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me and the devil ○ Orestes
 
magnolia
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Mar 21 Nov - 19:26
 

Sa poitrine gelée se gonfle des cendres jamais éteintes au bout du jour -
Il ne peut pas être ici.
Ses doigts encore crevés d'incendie tremblent sous la cire -
Il ne peut pas être ici.

L'œil sage, Armillaire dompté dans les cages sirupeuses, aplatit les rougeurs de sa colère sur le comptoir. D'ordinaire la carcasse toujours écumée d'amertume, ici il est obéissant et interdit de courroux ; la rumeur de sa révolte est matée à la cravache de la terreur. Aujourd'hui il se fiche des regards qui lèchent ses crevasses, il se fiche des flèches venimeuses plantées dans sa colonne. Armillaire sans venin se plie aux sentences : ses iris dociles se fixent là où ça ne le brûle pas.

Armillaire plutôt aurait dû se cacher, aurait plutôt pu continuer d'hurler à la Lune le sang sec de ses plaies. Mais il est venu très sagement, le crâne voilé de sa honte toujours ardente, comme il vient souvent. Comme le font les bons chiens qui rangent leurs mâchoires, ou peut-être les enfants aux viscères tordues : il se couche là, avec une infinie docilité, pour gentiment remercier les incidents. Armillaire la peur à fleur des nerfs honore la douceur des bourreaux, et vient se recueillir à leurs pieds désolés pour en soulager la mémoire. C'est un exercice d'une exceptionnelle bonté de sa part : il n'a pas même le droit de lever la main sur Orestes.

Il retire à sa voix la férocité pour lui donner la rareté des tons polis. ‹ Est-ce que ›, il est gentil, yeux baissés, ton nerveux. ‹ Est-ce que je pourrais avoir un café sans sucre s'il te plaît ? ›


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Jeu 23 Nov - 22:51
orestes a le sourire attaché aux lèvres et l’amabilité teintant sa voix; tous les jours habillé de gentillesse, il masque habilement une culpabilité qui l’habite toutes les nuits.

orestes est bien trop doux, bien trop bienveillant, pour que l’on puisse penser un jour qu’il n’était qu’aigreur et cruauté; après tout, orestes a une bienveillance tatouée sur le corps et une chaleur gravée sur ses doigts, réchauffant quiconque se trouvant auprès de lui.

il aime se penser aussi réconfortant qu'un café en hiver, aussi chaleureux qu’un soleil venant embrasser la nature à son réveil, accompagné du doux chant des oiseaux; pourtant orestes ne s’est jamais autant menti à soi-même.

car orestes se réveille tous les matins rongé par la culpabilité qui ne le quitte jamais; ineffaçable, elle le colle à la peau, retrace chaque pas qu’il fait sans jamais en rater.

inoubliable, elle lui rappelle tous les jours l’animosité et l’obsession qui autrefois hantaient son corps et ses pensées; orestes s’est couvert de douceur et délicatesse en signe d’absolution, pourtant ses mains en tremblent encore.

orestes a depuis bien longtemps accepté sa sentence.

car orestes ne s’excusera jamais assez; ne regrettera jamais assez pour un jour connaître une sérénité qu’il ne peut voir que dans ses rêves. alors il se redresse, le pas frêle et tremblant mais une voix claire et légère.

armillaire !
car orestes détesterait gêner armillaire.

et si son corps tressaille, orestes s’assure que ce n’est que par joie de le revoir.

armillaire, celui qui le hante au crépuscule quand ses mains frissonnent et palpitent; armillaire, qu’il ne pourra jamais oublier.

bien sûr. installe-toi, je t’en prie; j’ai gardé une table au fond pour toi, au cas où. il quitte le comptoir afin de l’y guider, gardant cependant une distance. j’espère que l’endroit te convient. sinon – sinon d'autres tables sont libres !

car orestes ferait tout pour servir armillaire.

alors s’il doit préparer un café le plus rapidement possible au risque de se blesser, il n’hésitera pas : c’est donc le pas pressé qu’il s’avance, les yeux ne quittant jamais un dos qu’il ne peut oublier.

presque arrivé, orestes chancelle, par peur ou par culpabilité, il ne sait vraiment; il manque de renverser la tasse, mais parvient à la placer sur la table, ne regardant jamais l’homme dans les yeux.

orestes a bien trop peur d’y voir l’homme qu’il était avant.

j’espère que je ne t’ai pas fait peur, dit-il à voix basse, presque comme un murmure, le regard désolé.

car orestes ne veut pas effrayer armillaire encore plus qu’il ne le fait déjà.

pour la peine, il se redresse doucement, évitant les gestes brusques, montrant la tasse de la main. c’est offert. je n’accepterai pas ton argent !

et il tourne le pas avant de le laisser l’interrompre.

il sait qu’il ne s’excusera jamais assez – et s’il doit servir armillaire jusqu’à y perdre un pan important de sa vie, orestes ne tergiversera pas une seconde; car orestes l’a bien privé d’une vie agréable, normale, ne lui laissant qu’en retour une vie où les regards ne voient qu’un être abîmé et imparfait.

tiens, fit-il en posant l’assiette sur la table, son allure plus droite qu’avant. un éclair au chocolat et un muffin, puisque je ne savais pas lequel choisir. ah – le muffin est aussi au chocolat. si tu n’aimes pas, je – je peux changer.

orestes se permet d’installer une intimité pourtant fragile; et s’il gêne armillaire ne serait-ce qu’un instant, il s’en excusera sans s’offenser, car il sait que c’est de sa faute.

tu n’es pas passé depuis quelques jours, j’ai cru… il se tait, la tête baissée. pardon. ça faisait longtemps. j’espère que tu vas bien ?

car orestes, pour armillaire, a toujours le cœur sur la main, même si son visage meurtri est celui qui hante ses nuits.
 
magnolia
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Ven 1 Déc - 17:18


Armillaire se laisse gentiment mener à sa place par la laisse à son cou. Il accepte tout de suite de se séparer de la forêt et des noirceurs confortables, pour cueillir sans dessein la douceur des sourires d'Orestes. Armillaire est touché au revers de son cœur plein de mousse, par la maladresse et les tremblements dans la voix ; ça laisse des chaleurs troubles sur le viride de son œil unique. Il s'asseoit, gentil et indifférent, sans pouvoir retenir les yeux-épines de s'accrocher sur le visage lisse. ‹ C'est bien, merci. › Avec une indulgence trouvée au fond de lui-même : car bien sûr, bien sûr, ça ira toujours. Il joint patiemment ses mains sur la table, ses doigts mordent nerveusement les autres.

Armillaire suit du coin d'un œil la silhouette vacillante des grands méchants loups ; guette sagement sa prochaine clémence. Il ne voit aucun secret dans ce regard qu'il ne parvient jamais à croiser, ni dans l'infinie révérence dont Orestes le sacre ; tous les sourires sont coupables et Armillaire s'en sent accablé d'une dernière faute brûlante. Recueilli là où on le lui a choisi, il veut croire à sa propre docilité, humble et sans ressentiment. Mais un sursaut secoue sa stature de bois à la tasse qui vacille, balayé d'une dernière alarme : il déglutit péniblement et se love dans le box pour se faire taire. ‹ Ce n'est pas grave › comme ses poings raides sous la table - la douceur d'Orestes doit pourtant dissiper la tension dans ses épaules, et il entoure d'une main sans goût la tasse brûlante pour prouver son assentiment. ‹ Merci. › Mais il n'a pas le temps de se faire entendre : Orestes déjà l'a fui.

Il souffle doucement sur le fumet du café, il veut refroidir toutes les braises ici. Armillaire recueille les yeux inquiets dans ses cicatrices, avec la patience sainte qu'il s'est normalement fait tarir ; une bienveillance tortueuse venue des méandres veut rendre à Orestes son immortalité. Il jette à l'assiette la même complaisance. ‹ Mer - › il sent que sa bouche en est usée, c'est la troisième fois aujourd'hui : mais il peut le lui dire beaucoup, beaucoup de fois encore. ‹ Merci. ›

Armillaire se réveille d'entre les racines à l'appel du temps passé - déshabitué des jours qui passent et des échéances, il s'ouvre dans la surprise à la tristesse d'Orestes. Son iris pour la première fois se heurte aux siens, et un instant il reste frappé des foyers éteints aux larmes - et du cri du feu. Appliqué à cultiver son absence, une culpabilité sacrée se renverse dans la fatigue de ses veines de bronze : Armillaire regrette de ne pas avoir su se retirer des plaies dans le cœur toujours rouge de l'autre - ou de l'avoir trop fait. Il prend l'une des pâtisseries pour faire taire le tremblement de sa main et mord dedans. ‹ J'étais, j'ai › il prend le temps de manger pour se souvenir de la contenance, ‹ j'ai travaillé tard ces derniers temps. Pardon, je viendrai plus souvent. › Son regard, clair et trouble des regrets, erre dans le café noir. Il fait tourner la tasse entre ses doigts déjà trop chauds ; c'est un geste nerveux qu'il ne se voit pas faire. ‹ Tu sais, tu n'es pas obligé - d'être gentil avec moi. › Car il ne demande rien - il n'oserait pas, réclamer autre chose que le silence. La lumière est déjà difficile sur sa peau : une hésitation lui donne finalement une douceur peut-être un peu fausse, pour renvoyer le reste des doutes. Il n'y arrive pas encore mais sa voix sourit pour lui. ‹ C'est bon. Les pâtisseries, je veux dire - elles sont bonnes. ›



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Lun 18 Déc - 22:35
la tête toujours baissée, orestes n'ose point ouvrir la bouche.
car les paroles d'armillaire sont si précieuses à ses yeux qu'il n'oserait l'interrompre, n'oserait le couper dans ses pensées – alors il tend l'oreille, se permet un pas en avant; il s'interdit de laisser échapper un mot.

j'ai travaillé tard ces derniers temps. pardon, je viendrai plus souvent.

son inquiétude se dissipe et ses yeux s'adoucissent encore plus qu'ils ne le sont déjà; il lève la tête et acquiesce, ne se laisse pas distraire par les autres personnes assises autour de lui.

car orestes ne donne toute son attention qu'à armillaire; mais il sait qu'il ne peut pas se permettre une amitié trop proche et personnelle – peut-on même considérer cela une amitié ?
orestes aimerait le penser. orestes aimerait le savoir – pourtant il sait que certains diraient que ce n'est que la culpabilité qui le ronge et qui le pousse à rester au service d'armillaire; qu'il n'y a dans ses gestes pas une once de sincérité mais de pitié et d'apitoiement.

sont-ils amis ? car orestes pense l'être. espère l'être.
mais peut-être qu'armillaire ne le voit pas de la même manière; peut-être qu'orestes n'est qu'une corvée à ses yeux, une sangsue qui ne se décolle pas malgré tous les moyens imaginables : orestes espère que ce n'est pas le cas.

peut-être qu'orestes n'est pas aussi accepté qu'il pense l'être – n'est pas aussi apprécié qu'il rêve d'être.
peut-être qu'armillaire a décidé de le jeter, aujourd'hui.
il n'en serait pas surpris; il lui a causé bien trop de tort qu'il ne pourra jamais oublier ni remplacer.

armillaire...

orestes se tait un instant, savoure le silence qui s'est installé entre eux; il sait qu'il doit choisir ses mots avec précaution, car orestes détesterait lui offrir des promesses teintées de futilités.
en aurait-il trop fait ?

je ne fais pas ça par obligation, j'espère que tu le sais.
et orestes espère aussi masquer sa peine à l'abri des regards inquisiteurs.

ses yeux se fixent sur armillaire sans ne jamais croiser son regard; cette fois-ci, orestes ne veut pas voir ce que cache armillaire.
car lui sait qu'il ne pourra jamais cacher les cicatrices qu'il lui a laissé au visage.

cachés derrière son dos, ses poings se ferment.
orestes n'oubliera jamais qu'il a un jour tant traumatisé armillaire pour qu'à présent ce dernier tressaille au moindre geste brusque qu'il fait.

ce n'est pas de la pitié non plus, fait-il en baissant légèrement la tête.

orestes déteste voir armillaire inconfortable quand il est en sa présence; mais il sait qu'il ne peut rien y faire. c'est un poids qui ne se soulèvera jamais de ses épaules.

tu sais, avant – avant tout ça,
inconsciemment, il se fait plus petit. il ne sait pas comment rappeler ce moment qui leur est bien trop familier; orestes aimerait en parler sans toute la peine et la tristesse qui inévitablement l'accompagnent, mais il sait que c'est impossible.

avant tout ça, je n'étais pas le meilleur des hommes.
oh ! il était loin de l'être.

mais il ne dira rien de plus dans la crainte d'encombrer armillaire; car armillaire a déjà vu ce qu'orestes était avant, cette figure imprégnée d'amertume et aigreur, baignant presque dans la violence – impénétrable, aussi glaciale qu'un vent d'hiver.
il détesterait gêner encore plus armillaire.
mais s'il demande – pourra-t-il encore se cacher ? orestes sait qu'il ne peut le refuser; il se l'est interdit, car orestes ferait tout pour répondre aux demandes d'armillaire.

mais si je te gêne – si cette gentillesse te dérange, il serre à nouveau ses poings. si tu le veux, je m'en irai.

le corps d'armillaire porte les marques d'orestes, et il aimerait qu'il n'en soit pas ainsi.
alors pour le protéger des malheurs du monde, orestes ne peut que le couvrir de douceur et délicatesse.
car orestes ne sait faire que ça; alors si armillaire lui demande, il s'arrêtera.

il relève cependant la tête, les yeux clairs et les poings lâches.

mais si tu le permets, je pourrais t'apporter ces pâtisseries de temps en temps. si – si elles te conviennent ?
 
magnolia
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Mar 19 Déc - 22:46
 

Armillaire se tait longtemps, longtemps sur les obligations. Un tambour de méfiance continue de battre, à l'arrière de sa tête, en parlant des flammes et des libertés amputées. Mais il se délivre en même temps sur ses nerfs un poison au goût sucré, qui détend tous les muscles et adoucit son regard rêche, au signe des douceurs brutes. Orestes a poussé Armillaire dans une clairière de langueur, morte et sans urgence : et au confort de son agonie tranquille, il ne peut pas le haïr. Il ne peut pas le haïr, il le devine par la vérité des tripes, à l'instant même où on balaie du bout des lèvres la tension de sa fatigue, pour lui laisser les apaisements ardents de son être, incomplet et invalide à la paix, qui n'a pour seul souci qu'un simple café. Armillaire rappelle à lui ses échos ternes, et aplatit des deux mains les vallons de crainte dans son esprit  : cette prétention le fatigue, il ne veut que se fondre à la plaine. Il hoche doucement de la tête, et la main qui serre la tasse retrouve l'assurance de son désintérêt. ‹ Ne t'en vas pas. Tu as raison. › Il mord dans la pâtisserie et se souvient du goût de la plénitude. ‹ Merci. Je ne suis pas en colère contre toi. › Il attrape à la volée les yeux d'Orestes : il a enfin commis l'erreur de lui donner son regard absent ; Armillaire y répond avec le calme des rancunes disparues.

Il dompte tranquillement sa peur à la saveur du café. Fait claquer son regard impérial sur les seules terres de tranquillité qu'il possède : il répudie la fureur de la nuit et sacre sa tendresse trouble. Il ne peut pas épancher de son estomac la haine pernicieuse d'une ombre déjà morte, ni se voler les réflexes de la terreur gravée ; mais Armillaire a décidé depuis bien longtemps qu'il n'avait plus d'ennemis. Du coin de l'œil, il cherche poliment le regard d'Orestes, et le cœur libre comme ça, il veut s'ouvrir encore un peu plus les horizons du soir : il aimerait ouvrir la cage du loup, pour savoir qu'il n'en a pas besoin pour ne pas être mordu. ‹ Est-ce que... tu as une pause bientôt ? Tu pourrais t'asseoir avec moi, plutôt. ›


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Lun 8 Jan - 2:12
jamais orestes n'a trouvé le silence comme présence troublante, pourtant aujourd'hui il s'en inquiète – s'en tord les mains, tel un enfant s'attendant à un reproche.

orestes est porcelaine sous les yeux d'armillaire. mais avec patience il ramasse les éclats de sa carcasse qu'il pensait disparus; avec délicatesse, sans s'en couper les doigts, afin de les recoller quand il sera à l'abri de yeux de tous.
il hoche la tête et se permet un sourire léger, range ses mains dans son dos. il s'oblige à garder une stature droite, les yeux cependant rivés sur la table. orestes s'interdit de laisser passer ne serait-ce qu'une once de faiblesse dans la crainte de nourrir des regards trop indiscrets, qu'il sait collés sur son dos dès l'instant où armillaire a poussé la porte.
il n'accueille pas cette curiosité de manière bienveillante; orestes ne sert pas des vérités aux personnes qu'il ne juge pas concernées. ce sont des affaires qu'il préfère garder pour soi.

je pense que, il regarde brièvement sa montre attachée à son poignet gauche. oui. et puis, ce n'est pas trop occupé pour l'instant. c'est une demande qu'il ne peut refuser. je vais juste me faire un café avant !

ce sont des têtes baissées et tournées qui l'accueillent lorsqu'il se retourne. il presse le pas et se hâte dans sa tâche car il sait. il sait que les regards n'ont toujours pas changé de cible – la curiosité est insatiable, ça aussi orestes le sait. ce n'est pas une tasse de café offerte qui rassasiera cette faim, et il ne peut que serrer ses poings qui saignent d'impuissance.

d'un pas qu'il espère confiant il retourne à la table, se fiche des prunelles assoiffées qui s'abreuvent de toute imperfection qu'il pourrait leur montrer.

désolé, j'espère que je ne t'ai pas trop fait attendre !

ici il n'est qu'orestes qui jamais n'hérisse le poil; malgré les murmures venant peindre une situation assouvissant leur appétit, il s'assied sagement.
il y a des jours où il en oublie l'avidité des hommes. orestes se rappelle en savourant une première fois son café – que lui-même ne peut y échapper.
il goûte à l'amertume bien trop familière à présent mais sa main ne quitte pas sa tasse. c'est une ancre qu'il ne peut lâcher.

ne travaille pas trop quand même – enfin, il se pince les lèvres. ne te surmène pas non plus. ce serait bête que tu tombes malade.

on ne dompte pas un loup comme un chien – c'est un animal qui à jamais garde la trace de la nature sauvage dans ses pattes, même s'il doit passer le reste de sa vie dans une cage. orestes aimerait se présenter aux yeux d'armillaire comme inoffensif mais il sait que c'est une chose qu'il ne peut se permettre – pas encore, il espère.
ce n'est pas à lui d'en décider.

on t'a rapporté des objets intéressants ces derniers temps ?

on ne dompte pas un loup. on ne peut que lui ouvrir la cage et le laisser courir – car s'il ne mord pas une seconde fois après avoir passé la patte de sa prison, après avoir goûté à la chair humaine, l'animal ne reviendra jamais.
(et orestes sait qu'il ne reviendra jamais à l'animal qu'il était autrefois)

ah, je ne pense pas avoir des choses qui pourraient te servir... désolé. mais je peux toujours regarder, si tu veux.
 
magnolia
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Avatar(s) : zuko - avatar tla
Lun 15 Jan - 19:27


Voilà, un silence de feu ne tombe-t-il pas sur son royaume : n'y a-t-il pas un peu d'une couronne de vigne pour le front braisé d'Armillaire, qui le fasse au moins souverain de sa forêt blessée, secrète sur un flanc de montagne ; n'est-il pas un peu consacré des paix tombales, au puits d'une ville dont il connaît sur sa peau tous les visages ? Enfin quoi : au diable les reproches dans les regards et les belles dentitions, lorsqu'il est un peu roi, lorsqu'il se sent un peu saint, rouge et chaste : Armillaire plonge les mains dans un aven de faute, et en ressort des mains martyrs. Il doit son pouvoir si plein du feu et des chênes aux chaînes en maillon de douleur, qui lui énonce la place des choses, passée à sa gorge par les arbres, éclatée par Orestes. Alors : il a pour l'absence un respect silencieux, et pour les excuses une patience pleine. Armillaire ne sourit pas, ce n'est pas dans ses habitudes ; mais une rivière de douceur court dans ses yeux d'éveil. Son cœur de ronce, finalement : n'est-il pas aussi un peu de droit à Orestes.

‹ Ne t'excuse pas. ›
Ne t'excuse plus, tu es libérateur et prisonnier : il existe encore au fond du marais un manteau céleste de providence pour ton auréole.

Il dessine de l'index la circonférence de la tasse, pour tenter orgueilleusement un diable dont il connaît déjà les traits de malice. Malice à son œil aveugle et malice aux mains sanglantes, il n'y a plus aucune place dans cette vaste pinède qu'il craigne encore. "Hm hm, des vieilles babioles surtout, j'attends le printemps que les gens commencent à nettoyer chez eux. Mon frère m'a ramené un registre, aussi." Il lève à Orestes l'œil entendu d'un vice qu'il ne retient pas contre lui : la haine de Sasskä est hors de ses mains mais c'est un fouet de feu dont il ne se soucie guère. Son ressentiment absout à lui doit être roi sur tous les autres : il dit à l'ombre du frère de se taire. ‹ Regarder ? ›
Où - jeter les yeux ? ‹ Tu veux dire, chez toi ? ›
Armillaire ouvre grand les yeux : la cendre de son iris boit un soleil nouveau.
Sur le visage d'Orestes, une lumière blanche des culpabilités lavées jette des ombres d'innocence. Le contour ardent de son visage, se dédouble du trait trouble des âmes qui ont soif de repos. Il y a un endroit où Orestes vit : où il évolue et respire sans être perpétuel incendie. Orestes aussi garde sur son cœur des babioles fatiguées, qui écloront au printemps - des choses de trop de vie, qui se lovent dans le domaine sacré d'Armillaire. ‹ Si tu trouves quoique ce soit › de toi qui ne soit pas arme de feu - ‹ donne-le moi. › Il lui faut les connaître : il n'y a aucune fleur de ton sang dans cette vaste pinède qu'il ne doive voir.



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Mar 13 Mar - 23:53
dans le noir de sa tasse, orestes croit y discerner une goutte de ce qu'il était autrefois; il y lit une vie sans pardons tassés sur le bout de sa langue –  là où des poings ne sont pas encore colorés de délicatesse.
dans son café orestes croit reconnaître la silhouette d'un feu ravageur désormais disparu. il y a des jours encore où il pense sentir la fumée depuis ses mains – c'est un parfum qui lui colle à la peau, peu importe les années passées.

la tête baissée, il trace les contours de sa tasse. il s'interdit de réagir à l'entente de sasskä – c'est une figure qu'il ignore dans les propos d'armillaire. il fait taire des reproches et efface des regards bien trop perçants que lui donne son frère.
car aujourd'hui devant armillaire il est orestes pardonné de ses fautes, sans trace de destruction marquant ses doigts.

oui, chez moi ! j'ai...

chez lui il n'a que des vestiges d'une vie qu'il voudrait oublier.
orestes est entouré de ruines de la personne qu'il était auparavant; s'abreuve de ce qui fait sa personne aujourd'hui, et la lumière du jour dénonce sans faute ses crimes d'antan. ses chevalets sont tassés dans le coin de sa chambre, et des tableaux vieillissent dans sa cave attendant de voir à nouveau le jour; orestes a espéré enfermer ses souvenirs avec ces peintures qui ne connaissent aucun admirateur.

j'ai des tableaux, mais, il réfléchit un instant. je doute qu'ils te plaisent.

il n'ose pas croiser les yeux d'armillaire et regard se pose à nouveau dans son café. il sait que c'est injuste : ses tableaux étaient une fois toute son existence. mais aujourd'hui il veut oublier l'odeur de la peinture à huile et oublier le fusain qui a colorié ses mains; c'est une partie de lui qu'il ne veut plus.

ah, pardon, il se reprend. je pense les avoir déjà donné, dit-il en se pinçant la lèvre.

il ne peut s'en séparer; et s'imaginer les donner à armillaire lui laisse une sensation affreuse dans la bouche. ce sont des parties de lui qu'il veut garder emprisonnées, cachées à la vue de tous. il a bien trop peur des regards qu'on lui jetterait.

d'ailleurs – j'ai de la peinture en trop, si tu veux. je ne sais pas si ça t'intéresse.

s'il ne peut jeter ses tableaux alors il donnera sa peinture, pour ne plus peindre à nouveau. c'est un talent qui n'est pas le sien – et peut-être alors il feindra l'ignorance des pinceaux minutieusement rangés sous son lit.
c'est une existence qui n'est plus la sienne. c'est ce qu'il se répète tous les soirs, pourtant il sait que ce ne sont que des mensonges.

à ton avis, il se tait un instant. auprès d'armillaire orestes marche avec précaution; aujourd'hui il se permet un plus gros pas que d'habitude. à ton avis – est-ce que tout le monde peut-être pardonné ?

la tête relevée, orestes se permet de croiser son regard.

je ne parle pas de moi, bien sûr. mais – enfin, je voulais juste te demander ça. je demande – tu sais, pour, euh, un ami ! bien sûr.
 
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Avatar(s) : zuko - avatar tla
Sam 24 Mar - 1:22


C'est une jolie brise d'absolution qui vient souffler là. Aux branches des thuyas on se demande si les cendres nourrissent les bourgeons, et Armillaire les voit secouées d'un vent trop salé pour cette ville mal éveillée de nuit. Il hésite un peu au bord de ses doigts, puis de la fenêtre, puis de ses doigts rongés de feu encore, pour savoir s'il peut y tresser un diadème - pour un ami ! Qui a une tête nue d'auréole. Il ne sait pas s'il peut faire cela. Tout ça le rend bien perplexe : il s'accoude grossièrement à la table, et songe aux droits qu'il s'octroie. Ne s'est-il pas découvert une nouvelle forêt, vierge et colorée, à l'orient de cette figure d'innocence (où il a bien compté les ombres déjà) - à la verte densité de son regard, Armillaire interroge encore ce vieil (ami ? non, pas ami), pour trouver la frontière des sapins. Sa bouche sort de la paume de sa main comme un oisillon du nid.

‹ Je ne sais pas ›, il n'a pas besoin d'une prière pour l'admettre, en tous les cas pas ici, il y a une vérité nue et bien sainte ici. ‹ D'un côté, je me dis que les mauvaises actions sont irréparables et que les coupables mériteraient bien leur enfer. › Il n'arrive pas à vaciller à la candeur coupable d'Orestes, alors sa voix tombe sans détour, et il n'a pas de voile à jeter à ses yeux. Les pensées d'Armillaire n'ont pas usage des détours, et il n'a pas envie d'un simulacre de formules avec Orestes ; leurs peaux ont déjà été décapées, et les os ne peuvent pas mentir leurs couleurs. ‹ Mais, c'est cruel de penser comme ça. C'est très facile pour moi. C'est plaisant bien sûr, mais c'est trop facile. › Pour lui, c'est comme parcourir un gentil fleuve, jusqu'à un aval qu'il ne connaît vraiment pas ; il n'a qu'à s'écouter conter des remous de pardon. Ses doigts dessinent pensivement le tour tiède de la tasse en essayant de se figurer ces berges-là. ‹ C'est vrai... C'est une jolie penser de croire qu'on peut toujours faire mieux. Sinon, ça ne sert à rien de vivre j'imagine, un jour je blesserai forcément quelqu'un et j'aimerais bien qu'on me pardonne si ça arrive - › il bute un peu en doutant tout à coup de son immaculée conception. Quelque part la flèche de son regard est déviée lorsqu'il se souvient du sang maternel. Aux trois temps de son silence, il pense au temple, aux arbres, et à la rivière d'interdit. C'est la seule pause à laquelle il songe, et il retrouve ensuite le chemin du visage bien offert d'Orestes. ‹ Je n'arrive pas à me décider à ce sujet. C'est du confort de dire non, mais peut-être que c'est trop souple de dire oui. Peut-être que ça dépend des situations. ›

Il ampute aussitôt le pont entre eux, et le plonge dans le café qu'il boit. ‹ Tu n'auras qu'à dire ça à ton ami. › Il pose la tasse comme on clôt un sujet, car il se rend compte qu'il n'aime pas tant que ça se souvenir du goût des péchés, ni de son front sans onction. Élargir ce genre de mots, n'est-ce pas prendre le risque de voir la ville brûler deux fois : mais Armillaire a bien assez fait du premier incendie, et peut-être qu'il ne veut plus voir ce genre de flammes aux mains d'Orestes. Après tout : elles sont bien mieux à faire le café. Il tranche définitivement d'un soupir, et jette un regard sablé vers les thuyas là-dehors. ‹ Je n'ai jamais peint, à part pour les meubles j'imagine. Ça serait peut-être l'occasion d'essayer. ›

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