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L'Appel de la Forêt - Vito
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Ven 7 Oct - 12:18




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L' Appel

de la Forêt « Feat : Vito »


Une pluie battante cognait contre les carreaux de sa voiture. Il n'avait même pas pris la bagnole de fonction, il n'en avait pas besoin. Une fois qu'il aurait terminé ici, à la station essence, il rentrerait chez lui, sans détour. Georgie grogna, sans grande envie de coller son museau dehors, l'humidité, déjà, qu'il ressentait à travers la carcasse du pick-up, suffisait à le faire renifler. Bon, c'était pas l'tout, mais il avait une mission à accomplir. Devoir de flic, etc, il ouvrit la portière, mettant pied à terre, tout en enfilant son chapeau. Il en avait déjà pleins les yeux. Saloperie. Alors, il pressa le pas, tout juste après avoir refermé sa voiture, pour se glisser à l'intérieur du petit magasin, faisant tinter la cloche. Il y avait eu un braquage récemment, plus de peur que de mal, néanmoins, le propriétaire, lui, restait sur la défensive. D'autant plus qu'il y aurait eu des mouvements étranges, pendant le service de nuit. Et celui qui tenait la barre à ces heures indues pour tout employé respectable était le petit Vito. Visage familier depuis le temps où il avait atterri là, du jour au lendemain, derrière ce comptoir.

« Salut gamin. » fit-il en levant la main, l'autre fichée à sa ceinture, le pouce en l'intérieur. Et un bruit de botte humide lui fit baisser les yeux. Erf. « Merde. Foutue pluie. » et il s'essuya les semelles autant que possible sur le paillasson, grimaçant. Il ne voulait pas non plus lui saloper la boutique.

Cette bonne chose de faite, il s'avança enfin vers la tête brune, et se gratta légèrement la barbe, au niveau de sa joue, en commençant. « Erhm... Je sais pas si ton patron t'a prévenu mais, il voulait que je passe jeter un œil. Y parait que t'as vu du mouvement pendant ton service, c'est bien ça ? J'te dérangerai pas hein, j'ouvrirai juste les yeux à l'extérieur. Alors ...» il tapota un peu de sa large paume sur le comptoir « De quoi ça avait l'air ? T'as...entendu des trucs ? » Haussant un sourcil. Il n'avait pas pour projet de s'imposer longtemps. Il désirait juste les informations d'usage.
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Dim 9 Oct - 16:51
La dernière fois qu’il avait plu, la routine de Vito avait été brisée. Une arme à feu pointée sur le front, un forain un peu trop courageux et une intensive sollicitation de la machine à café ; la nuit n’avait pas été comme les autres, et le caissier s’en souviendrait probablement toute sa vie.
Cette fois là, ça avait été plus de peur que de mal.
La chance tournait, paraissait-il.

La clochette de l’entrée retentit et soudainement, le martèlement de la pluie sur le macadam se fit plus intense. Elle était sans pitié, la pluie, dehors. Une vraie mousson.
Vito leva la tête brusquement. Son dos se raidit et son bras, auparavant appuyé contre le comptoir de le caisse, retrouva sa place le long de son corps.
Mais ce n’était pas un voleur qui avait fait son entrée dans le bâtiment. C’était même tout l’inverse.
L’officier Beckett était, comme à son habitude lorsque Vito le rencontrait, en uniforme. Peut-être que le voir dans un accoutrement différent lui ferait bizarre.
Parce qu’ils se croisaient beaucoup depuis deux ans. Une certaine partie du chiffre d’affaire était assurée grâce au policier, après tout.

« B’soir, » lui répondit Vito avec une certaine familiarité. Si son traitement ne l’avait pas laissé, aujourd’hui plus qu’un autre jour, dans un état général un peu groggy, il aurait peut-être même ajouté un petit salut militaire. Pas par manque de respect, mais par blague.

La porte se referma, le tumulte de la pluie fut calfeutré à l’extérieur et Vito se détendit dans un sourire. C’était gentil de sa part de faire attention à ne pas mettre d’eau - et possiblement de boue - partout. Sans bouger de son poste, il l’écouta parler en même temps qu’il le regardait avancer. Il était au courant que les forces de l’ordre devaient passer pour poser quelques questions, mais il était tellement habitué à voir Beckett arriver à cette heure qu’il ne s’était pas vraiment posé la question à son arrivée.
Tout en observant la main tapoter le comptoir, il réfléchit à ce qu’il allait dire, les sourcils un peu froncés.

« Oui, euh, en fait, ça fait plusieurs fois qu’il se passe des choses un peu étranges dans le coin depuis une semaine. Enfin, étranges… disons qu’il y a de l’agitation. »

Il redressa le regard vers lui, les épaules un peu haussées.

« J’en ai parlé à ma manager et elle devait faire passer le mot, mais j’ai été braqué il y a quelques jours. C’était une arme en plastique et quelqu’un est arrivé donc il n’a pu voler que trois paquets de chips. » Il pointa du pouce la vitre de la porte que Beckett avait passé quelques secondes plus tôt. Elle n’avait pas encore été réparée : il y avait une série de fissures en forme de toile d’araignée recouvertes de bandes de scotch de déménagement. « La vitre a plus souffert que moi, mais quand même, j’ai eu la trouille, j’y au cru au début. »

Dans un soupir, il s’accouda de nouveau au comptoir.

« Et là depuis peu, de temps en temps j’entends du bruit vers la sortie de derrière. Parfois je trouve des poubelles renversées et éventrées, il y en a partout c’est une horreur. Et en sortant la dernière fois j’ai vaguement vu un truc près des arbres mais il faisait nuit, j’avais pas trop envie de rester là donc je suis rentré. Voilà, en gros. » avec un sourire pas très grand mais sincère, il ajouta, « merci de passer pour ça, en tout cas. »
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Lun 10 Oct - 7:04




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L' Appel

de la Forêt « Feat : Vito »


Dans d'autres circonstances, si Georgie n'avait pas été autant inquiet au sujet du garçon, il aurait sourit, voire peut-être même rit, à l'évocation de "choses étranges" survenues dans le coin. On n'appelait pas Foxglove la Mystery Valley pour rien, après tout. Et même si l'on écartait toute cette folle histoire de réincarnations, la région regorgeait de légendes plus ou moins fournies en détails qui faisaient rêver les gamins et en trembler certains. M'enfin, là n'était pas la question. Il se passait des choses sérieuses.

« Ouai, j'ai entendu parler de ce... braquage. » Simili grimace. C'était pas lui qui était en service à ce moment, alors, il en avait eu les échos après coup. A cet instant, l'officier se senti embarrassé. Il s'en voulait de ne pas être passé plus tôt, au moins pour voir comment allait Vito. Certes, c'était pas le môme qu'il connaissait le plus, mais, un évènement comme ça, ça secoue toujours, même les plus vieux. A l'évocation de la vitre, il tourna brièvement la tête vers celle-ci, avisant son état. Au moins, ça ne laissait pas trop le froid de ce début d'automne entrer. Puis, Georgie reposa son regard sur la silhouette du plus jeune : « Normal d'avoir la trouille. T'as eu du cran gamin. » Il leva la main mais... s'interrompit dans son geste. Paume ouverte qu'il referma, gêné. « Mh. » Le flic aurait voulu la poser sur son épaule. Tapoter, pour rassurer. Mais, de un, c'était un peu tard, et de deux, ce n'était peut-être pas trop indiqué, trop personnel. Il avait toujours été d'une maladresse pour ce genre de trucs. Alors, il ramena la vilaine paluche à sa ceinture, c'était mieux, écoutant solennellement ce que le garçon avait à dire, hochant la tête à l'écoute de son témoignage.

Un ...Truc qui éventrait des poubelles. La première chose qui lui vint à l'esprit fut un animal. Les rongeurs, en général, étaient plutôt friands des déchets. Cependant, si Georgie se souvenait bien, ils avaient plutôt l'équivalent de grosses bennes, à l'arrière de la station, et des petits nuisibles n'étaient pas vraiment capables de renverser quelque chose d'aussi gros. Sinon, il y avait la possibilité d'un clochard un peu trop alcoolisé qui cherchait de quoi grailler ou se tenir chaud dans les poubelles. L'officier fronça le nez à cette idée. Mais, en même temps, quand on a plus rien, on était capable de tout pour se tenir en vie. Si possible au chaud. Et avec quelque chose dans le ventre, aussi creux soit-il. Georgie balaya ses pensées d'un léger mouvement de tête tandis que Vito le remerciait. Tsh, c'est fou comme un sourire pouvait lui réchauffer le cœur, aussi petit soit-il, si seulement il était sincère. Le plus vieux aurait voulu le lui rendre mais, ne réussit qu'à froncer les sourcils. Il avait toujours, et trop souvent, cet air d'ours mal léché, bien malgré lui.

« T'en fais pas, j'suis là maintenant. » Hochant la tête, assuré. « Enfin, j'aurai dû venir jeter un avant avant. D'solé. » Ajouta-t-il d'une voix un peu plus basse, presque un grommellement dans sa barbe, avant de secouer de nouveau la tête. Comme si ces dernières paroles lui avaient échappé. Et il releva le menton « Bref. Merci de tes informations en tout cas. Je vais aller me mettre en position. » Il fit un mouvement pour tourner les talons mais.. s'abstint. Il jeta un regard au brun « ... ça te dérange si j'te prends un café ? » Il haussa les épaules « En fonction oui blabla. » Il souffla du nez, avec une esquisse de sourire
« ça reste entre toi et moi d'accord ? »
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Mar 11 Oct - 16:00
l’appel de la forêt
georgie & vito
Vito s’entendait bien avec ses parents et hormis pendant certaines passades de l’adolescence, ça avait toujours été le cas. Vito n’avait jamais été un enfant turbulent, bien au contraire. Un crayon, cinq feuilles de papier et il était occupé pendant trois heures. Là encore, c’était probablement toujours le cas.
Au « tu a eu du cran, gamin, » de l’officier Beckett, il fut obligé de baisser le regard en souriant. « Oui, enfin je suis surtout resté là à rien faire, c’est pas moi qui l’ai chassé. » Il avait l’impression de se faire féliciter par son père ou son grand père, c’était à la fois amusant et bizarre. Ce genre de paroles était souvent accompagné de cheveux ébouriffés ou d’une épaule tapotée. Ce ne fut là pas le cas parce qu’ils n’avaient pas ce genre de liens.
Mais si Vito rata l’esquisse de mouvement de l’officier parce qu’il regardait la caisse sans la voir, il eut la sensation fantôme d’une main sur son épaule.
Pour le reste, le policier avait dû voir la caméra de surveillance et il n’était pas là pour ça, la discussion était donc close.

L’air bougon de Beckett, sa tentative pour le rassurer, ses excuses dans sa barbe puis, pour finir, sa demande pour prendre un café ; tout cela fit brièvement (comprendre : pas très fort) éclater Vito de rire, parce que c’était une drôle de juxtaposition. Il balaya l’air de la main en secouant la tête, l’air de dire à la fois mais pourquoi tu demandes, t’inquiète je dirai rien et on parle de café, pas de vodka.
Pendant un instant, il visualisa Beckett, sous la pluie, son café à la main, s’approcher de la quelconque menace qui rôdait autour, et son sourire s’accentua. Quoiqu’effectivement ça aurait été encore plus drôle avec une mignonnette de vodka.
Il conclut avec un « pas de soucis, sers-toi. »

Les échanges entre eux n’avaient pas toujours été aussi légers. Depuis deux ans, ils se croisaient au moins tous les deux jours (si ce n’était plus) dans cette même station, mais il y avait eu d’autres moments, aussi. Où l’officier l’avait embarqué dans sa voiture de police pour le sermonner, comme quoi la drogue c’était mal, et le voyage se finissait en confiscation.
Maintenant, Vito n’était pas un junkie shooté à la coke et à l’héro (très peu pour lui, merci), il cherchait simplement à calmer ses nerfs, à enfin trouver le sommeil, et il se donnait des limites parce qu’il tenait à la vie. Selon lui, ce n’était pas pire que les moult packs de bière que Beckett posait bien trop souvent sur le comptoir. Mais c’était un avis déplacé que jamais ils n’exprimerait.
Soudainement, l’image de la mignonnette de vodka lui parût beaucoup moins drôle.

Dans un soupir silencieux, il descendit de sa chaise haute dans une petite impulsion et fit le tour du comptoir. Un peu plus loin, la machine à café ronronnait déjà. Il ouvrit la porte « staff only » et la coinça avec une cale. Puis il sortit un trousseau de clefs qu’il posa sur la table la plus proche de l’officier et indiqua cette dont l’extrémité était couverte d’un bout de plastique orange.

« Ce serait bête que tu restes enfermé dehors avec de Demogorgon, » fut son seul commentaire.

« Bonne chance, » fut son seul encouragement.
Accompagné d’un sourire un peu impertinent.

Et il retourna derrière la caisse.
©junne.
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Ven 21 Oct - 15:59




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L' Appel

de la Forêt « Feat : Vito »


Georgie leva nonchalamment une main, la portant à son chapeau, comme un salut avec une esquisse de sourire : « Merci p'tit gars. »

Et il ne s'était pas fait prier. Il n'allait bien évidement pas rechigner contre une boisson chaude avant de passer des heures, qui sait, peut-être la nuit là-dehors. Déjà apaisé par l'odeur du liquide caféine, gobelet en main, il avisa le trousseau de clef avant de s'en emparer de l'index, le faisant sauter légèrement pour le rattraper dans le creux de sa large paume. L'Officier rit tout bas en soufflant sur sa boisson à la réflexion de Vito.

« T'en fais pas pour ça garçon, j'me suis stuffé en fonction. Et puis, j'ai largement le niveau pour. » Ponctuant d'un bref clin d'œil, presque un tic infime, en marchant finalement vers la sortie.

« Je déplace ma bagnole et j'y vais. A plus tard. »

Dans D&D, il aurait été Paladin. Tout du moins, c'était sa classe préférée, elle l'avait toujours été. Humain, bien évidemment. Il n'était pas très fana des danseuses aux longues oreilles, ni des petits Halflings. A la limite, les Drakéides, ils avaient la classe. Néanmoins, Georgie aimait la simplicité de la race humaine. Ils faisaient pâle mine devant les autres. Pas de super-pouvoirs particulier ni de vision nocturne. Juste de l'huile de coude et beaucoup de débrouillardise, ce qui pouvait leur permettre de tenir face aux autres, et aux monstres de cet univers.

Sa dernière partie remontait au début de l'université ? Il ne savait plus trop. La voiture garée vers l'arrière de la station, et adossé au mur, uniquement protégé par le débordement de la toiture, Georgie essayait de se rappeler de cette époque, de ses vieilles parties.

L'officier se brûla la langue, le palais mais, cela n'avait que peu d'importance. Au contraire, dans le brouhaha du fracas de la pluie sur la station, contre le bitume, dans les arbres, et le froid de cette nuit d'automne, cela lui donnait des forces. Petite piqûre pour garder l'œil ouvert sans se laisser aller à la léthargie. La pluie lui avait toujours donné envie de dormir. A la fois vive, mais aussi redondante berceuse. Parfois, il se décalait. S'éloignant vers les broussailles, observant les ombres de la forêt, pour aller, par la suite, plus proche de la route, de l'autoroute. Une ronde pour ne pas s'enliser sur place.

Jusqu'à présent rien ne lui avait semblé suspect. Et cela faisait bien deux heures que le gobelet de café, vide, se noyait dans la poubelle la plus proche. Si Georgie ne tombait sur rien de particulier aujourd'hui, au moins espérait-il que sa présence puisse apaiser l'esprit du garçon à l'intérieur. C'était pas grand chose, mais toujours mieux que moins, songea-t-il en relevant le col de son blouson sur sa nuque pour finalement plonger ses mains dans ses poches. Lui, il n'aurait sûrement pas pu laisser son môme bosser de nuit dans une station essence aussi reculée du centre même de la Foxglove. Trop inquiet, par nature. Mais c'était peut-être aussi parce qu'il avait tendance à considérer les plus jeunes comme des enfants. Comme ses enfants, s'il avait eu un peu plus d'assurance, de confiance en lui. Il était possible que l'Officier chercha simplement à compenser mais, quelque part, il ne pouvait s'empêcher de leur trouver un soupçon d'Amy.

Georgie renifla en fronçant le nez. Il ferait mieux de se concentrer sur les alentours. Ce n'était pas bon pour lui de penser à sa môme, surtout à cette heure avancée. Tout du moins, cela ne se terminait jamais bien. L'aurore avait un gout d'amer et un visage aux yeux défoncés, l'enfoiré. L'inactivité avait ses défauts, il laissait à penser. Une tare lorsque l'on tend à broyer du noir.

Et le noir se tordit, entra en mouvement. Seulement, il ne s'agissait pas de ses tergiversations.

Le flic avait bien cru voir, là-bas dans l'obscurité, quelqu'un se déplacer vers l'arrière du bâtiment. Il quitta alors la pompe à côté de laquelle il s'était enraciné durant les précédentes quinze minutes et se dirigea à l'angle de la station, le pas précautionneux et les sourcils froncés, plissant les yeux pour mieux voir. S'adossant au mur, à la croisée de la route, il écouta les bruissements qui se laissaient entendre derrière son oreille. Il attendit, patient, jusqu'à percevoir un grattement métallique. La benne.

Il était là.

Georgie eut un vague sourire à l'idée du SDF à qui il allait sûrement foutre une sacré frousse. Pauvre gars. Surtout sous cette pluie. S'il n'avait pas été en fonction, et si le type n'avait pas été accusé de vandalisme, il lui aurait peut-être offert un verre, au chaud et surtout, au sec. M'enfin, c'était le travail, se dit-il juste en tournant à l'angle du mur, levant la main pour héler la personne qui se penchait au-dessus des poubelles : « Hey, plus un geste. »

Quand l'officier s'était précipité à l'intérieur, il avait fait claquer la porte de derrière. A peine eut-il le temps de tourner la poignée qu'un gros choc la fit trembler et, aux yeux de Georgie, presque gondoler. Il y plaqua immédiatement son épaule : « Merde ! » Pour la maintenir fermée. Le souffle court, il accusa les coups, bienheureux que la surface métallique fut là pour encaisser le gros du choc à sa place. C'est qu'il était fort, l'enragé. Profitant d'une seconde d'accalmie, le brun verrouilla et ne se priva pas de tirer un bureau pas loin, pas bien grand mais suffisant, devant la porte. Suite à cela, il surgit dans le commerce par la zone réservée aux employés , cherchant du regard le garçon face auquel il leva la main, avant de désigner l'arrière-boutique du pouce : « J'te conseillerai de pas sortir. Reste derrière le comptoir. »

En quelques foulées pressées, il s'en alla verrouiller l'entrée de la même manière. Ou presque. Placer un meuble devant la porte n'aurait pas servi à grand chose. L'avant du magasin était vitré.
Merde, la vitre.

Georgie réalisa qu'il avait encore l'arme au poing quand il s'empara de son talkie à la ceinture, appuyant sur le bouton de transmission : « Central, Officier Beckett à la Station sur l'autoroute. On a un 10-91A. Je répète, 10-91A. Envoyez des renforts avec l'équipement. Terminé.» pour raccrocher l'objet à l'endroit initial après avoir passé les directives. Il se permit alors de reprendre son souffle, inspirant profondément en posant son regard sur le Vito. Son regard était appuyé, inquiet mais aussi, concentré. Alors, comment pouvait-il expliquer tout cela ...

« Je veux pas t'affoler, hein. » Il se rapprocha un peu de lui, non sans jeter un regard vers la zone des employées où la porte de sortie semblaient encore se faire malmener. « ... Mais on a un ours brun affamé à l'arrière. Je gère le truc. ça va aller. »

Gérer comme quand il s'était retrouvé à pointer le canon de son arme contre un animal deux fois plus grand et large que lui. Avec des crocs. Et des griffes. Et en colère. En même temps, il ne s'était pas attendu à cela et il avait bien failli se faire choper par une grosse paluche acérée. Merde. Il n'avait pas signé un contrat pour le prochain Indiana Jones.

C'est à ce moment-là que le silence revint. Plus brutal encore que les cous qui sévissaient tantôt. Le regard de l'officier couru sur les lieux, le plafond, concentré à percevoir le moindre bruit. Il souffla, plus bas.

« ... Si tu le vois derrière la vitre, ne fais pas le moindre mouvement brusque. »

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Dim 23 Oct - 0:55
l’appel de la forêt
georgie & vito
Deux heures. Vito avait manqué de s'endormir une bonne dizaine de fois (et baillé deux fois plus). Avec une telle pluie, les routes n'étaient pas très fréquentées, pas à Foxglove Valley. La station était déserte. Vito avait plus l'impression d'être le gardien d'un lieu hanté que caissier au comptoir.

Deux heures. A trois reprises, il avait pioché dans les pourboires (une petite boite sur laquelle il avait griffonné lors de longues séances d'ennui jumelles à celle-ci) pour faire fonctionner la machine à café. Il s'était levé, avait fait quelques pas devant le comptoir, avait étiré ses jambes, puis s’était rassit.
La pluie qui tombait dehors conférait langueur et bruit de fond apaisant à l’atmosphère étiolée de la station. S’il faisait noir dehors, le radiateur réchauffait doucement le dos du caissier qui s’enlisait petit à petit dans une torpeur artificielle, chimique. Peut-être que l’epitomax avait fait son temps chez lui.
Lassitude.
Deux heures.
Il était dans le gaz, et cette journée manquait cruellement d’action.

(Il faut, paraît-il, faire attention à ce que l’on souhaite.)

Deux heures. Cela faisait deux heures que Beckett était dehors, là bas, derrière, dans le noir. Beckett qui faisait partie de son quotidien. Qui était devenu quelque chose de commun dans la vie de Vito, comme un thé que l’on infuse en rentrant chez soi, comme un livre que l’on ouvre avant de dormir, comme une fenêtre que l’on ouvre, une bougie que l’on allume. Beckett, qui faisait partie de l’accumulation d’éléments qui constituaient la routine d’une journée -
(C’était ce qu’il se disait à chaque fois que son visage apparaissait derrière la porte, ou qu’il regardait ses sourcils se froncer lorsqu’il le trouvait dehors dans une petite illégalité familière. Des traits marqués par le temps et les événements qui avaient peut-être, si Vito voulait bien se le dire, une influence sur ses actions futures. Petite, présente. Une hésitation, le souvenir d’un sermon.)
- toutes ces petites choses qui, lorsque l’une d’elle venait à manquer, laissait derrière elle une part d’étrange, un vide qui se comblait avec un élément étranger, une cicatrice sur une peau blessée. La vie continuait, continuerait, mais sans.
La vie, sa vie, le support de toute cette petite série.
Sa vie, qui était un petit élément dans d’autres.
Sauf si elle-même s’arrêtait.
Quelle étrange pensée que celle-ci.
Elle venait, parfois. Restait un peu, repartait.

Dans la pièce voisine, un fracas le fit sursauter comme jamais. Puis un raclement. L’inquiétude le gagna à toute vitesse alors qu’il descendait de sa chaise, soudainement vif. Il allait passer de l’autre côté lorsque Beckett (soulagement, c’était lui - qui d’autre ?) entra brutalement dans la boutique, une main levée vers lui.
Une arme à feu dans l’autre.
Celle-ci était vraie, et Vito se glaça un instant.

« J'te conseillerai de pas sortir. Reste derrière le comptoir. »

La tête pleine de questions, Vito s’arrêta net et obéit. Il ne lâchait l’officier du regard que lorsque les chocs se faisaient entendre derrière.
Comme si quelque chose s’acharnait sur la porte et essayait d’entrer.
Dire que Vito n’était pas rassuré aurait été un euphémisme.

« C’est quoi… ? »
« Central, Officier Beckett à la Station sur l'autoroute. On a un 10-91A. Je répète, 10-91A. Envoyez des renforts avec l'équipement. Terminé. »

Malgré l’air urgent de la situation, Vito ne pouvait pas s’empêcher de penser à une série policière. Le genre de nullité qui passait le soir et qu’il regardait quand il n’y avait rien d’autre, ou qu’il était trop ensuqué pour bouger, une pastabox dans une main, une fourchette dans l’autre.
Cependant… ce n’était pas fictif.
Et il n’avait toujours pas d’explication.
(Il n’était pas certain d’être prêt à les accepter.)

« Je veux pas t'affoler, hein. » Silence. « ... Mais on a un ours brun affamé à l'arrière. Je gère le truc. ça va aller. »

Un…

« Un… »

Un ours ?!

« Un ours ?! »

Et soudainement, comme il était parti, le silence revint.
Mais pas la langueur confortable, pas la chaleur de l’ennui.
Eux avaient trouvé leur refuge ailleurs.
Parce qu’à l’intérieur de la tête de Vito, c’était un genre de cacophonie, tout un tas de cris. Il se dit que les vocaliser serait probablement une très mauvaise idée.
Dehors, il y avait un ours. Un ours.

Les yeux écarquillés et les mains plaquées devant la bouche, son attention fut attirée par une lumière. Non, deux lumières qui venaient de dehors. Des phares. Ils étaient dans une station essence.

Dans une série de jurons, Vito se rua sur les feuilles qu’il gardait sous le comptoir, s’empara d’un feutre et écrit en gros : « N’APPROCHEZ SURTOUT PAS, OURS BRUN PROCHE, PARTEZ. »
L’ordre de l’officier oublié, il frappa sur le bouton qui verrouillait les portes coulissantes, courut vers la vitre et s’affaira à scotcher le tout à cette pauvre vitre qui en avait déjà vu de belles.
Au loin, il voyait la silhouette du conducteur sortir de son pick-up, qui allait venir, qui allait se mettre dans un danger de mort et il y avait un ours en colère dehors.
Alors il fit la première chose qui lui vint à l’esprit pour l’alerter sans bruit.
Il gesticula dans sa direction.

Toute cette action n’avait duré que quelques secondes. Vito qui plaque le mot sur la porte. Vito qui fait des signes de bras. La silhouette qui repart dans la plus grande hâte.
C’était allé très vite, oui.
Assez lentement, cependant, pour qu’autre chose le remarque et
du coin de l’oeil, Vito vit cette
grande forme là bas, sous la pluie, au coin du bâtiment, un
immense ours brun à quatre pattes qui le fixait.

Encore une fois, le silence retomba.
Raide comme une planche, le caissier réussit quand même à faire un pas en arrière. Un autre.
Vito, il n'était pas fait comme Leonardo Dicaprio.
Vito, face à un ours, il ne valait pas grand chose.

« Je crois que, »murmura-t-il, presque calmement dans le silence de la pièce, « il est juste là. Il m’a vu. Il m’a vu. »

Il continuait de reculer tout doucement vers l’officier Beckett. Qui avait une arme.
Oh bon sang il avait merdé.
©junne.

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