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léthargie / daphnéo
 
myosotis
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meurs
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Mar 10 Oct - 18:06

les séraphins se vexent tant pis tant qu'à faire

elle tranche la nuit d'un revers de main – fantôme arrachant les étoiles, céleste mirage au
relief déformé par la lumière des lampadaires. daphné veille. elle a froid, a vu la Lune - s'est extasiée une seconde de trop. il faisait trop bon vous savez (et elle est une proie facile)
fébrile individu que la rage ne conduit qu'aux pleurs

daphné rentre chez elle.

et encore elle n'aime pas trop cette tournure ; lui trouve des teintes trop chaleureuses pour qualifier l'austère habitation qu'elle (hante) plus qu'elle ne partage ; étrangère dans la salle de bain, dans le salon et dans les draps. daphné n’a plus de royaume
(princesse elle ne l'est que sous les projecteurs sur son trône de carbone) et dans ses bras
quand il s’éprend du mal de la voir faible si faible juste le nécessaire dans ce genre de relation à contre-courant

- je suis rentrée

il est trop tard et elle se sent adolescente en fugue retour de soirée arrosée alors que daphné n'a fait que marcher. marquer les pavés et les étoiles, courir, jusqu'à ce qu'il fasse trop froid et qu'elle se sente mourir

elle referme la porte derrière elle ne prend pas la peine d'être silencieuse (ça ne sert à rien avec lui), déroule les étoiles dans sa nuque - resserre les bretelles et son sac est trop léger.

ne plus rien dire car il faut museler la rage de subir un nouvel affront – passer derrière lui, et occulter la moue dépitée des nymphettes en rébellion. daphné est oiseau en cage ; s'envole vers la chambre.
dissimuler dans la pénombre du salon : les ecchymoses
les genoux ripés des petites filles
hargneuses,
les jambes nimbées de terre et la poussière au bout des doigts.

- avant que tu demandes, je me suis fait racketter. et je me suis battue. dans cet ordre

l’air indifférent la mort au bord des lèvres ; elle fait peine à voir sa peau-sucre saupoudrée de sel, manteau en cuir sur les épaules - c'est une rebelle en fleur
immonde supplice de dépendre des plus grands (mais elle sait que sans lui c'est elle qui défaille). alors elle se frotte les tempes, doucement. ne relève pas le débat ni le son du jazz en note de fond. dans sa nuque à lui ça sent le café.

mais daphné a mal au corps ; peine à se soulever par-delà les marches - c'est un honneur bafoué
elle reste muette. à ce moment-là, elle ne rêve que d’une profonde léthargie, d'un sommeil et d'une petite mort bien méritée. idéalement, dans les vertiges de ses étreintes, les doigts-miracles gouttant d’eau de jouvence.

léo à l'orgueil curatif.
MITZI
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Mer 11 Oct - 18:54


La maison finalement, c'est la maison ; sans elle. Léo appelle le silence lorsqu'il y rentre, en se fichant bien des ampoules jaunes, des draps défaits. Et quand il n'entend rien, il se fiche des murs, il se fiche de la pinède. Quand il le faut, et il le faut toujours lorsqu'il fait silence, il crache à lui tout seul le bruit d'une ville dans le béton ; avec le dîner, la bière, les yeux accrochés sur le téléviseur. Et lorsqu'il est fatigué de compter les heures en film, il fait cracher le briquet, la cafetière, la chaîne-hifi. La tête pleine de fumée et de l'envie de danser, le lanceur de couteaux avale comme ça un morceau de la nuit.

Une brèche gelée s'ouvre sur le cocon du bruit, et aussitôt Léo se tait. De la même façon, il fait taire la radio et la maison. Il n'y a plus la place que pour la voix de Daphné, et elle a les échos troubles de l'automne. Sceptique, il en singe le ton de l'entre-deux. ‹ Bonsoir ›, en laissant la fin du mot flotter, comme douter de la nuit. Le regard fauve, cherche le vertige du sien, mais Daphné semble toujours vouloir se retirer dans les ombres ; comme les chiens errants, se cherchent un endroit où mourir. Obscène, pressé, il ouvre la bouche - ‹ Avant que tu demandes, je me suis fait racketter. Et je me suis battue. Dans cet ordre. › mais la fille du pont a bien mimé ses habitudes. Le visage de Léo s'en serait vexé, s'il n'oubliait pas qu'il en avait un lorsqu'elle était là ; c'est plutôt son regard toujours trop ouvert, qui détaille sur sa peau les crevasses de la nuit. ‹ Tu as mal quelque part ? ›, en fait il ne demande que pour imiter les films, car Léo connaît le langage des bleus et des entailles ; il n'a pas fini de parler qu'il la prend déjà, dans les sens qu'il connaît par cœur, pour l'aider à monter. Elle est si petite : il peut l'écraser.

Le geste duquel il la guide est sans précaution, mais s'il pouvait la porter sans faire saigner son ego il le ferait. Le lanceur garde religieusement pour lui les fausses flammes de miséricorde, tant qu'il ne sait pas à quoi elle joue, l'ingénue contre son cœur, autre qu'à se faire souffrir sur les pavés. ‹ Tu les a défoncés au moins ? › Le fond de sa voix à moitié lumière et à moitié sérieux, comme toujours, lorsqu'il fait attention de ne pas lui faire rater de marche. Le nez au-dessus des cheveux bruns, il croit que tous les murs se mettent à sentir la tristesse de dehors. Il l'installe dans la chambre et la laisse aller jusqu'au lit - c'est une grande fille -, pendant qu'il va chercher au rez-de-chaussée la glace et l'antiseptique. En remontant, il s'asseoit sur le lit, il ne lui demande pas son avis ; il lui file la glace et verse l'alcool sur le coton. ‹ Serre les dents ça pique. › Ça ne peut pas piquer plus que ce soir, quelque part ; il est délicat mais pas trop en désinfectant les plaies. Mais il n'en oublie pas une seule, la tendresse brute au bout de doigts : la peau trop fine et les étoiles crachées dessus, c'est comme s'il connaissait par cœur. Pour la voir, le regard chaleureux se faufile sur le coin de ses yeux, mais il ne sait pas ce qu'il voit. Naturellement, Léo, déteste le noir. ‹ Tu te bats dans la rue maintenant ? ›




 
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Mer 11 Oct - 22:53

les séraphins se vexent tant pis tant qu'à faire

ses doigts tracent les veines amochées, les pommettes bleues, les constellations au bord des seins. montrent les endroits où on l'a touché. c'est le visage, le cou, l'épaule et les genoux. daphné défaille dans l'étreinte, c'est l'accolade des faibles ; elle se sustente de son odeur de nuit musquée. de sa lumière masquée de douceur. le lanceur exulte à côté d'elle - pleine d'une minuscule révolte.

- non

elle traîne la plainte marine, sourit, goutte de honte dans le silence tout vert. ses yeux sont ouverts, regarde ses pieds qui avancent tout seuls - elle sent sa respiration contre ses cheveux et je crois que ça la rassure un peu. elle en serait presque désolée, tu sais ; elle aurait tant voulu, mais elle ne fait pas trois pas avant de s'effondrer contre les plumes des oreillers. daphné n'est pas une guerrière : et quand tu pars, elle se met à gémir

et pourtant dès son retour il continue à parler de sa voix-couteau émoussée par les manières, et elle ne sait pas si ça l'énerve - ou si ça la rassure, encore une fois. toujours cet entre-deux avec léo.

desserre les dents pour faire pleurer les saules ; ça la brûle le magma d'alcool.

- je sais pas me battre

voyez comme depuis tout-à-l'heure elle ne fait que dégueuler les vérités qui blessent, qui la rendent plus faibles encore. daphné a perdu du rouge, gagné des bleus. elle détourne le regard vers ses joues à lui seul. taillées dans l'ivoire

- ils étaient trois ils- ils avaient un couteau

l'ironie tranchée et je crois qu'elle rougit un peu. n'a pas envie de raconter la défaite, imaginer que tout ce que tu touches léo, c'est des blessures de gloire, que ça brille sous tes doigts-étoiles. qu'elle revient de la guerre

- j'ai plus mon téléphone, et ils ont pris la thune que j'avais - évidemment hein haha. trente dollars je crois ? je sais plus

elle tangue dans l'ombre daphné, elle ne pleure pas, elle tremble un peu. hélas ! elle n'aspirait qu'à la lune au fond, et elle se retrouve là, le bleu au bord des yeux. elle est un peu dramatique, revoit le fil de la lame, les mots un peu durs, les mots de rue, comme tu en connais trop

elle pose la glace contre sa mâchoire l'air pensif des adolescents qui rêvent. lève les yeux aux stries du plafond

- je sais pas me battre, je. ça craint non ? j'veux dire, je vais me faire bouffer si je me bats pas. je veux pas partir en courant tu vois, j'ai pas envie de-

être faible mais courageuse. elle aime ça daphné, faire comme si elle savait alors qu'elle a très peur tu sais

- tu sais te battre toi ? genre, pour de vrai

est-ce seulement le cirque, seulement les artifices où es-tu vraiment fort et méchant
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Jeu 12 Oct - 19:48


Léo, avec la patience de la nuit, cache la défaite pour lui faire plaisir. Daphné couronnée de la nuit, le laisse boire le sang des échecs, trop occupée à s'effeuiller dans son ego qui ne le choque pas, qui ne lui fait jamais honte. Il ne lui dit jamais ; à force, elle doit bien savoir. Par indulgence, il colle un pansement sur les lèvres d'une plaie béante qui la nargue. Les doigts brûlants chassent tranquillement un pouls sous sa peau bleue, juste pour le plaisir d'entendre son cœur tout petit qui n'a pas à se battre, qu'on pardonne de ne pas savoir se défendre. Le couteau, pourtant, coupe sur son attention un morceau d'orgueil, et il fronce brièvement les sourcils. C'est un affront furieux - qui d'autre sur terre, peut montrer une lame à ces yeux-là ? Que le lanceur de couteaux. Son regard s'embrase presque, embrasse, d'un baiser sans intention, ses doigts bandés ; pour réclamer son territoire. ‹ J'ai fini. ›

Entre ses dents il coince patiemment le fil bleu de son orgueil, et il l'écoute le dévider. Sa main dans la sienne sur sa cuisse, son regard pour elle. Pour Daphné, au seuil d'elle-même et à l'angle de la nuit, étendue là comme sur un suaire tissé pour elle. Elle est toujours comme ça, il n'y a que comme ça qu'il la reconnaît : les orteils contre le vide, le drame au bord des cils. Alors il prend tout ça, le trou ouvert sur elle, avec beaucoup de sérieux, ou pas du tout. Léo trace sur ses lèvres le sourire secret, un sourire soleil qui veut la porter vers l'horizon. ‹ Moi oui je sais me battre. › Il se penche au-dessus d'elle pour rire un coup, pour être très sérieux. ‹ On te rachètera un portable, et si tu les revois je leur montrerai ce qu'on fait avec un couteau. › Moi aussi oui je sais mordre dans la nuit. Ils vont voir, ces fils de rien, de l'Oregon qui ne sait pas danser, comment on fait pleurer au fil des lames. Et qu'ils tremblent dans leur petit lit paisible, en attendant la nuit fatidique - parce que ce soir Léo est penché sur les étoiles. La cajolerie d'une œillade tombe sur le drame en poussière, sur le visage de la poupée. ‹ Tu veux que je t'apprenne ? A te battre. › Avec le couteau et les crocs et tout le tintouin. C'est méchant comme rage ça, Daphné, est-ce que c'est vraiment toi ? Son sourire tout doux le demande pour lui, avec la plus sincère des curiosités. ‹ C'est moche, ça fait rentrer les filles couvertes de bleus. Mais c'est efficace. › Parce que tu n'es pas de ces fleurs qui poussent dans le sang, Daphné, ça serait triste de t'y forcer. Il balaie de son visage naïf la rive d'une mèche de cheveux bruns. ‹ Comme ça, t'auras pas à avoir peur. › Pas de peur à avoir, Daphné, si c'est sur lui que tu comptes pour te tuer.


 
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Jeu 12 Oct - 23:48

les séraphins se vexent tant pis tant qu'à faire

elle abdique, princesse adoubée sous ses doigts de roi vermeil. daphné a moins mal - dans la torpeur de l'éthanol, vous savez, elle a l'intime sentiment d'être des mignonnes choyées ; ces précieuses ridicules aux cils bouclés. et croyez-moi (même si elle ne l'avouera pas) ça lui fait tellement de bien, de fermer les yeux face au soleil. elle va mieux. ses lèvres s'entrouvrent sur des milliers de mots inachevés à l'égard du prince, des mercis évidents, des je t'aime sans amour. la fille du pont au petit jour - il est minuit dehors, il fait chaud, c'est un été indien. daphné a soif. elle veut se relever, feindre la nonchalance en courbant l'échine des indolentes, se teindre de couleurs plus chatoyantes - un peu ternes, elle le sait, ses moires de saintes. daphné a l'allure des cathédrales effondrées, ses bleus sont maladifs et ses nuances tirent sur le gris. mais quand elle est avec lui, vous voyez, elle a comme des paillettes au fond des yeux. ça brille un peu, elle n'a peur de rien - et surtout pas de lui, quand il dit qu'il sait mieux danser qu'elle, qui fait des petits pas nerveux sur le pavé. que si elle veut, il sera là pour la protéger, pour lui apprendre la vie ; c'est normal, vous savez, c'est gentil. ça lui fait du beau dans le cœur

- je sais pas. j'en ai pas besoin je crois, tant que tu seras là
     et


relève ses coudes vers les rayons du soleil (embrasse sa joue) se joue de l'espace là juste au pli des lèvres. elle ne maîtrise rien, la lune sourit

- j'ai l'impression que tu seras toujours là

elle ne se dit pas qu'il puisse partir, un jour, c'est tellement plus simple d'être enfant. de passer les après-midis à rire, dans la folle passion et le noir des langueurs. c'est doux ! c'est si doux contre ses bras. léo a la hargne des lions paresseux, doux, doux, doux, cinquante deux fois encore. daphné ne veut plus se lever. elle s'est recouchée, cherche le vin dans ses iris - c'est un plaisir qu'elle renouvelle chaque soir.

- j'ai pas peur de me blesser

de mourir un peu plus, depuis qu'elle s'est rendue compte que ça le ferait perdre lui, à elle comme au monde. elle rien sans lui, pas lui sans elle. elle se dit qu'ils partiront sûrement en même temps - sourit en le regardant ; élude les songes trop sérieux. comme tout le monde, elle le trouve beau ; encore plus la nuit, quand ses cheveux brillent et qu'il sourit sans les dents

elle c'est tout le contraire, vous voyez - ses dents brillent entre les ombres et ses cheveux sont éteints, mille lucioles mortes contre l'oreiller.

- désolée léo, si c'est moi qui te fait peur

elle a l'air si faible et cassée - morceau de porcelaine coupant. elle reprend sa main (lâchée dans le baiser et sa fougue morne). puis se redresse un peu, tailleur sans ouvrage, si ce n'est le tissage des conversations nocturnes
comme ils en ont si souvent
le dos contre le ventre.

- si c'est ça je veux bien que tu m'apprennes. genre, à me battre. comme ça,

hausse les épaules avec conviction

- je te battrai peut-être un jour
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Sam 14 Oct - 21:08


Daphné défie les heures au bord de ses bras, et ça le fait toujours sourire. Si près de son visage, il voit comme elle tend toujours les lèvres à la mort, et comme elle se défile d'être embrassée en retour. Au détour de sa peau, Léo ferme à demi les yeux sur un parfum pêche blanche. Il se languit jalousement dans un jour artificiel, à sa chaleur bleue, aux baisers qui n'en sont pas ; il veut dire : dis-moi comment tu t'appelles au coin de tes lèvres, puisqu'on t'appelle fille du pont. Léo, le cœur brûlé, veut rire très fort du vertige. ‹ Je ne vais nulle part ›, avec un peu d'insolence mensonge - si ça doit finir, c'est que ça sera toi qui est partie. Ses lèvres dessinent une malice charnue tout contre sa peau, il peut la tenir jusqu'à la fin du monde. Elle lui crée une peur sombre par-delà sa tête, bien plus loin que son regard ne peut porter - très loin dans les marécages de lui-même, et ça le fait rire franchement. ‹ C'est pas grave, j'te pardonne. › Léo plaisante jusqu'au bout des dents, Léo est sincère.

La lampe irise le cuivre de Daphné comme des années finies. Au bout du lit, ça le fait sourire, de la voir se tendre et se retendre ainsi, indécise de sa douleur, comme il la connaît toujours, comme il l'a vue au bord du pont. Jamais il ne se lasse des charmes gommés de Daphné, avalée du temps, éparpillée aux quatre vents. Lorsqu'elle se redresse, elle est juste assez haut pour lui offrir tous les champs bleus de ses prunelles. Il lui laisse sa main, gracieusement, il lui fait ce cadeau là. Du bout des phalanges, il boit sa peau turquoise et les petits matins estivaux. Ceux qui sont passés et ceux qui s'étendront jusqu'aussi loin que le peut sa mémoire d'enfant. Un rire sauvage se tait sur le visage de Léo. ‹ Si tu me bats, je t'emporte avec moi. › Sous le bras, comme un bagage plutonique ; une promesse qu'il s'arrachera du monde avec elle, tombés de n'importe quelle hauteur. Il serre un peu sa main dans la sienne pour sceller un serment, lui prend l'autre sans lui demander son avis. Et en même temps qu'il se crée une ceinture de ses bras, les doigts roses, sur sa taille, il se joue d'un regard fier, frais comme le jour qui n'existe pas encore. Installé au centre du lit, du monde, Léo savoure d'être dévoré ; des yeux, du cœur. Un baiser au bout des cils, il offre son orgueil doré en exposition. ‹ On a qu'à dire que je t'apprendrai que les coups qui ne me font pas mal. ›


 
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Dim 15 Oct - 16:38

les séraphins se vexent tant pis tant qu'à faire

léo, il a le cœur au bord des lèvres, le truc c'est qu'elles sont toujours fermées. léo, il a la vie au bout des doigts, et avec il ressuscite l'amour des femmes - lentement, tu sais, avec la patience des tortionnaires. alors comme toutes les autres -juste un peu plus fière et intime, mais c'est ainsi qu'on reconnaît daphné-, son corps est bouleversé par la présence du sien. c'est un rien de tout, une odeur de bière, des cheveux blonds qu'elle a déjà effleuré cent fois avec sa bouche toute beige. après beaucoup d'autres elle le sait, daphné, dans la nuit, a l'odeur des exils - il faut la respirer pour faire venir à soi des paysages lointains, les plaines de chicago, les bordels de paris. c'est drôle, parce qu'à chaque fois que daphné a voyagé - léo, c'était en ta compagnie.

elle sourit dans le vague de la chambre, savoure chaque geste, chaque parole, chaque reflet dans le verre de ses yeux. ils sont champagne, whisky, alcools interdits. léo respire le danger qu'on peut se permettre, alors daphné y plonge sans réfléchir. il lui dit qu'il sera toujours là, au bord du lit, qu'il lui pardonne de tomber parfois. qu'il ira panser ses plaies de filles, embrasser la mort à plein cils. elle passe une mèche derrière le rouge de ses oreilles, coupole dorée pour mieux entendre la lumière de son rire. elle ne s'en lasse jamais, daphné, déguste les décibels du bout des lèvres. c'est du sucre un peu noir pour les tympans. essaye de l'imiter - le sien est blanc.

- je pourrai pas vivre sans toi de toute façon

contre le sommier enfin, il lui pousse des ailes de séraphin - daphné illumine l'étreinte, réchauffe les langueurs oranges quand leurs phalanges se nouent. ça fait grossir l'orgueil, cette phrase un peu grandiloquente -elle le sait bien-, ça sonne un peu triste quand ça passe ses lèvres ; mais ça brille, reflété par la lumière de la lampe. chacun de ses mots, à daphné, est une bulle qui n'éclate pas, un baiser sans la langue - vous voyez. alors elle en dépose un vrai sur la bouche de léo, car ça fait longtemps qu'ils n'ont plus besoin de mots pour dire oui. même jamais, en fait ; elle ne se souvient plus avoir dit quelque chose sur le pont. dans ses bécots d'adolescente il y a la certitude de sa sincérité, le gage d'une promesse funeste. l'amour, la mort, vous savez, c'est si fort, que daphné ne les entend pas - quand elle s'en va et qu'elle revient la peau foulée.

les hurlements d'léo.

alors elle colle son oreille à son cœur, un rien puérile, petite fille cherchant la pulsation du sang devenu vin. il est si grand - elle si petite, môme éraflée qui cherche à resserrer l'étau précieux. il se laisse faire, toujours, à la merci des nymphes ; qui ne frappent pas les dieux.

- c'est quoi qui te fait pas mal, léo ?

sa voix est miel de fleur, coton, eau de vie. elle est un peu fluette tu vois, daphné a seize ans et l'odeur du printemps contre ton torse. la question en devient si sincère - qu'est-ce qui te blesse, mon beau léo ? et qu'est-ce qui passe au-dessus de ta tête, c'est quoi tes couteaux, tes forces invincibles ?

- enfin, c'est quoi qui te fait mal plutôt. elle rit contre son cœur, ça ira plus vite.

daphné se dit qu'elle a beaucoup de coups à porter - qu'il est si fort léo, avec le monde à ses pieds, au-dessus de lui il n'y a que le ciel et le beau temps, il n'a ni dieu ni maître. ses côtes vribrent contre les siennes et les lèvre crues recueillent le parfum de sa chemise, suivent le chemin de sa clavicule. elle a la pureté dans la gorge

- je peux dormir avec toi

pas besoin d'interrogation
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Mar 17 Oct - 14:27


Léo cueille en silence le souffle de Daphné, orange sur sa poitrine. Ses lèvres brûlent encore du baiser chaste, sauvage, forgé aux couleurs qui n'ont pas de nom. Une tendresse coupante se souffle de son nez, rempli des parfums ambre et fleur, des parfums américains de la petite. Sous la peau de Léo, son cœur frappe un coup régulier, pour toujours hurler plus fort qu'il est vivant, que le monde doit son air et son eau à Léo ; rien de lui ne connaît la discrétion. Il a les cheveux voyants, le sourire criard au coin des lèvres ; pour elle toute discrète qui pousse dans son ombre. Le roulement des doigts dans son dos lui conte comme toute sa lumière est pour elle. Si non, de toute façon : ça serait gâcher. Comme par habitude, Léo sourit de ses terreurs. ‹ Contente-toi de pas mourir. › D'une autre main que la sienne, de ne pas partir, Daphné : c'est toi qui a le pouvoir sur les ombres ici. ‹ A part ça moi j'ai peur de rien. › L'arrogance du corps ankylosé, (d'avoir trop été malmené), divine : rien ne le foudroie.

Il entrouvre les lèvres, pour préciser un peu - la faiblesse de l'amour fou. Pas celui qu'elle lui connaît. Il n'a pas peur de murmurer ces choses-là à Daphné. Il connaît ses doigts azurins dans le soleil de ses cheveux, sous sa peau ; il sait que ces mains-là ignorent comment le faire souffrir. Finalement, les mots meurent en un baiser qui sait tout contre les cheveux bruns. Qu'y-a-t-il à dire qu'elle ne sache déjà - depuis qu'ils sont montés au pont, et qu'ils en sont descendus ; qu'ignore-t-elle de la nuit pâle : ses crevasses et vertiges sont rangées sagement à côté de ses souliers. Léo sourit de se savoir aimé. Il sourit de toutes les promesses qu'il veut lui faire, aussi. Ses bras se referment sur elle ; enfantin, il s'effondre sur le côté, pour l'emporter sur le matelas trop petit pour leurs âmes. ‹ D'accord. › Un peu malicieux ; il dit toujours "D'accord", pour en prendre toute généralité : comme s'il ne disait pas "D'accord" à chaque fois, comme si ça n'avait jamais le goût du "Bien sûr" dans sa bouche.

Léo adore la regarder à l'oblique. Sur le côté, il trouve ses yeux encore différents, jamais ils ne courent sur la même droite que les siens. Ceux de Daphné donnent sur tous les autres endroits où il croit avoir déjà été. Un battement de cil de la fille c'est comme un coup de piano, une étreinte sucrée. Léo, un sourire paisible, cligne mollement des yeux en tirant la couette trop petite sur eux. Sans avoir sommeil, sans s'être déshabillés même : mais il leur veut une chaleur clichée, la même sur un seul cœur. Pour se l'accaparer un peu plus, il reprend ses mains et y laisse un baiser brûlant. ‹ T'as les mains froides. › Lui : il sait déjà les peurs de Daphné. ‹ Ça serait pas pareil sans toi de toute façon. ›


 
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Jeu 19 Oct - 22:35

les séraphins se vexent tant pis tant qu'à faire

son corps est si petit, à la daphné, c'est l'égérie des filles bleuies. son corps est beau. foulé de plis, il a l'allure des nymphes - soumises aux apollons funestes, aux soleils noirs hein, tout ce clair-obscur dans lequel léo se complait. il est plus beau qu'elle. léo est grand, il a la vanité du soleil. daphné ne fait que suivre tu vois, fleur attirée par la lumière et les dieux ; sa joue rencontre le matelas mou et son nez exhale tout l'air de l'oregon. en face d'elle, la chaleur des hommes chatouille son cœur tout froid. elle repense à ses mots : elle se trouve un honneur certain, une fierté malsaine à être sa peur unique, son affront au courage. daphné sourit. elle se colle à lui, sans pensées - sans penser. ses doigts sont des grelots contre sa taille et sa poitrine est un fantôme dans le cuir de sa veste  - alors elle se retourne, avec l'habitude des vieux couples. son dos courbé contre son ventre creux, comme affamé. mais elle sait que léo se sustente très bien d'elle. ça ne la dérange pas - les lions comme lui ont les dents douces.

- ah, oui

l'interrogation se meurt dans l'affirmation, parce qu'au final c'est évident : sur ce pont, c'est votre vie qui a sauté.
daphné, de ses paumes désormais brûlantes, recueillent tranquillement les siennes, pour les garder contre son ventre comme un feu près de son corps. ses vêtement ne la gênent pas ; elle leur trouve une nonchalance plaisante, comme si vous vous étiez jetés sur le lit, comme pressés de faire la sieste. l'amour c'est pour les pauvres ; vous une fois côte-à-côte, êtes riches de toutes les caresses.

- tu penses que tu serais devenu quoi si tu m'avais pas vu ? enfin, rencontré

c'est un peu bizarre de dire ça quand ils avaient l'impression de se connaître depuis des siècles. elle a le blues au corps, comme dans les soirées exaltantes où ils parlent en logorrhées des temps qu'ils ne souhaitent plus connaître. daphné abhorre le silence - adore le contact, toujours, surtout le sien. elle trouve à son souffle des charmes inexprimables, quand il se brise contre son cou - vagues parfum alcool, ou alors quand ses cheveux frôlent sa tête. c'est tout petit, c'est un atoll de douceur au sein du lit. daphné a les cils collés, le visage bleu, daphné a mal au dos. doucement, elle le retourne vers léo, sans-gêne ; c'est une enfant

- et si t'étais pas monté hein
je


laisse le mot suspendu au bord des lèvres-mers. y réfléchit pour elle-même ; elle serait sûrement égarée sur les routes sans noms, les cheveux coupés longs, des pacifiques dans ses yeux d'or. elle chanterait des chansons tristes aux bras des clowns amoureux. elle ne t'aurait jamais croisé.

daphné pend à son cou.

se dit que sa vie n'est qu'une hypothèse. elle tient à cette théorie : léo l'aime en retour.

- c'est rien
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Sam 21 Oct - 14:49


Léo s'est toujours cru roi du monde. Au sommet de toutes les atmosphères, maître des chevaux solaires ; il s'est toujours conté que c'est lui, pour lui, qui tire les cieux et la gravité. Alors le lit usé est le centre du monde, les baisers hybrides laissés sur la nuque de Daphné sont des tempêtes solaires. Il  y a une chaleur douce dans ses intestins, à sentir la colonne de la fille du pont s'y reposer ; et il s'y dessine un centre de gravité neuf, ardent, juvénile, qui a la pureté des mathématiques. Il embrase le jour disparu du bout des phalanges, à fleur de souffle sur le lait de nuit qui repose contre lui. Léo, vu par personne, sourit d'une chance dorée, arrogante, de pouvoir poser les yeux tous les jours sur les galaxies vivaces, et d'en être aimé en retour. Il ignore le passé ; le futur. Mais Léo a les dents forgées pour le présent. Les instants ne tombent jamais mieux que sur lui. ‹ J'aurais sauté. › Il n'en doute pas une seule seconde : il a fallu se faire poignarder le cœur, par un éclat de Lune, pour ne pas tomber le sourire aux lèvres.

Daphné tangue dans la caverne de ses bras. Ses yeux à elles se tournent toujours vers d'autres lendemains. Daphné est affamée des réalités, il ne suffit jamais d'être lovée à l'abri ardent de Léo, il faut aussi dévorer les horizons et les lignes du temps. En roulant sur le côté, elle ouvre la plaie des alternatives, gèle sur le visage du lanceur de couteaux les bonheurs simples au bout de ses lèvres. Léo éteint un peu le feu de son regard, d'entendre toujours la langue de Daphné passer ses dents pour demander et si, et si, si facile pour elle de vouloir tomber à l'eau. Elle noue ses mains autour de son cou pour s'en empêcher. Ça fait sourire Léo du rictus d'Hélios. Suffisant et primordial, il essaie de l'en allumer d'un baiser-incendie. ‹ Non, c'est rien. › Il allume d'autres foyers, sur sa mâchoire, sur son nez ; c'est inné dans ce lit de jouer avec le feu. ‹ Ce n'est pas arrivé. Et on est tous les deux ici, parce que ce n'est pas arrivé. › La réalité est au bord des fournaises. ‹ Le reste j'ai envie de dire, on l'emmerde. ›

Le visage si près de la tiédeur du laurier, Léo redresse juste assez la nuque pour effleurer son nez du sien, et lui laisser admirer son sourire. Il est touché de cette confiance mystique, exaltante, tissée entre deux cœurs, qui lui donne la confiance que tous ses mots sont des paroles de saint. ‹ Il faut que tu penses seulement à ça. Que nous deux on est là et que ça se passera pas autrement. › Il s'appuie sur un bras, pour pouvoir lui tendre un auriculaire joueur, et des amours d'enfant. ‹ On a qu'à promettre, même. ›


 
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Sam 21 Oct - 23:28

les séraphins se vexent tant pis tant qu'à faire

chaque mot, de la bouche de léo, est une nouvelle étoile dans l'univers. quand il parle, daphné admire, décuple les voyelles, avec l'amour des nonnes. dans ses yeux elles voient les feux des passions sans carne, pures comme la mort ; elle dépose quelques bises sur ses paupières, chastement, c'est un retour à l'envoyeur. daphné garde toujours les premières sensations. quand ils ont été au centre du monde pour la première fois, leurs jambes froissants les draps ; elle avait beaucoup rougi dans son dos. il lui reprend parfois ces feux ardents, ces je t'aime d'autrefois, quand elle pensait l'aimer comme on aime les hommes. mais léo, il embrase tout. alors elle se retourne et son ventre est en flammes contre le sien, daphné sourit, embrasse la peau. chacun de ses baisers est un océan - atlantique nord, avec les effluves du sel. pacifique sud et ses malices sucrées. daphné aime léo, et quand il lui dit ses mots coupants, qu'il allait sauter rejoindre la rivière, avec l'eau comme seul linceul, elle a un peu envie de pleurer : c'est minuscule, parce qu'elle sait que ça lui ferait de la peine. alors elle se contente de plisser les lèvres, tout doucement, comme si elle s'était prise un coup de poing. c'est la culpabilité des enfants qui se sentent bêtes de poser trop de questions. daphné n'a qu'elle pour se faire pardonner - mais vous savez, c'est déjà bien trop.

- ouais, t'as raison

sa peau est un feu de joie, ravivé de tous les baisers qu'il peut lui donner. elle fond un peu plus à chacun d'entre eux, avec les langueurs mortuaires qu'on lui connaît. il a raison, léo - comme d'habitude. ils sont ici tous les deux, morts-vivants à la peau rose, échoués sur les lits des amoureux. celui de la rivière, il sera à jamais. à plus tard peut-être, que l'arcadius les avalera dans de grandes goulées douces, comme une mère jalouse. daphné, pour le moment, savoure la chaleur de léo. contre son cou, crache à mi-voix :

- on les emmerde

il y a tellement de personnes qui lui passent dans la tête - c'est un nouveau feu, artifices de rage qui éclatent dans le silence du soir. son corps tremble un peu de la proximité, elle n'a pas peur de lui confier ses pleurs, au seul qui sait les taire

- j'les emmerde tous

au cœur de la nuit il n'y a que léo, rien que son âme, sa fougue parfois, ses jeux débiles auxquels elle lâche un t'es con parce que t'es trop beau là maintenant. mais elle se relève quand même, évidemment, daphné est l'ombre du soleil. se plante sur son coude ; non sans gémir un peu parce que les plaies sont toujours tièdes et qu'elle reste cassable. toujours, entre ses doigts à lui - ici le même qu'elle entoure du sien, avec la solennité des anges.

- je promets de pas partir avant toi, ou avec quelqu'un d'autre. que j't'aimerai tout du long

un sourire traîne sur ses lèvres car elle trouve ça évident. mais c'est vrai que c'est agréable de jouer aux enfants - de patauger dans la nuit, s'éclabousser d'amour et de salves de baisers. mais toujours sans trop le dire ; pas besoin, après tout.

- voilà, elle lâche l'auriculaire et choppe la main entière pour le tirer à nouveau contre le matelas. maintenant on est liés pour de bon

les dents de daphné jouent entre ses lèvres, dévoilent le sourire mutin comme pour dire : n'était-ce pas déjà le cas ? depuis cette rencontre aux allures de film n'êtes-vous pas comme mariés l'un à l'autre, avec la rivière comme témoin ? elle ne sait pas trop. daphné ne veut ni lune de miel, ni nuit de noces. elle ne veut que le bon temps passé entre amants : comme après l'amour. elle cherche dans la poche de sa veste et en sort un paquet de marlboro, tendu négligemment comme à la sortie du collège. en a déjà une coincée entre ses lèvres-saintes - daphné ne perd pas de temps pour faire ce qu'elle aime. surtout si ça la rend sauvage, fatale, rien qu'un tout petit peu plus proche de lui. au final, c'est tout ce qu'elle souhaite

- t'en veux ? j'ai du feu
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Mar 24 Oct - 13:10


L'amour brûle leurs lèvres, du sel des promesses, de la flamme des temps jamais révolus ; les yeux dans les yeux à jurer à des noms plus haut que le sang, plus haut que les autres. Léo, ses doigts liés sur les vœux, déborde du goût de l'aventure, des jours oranges qui durent toujours. Daphné crache les rages de films et les sacre au coin du lit de la couronne du drame, mièvre et sans contrainte. Elle lui laisse des baisers tempérés, là où sa peau est fine : cette fille ne brûle pas comme lui. Leurs regards enroulés comme des vagues langoureuses, et les enfances mal terminées lovées dans leurs promesses, il creuse la terre des grandes paroles : ‹ J'te promets que je te laisserai pas partir. Ni avant, ni sans moi. › Et que la jeunesse brûle gentiment contre toi.

Daphné l'effrondre avec elle, elle l'entraîne dans les chutes, dans les profondeurs tièdes de ses jours. Léo accepte tendrement d'être un peu démoli, dans les coins incandescents de la maison - le trou pour tous leur secrets : pour être mieux rebâti le lendemain. Léo préfère toujours mourir à l'angle charnu des jambes de Daphné, molles et gonflées du charme complet, continu de leur petite fable adolescente. Il s'accoude au matelas pour y appuyer sa tête, allongé tout contre elle ; il adore la regarder se complaire, rose, innocente, dans les ombres matinales qu'il lui fabrique. Il tend un peu le menton pour se faire servir. ‹ Je veux bien. › Son regard lorsqu'elle lui allume gracieusement, sa cigarette, est éteint et proprement amoureux. Léo ferme les yeux sans dire merci. Une fumée souffle des histoires pimpantes à ses poumons, aux couleurs de Daphné.

Lorsqu'il rouvre les paupières, Léo adore se croire à peine vingt-ans. Des vingt-ans de fantasmes, bruts et fragiles, éclatés aux dix amours, tout délicats des doutes suburbains : loin de la misère de Chicago. Du regard, il chasse par la fenêtre, découpée dans la nuit obsidienne, ce fantôme gris-bleu. ‹ Daphné ›, un plaisir exalté à prononcer son nom, ‹ dis-moi un truc que tu as toujours voulu faire. › Léo veut attraper les rêves dissolus, s'y glisser sans honte. Il baisse les yeux sur elle en tirant sur la cigarette. ‹ J'ai envie de faire ce genre de trucs. Des trucs que tu n'as jamais fait. Des trucs de film. › Des trucs d'âmes qui ont trop rêvé aux nuages, les pieds sur le béton. Bâiller aux motos, se battre dans l'ombre de l'Oregon. Se séduire improprement, à l'ombre de l'école. Avec les jambes des adolescences amputées, étreintes sur les amours éthérés, maintenant, il n'y a rien que Léo ne veut pas promettre.


 
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Mer 25 Oct - 22:50

les séraphins se vexent tant pis tant qu'à faire

ramassée entre la nuit et léo, daphné ferme les yeux sur le jour. les galaxies qui naissent sous ses doigts ne sont que d'infimes conflagrations sur leurs corps, des univers qui se confondent, dansent sur les solos du violon d'ingres - orchestres désaccordés, c'est ce qu'ils sont car daphné et léo ne tournent jamais très rond : leur mélodie ne connait ni bonnes notes, ni applaudissements. ils sont de ceux dont on tait les bontés ; un amour muet tant il est pur, vous voyez - le monde n'est pas prêt pour leurs passions.

il prononce son nom et aussitôt elle cherche son regard, par-delà la fumée, avec l'intime conviction de quelque chose d'important. elle le sait, son nom ne quitte son cœur que lors des grandes occasions ; alors elle se relève aussi, sur un coude, lascive comme un charme. la nicotine brûle son sourire au fur et à mesure que léo rajeunit - devant ses yeux il devient narcisse, apollon, adonis dégueulant des fantasmes de sa jeunesse avortée. daphné a l'impression de comprendre : dans sa demande mutine elle sent comme une ode à la liberté, celle qu'elle n'a connu que trop tard. elle lève les cils au plafond, pensive. la nuit pèse sur sa réponse ; elle tire elle aussi, doucement, elle ne fait pas de bruit.

- c'est pas possible de faire les trucs que je veux faire

daphné voit haut dans ses idéaux, tu sais. si tu l'écoutais, tu serais retourné en france sur la pointe des pieds, avec le jazz de chicago et l'ivresse de bordeaux. daphné, tout ce qu'elle veut, elle l'a avec toi.

- mais dans les films, ils font quoi...

une main derrière la tête elle se prendre à compter chaque fantasme, avec les doigts des écolières, dépliés devant ses yeux

- l'amour

ça fait un

- la guerre

deux

- des forts avec les draps

trois

- des danses nulles au milieu du salon à une heure du matin

la liste lui paraît complète, alors elle se relève, toute fière et nue d'efforts. son sourire met le feu à la nuit et une fois en tailleur, dos à léo - elle enlève sa veste, souffle ses haleines grise sur les jaunes crachés de leur appartement. daphné, chatoyante, le colore peu à peu de magenta. sa nonchalance a quelque chose d'adorable, comme un lait sur le feu.

- je te laisse choisir, moi tout me va.
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Dim 29 Oct - 19:26


Daphné
je t'aime lorsque tu énumères les rêves sur la pointe de ta vie. Tes réalités expirées, fleuries au coin de tes yeux laurier noble. Tes doigts d'enfants qui se dressent pour les chimères, quatre autres petits univers au creux de ta main. Et Léo adore, du verbe qui veut dire passion, se les faire conter, compter sur sa peau ; écrasés l'un contre l'autre, échoués même, dans la tranquille apocalypse du soir. Avec le regard de l'incendie, la fumée dans les yeux qui veut dire -
Daphné, au fil de tes feuilles : je t'aime déjà.
Ça fait un.
Léo fait tomber sur elle un baiser inévitable, plus brûlant que les autres encore : il y a entre ses lèvres le feu des souhaits, furieux et sincère. ‹ Ça fait un. ›

Ensuite il se faufile, se trace un chemin chaste, obscène, jusqu'au sommet innocent de son front. Léo se perche là, son cœur contre le cœur de Daphné, à la confluence terrible de leurs désirs innocents - c'est lui, c'est Satan contre son sein. Dévoreur d'Eden au torse ardent, Léo a un sourire fait en péché originel. Son orgueil est ivre et calme pour elle. La guerre c'est lui. ‹ La guerre je la déclare à tous les autres, ici et maintenant. Ça fait deux. › Ici et maintenant, il veut dire, pour toi Daphné - au corps défendant, pourri de lumière jusqu'à la moelle. Le temps s'étire en une satisfaction simple comme les nuages : cueillir la pureté toujours à fleur de Daphné, boire à la source de son regard. C'est une brume entêtante : il veut toujours l'embrasser. ‹ On a des draps, et je sais danser. › Ah, moi Daphné, je sais danser. Au fil des lames, au fil des larmes. Il sait danser dans les cafés étouffants qui appartiennent à d'autres époques, pour toujours cracher la douleur, par les mains, les pieds, par les bras des inconnus. L'exorciser au rythme du Diable, c'est quelque chose qui est familier, pour lui toujours rebelle de Dieu. Léo fait le sourire entendu de Lucifer : il porte la lumière dans toutes les nuits de l'Oregon.

Il se décroche d'elle sans prévenir, s'arrache à la complaisance du lit : tout à coup il ne veut plus du cocon, tendre et sans douleur, secoué d'une folie rouge qui lui donne envie de rire. Un instinct trouble se jette dans ses bras, il soulève, y emporte Daphné avec lui. Il veut l'emmener dans ces entrailles-là, le regard tombé sur le sien, inondé de fierté. ‹ On a qu'à danser, on va danser maintenant. › Il veut la faire danser au rythme de la jeunesse, maladroit et essoufflé, danser aux tons chauds de la joie brûlée, et des CD qui tournent encore en bas. Daphné contre sa poitrine, est légère et innocente : au coin des yeux, Léo n'oublie pas de lui trouver la beauté féroce, éternelle des jours qui leur appartiennent. Il la fait descendre comme ça, les mains où il sait qu'elle n'a pas mal - il retient très vite ce genre de choses.

Dans le salon, il cherche en sachant déjà quoi trouver - la musique furieuse dans sa tête a déjà été chantée, par des cœurs élimés comme le sien, consumés à tous les angles. ‹ Tu sais valser ? › Il se retourne pour lui prendre les mains, il sait bien que non. Léo la place sur la piste inexistante, la piste glorieuse du salon, c'est les doigts chauds contre les siens, encore saisis de la nuit, leurs souffles royaux. Le sien est pâle : de la patience infinie de Léo, révérencieuse. L'obsession, c'est elle. La danseuse : c'est elle. ‹ Je vais t'apprendre. Suis mes pas. ›
Je vais t'apprendre
comment les jambes crient innocemment tous les sentiments, Daphné.






 
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Mer 1 Nov - 19:32

ça lui rentre dans la peau par le bas par le haut

le baiser laisse sur ses lèvres un goût de brûlé, plus fort que tous les autres - ça fait un, deux, des millions de papillons dans son ventre. il ceint son front d'une couronne qui n'a pas de prix : c'est la passion. daphné, dans ce lit, dans cette maison, se transforme en princesse : les baisers de léo deviennent des amours et ces mots des univers entiers. ça souffle un peu tout, quand il se lève et l'entraîne dans les feux de la france, dans les jupes de piaf, son cœur contre le sien. celui de léo bat au rythme des artistes ; de ceux qui brûlent de danser. elle adore le voir comme ça, adolescent des quarts de siècle qui fait la guerre comme on fait l'amour : du bout des lèvres hein, il déclare qu'il est fou d'elle et du monde. léo roi de sparte attrape ses mains comme des armes blanches. son sourire l'est, à l'hélène du soir. son souffle sent les plantes ; elle a écrasé sa cigarette avec les volutes de fumée.

- léo, je sais danser.

sa voix rigole contre sa bouche, ricoche dans le salon par-delà piaf. léo, léo, t'as pas entendu ? lâche ces manières, je sais danser moi, comme les lames même un peu mieux. j'en ai connu d'autres léo, des dandys sans cravates, des fils de l'amérique.

mais léo - c'est toi mon accordéoniste.

- toi suis mes pas.

l'ordre est secret, intimé dans un tout petit souffle. toi suis mes pas, et tu verras comment on danse sur la piaf, quand on est née avec un accent - toi suis mes pas et personne ne saura qui tu es leo.

un, deux, trois, chaque petit pas chaque tour de bras - ça vous donne le vertige, quand elle vous fait valser tout doucement. ça fait padam, padam, c'est tout rose contre son cou. daphné te tire vers elle en souriant ; le tableau la fait rire.

- c'est cool, j'aime bien la musique. c'est pas..
piaf ? lilith piaf ? oh je sais plus.


elle a le rire franc du pays, de l'oregon danseur qui ne sait pas pleurer. padam, padam, daphné chavire avec la france et ses chanteuses. elle n'a pas peur, tu sais léo, de danser sur d'autres notes. elle te fait encore tourner avant de poursuivre, fière d'être heureuse :

- tu vois, je sais pas me battre mais je sais faire d'autres trucs !

je sais danser, je peux aimer - apprends-moi tout le reste.
MITZI

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