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Chiens perdus sans colliers - Hiro
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Dim 10 Sep - 0:30












CHIENS PERDUS SANS COLLIERS
Les nuits sont encore chaudes, bien que le mois de septembre soit déjà entamé. Maverick est devant chez lui, et hume l'air du soir, et les odeurs si caractéristiques de la flore de Foxglove. Le nez planté au ciel, il remercie , l'espace d'un instant, pour cette fin d'été si agréable. "Vous nous avez gâté, cette année", semble t'il dire à celui qu'il appelle son Père. Volontairement, il décide d'occulter, le temps de profiter, tous les événements récents, les morts, la guerre, ses frères qui souffrent et qui hurlent, qui lèvent le poing pour tenter d'obtenir ce qu'ils auraient déjà du recevoir. La soirée ne s'y prête pas, estime t'il. Il préfère pour le moment observer une chouette qui hulule sur un arbre voisin.

Demain sera un autre jour.

D'une main tranquille, il caresse la barrière de sa terrasse en bois, juste devant sa porte d'entrée, et jette un long regard aux environs. Il aime cette ville, profondément. Lorsqu'elle dort, comme maintenant, mais aussi lorsqu'elle éclate de vie et qu'il la voit par sa fenêtre, spectateur muet d'une pièce de théâtre de déroulant sans lui. Il inspire, lentement, et il exhale. Tiens. L'an dernier, à la même époque, des nuages de buée se formaient déjà devant ses lèvres. C'était comme si c'était hier. Le monde va si vite.

Il rentre chez lui, et va pour fermer machinalement la porte d'entrée. A la dernière minute, il se ravise. Quelle heure est-il? La pendule au fond de la pièce lui indique obligeamment trois heures moins cinq du matin. A cette heure, personne ne risque de passer, et il n'aura certainement la compagnie que d'un lapin trop curieux, ou d'un insecte attiré par la lumière. L'idée le fait rire. Un lapin dans la maison, voilà qui aurait plu à Winnie. Elle aurait certainement rit de toutes ses dents, et aurait insisté pour l'adopter. Il aurait été incapable de refuser, et se serait retrouvé avec un lapin sauvage, lui qui voulait un chien.
Il faudrait qu'il adopte un chien.

Il s'installe au bout de la table de la salle a manger, si l'on peut encore qualifier l'espace de salle à manger, et sors de sa corbeille son dernier ouvrage. Pour le moment, il est mou, plat, et il n'a pas d'yeux, mais une fois qu'il sera décoré et garni, il deviendra un petit ourson en peluche replet couleur miel. L'espace d'un instant, Maverick se demande si la demoiselle n'est pas un peu vieille, pour un ours en peluche. Il décide finalement qu'il est trop vieux pour comprendre les désirs des adolescentes en matière de cadeaux, et choisit avec soin du bout de ses longs doigts une paire de petits boutons nacrés, destinés à offrir la vue à sa petite créature de chiffons.

Il remonte ses lunettes d'un doigt - sa vue baisse, et il appellera demain pour reprendre rendez-vous - , et pique l'aiguille dans le tissu qui ne résiste pas.

Un léger courant d'air se fait sentir.

Il sourit, concentré, dans cette maison presque vide ou le vent résonne. Il a fini par s'y faire, au bruit du vent, même si au début, les choses étaient différentes. Mais c'était ce qu'il voulait, une seule et unique pièce ou se déroulerait toute sa vie, la cuisine sur sa gauche, son lit à droite, et la porte d'entrée en face de lui. Il n'avait pas voulu de murs, a quoi bon? Les gens mettaient déjà tellement de murs entre eux.

L'ourson est à présent borgne, et le couturier se demande si il n'en ferait pas un petit pirate. Mais les jeunes filles n'aiment pas les pirates, et il a déjà découpé son patron pour la petite robe à tournesols de l'ours.

Après-demain, il ira la chercher à l'aéroport, et il s'inquiète. Est-ce qu'elle aura beaucoup grandi, pendant l'été? Est-ce qu'elle ne se sera pas lassée de la présence paternelle de cet ancien prêtre , et sourira poliment avant de fuir retrouver des amies de son âge?

Coup d'oeil sur le crucifix, au dessus de la porte d'entrée.

Elle vieillira, un jour, et elle partira. Comme tout le monde. C'est dans l'ordre des choses.
Ah.
Mais elle n'a que seize ans pour le moment, et en attendant, elle pourra encore apprécier un peu les ours en peluche, les chocolats chauds, et les vieux qui radotent. Quand ce sera l'heure, on avisera.

Stump. Stump. Stump. Stump.

Tiens.

Quelqu'un marche, dehors. A cette heure?
La vie à Foxglove est réellement intéressante.
 
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Mar 12 Sep - 15:47



 avant, devant, précédent


Une goutte
dans l’immensité de mon être.
Je doute
Pourvu que passe l’averse.


Le café est déjà froid lorsque Hiro prend la peine de le boire.

Une petite demi heure que son regard penche vers les étoiles. La quiétude du soir aspire son âme ; embaumant la pièce. Son esprit vagabonde de pensées absurdes en souvenirs confus. Il est 2 heure du matin dans cinq minutes, et il se sent tiré en dehors du monde. Penché au dessus du bar américain qui lui sert de table à manger, Hiro discute avec lui-même. Il frôle du bout des doigts la tasse encore tiède, pianote une mélodie invisible.

Ce soir, le vague à l’âme a la couleur de l’eau.



Il compte machinalement ; regarde défiler devant ses yeux le film de ces derniers mois. Foxglove. Une arrivée solitaire et inquiétante ; dans un état de semi conscience. Un départ du Japon précipité par des démons jaillissant en pleine nuit ; et bientôt, même le jour. Un emménagement anonyme ; une porte qui sonne, des mains qui s’ouvrent, un sourire qui se fends. Kye. Première rencontre. Une fumée âcre, la nuit noire, l’incompréhension et puis l’absolution. Aleks. Spectre d’errance. Personnage anguleux. Un parc. Une fillette, adolescente ? Qui griffonne, et couche sur papier la vie d’un monde imaginé.
La rivière qui coule sur le bord de l’herbe, un après-midi ensoleillé, une quiétude rassurante ; un bien être surprenant. C’est un étrange garçon qui ressemble à un lutin, et ses outils de calligraphie qui se brisent contre un contact humain. Les herbes s’agitent sous la brise de cette journée maintenant lointaine. Les affres du départ laissent place au répit, à une acceptation incertaine, une compréhension incomplète, un apaisement étrange — Mais.

Hiro tends l’oreille, et le passé chuchote. C’est un café abrupte et des mots échangés. Un tremblement diffus. Les murmures bien tranchés de Chad. Des sentences qui tombent au fond de son estomac et remuent quelque chose d’endormi. Hiro vacille. Il y a du larsen sur la bande son de sa vie. Quelque chose qui racle les tréfonds de son anatomie. Son crâne pulse et la salle s’alourdie. L’espace pèse de tout son poids sur Hiro qui gémit. C’est une colère sourde, une peur éhontée. Une cohérence se délie au cœur des mensonges avortés. Hiro cours à présent sur un chemin ardu, et la pluie draine le peu d’énergie qui lui reste. De mandales en châtaignes son visage se tumefie. Aleks le fusille du regard, et un coup sec tape contre sa jugulaire. Un étouffement sonne le glas ; du sang perle dans ce fratras. Qui suis-je ? Et le miroir lui ri au nez.

C’est une nouvelle atroce et un corps d’enfant abimé. Une culpabilité qui jaillit en torrent vénéneux.  La spirale semble s’accélérer vers sa seule direction : l’enfer et sa damnation. Voilà deux mois passés dans le noir. Mars - Avril. Des cachets qui brouillent tout espoir. Hiro se renferme et se recroqueville. Face à lui, une femme à la peau de diaphane présente une cascade de jet. Ce sont ses cheveux qui coulent jusque vers ses pieds. Ses lèvres tranchent d’un trait couleur de sang l’espace enneigé de ses joues. Un vrombissement hurle dans le silence. Ils se font face sans ciller. Hiro sent que quelque chose s’est éveillé. Puis ; Une frêle jeune fille entre dans ce bloc d’errance hallucinatoire. Elle se saisit de lui. Elle veut quelque chose - mais quoi ? Hiro ne la voit pas vraiment. Pour lui, la délicate fleur est un poison travesti en humaine. Son délire lui demande de la faire taire — Hiro s’attaque à un corps fébrile mais chétif ; enserre de ses mains calleuse un bras sans défense. Puis le noir engloutit la rage.

De pilules en cachets il décide de tout oublier. L’été arrive et la chaleur, féroce sécheresse, tends à son corps un énième baton. Mais la beauté solaire éveille chez lui une obligation de reprendre un peu de conduite. Hiro espace la drogue qui panse ses spasmes. Peu à peu, l’éclaircie. L’accalmie le plonge dans une léthargie paisible. La tondeuse de son voisin irrite parfois ses oreilles ; et sur Robert il jure de faire fondre milles démons. Mais le temps se passe ; la vie se déroule. Hiro erre mais Hiro n’est plus maboule. Parfois les rêves lui murmurent d’insatiables poésies qui se nourrissent de songes écumeux. Lorsqu’il prends son bain ; Hiro coule sur sa peau une nappe liquide et des souvenirs flétris par le temps téléporte son âme dans ses plus jeunes années. Il se rappelle en bribes infinies avoir aimé sa vie d’adolescent.

Hiro cligne des yeux. Il est deux heure et demi du matin. Son café n’a toujours pas bon gout. Il soupire et saisit sa veste en cuir : l’extérieur lui offrira de meilleurs saveurs.

Ses talonnettes claquent sur l’asphalte encore chaude de la journée passée. Hiro sent une envie pressante de briser le silence. Pour une fois, il est mu par la volonté d’établir un contact social. Il ne saisit pas très bien lui même ce qui le pousse à vouloir délier sa langue ; lui si gauche avec les mots ; si abrupte avec la parole. Mais c’est un besoin presque instinctif. L’heure à sa montre rigole ; parce qu’à cette heure-ci, c’est l’éternelle rangée d’arbre qui reste la seule éveillée. Mais Hiro s’en fiche. Il murmure en japonais des idées qui virevoltent contre le vent sans aucune consistance. Errer jusqu’à s’échouer quelque part. C’est dans sa semi torpeur, dans sa fébrilité désabusée, que Hiro croise une bâtisse d’où s’échappe une lumière tamisée. Il cligne des yeux pour s’assurer… s’assurer qu’il n’a pas encore une fois, délaissé la réalité.

Son corps en roue libre, Hiro qui respecte pourtant plus que quiconque la notion d’appartenance, se dirige vers cette porte. La lumière chatoyante lui rappelle les lanternes qui bordent l’entrée des temples. Comme un signe, un appel, sa curiosité vrombit et le pousse en avant. Il se racle la gorge, incertain. Se gratte la tempe, de malaise. Bon dieu, avoir passé la trentaine et se confondre dans sa timidité. Il lève les yeux. Un crucifix. Grimace. Ou tangue ? Est-ce l’ironie du destin ? Pas croyant pour un sous en cette religion occidentale, il effectue pourtant machinalement un signe de croix.

— Quelque soit son visage…


Murmure-t-il pour lui-même. Il lui faut encore quelque minutes pour réaliser que la porte ouverte face à lui dévoile une pièce, où siège un individu. Sur le coup de la surprise, Hiro sursaute. Il se dit qu’il a l’air profondément gauche, et cette pensée l’agace, jusqu’à rougir ses joues anguleuses.

— Je… vous prie de m’excuser de mon interruption.


Réflexe qui ne le quittera jamais, Hiro prononce ses mots en plaquant ses bras le long du corps, et en abaissant son buste en une courbure respectueuse.

Sa montre s’est arrêtée, il est trois heure cinq du matin.

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Sam 16 Sep - 11:33












CHIENS PERDUS SANS COLLIERS
Le pas se rapproche de la porte, lentement, mais surement. C'est un vsiteur, réalise Maverick, les yeux rivés sur la peluche qui continue de prendre forme.
Il tente un dernier point de couture, et l'aiguille se plante mollement dans la chair de son doigt. Une petite goutte de sang perle, et il la porte instinctivement à ses lèvres.

Le message est clair, il se doit d'accueillir l'étranger à sa porte.
Il lève les yeux.

L'homme qui lui fait face doit avoir à peu près son âge, peut-être un peu plus?  Qui saurait dire. Il n'est visiblement pas d'ici, et Maverick à beau repasser rapidement ses souvenirs, il ne l'a vu ni en ville, ni à la messe.
Avec un sourire, il se lève. Son dos craque, son genou gauche aussi, à moins que ce ne soit le parquet..
Lentement, il s'approche.

L'inconnu s'excuse et s'incline. Que fait-il ici?
Maverick pense un instant au pire, un accident, Winnie en danger, Winnie blessée, petite Winnie morte dans un coin toute seule, et la police qui vient lui annoncer qu'il ne reverra jamais petite Winnie. Son ventre se noue de douleur et d'horreur, et il porte l'espace d'un instant sa main devant sa bouche.
Mais ce ne peut-être un policier, à cette heure. Étrangement, cela le détend. Qui, alors?
Un cambrioleur n'aurait pas cette dégaine, et l'homme ressemble plus à un pauvre hère en recherche de sens que d'un fou dangereux en quête de sang.

Maverick réfléchit, Maverick s'adapte.
Maverick sourit, encore.

"Ne vous inquiétez pas. Si je ne voulais pas recevoir, je fermerais ma porte."

Il lui désigne la grande table entourée de chaises, et se détourne de son invité impromptu pour passer en cuisine. Pas besoin de mots dans cette situation, qui ne feraient que rendre plus étrange cette rencontre qui l'est déjà.
Le Seigneur lui a envoyé un individu fort étrange, tout de même. Mais si il est là, c'est qu'il y a une excellente raison à cela. Et tu ne fermeras point ta porte à la brebis égarée, songe le couturier en regardant le fond de son frigidaire vide.

"J'ai du café et du thé, si vous voulez. Il me reste deux bières, aussi, mais elles ne sont pas fraîches. "

Il lève les épaules en signe d'excuse.
Si il avait été prévenu, il aurait fait des courses. Tête dans son placard, il farfouille pour trouver ses différents sachets de thé.

"Vous marchez souvent à cette heure de la nuit?"

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