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busted and blue •• Colaphus (abandonné)
 
myosotis
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Mer 4 Oct - 15:24

C'est la nuit, c'est le jour, à l'envers entre ses cils. Il y a une fraîcheur tendre qui lape les doigts blancs de Ray, suspendus dans le vide. Abandonné dans l'embrasure des heures, il a du mal à respirer ce trop plein d'air ; son oreille est parasitée, par un silence jamais tout à fait silencieux. La tête à l'envers, le sang se retourne doucement sur ses yeux, des mouches commencent à grouiller sur son regard. Ray, chat perché jamais vraiment consacré aux trains infinis qui déraillent sur sa pensée, ne paie attention qu'au grincement du moulin.
À l'aube Ray s'ennuie.
Un bruit blanc visse son crâne, déjà habitué aux hurlements des chiens fous de sa tête, aux abysses dans ses intestins. Les genoux retournés sur sa branche, il veut courir loin, et il veut crier à la Lune et s'effondrer dans les champs. Il ne bouge pas. En entendant bruisser l'herbe de la colline, par pulsion il espère qu'on monte pour le tuer.

Ray bat des cils sur le double visage, sur la vallée bleue entre les deux ; il sourit tout doucement à Colaphus sur la colline. Au bord de la rivière dans le ciel, il trouve le jeune homme encore différent à l'envers. ‹ Tu ne dors pas. › Sur le désir soudain de voir tout comme l'autre, il se redresse sur la branche, pour avoir quatre yeux pour lui. Le sang se retire de là où il a rongé, laisse d'horribles plaies béantes sur son regard ; alors il se laisse rallonger dans l'arbre, à l'endroit il croit, et emporte le vertige avec lui. Ses mains croisées sur sa poitrine, laisse sa jambe pendre dans le vide ; il écoute le rythme ésotérique de sa respiration, du moulin mystérieux. Pour un trou du temps, Ray observe sous la moitié de ses paupières le bucolique de Colaphus, rayonnant sur le bois et la colline, rayonnant sur le ruisseau. Il aime voir là le karma, il aime croire aux forces neutres qui pour toujours le soufflent dans la direction de l'autre. Par le hasard des autres mondes, il trouve étrangement dans la balafre des écorchures à sa mesure. En cherchant ses yeux, Ray croit racler un fond. ‹ Je suis content de te voir. › Il essaie d'en remplir son esprit, mais comme le reste, l'image fuit par des gouffres invisibles. Sa tête roule à même l'écorce. ‹ Cola, Colaphus, dis-moi à quoi tu penses. › Puisque lui n'y arrive pas.

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Mer 4 Oct - 20:56
Le jour s’en vient, la nuit s’enfuit, dans le ciel qui pâli, oiseau étrange qui sur terre ne fait que ramper il est. Vagabond, naufragé chimérique, salement recraché de la bouche de ses rêves bichromatiques, il erre. Là où la vie s’enfuit, où le silence est un roi, là où les châteaux sont rachitiques, aux souffles erratiques, toussent de la poussière, grimacent des copeaux de murs, des rires graves qui font trembler les fondations, il fait. Ce qui lui plaît, littéralement, sans contrainte, les inspirations viennent et s’en vont fugaces ou éternelles elles. S’incrustent, deviennent. Des obsessions, douces. Agonies des idées mortes nées dans un coin de sa tête, habitent et hantent. Ses yeux d’un vert nostalgique. Des étés qui se meurent dans chacune des feuilles mortes.

Aussi ne faut-il pas être surpris quand il apparaît, comme dégueulé, transfiguration chimérique, du monde. Craché là comme s’il venait d’ouvrir les yeux, premier né du chaos, rejeton famélique de déserts de pensées. Il observe immobile, ses phalanges jouent contre sa cuisse un air vicié, orphelin de compositeur. Comme égaré, Colas, penche la tête pour voir le monde se pencher avec lui, le regard alanguis.

Il n’est pas seul.

Son esprit dérive un peu, comme le vent qui agite le monde. Il fixe, de cette façon insistante et terrifiante aussi, les yeux grands ouverts comme pour avaler le monde et les autres. Les âmes. Sa bouche tremble, le concept l’amuse. Il n’y croit pas comme il se sent vide, comme il se sent désuet aussi. Terriblement ancien. Terriblement jeune. Colas s’interroge, quand le funambule parle à ses insomnies, comme s’ils étaient, intimes, amants, des nuits qui s’ennuient, blanches comme les jointures d’un coup imprimé sur sa chair, sa pommette. Tendre la main, saisir les mots les avaler eux aussi. Gargantuesque.

 « Content ? Il répète, une fois, comme s’il en cherchait le sens. Content. Oui. C’est lent, excessivement lent. Comme tous ses gestes, des esquisses en ratures, brouillons d’humain qui s’exerce et qu’on gomme à moitié. Silhouette difforme au soleil qui renaît encore, il n’a pas lâché ses yeux, saisi les mouvements comme s’ils étaient les siens. Content. Répète-t-il, comme une caresse du matin et il se retourne, se laisse tomber dans l’herbe comme foudroyé, mort, crevé, le corps heurtant lourdement le sol. Il joint ses mains sur son torse, s’imagine un linceul, noir, brodé de blanc ou de rouge. Le sang qui palpite dans ses veines. Son torse s’élève à peine. S’il pouvait cesser de respirer… Il ouvre ses deux yeux. Cherchent d’autres.

Je pense… Ses mots sont graves, sont lents. Que j’ai envie de manger quelque chose de bleu. Comme le ciel, l’océan, le temps. Je pense… Elles s’évaporent, ses idées, les sycomores. Que tu es une drôle de feuille morte. Qui s’accroche au lieu de tomber. Qui tourbillonne de loin, virevolte un peu, si statique. Je pense… Il ouvre les yeux, soudainement. Que le bleu doit avoir un goût de sang. Âcre et ferreux comme le coup de poing sur sa pommette. Et la barbe-à-papa. Le citron ? Et il murmure. Est-ce que tu penses que le bleu a le goût du citron? »
 
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Avatar(s) : Yoon Taemin - What Lies At The End
Sam 7 Oct - 18:23

Lové dans un trou noir, Ray observe un spectacle à travers ses cils. Colaphus c'est le clair-obscur, Colaphus c'est le cinéma. Il saisit d'un virement du regard les nuances de cauchemar sur ses lèvres, les rêves creux dans ses cheveux blonds. Et son pied absent se balance dans le vide avec la tranquillité du spectateur, qui n'a pas besoin de se faire expliquer, qui comprend tout au premier coup d'œil. ‹ Je ne suis pas une feuille morte ›, se contente-t-il de préciser. Être entendu importe peu, ce qui compte c'est de l'avoir dit, d'avoir souligné : là sur la branche, je vis encore. Comme le moulin qui grince, comme les étoiles qui brûlent. Un sourire frémit sur sa voix, et sur le vent qui balaie la bruyère. ‹ Non. › Ray tout à coup veut rire de sa vie vraie, creuse et intense, qui a la bouche pâteuse du bleu. Il veut le rire maniaque du ciel et de la solitude, crever son torse de craie, la tête écrasée du poids des galaxies. Tout du long du discours, Ray, trop plein d'eau salée, se sent au bord de lui-même. Il se contente du sourire romantique pour l'arbre, pour le moulin. ‹ Je préfère le rouge. ›

Il se détache du ciel nocturne pour lui jeter son regard. À Colaphus écrasé sous l'air, les visages lumineux, les doigts dans le limon. Colaphus mortel, il le sait. En forçant le regard, Ray voit la mort perler à sa bouche. Il tend le bras vers lui, et deux mètres au-dessus, il sent sous ses doigts la fraîcheur de ses os, la rivière bleue qui tombe dans ses yeux ; et le souffle dans la plaine. ‹ Toi je ne sais pas ce que tu fais dans l'herbe. Personne ne t'a planté. › Son bras retombe mollement à côté de la branche. Ray se laisse bercer par les secrets opaques ; sous ses paupières, il écoute leurs échos semblables, se laisse conter les méandres. Son nez trémule d'avoir flairé une mélancolie familière, et il a une complaisance nouvelle pour l'autre en bas, de la délicatesse affligée de se trouver un semblable. Ray se redresse sur sa branche, pour s'y asseoir à l'endroit. Tout à coup il brûle, il veut savoir : ce qui fait de Colas la Lune, et où est passée sa lumière. Ça l'intéresse. ‹ Tu attends quoi, de pousser ? ›

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