s'est ressourcé, sans en graver les lignes dans sa mémoire ardente.


 
magnolia
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Mer 7 Fév - 14:16
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•••••••


Sous la caresse de la toile qui couvre ses genoux courbés, il y a la dureté du sol.
Celui ci est froid et gelé, et glace ses articulations comme une petite brûlure.
Les doigts sont rougis et le souffle chaud quand il dévoile ses volutes opaques devant les bouches
le nez
les yeux glacés comme couverts d’un voile
comme gelant les cils humectés par les globes.

Et les restes d’herbes craquent sous le pas d’Ivan quand il écrase leur mortel squelette de gel.
Les mots écrasent aussi les coquelicots, comme les enfants qui courent à travers les champs, rompant de leurs aventures les fleurs savages qui poussent, malhabiles, à l’orée des chemins.

Mensonges.
Menteur.

Il oublie quelques fois qu’il ne faut pas duper Ivan, contourner ses mots pour rester dans la lumière. Mais le mensonge a dans sa bouche des airs de deuxièmes voix, une si facile, si pernicieuse qui vient parler à sa place avant qu’il ne pense à ses mots.
Il repose le sécateur sur ses genoux, ses mains aussi, dans une posture humble peut être qu’il se recueil, demande pardon d’avoir envenimé ses mots de quelques gouttes de poison-mensonge.

« Oui c’est vrai ce n’est pas juste. Je te pose des questions et ne répond à aucune. » il penche là tête et observe l’enfant affairer ses doigts contre les long ciseaux, sectionner les membres morts des plantes glacées avec l’attention particulière des petits qui veulent bien faire. « ah, attention »  de ses mains il enveloppe les plus petite, raffermi leurs prise sur les lames salvatrices, intimant au reste du corps un mouvement régulier dans la coupe chirurgicale de leur patient deja mort.

Il ne voudrait pas qu’Ivan se blesse.

« … Et oui, pardon, j’ai menti. C’est mal et je ne devrais pas te mentir. C’est hypocrite. »
Coquelicot parfois tu oublies la véhémence du petit Ivan, et comment il est fier le lionceau qui s’éveille et comment ses yeux te fixent et transpercent et lisent à travers toi comme à travers tout le monde. Car il est sans repos et pourtant en retrait connaissant les autres mieux qu’il se connait lui même. Et parfois le coeur te pince en te disant : mais ce n’est qu’un enfant.  
Et les enfants ont ce droit à la chimère à l’oubli.
Et à la cécité sur les affres et les trous noirs de l’âme.
Et aux paupières closes sous le poids des misères d’autrui
qu’ils n’ont pas à porter.

Il te renvoie à la figure les mots même qui sont sortis de ta bouche, il joue de ta couardise et de la dissimulation, des remparts que tu portes haut dans ton coeur, de ces haies épaisses et luxuriantes qui masquent tes profondeurs et tes angoisses. Tu dissimules tes jardins secrets à la vues des autres.
Mais Ivan enfant, Ivan trop grand  : il court se cacher à travers les haies, jouer dans les arbrisseaux, à l’orée des lauriers-roses aux parfums capiteux. Il plante ses yeux par delà les cyprès domestiqués et observe.

Coquelicot se laisse choir sur les fesses contre le sol gelé, étirant ses jambes et genoux malmenés qui craqueraient peut être s’il pouvait vieillir. Il laisse aller ses doigts contre la plante, caressant entre le pouce et l’index les feuilles encore en vie. L’air penseur mais pas renfrogné toujours un sourire flottant autour de ses lippes.

« Très bien Ivan, que veux-tu savoir ? »


Il devra faire attention à ses mots. Mais sans mentir il faudra danser et tourner autour des choses pour les dires sans les dire, et parler sans parler, sans hurler ce qu’on a sur le coeur car c’est un poids qu’il ne veut pas mettre sur les épaules d’Ivan.


 
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Sam 10 Fév - 4:09



——

Ivan entend comme les champs se taisent au soleil, et réalise qu'à trop oser la verve il s'est brûlé les lèvres. N'est-il pas trop limpide dans ce bocage de verre, son cœur piégé dans les mains et les mains piégées dans les siennes - déjà il perd le fil des tigres qu'il a fait courir ici, et ne se souvient que de leurs griffures. Un voile tissé au coton des hontes couvre gentiment ses ébréchures, car pourquoi mordre la main qui le garde des lames, et pourquoi crier sur les silences qui l'aiment (il n'y en a vraiment pas assez pour qu'il se le permette) - tout à coup entre les murs, face à des secrets en Atlantique : Ivan est désemparé de sa soif. Sur sa peau il déteste l'étoffe des mensonges, dessous il ne veut pas sentir pousser des herbes sauvages de vérité. Il veut dodeliner cette lourde tête, là, la refaire douce et bovine, sourde d'ivresse (ou n'est-ce pas l'inverse) : c'est vrai, c'est vrai les verts pâturages ne sont-ils pas tendres, là où il ne s'entend pas souffrir (tellement on l'envoie y paître). Mais Coquelicot les œillets de vos confessions, finalement, ne sont-elles pas aussi nées de vos mains.

‹ Je- veux savoir pourquoi vous allez mal. › Mais non : je ne veux pas l'entendre. Sinon ne devrait-il pas se saisir à pleine main de ce cœur niché d'échardes : pourquoi son tombeau de cristal est-il dévoré par ces géraniums cannibales ? C'est trop tard pour Ivan : il ne réalise qu'une fois couronné la lumière qui est à son visage. Ses iris s'ouvrent grands comme des ravins pour connaître toutes les tristes semences aux sillons de vos larmes. Il a éclot étrangement à cette margelle, là au secret de votre verbe et au cimetière cyclique de vos fleurs, maintenant il ne connaît plus vraiment le soir ; il serre un poing nouveau, gorge de printemps ses poumons d'inconsciente hardiesse. On a changé son sang en or, maintenant il y court des chrysanthèmes. C'est le joli don de vos coquelicots qui manquaient à son encolure : il se dévoile vraiment de braves voyants de dessous les bryacées. Il pose le sécateur, et ouvre ses mains. ‹ Dites-le moi s'il vous plaît. Je ne le répéterai à personne c'est promis. ›


 
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Sam 10 Fév - 18:23
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•••••••



Peut être que l’inquisition est seulement enfantine ?
C’est la curiosité mystique qui brule les doigts et le coeur.
Mais à soulever les cailloux à la recherche de merveilles il n’est pas rare d’éveiller la vipère.

Les souffles s’obscurcissent de secrets et de nuages, c’est les mots chauds sur le bout de la langue qui s’échappent en fumées contre les lèvres, implosent dans le froid
Ivan trébuche
sur la ligne
sur la syllabe
C’est le grand saut dans le vide
l’hésitation entre l’oubli et la vérité.

Coquelicot comprend. En silence. Il attend et voit passer dans les yeux rivés sur l’ouvrage, dans le regard obstinément jeune le doute qui essaime ses graines aux gré des zephyrs.
haïr les mensonges
avoir peur du vrai
c’est un paradoxe si tangible.

Coquelicot soupire non pas d’exaspération (il ne connait pas ces choses là Ivan, et pour toi il fleurit la patience et ne la taille pas pour laisser sa verdure lui dévorer le corps), non pas d’énervement.
Il soupire comme un petit souffle du coeur qui échappe ses lèvres, un soupir d’affection, une brise entre les lippes : il te connait, Ivan.
Martyr trop jeune toujours prêt à porter la croix.
C’est l’aporie des affections qui portent leur lot d’inquiétude.

« Hum… je- »


Les épaules se tirent vers l’avant et la tête se baisse, c’est un recueillement silencieux devant les plantes-prêtre et Ivan. Lui, il se fait pêcheur, il confesse.
Mais il a l’impression d’être noyé dans des eaux trouble
des arabesques sur la glace frêle : il doit connaitre les limites des mots et des choses.
Ne pas mentir mais ne pas éveiller les peurs dans le coeur d’autrui : là n’est pas sa besogne.

L’enfant des forets penaud devant celui des hommes cherche les mots qui ne veulent pas venir. Alchimiste déraisonné, fou de croire pouvoir transmuter l’émotion intangible en vibration de voix.

« Je ne sais pas… C’est peut être pour ça que j’ai mal? » La main, rougie aux jointures par les morsures du froid se ressert sur ses langes et ses pulls; là ou règne le palpitant : entre les côtes couvertes de lierre, c’est une ruine, doucement balancée par les poumons qui se brulent. «  Je crois que je suis malade, ici. Pas malade comme une grippe ou un rhume, mais une maladie sans virus, sans toux ou nez qui coule. »

Quelques pas de danse Coquelicot et tu éludes les mots qui te font vraiment mal. Coquelicot tu valses entre les barbelés, entre les grillages qui séparent les champs.
« J’ai l’impression de m’effacer peu à peu, que- »
je deviens une copie de moi (ai-je déjà été quelqu’un ou toujours une imposture ?)
je fane peu à peu et me repend sur le sol (car j’ai n’ai plus rien pour me tenir droit, drôle de plante à qui on a retiré son tuteur.)
J’empoisonne ce que je touche. Mon être devient létal peut être ? À force de me perdre dans les plantes je ne suis plus qu’une pâle vapeur d’opium.

Mais les mots restent bloqués quelque par entre un sanglot invisible et une douleur fugace. Il fait disparaitre cette gêne, la chassant entre deux battement de cils.

« Quelqu’un que j’ai beaucoup aimé un jour, m’a fait penser que peut-être… peut être mon existence elle même était quelque chose de vain, de stérile. » Evoquer même comme un fantôme cette image te fait peur, comme si tu pouvais encore sentir sa chaleur près de toi. Mais tu songe un instant qu’il n’est maintenant plus que glace à ton égare.
Et tu as froid.

Alors il relève les yeux, et il semble que les bleuets s’ouvrent à nouveau dans il laisse les pétales du regard caresser Ivan.  « Mais, quand tu viens me voir, quand parfois j’ai l’impression, je l’espère, de t’aider. J’ai le sentiment d’aller mieux. Alors merci ,Ivan. » Il relève sa main pour la poser à nouveau dans les cheveux d’Ivan, car peut avait-il peur instant qu’il se soit effacé pour de bon ? Que comme un fantôme ses doigts auraient traverser cette petite tête brune.
Mais non, il sent sous la pulpe de ses phalanges quelques chaleurs perdues au gré des capillaires, une présence sous ses caresses qui recoiffent les épis, quelque chose de vivant, si vivant, précieux et qui brille.

  « Tu n’as pas froid ? On ferait mieux de rentrer. »


 
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Lun 12 Fév - 0:35



——

Une maladie anisée se dévoile sous la corolle mûre, pour parler du vide. C'est donc de ça que les fleurs meurent : non pas de soif, mais de perdre leur verdeur au vent, et de n'avoir jamais semé. Au secret des matins, on lui miroite la douloureuse vacuité des rouges de Mars. Au secret des matins, Ivan en recueille le poison blanc sur un pan de son cœur infini, car c'est ainsi que l'on confectionne les bons remèdes. Il n'a pas froid : il a la tête toute à ces tendres rayons et à vos mains, Ivan se tient chaud du foyer timide qui veut semer des coquelicots. Il comprend mieux, c'était donc ça : une blessure purulente à la même couleur que vos pétales. Il ôte de son visage le suaire de sa paresse, pour cesser d'en étouffer la triste chaleur, en voulant faire connaître la tiédeur exaltée et impétueuse de la glèbe. Il a été trouvé à la bruyère, là où l'herbage ignore son nom : il ne partira pas sans vous, non, au secret des matins, il n'ira pas se cacher.

‹ C'est moi qui vous remercie. ›

Sa voix porte un peu plus loin pour pouvoir atteindre le fond des champs, mais il y reste la douceur des vents ; de sa main il recueille celle qui a voulu l'atteindre, et veut gentiment y semer une aurore. ‹ Cette personne a tort. › Il ne veut pas s'imposer à vous, mais il y a longtemps qu'Ivan sillonne les crevasses, et tous ses cils peuvent vous conter l'oubli : le vide, il en sait quelque chose, et les ferveur aussi roses y meurent. Il sourcille, à la poursuite de ses mots rares, mais la vérité lui vient sans réfléchir. ‹ Vous m'aidez beaucoup et vous êtes très gentil avec tout le monde. Ce n'est vraiment pas vain. › Il ne croit pas exister nouvellement, il oublie tout pour le soleil et les périanthes. ‹ Si vous vous effacez, je crois... Que vous devez penser un peu plus à vous. Et vous souvenir de qui vous êtes. C'est important. › Plantez des fleurs qui disent votre nom, Coquelicot, à la couleur de votre naïve infinité. C'est important : Ivan croit très sincèrement à votre présence de jasmin.

‹ Ne vous en faites pas : je vais vous aider. ›
dit le soldat
aux fins du monde.
Car comme ça, il s'en souvient très bien : les mains tendues et le cœur qui court, le flou tendre de l'épouvantable. A son oreille siffle brièvement un vertige, et sur votre main il reconnaît l'implacable tristesse de vos os malmenés : ils parlent de la même façon.
Il serre très fort vos mains dans les siennes, tremblant, certain. ‹ Je vais vous aider. Pour vous remercier. ›


 
magnolia
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Mar 13 Fév - 14:59
from the top of my
head to the shaking
ground

•••••••


Quatre murs de silence et des herbes glacées, drôle de scène mais le drame n’est pas. Ne vient pas. N’éclatera pas.

Il est absent le flot des questions qui se déchaîne en ondine, les regards où fleurissent les mystères et l’envie de connaitre toujours plus.
Il n’y a pas non plus
les regards en biais
la peur
le dégout

Pour lui qui n’est plus que l’ombre de lui, coquelicot fané qui veut rivaliser avec les fleurs de la passion qui s’enchainent les une aux autres et s’élancent sur les pierres grimpant toujours plus haut sans peur de choir.
Lui s’épand en fenaisons opiacées sur les pierres tombales, sur son propre caveau.
C’est l’humus qui vient border le dos des chemins, la boue où ses douceurs viennent parfois mourir.

Mais Ivan, Ivan dans la fond de l’oeil a de nouveau la fierté du lion et la peur abandonnée : et il court sur les sillons, et il bat la campagne comme un sang neuf dans les veines et dans le creux   du cou. S’abaissant aux secrets des chemins et plonge ses doigts dans la fange, il ramasse les pétales tombés. Et dans l’obscur silence des champs, dans les trésors des jardins sa voix
résonne
raisonne
fait vibrer les fleurs de cristal comme la brise, comme le zéphyr.

Ivan est surprenant, venant arroser les fleurs fanées d’un peu de son amour, d’une telle démonstration de tendresse. Car Ivan n’est pas de ceux qui ouvrent grands les bras, et les yeux et la bouche
qui déversent leur présence au monde
leurs amours comme leurs haine.
Non Ivan est secret, renferme en ses chairs plus de douceur que les herbes au printemps sous la peau nue des hommes. Il ne montre pas ces mots et ces choses qu’il garde au fond de lui. C’est un bourgeon constant fier et buté qui résiste des printemps au hivers aux chose qui passent sur lui.

Coquelicot est surprit de voir peu à peu éclore cette fleur dont il n’avait prodigué ses caresse qu’au cocon bourgeonnant.  « Ivan…. »
C’est juste un murmure sur le bout des lèvres car il ne peut pas couper les mots qui maintenant se déchaînent. Alors, il clôt les roses qui bordent ses lèvres

Evoque « cette personne »
« cette personne »

Cette personne comme un concept que l’on montre du doigt, comme une image desamourée qui n’évoque rien et tout à la fois. Cette personne c’est un vide et quelqu’un à la fois.
C’est l’image d’un amour qui est mort entre ses doigts;
il n’a plus que l’humus à la place du coeur
et déraciné
C’est des ans de tendresses passées, finis en quelques jours, arrachés et disséminés au vent par
cette personne
que l’on ne peut plus nommer
cette personne
dont le nom et la chaleur se sont gravés dans sa peau et n’ont plus besoin de mots.

je te nomme dans mes silences, dans mes doigts qui s’enfoncent dans la peau de mon ventre, dans mes lèvres que parfois je déchire du bout des dents. Comme pour les laver de cette présence de toi qui me suit partout. Le mort trop vivant que je porte dans mes os.

Mais Ivan en quelques mots balaye ce fantôme et libère les eaux qui stagnent aux pieds de ses racines. C’est l’antidote au poison ces quelques mots si doux. C’est l’enfant qui rassure le vieux, qui houspille hors de son coeur les peurs vindicatives, les vicissitudes pernicieuses installées dans sa tête
La
Peur de l’echec
Et
L‘horreur de blesser.
Enfin,
cette idée insistante que chaque geste, chaque mot, chaque morceau de coeur qu’il jette dans le vent n’est que peine perdue
et terre infertile.

« Tu-… » Mais c’est le choc et les yeux qui s’écarquillent à l’entente de ces mots, il n’est pas toujours habitué a recevoir les tendresses, il ne sait pas les mériter. Mais il a le coeur qui gonfle et qui déborde, contre ses mains qui prennent les siennes, plus petites, plus jeunes, et tellement vivante et qui glissent leur chaleur à travers les siennes.
« Je… Je pense que je préfère penser aux autres, penser à moi me fait peur et me dégoûte un peu mais… Mais promis, j’essaierais, je ferais des efforts. »
Et bientôt c’est la rosée qui vient perler quelques peu ses joues.
Il lâche les mains d’Ivan et comme le lierre vient s’entourer à lui et le serrer dans ses bras, avide  peut être d’un peu plus de chaleur. Mais la caresse est toujours fantôme dans les bars de Coquelicot; il n’y a que des fleurs coton.
« Tu es… vraiment un garçon incroyable Ivan »
Et chaque mot s’infuse de thym et de romarin,
Chaque mot a l’odeur de la lande et de la terre
Ivan le soldat à travers toi, ce fantôme dans ta tête
Il n’a que des raisons d’être fier de toi.



 
myosotis
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Avatar(s) : Ichimatsu - Osomatsu-san
Mer 14 Fév - 18:51



——

Appelez-le, appelez-le : par-delà tous les prés, Ivan vous entendra. Le passerage à son poitrail s'éveillera aux ondes vertes de son nom, et se tendra vers vous qui le réclamez. Il tournera sa figure de pâle printemps pour dévoiler le secret tendre de ses rayons sacrés, à l'éveil des jours, à la clameur inévitable de son nom : à travers champ il s'appelle Ivan, et il répond pour vous. Sur ses doigts d'enfant se galvanise une calme dévotion, pour soulager les crevasses sur votre cœur et le laisser pleurer les amarantes. Au recueil de vos bras, il s'appelle infiniment Ivan et lâche sur son cœur des ricochets de soleil. A ses yeux ondule un bouquet surpris au bord des eaux, inconnu de la chaleur de vos étreintes : c'est donc ça, la liqueur dorée des cœurs purs, il veut avoir des bras immense maintenant, marbrés pour vous garder des douleurs, et toujours se reconnaître à votre ombre. Il murmure au ras des pâturins, ‹ Merci ›, mais c'est pour parler des plaines de soleil et des bois verdoyants qui lui révèlent le secret de ses soupirs citronnés :
qu'il est
un garçon incroyable, Ivan
et que vos bras le savent toujours.
Il voudrait cacher là son front rougi, et profiter des éclipses de tendresse - mais il a fait la promesse de sa lumière, et c'est là qu'il veut vous emmener : là où les coquelicots rougissent et où les jours passent. Il s'enchaîne un peu à la maille de votre pull, du bout de ses ongles roses, mais ce n'est que pour mieux vous guider à la rencontre de vos yeux clairs, jusqu'aux élysées creusés des âges - où le pavot pousse toujours
‹ On va... on va continuer de s'occuper des fleurs, d'accord ? Parce que c'est vous qui faites ça, toujours, et ça - ce n'est pas dégoûtant. ›
et fleurira enfin à son col.


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