beyond memories
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Je vous dirai tout, absolument tout. (Jae)
 
hellébore
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Mer 18 Oct - 19:10
Les escaliers ne résistent pas à sa hâte ; le talon écrasant lourdement l'empreinte de pied sur le parquet, avant que l'élan ne la rejette plus loin. Et Salome gravit alors les marches avec la même précipitation que celle qui la conduit dans la vie, avec cette vivacité qui ne se vit que pour mieux marteler l'existence d'une épaisse couche de brutalité. Et tout parait se bousculer autour d'elle. Rien ne demeure jamais trop longtemps, et le chemin hasardeusement suivi s'écroule derrière ses pas à chaque foulée consommée, envoyée, comme s'il ne devait y avoir de rotation possible, de volte-face, de regrets libérés sinon le poids croissant des remords qui jalonnent ici et là les résidus de choix passés.  

Et Salome envoie valser ses rires, ses tempêtes et ses désirs. Il n'y a jamais assez de temps, jamais assez de choses à dire. La porte qui se dessine enfin à la croisée des paliers ou des chemins lui fait l'effet d'un grossier obstacle qu'elle s'empresse d'ouvrir. Rien ne la retient plus. Salome tourbillonne déjà. Mais elle sait avec prétention tout ce qu'il y a à savoir sur l'endroit pour l'avoir regardé mille fois. L'homme apparait comme une ombre détachée du décor ; il ressemble tristement à tous les autres, pense-t-elle. Et ça la fait cruellement sourire, Salome, de cet air un peu méchant qui se peint au-dessus de ses orbites, dans la courbe de ses lèvres mêmes, vilainement audacieuses et narquoises. Son souffle moqueur s'évade aussi jusqu'à lécher les parois, à quoi tu peux bien servir, toi ?

Salome passe à côté de son rendez-vous comme si ce n'était rien. Elle est de celles qui ne saluent pas, de celles qui s'habituent tout de suite, qui habitent. Le bureau baigne dans la luminosité, et presque ivre de sentir le soleil brûler contre sa peau, elle fuit vers l'ouverture la plus proche, ses doigts se jetant presque avidement sur les rebords de la vitre. La liberté dehors s'écoule lentement, l'insistance de ses regards pressés sur la route, les trottoirs trahissent l'impatience qui lui sillonne déjà l'esprit. Elle dévisage sans honte, en ne disant rien encore. Mais son corps parle à sa place, chuchote son impatience, ses manies. La silhouette dans son fauteuil s'est effacée de sa mémoire -si elle y a un jour été gravée. Mais Salome a de la suspicion dans le coin de l'œil. Mais tout reste si calme dehors. Elle guette encore des chamboulement, des émeutes ou des tremblements.  

Puis, quand elle ne dévisage pas la rue, Jae devient le reflet qu'elle devine à travers la vitre, une seconde infinie puis deux. Le reste s'efface. Le bureau s'agrandit dans ses yeux gourmands. Ses narines s'agitent, frétillent d'une drôle d'habitude : renifler l'endroit. Elle sent enfin la chaleur s'élever du parquet sous ses pieds, caresser les semelles de ses bottines usées pour remonter sur un festival de tissus fleuris qui chatouillent ses courbes alanguies. Un châle en dentelle jeté grossièrement sur ses épaules.

- Hier, il s'est passé quelque chose de bien.

Elle ne sourit pas pourtant, mais l'annonce est encore faite comme on raconte simplement des faits sans intérêt. La pulpe de ses doigts tapote la vitre avec une impatience lente. Elle voudrait qu'il l'interroge ; mais elle est si vive encore qu'elle ne laisse pas le temps à ce désir puéril de se concrétiser. Sa bouche prend les devants, et de sa jolie couleur orangée elle poursuit ses souvenirs.

- J'attendais au café, toujours à la même heure, vers sept heure et quart. Comme tous les autres jours, il ne se passait rien. J'étais comme un rat mort, la bouche pâteuse après la sortie de la veille, et grande ouverte en train de me demander comment je pourrais réussir à boire mon kawa. J'étais comme une cruche. Et là... Son corps pivota sans prévenir, les bras tendus vers un point non défini pour marquer l'effet de surprise. L'étonnement dans sa voix perçait. Sa tignasse rougeoyante courrait derrière son air de bêtise désabusée qui l'encadrait parfois. Un mec s'est assis. Mais le genre de mec qui d'ordinaire se plante jamais à la même table qu'une inconnue, en tout cas, pas les inconnues comme moi. Le genre de mec qui vous donne envie de poser votre café, qui vous fait vous décrocher la mâchoire tellement vous y croyez pas. La trentaine, il a l'air de quelqu'un d'important, il pue même le fric. Il est trop propre sur lui. Pire, il a l'air gentil. Mais c'est pas le gars en costume qui a juste l'air de se faire chier dans sa petite vie trop tranquille. Non non, il est habillé bien mais décontracte. Ca se sent que lui, il a réussi sa vie.  

Elle s'arrête quelques secondes furtives. Ses mots se sont jetés sur Jae, mais les derniers se sont posés, presque délicatement, dans une sorte de rêvasserie qui ne lui ressemble pas.

- Le petit chocolat qu'ils mettent pour accompagner le café...

Ses pas la rapprochent enfin de la silhouette du psychologue, presque trop vite. Sa main farfouille dans la poche de sa veste, avant de se tendre vers l'homme à qui elle fait face, de sa petite hauteur, que sa bouche molle agresse séance après séance, celui qu'elle regarde sans connaître, à qui elle dit tout à qui elle ne dit rien.

- Il a dit "mademoiselle", puis il me l'a donné.

Et Salome était restée là, presque inerte, les mots encore suspendus sur le bout de ses lèvres.

- C'était comme si moi aussi j'étais soudain devenue une femme importante.
 
magnolia
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Dim 29 Oct - 22:11

« Bonjour, Salome. » avait lâché Jae sans ciller, regardant Salome entrer dans la salle  de consultation comme s’il s’agissait de son salon. Impétueuse Salome qui jamais n’arrêtait de parler, qui encore aujourd’hui n’en faisait qu’à sa tête. Et à quoi bon servait leurs séances, auraient pu se demander certains ! Les jambes croisées, pourtant, Jae écoutait attentivement tout ce que sa patiente lui disait. Il avait dans sa main un petit calepin et y griffonnait parfois de son stylo mont blanc quelques notes et remarques.

Son regard cherchait celui de Salome sans le trouver, et il se contentait alors de regarder ses cheveux roux, flamboyants  : ses formes et contours, les mouvements parfois abstraits que faisaient ses mains lorsqu’il ne s’agissait pas de ses bras. Et quelle vie elle avait ! L’âge déjà commençait à se voir sur son visage et pourtant qu’avait-elle accompli ? Salome la caractérielle, Salome ayant sans doute ruiné sa propre vie à présent si malheureuse.

Salome a la vie si plate qu’un beau monsieur bien habillé l’avait laissée bouche bée.
Il se l’imaginait sans peine, et dévisageant à présent le chocolat qu’elle lui tendait il avait remonté ses yeux jusqu’à elle, neutre (gentil) : « Pourquoi ne seriez vous pas quelqu'un d’important ? » Pause. « Pourquoi ne seriez-vous pas une mademoiselle, une femme qui retient l’attention, les regards ? » Après tout tout était possible, n’est-ce pas ? Elle pouvait tenter de reprendre sa vie en main, demander de l’aide, travailler sur elle : elle pouvait oui encore tout faire, rencontrer quelqu’un, s’aimer et en s’aimant apprendre à aimer et peut-être même faire confiance.

Mais le voulait-elle ?
Elle qui parfois lui rappelait le feu ou encore de ces félins en cage, féroces, bouillonnants (amers).

Et qu’il aurait aimé s’il n’avait pas été dans ce fauteuil et dans ce rôle qu’il se devait de respecter lui demander…

Salome pourquoi avez-vous décidé d’être ainsi.
Pourquoi avez-vous ruiné votre vie ?

Vous êtes si malheureuse.


 
hellébore
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Ven 3 Nov - 19:27
Elle ne pensait pas que Jae était un bon psy. Ca n’existait pas. Ce n’était pas un métier d’ailleurs, de rester assis là, enraciné dans un fauteuil en attendant des monologues qui ne devaient rien signifier. Il fallait toujours une explication pour tout, alors que parfois il n’y en avait pas. Mais il ne fallait pas y voir un quelconque ressentiment de sa part, Salome ne se sentait pas incomprise : elle ne percevait simplement aucun progrès, et les séances se suivaient et se ressemblaient. Son regard descendit sur les jambes de l’homme. Là aussi ça ne bougeait pas. Il y avait presque un mimétisme inquiétant dans la façon dont ces jambes se croisaient toujours, comme si rien n’aurait pu bouleverser l’immobilisme du mouvement. Il n’y avait pas de temps d’ailleurs, les secondes s’écoulaient ici lentement, paisiblement comme si rien n’avait de prise. Mais il s’agissait encore d’une brillante illusion. L’ennui habitait la pièce et avec lui son maître.  

Salome fit alors volte face, tendue, agacée, ne supportant déjà plus de regarder cet homme. Du talon, elle fit encore grincer le bois à plusieurs reprises, leva les yeux au ciel, mains en poche ; un pff sur le bout des lèvres. Voilà ce que les questions lui inspiraient. Un ramassis de bêtises, des conneries, n’importe quoi. Et lui, il se sentait important peut-être ? Pff. Elle haussa encore les épaules, puisque ce n’était jamais assez : elle avait besoin d’exprimer, et elle exprimait bien, certes, l’exaspération, l’impatience, l’agitation. Salome était tout un livre ouvert, pas un énigmatique recueil de poésie, moins encore un roman bien ficelé, un journal potache peut être, et des articles sur toutes les pages en haut en bas des colonnes de droite de gauche, des gros titres.  

-Et pourquoi je le serai ?

Pourquoi faudrait-il donc l'être ? Avait-on le temps d'être si important maintenant ? Salome disait encore que c'était bon pour les autres. Il fallait être conscient de sa place dans l'univers ; ça n'avait rien à voir avec de la modestie, car elle n'était pas modeste non. C'était une question de logique, de réalisme. Elle avait la vulgarité jusque sous le bout de ses ongles, la fragrance du parfum bon marché, la vie bohème, une réussite qui ne se conformait à aucun standard –du moins pas pour les jeunes femmes de son âge. L'indépendance fragile, la sale humeur aussi.  

-Les mademoiselles importantes, comme vous dites, ont les responsabilités qui vont avec. Ca ? Non merci. Pas moi.  

Car elle se tenait à l'écart malgré tout, par cette hargne sauvage qui l'embarrassait et la desservait, la rendait à la fois si grande et si petite, pittoresque et enflammée. Car certes Salome n'était pas importante, mais elle n'était pas de celles non qui se laissaient dévorer par l'élite.  

Au fond, elle affectionnait la boue.

-Pas moi. Répéta-t-elle encore, cherchant peut-être à se convaincre elle-même d'un fait qu'elle pensait pourtant indubitablement certain. Car elle avait oublié, Salome, que dans une autre vie la gloire l'avait habillée.

Elle se laissa enfin tomber sur le canapé, non pas comme une femme se laisse choir, non pas avec cette élégance théâtrale, mais d'un mouvement vif comme elle aimait plutôt à se jeter. Les mains religieusement jointes sur sa poitrine et les bottines odieusement posées sur l'accoudoir. Sourcils froncés, elle fixa le plafond, et de sa voix toujours si brute, si énervée.  

-Et puis, qu'est-ce que vous croyez ? Je retiens déjà les regards.  

De la plus mauvaise des façons qui soit.  
Mais au fond, il n'y avait rien de plus important.
 
magnolia
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Mer 15 Nov - 21:44
« Parfois Salome lui rappelait un enfant. Elle et ses lèvres pincées, boudeuses : elle et ses airs de caprice, ses joues souvent rougies par l'agacement. Et c’était car elle n’en était plus un, qu’il ne disait rien. C’était car au fond de lui il la trouvait dramatique (si malheureuse, presque pathétique) qu’il la laissait vagabonder, crier, frapper tel le vent sur ses fenêtres. Cesserait-elle un jour ? Parfois il se demandait d’où venait tout ce feu, cette hargne. Était-elle née avec ou était-ce le monde qui l’avait rendue ainsi ? « Êtes-vous heureuse, Salome ? » Avait-il finalement demandé, laissant flotter l’instant avant de corriger : « Y a-t-il des choses qui vous excèdent ? Des choses dans votre vie dont vous ne voudriez pas ? » Et il ne parlait pas d’argent (ce démon, ce mal changeant les hommes et déchirant les familles), ne parlait pas de matériel mais de quelque chose de plus spirituel.

Avez-vous peur d’aimer, Salome ?
Elle qu’il imaginait sans peine danser dans les bars le soir, les bras en l’air et ce quelque chose d'un peu provocateur (insoumis, sauvage) dans le regard. Elle était folle, pleine de vie pleine de tout, était une tempête et devait faire trembler les hommes oui — pourquoi pas quelques femmes, aussi. « Que pensez-vous du mariage ? » avait-il finalement demandé.

De fil en aiguille.
Jae dont l’air était impassible, la moue presque gentille. Jae pourtant qui derrière ses mèches et pourquoi pas parfois ses lunettes calculait, attendait. Jae qui habitué aux cris aux horreurs aux personnes n’en pouvant plus avait décidé de tirer un bon coup sur la corde dans l’espoir peut-être de la voir

céder.


 
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Jeu 16 Nov - 0:24
Elle se muait parfois dans un silence qui ne durait jamais lorsqu’elle paraissait s’adoucir, usée peut-être par la patience de l’homme. Et ses pensées la traînaient encore vers une réflexion étrange, comme soudain elle se disait qu’il l’écoutait. Elle avait alors des regards qui semblaient s’égarer, jamais très lointains, mais la courbe de ses sourcils durcissait toujours son visage dans un masque parfait d’arrogance. Et parfois il lui arrivait de chercher des réponses qui ne lui venaient pas. Alors comme toujours et comme maintenant, ses ongles faisaient rouler les breloques autour de ses doigts. Un rictus sardonique se jetait déjà sur ses lèvres et elle soufflait un pincement dans l’air, de mépris. « Vous ne le savez vraiment pas ? Depuis le temps que vous êtes assis-là. Vous devriez mieux écouter, monsieur le psy. » Et lorsqu’elle disait ces mots-là, il fallait que sa voix soit basse, rauque et suave ; il fallait que le calme ne soit jamais plus qu’un instant de latence, qu’un investissement de ses douceurs amères. Il y avait une vérité qui ne changeait pas. « Tout m’excède. » Et rien.

« Vous cherchez une raison. Je n’ai pas de raison à donner. Vous pouvez accepter ou vous ne l’acceptez pas. Les gens… Parce que je suis une petite vendeuse, parce que je n’ai rien accompli je devrais me taire, je devrais obéir et simplement accepter. Je devrais aspirer au bonheur. Vous pensez qu’être mariée me rendra heureuse ? Qui décide que ça doit être comme ça ? » Elle s’était brusquement redressée, Salome, et le fard piquait ses joues de cette indignation qu’ils connaissaient bien tous les deux. Car ce méconnu en connaissait bien trop à présent. Elle ne rougissait pas de dire ces choses qu’elle ne racontait à aucun autre. Une confiance fragile dansait peut-être sous ses paupières. « Voilà ce qui m’excède. » Mais sa voix se faisait plus dure, mais son visage devenait plus sévère. Constamment, elle s’agitait en se pliant au jeu des questions. Constamment, pour ces moments où elle venait dévisager ce physique ennuyeux, elle s’irritait alors sans explication. Elle percevait dans ses questions une exigence professionnelle. Auprès de Jae, Salome devenait à son tour empli de ce sérieux. Et tout son corps avait glissé, féline, prédatrice, et ses genoux avaient touché le sol, et lentement elle avait rampé faisant pénitence jusqu’à remplir la maigre distance qui les séparait. « Je ne me tairai jamais. Et je n’épouserai pas. »

Car les filles mourraient au bras de leurs soit disant parfaits prétendants.

« Le mariage est une prison. Il rend faible. Vous devez me trouver tellement pitoyable, tellement malheureuse… Mais je ne serai jamais faible, même à vos pieds je ne suis pas faible, alors je vous interdis de me comparer aux autres déchets qui viennent pulluler dans votre salon. Je ne suis pas une pauvre chose. Vous pouvez me mépriser mais je ne veux pas de pitié. Je vais quand même vous répondre : Je n’ai pas peur du mariage. J’ai peur de l’homme avec qui je devrais passer le reste de ma vie. Alors maintenant que vous savez, monsieur le Psy, allez-vous me dire ce que pense déjà la majorité des gens qui me connaissent, que mon existence est pitoyable ? Allez-vous me jeter ça au visage ? Car je suis déjà à vos pieds, et vous voyez, je ne pourrai pas descendre plus bas. »

Et elle s'était finalement redressée sur ses genoux, une main sur l'accoudoir du fauteuil, le buste penché en avant, dévisageant l'homme depuis l'en-bas, cherchant peut-être dans l'impassibilité de ses regards des réponses qu'elle ne connaissait pas. Un sourire fin gorgé par cet intérêt, car pendant une après-midi au moins il serait la page vierge que sa plume viendrait noircir de secrets intimes.
 
magnolia
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Hier à 21:22
« Je ne suis pas là pour vous juger, Salome. » avait répondu Jae, résistant à l’envie de venir se masser les tempes du bout des doigts. Vous êtes la seule à le faire. La seule qui se regardant dans le miroir doit se dire qu’elle est minable. Que la vie est nulle que ce sont les gens qui sont coupables, que tous sont des cons : même-moi. Mais au fond ne vous sentez-vous pas si seule, si rien ? Votre vie passée vos expériences je ne sais pas vous bloquent. Et vous voilà prisonnière de vos propres choix ! Vous ne pouvez pas être aimée car vous ne laissez personne entrer (vous êtes seule et vous le ressentez).

Alors vous criez.
Vous sautez vous vous incarnez tempête et faites trembler les hommes. Car il est plus simple de faire sortir la colère, de rugir et d’être folle plutôt que de pleurer. Il vaut mieux s’indigner oui plutôt que de s’apitoyer. Et êtes vous heureuse êtes vous heureuse cette question l’obsède. Il l’imagine jalouse, l’imagine envieuse : l’imagine tant de choses, n’a aucun mal à la voir réduite au silence face à cet homme en costume lui offrant un chocolat.

Quelle scène après tout, pour quelqu'un n’ayant peut-être même plus confiance en elle. « Vous pourriez apprendre à vous battre. » avait-il finalement suggéré. « Quel sport aimeriez-vous pratiquer ? » Que la boxe lui irait bien, agrémenté d’un coup de pied dans le tibia lorsqu’on ne s’y attend pas. Salome la sauvage Salome la pompette dont les hanches oscillent lorsque la nuit tombe. Salome au rouge à lèvres provoquant, aux regards renards et aux baisers féroces. Et tremble-t-elle le soir venu, lorsqu’un homme vient saisir ses cheveux puis caresser sa joue ?

Vous sentez-vous femme, Salome. Ou vous sentez-vous colère, feu, tourbillon ? Le genre a en vous peut-être disparu, qui sait, ne laissant place qu’à un vague tumultes d’émotions. « Qu’aimeriez-vous qu’on vous dise ? Qu’aimeriez-vous que je vous dise ? » Qu’attendez-vous de nous ? Lui qui attendait l’amour l’affection une main quelqu’un. Lui ayant été trahi puis abandonné à présent las et amer. Lui gentil qu’on rendait méchant et seul, lui dont les colères s’intensifiaient et qui parfois avaient envie de tout foutre en l’air.

Les gens aussi.
(Ses patients).

Jae devenant fou Jae le sachant et Jae allant un matin prendre un couteau et jouer avec dans le silence, se demandant si tout en valait vraiment la peine.

A quoi bon vivre sans amour ?
Dites-le moi, Salome.

Ma lionne.
(ma folle)


 
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Hier à 22:56
« Personne n’est là pour juger mais tout le monde le fait ! » s’emporta-t-elle, s’indigna-t-elle, protesta-t-elle ! Et quoi ? Il n’y avait aucun coupable alors ? Seulement elle ? Seulement elle devant le miroir ? D’où sortait cette fausse évidence, cette hypocrisie cachée. Serait-elle la parano dans cette affaire, la folle. Mais elle abhorrait l’idée qu’on puisse se dérober et lui laissait le fardeau. Elle n’avait rien voulu de tout cela, c’était seulement arrivé. Il n’y avait aucun remède contre une succession de mauvais choix. Et puisque cela n’eut pas l’effet escompté, elle abandonna le dramatique de sa posture et se releva, entreprit de parcourir pour la millième fois peut-être la pièce en long et en large.  « Très bien alors, ne jugez pas. Restez neutre. Vous seriez bien le premier. Cela fait de vous un homme extraordinaire. Comment supportez-vous de ne pas être comme les autres ? » Mais elle raillait, et sa langue était mauvaise, et son rictus sur ses lèvres ravageur.

Elle s’approcha d’une baie vitrée, l’ouvrit, pencha sa tête vers l’extérieur, remua son nez dans l’air frais, dévisagea à peine un badaud qui passait dans le coin, se lamenta de cette après-midi qui n’avait plus ni de saveurs ni d’odeurs, se retourna, referma la fenêtre et s’éloigna de la vie.

Les gestes se succédaient, rapides et vains. Ils tombaient dans l’oubli sitôt accomplis.

« Aucun. Je n’aime pas le sport. »

Ah la peste qu’elle était difficile !
Mais elle s’en moquait, tout juste, la question lui avait fait froncer les sourcils avant de chasser l’idée d’un revers de mots.

« Dites-moi ce que vous avez envie de me dire, je n’ai pas besoin d’être ménagée. Et si ça ne me plait pas, et bien, vous savez que je n’ai pas ma langue dans ma poche. Mais vous me dites souvent des choses qui ne me plaisent pas, donc je ne dois pas vous faire très peur. »

Et elle s’était rapprochée encore, s’asseyant cette fois en face de lui, paumes des mains sur les genoux, se forçant déjà à ne pas se relever, à ne pas valser encore entre les meubles, s’obligeant à poser jusqu’au son de sa voix, faisant semblant d’être sage.
Elle pencha son buste et planta son regard dans celui de Jae. Il y eut l’ombre d’un sourire encourageant, car il y avait ces instants où ses doigts ne souhaitaient pas déchirer, ou ses mots ne souhaitaient pas percer. Mais pourtant il y avait là dans ce regard un faible adoucissement.

« Parfois je vous écoute et je me dis que vous êtes à côté de la plaque. Ca ne m’empêche pas de revenir la semaine d’après. Mais vous n’en avez pas marre d’entendre mes patati patata ? Je sais que vous essayez de me faire prendre conscience de certaines choses, de me faire réagir, et quand je vous vois griffonner sur votre calepin ça me fait de la peine. Des fois, juste le temps d’une séance, j’aimerai ne pas crier si fort, ne pas me moquer de vous, vous dire que je fais des efforts, parce que vous écoutez tout ce que je dis j’aimerai ne pas vous fatiguer, j’aimerai vous faire croire que ça en vaut la peine. Mais je n’ai pas envie de changer, parce que, je suis juste comme ça. Et je ne crois pas que ça soit mal d’être moi. Tout à l’heure vous m’avez demandé si j’étais heureuse. Je ne peux pas vous dire que je le suis, je suis trop en colère pour ça. Mais je ne suis pas malheureuse, je le sais, parce que je sais ce que c’est d’être malheureux. Je m’en souviens. Ma vie n’est pas toujours facile, et je me la rends difficile tous les jours, mais je ne suis pas triste et je n’ai jamais envie que ça s’arrête. Je ne crois juste pas aux recettes miracles.»

Mais elle avait beaucoup parlé sans cesser de guetter une réaction, mais elle ne croyait pas en avoir une. Car elle était toujours celle qui parlait trop, qui avalait l'espace. Et parce que Jae était cette figure d'autorité transparente, simplement assis là à contempler l'incendie de son âme.

« Je veux arrêter les séances.»
 
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Aujourd'hui à 10:52
« Jae avait contemplé la scène sans un mot (sans jugement). Il était restée statue, meuble dans la vie bouillonnante de Salome. Il n’était qu’un décors face à elle tempête s’agitant et tuant l’espace. Elle était l’espace. Elle traversait ouvrait refermait s’asseyait se contenait : elle était tel un animal en cage (victime de sa propre vie, de son propre corps). Et qu’il aurait été fou de vouloir détruire un tel personnage.

N’était-il pas beau d’être soi ?
Inspirant Jae avait remonté des lunettes imaginaires sur son nez (elles étaient restées sur son bureau), lâchant un de ces soupirs annonçant un long discours : « Vous savez Salome nous vivons un mensonge. ». Et dans son regard quelque chose avait changé : « Mais c’est ça, de vivre en société. C’est faire face à l’éducation des autres, souvent commune, à leurs valeurs se heurtant aux nôtres. C’est découvrir qu’on est différent, qu’on est pas pareil : et alors que la différence est prônée à l’oral elle est en vérité pointée du doigt. Mais à quoi bon, à la fin ce sont les gens différents qui accomplissent de grandes choses. Il faut différencier le fait de s’habiller de cette couleur pour être comme les autres du fait de s’habiller ainsi car on aime cette couleur. »

Peut-être aurait-il du, lui aussi, se lever : faire des diagonales, tourner en rond, réfléchir.
Mais il était resté là, dans son fauteuil, face à cette Salome, face à cette force de la nature qui peut-être ne comprenait rien. Rien à elle rien à la vie rien au fait qu’elle n’était pas malade : juste en vie. « Si vous vous sentez bien dans votre vie que voulez-vous que je vous dise. » Il lui avait souri doucement avant de reprendre, de nouveau mi-sérieux mi-rien, transparent : « Tant que vous ne vous mentez pas : car tant de gens se mentent. Des personnes en dépression qui ne veulent pas aller mieux car ils ont peur et qui au final sont malheureux. Ne me dites pas que ceux qui pensent à la mort tous les jours et au fait d’être seuls sont heureux ils ne le sont pas. Ils ne vivent pas ils survivent. »

Jae n’était qu’une voix.
Et c’était peut-être pour ça qu’on ne le voyait pas.

« Mais nous ne pouvons pas manipuler l’esprit du moins je ne le ferai pas. Car nous avons tous une conception du bonheur différente et une vision de nos vies différentes. Certains aiment aller à la montagne et d’autres à la mer et c’est bien là la différence. » Pause alors que son regard était parti loin de sa patiente, pause alors qu’il y était soudain revenu, sérieux : « Mais vous, que voulez-vous ? Qu’est-ce qui vous rendra heureuse ? Pensez-vous qu’on peut être heureux seul.e ? Sans amis, sans personne à nos côtés ? Sans romantisme ou passion ou famille ? Pensez-vous qu’un homme seul peut s’épanouir ? Ne faut-il pas plutôt avoir des amis, avoir des gens avec qui rire, ne faut-il pas oui plutôt s’aimer et se sentir aimé.e, écouté.e du moins ? »

Silence.
Silence car ce qui allait suivre n’était pas une question mais une chose en laquelle lui-même croyait (il le vivait) : « Il fait si froid quand on est seul. » Si froid que parfois on se serait demandé si tout en valait vraiment la peine. « Et si vous vous sentez bien Salome nous pouvons tout arrêter. Après tout ceux ne voulant être aidés ou du moins écoutés ceux ne voulant parler n’ont rien à faire là. Car on ne peut sauver une suicidé, on ne peut sauver quelqu'un ne voulant pas (il faut le vouloir, même tout au fond de soi). »

Se redressant quelque peu pour poser son calepin sur son bureau, il avait poursuivi, saisissant ses lunettes : « Si me parler vous fait du bien, si je suis cette personne contre laquelle vous pouvez jeter toutes vos tempêtes alors continuez, ce sera déjà ça de fait. Je ne suis pas là pour traiter pour corriger pour modifier. Je suis avant là pour écouter et pour faire réaliser pour redéfinir des objectifs. Je ne suis pas là pour vous rendre Jane ou Emily. Je suis là pour écouter Salome et peut-être l’aider à se sentir bien dans sa peau dans ses baskets dans sa vie : je suis là pour faire s’éteindre le feu si elle le veut éteint. » Il la regardait à nouveau, à travers ces verres peut-être magiques lui permettant de voir à l’intérieur (ou peut-être pas).

Peut-être que ces maudites lunettes lui donnaient juste un style.

« Mais je pense que vous savez à quel point parfois il est effrayant de faire s’arrêter quelque chose qu’on a toujours connu. Qu’adviendra-t-il de vous le jour ou vous n’aurez plus cette colère en vous ? Pas celle qui vous définit, pas cette irritabilité que vous avez dans votre caractère. »

Il y avait dans sa voix un petit quelque chose annonçant la fin.
Et ce n’était pas méchant.
Mais pas rassurant.

« Mais cette blessure qui vous rend colère. »

Et il avait souri, car Jae semblait ne savoir que faire ça. Il était là, écoutait, ne s’énervait pas. Jae était gentil Jae était mignon Jae qui pourtant parfois s’énervait criait cassait tout. Jae si seul Jae qui aurait pu saisir un esprit et l’enrouler autour de son doigt le faire glisser dans sa paume puis refermer sa main en un poing et l’écraser jusqu’à le tuer.

Jae qui en avait marre mais qui même en ayant marre (de lui, des autres) continuait à tendre sa main car il y avait en lui une nature si bonne qu’il n’arrivait à faire autrement.

Il n’était qu’un pauvre type à qui on avait tué l’âme puis le coeur.
Existant.


 
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Aujourd'hui à 15:31
Elle avait accueilli les vérités de Jae avec un silence dévoué, presque religieux. En quelque sorte cela avait contenté une soif aveugle. Car elle ne supportait plus de le voir assis là à ne rien dire, le voir sortir de cette ennuyeuse léthargie, de cette fonction décorum avait redessiné dans son esprit les contours de leur étrange relation. C’en était une, d’un patient à son psychologue. L’interaction lui était une nécessité. Le silence ne le rendait que trop longtemps distant. La pièce se muait autant en cage qu’en cocon sécuritaire : le confinement la laissait grondante et tandis que le monde s’évanouissait derrière les larges baies, les genoux de Salome s’entrechoquaient. Et si elle se précipitait dans l’abri ? Le vaste espace absorbait les raies de lumière de l’extérieur, mais la chaleur ne l’alanguissait pas. Peut-être s’était-elle méprise.

Mais on ne l’abreuvait jamais assez de mots, mais on la laissait trop souvent meubler le silence. Les discours de Jae lui étaient une douce agression.

Elle se cala confortablement contre le dossier du canapé tandis que ses bottines poursuivaient leur joute symphonique contre le parquet. Tap tap. Elle en revenait aux breloques autour de ses doigts. Salome ne connaissait pas la paix, Salome ne connaissait pas le lâcher prise. Salome vivait dans l’instant. Maintenant encore elle guettait. Elle guettait ses pensées, ses sourires. Mais elle avait une bouche pleine d’impertinence, gorgée comme un fruit mûr qui n’attendait qu’être recueilli. Pensive, elle arrêta de fixer l’homme. L’évocation de son futur l’angoissait sans raison. Elle ne voulait pas se voir arracher la moindre petite parcelle de sa colère ; elle croyait puiser sa force d’un puits qui ne désemplissait pas.

« Là-dessus, je ne fais aucun projet. Je ne sais pas de quoi vous parler, le feu m’empêche de ressentir le froid.  » Mais elle ne pouvait en aucune façon donner tort à un argumentaire aussi rondement mené. « Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Vous avez réfléchi à la question.  »  Bien plus qu’elle n’y avait elle-même pensé.

L’étrangeté l’avait à peine effleurée. Elle était très bornée. Elle ne supportait pas la douceur, préférait la violence à la tendresse, se fichait des mots doux. Elle voulait aimer, ponctuellement seulement. Etre incendiée comme elle incendiait. Ce n’était pas un cas facile.

« Avant de vous rencontrer je pensais que vous étiez un charlatan. »

Ses yeux se reposaient sur lui. Elle ne s’agitait plus. Mais la crinière flottante autour de sa figure dévoilait une fausse accalmie. Elle avait le regard pointu. Quelque part, il la dérangeait : ils n’étaient pas en phase. Jae était une diagonale qu'elle distinguait à peine, elle se concentrait sur une voix. Il lui semblait qu'ils ne se toucheraient jamais. La main tendue se trouvait trop loin pour qu'elle puisse seulement s'en saisir.

« Il y a des bateaux qui font naufrage dans la tempête. Vous êtes prêt à prendre le risque ? Vous êtes trop sage. »

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